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09/11/2009

Le hold-up des médecins: secteur optionnel, CAPI, refus de soins, dépassements d'honoraires, loi HPST refaite par le lobby médical...

J'adapte le titre du Canard enchaîné: "Le hold-up des toubibs", dans un billet d'humeur, mais bien documenté, quand même.assurance maladie Sud santé.jpg

10.000 contrats d'amélioration des performances individuelles / CAPI, rien que pour le moment et sachant que certains spécialistes en veulent aussi; ils coûtent de 5.000 à 7.000 euros en moyenne par an et par généraliste. Il faudra les payer. Tout comme les dépassements d'honoraires, qui ne seront plus limités à certains médecins, puisque le secteur optionnel va les généraliser progressivement. Il faut payer l'énorme gaspillage dans les mesures contre la grippe A (au moins 1,5 milliards d'euros). Les médecins et les infirmiers ont négocié leurs tarifs pour assurer la campagne de vaccination, mais les négociations n'ont curieusement porté que sur l'argent, et pas du tout sur le bien-fondé de la vaccination, sur la sécurité des vaccins, etc.

La liste des espèces en voie de disparition s'allonge. Menacé de disparition, le médecin mandataire de l'intérêt de la santé de ses patients, qui cherche à faire avancer ses intérêts en même temps que les intérêts des patients. Remarquez, ce n'est qu'un autre clou au cercueil de la solidarité républicaine. Et puis, la France n'a-t-elle pas le talent - la différence culturelle, peut-être? - d'essayer malgré tout des recettes qui ont échoué ailleurs ?

Je reprends des extraits de plusieurs sources, histoire de montrer que l'opinion publique s'émeut de plus en plus de cette divergence-là entre les intérêts de ceux qui devraient en principe se faire confiance, vivre les uns avec les autres, les uns grâce aux autres, si je puis dire. A priori, la République ne veut pas dire permettre aux uns de vivre beaucoup mieux alors que leurs "partenaires" immédiats risquent de crever. Au sens propre du terme, puisqu'il s'agit de l'impossibilité d'une partie de plus en plus large de la population de se soigner, faute d'argent.

Donner ces références permet de montrer qu'il y reste encore quelques médecins qui se rendent compte que la pente est glissante, qu'on s'éloigne de plus en plus de la médecine... Si on pense aussi aux affaires des médecins avec l'industrie pharmaceutique...

Il y a un article de Marianne; un autre du Canard Enchaîné; deux communiqués de presse du Syndicat de médecine générale (SMG) et un article plus ancien de Marie Kayser de SMG/ revue Pratiques; un article de Martin Winckler sur l'hypocrisie dans l'approche des dépassements d'honoraires; deux communiqués du CISS (Collectif interassociatif sur la santé)...

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07/07/2009

Etats-Unis: les étudiants notent les facultés de médecine en fonction des conflits d’intérêts. D'autres se mobilisent, nos carabins dorment

La American Medical Students Association (AMSA: association des étudiants en médecine) a publié le 17 juin le troisième PharmFree AMSA.jpgScorecard : le classement 2009 des facultés de médecine des Etats-Unis en fonction de la qualité de leur politique de limitation des conflits d’intérêts, des liens financiers et autres avec l’industrie pharmaceutique. Cette évaluation est faite par l’AMSA en collaboration avec Prescription Project, une association qui milite pour une médecine intègre et basée sur le niveau de preuve (evidence-based medicine ou EBM) et non sur le marketing de l’industrie pharmaceutique. Cela suppose des réformes majeures de la réglementation concernant la recherche médicale ainsi que de tout le circuit du médicament et de l’information médicale.

La notation s’inscrit dans un projet plus large, appelé PharmFree Campaign, lancé par l’AMSA en 2002 pour promouvoir ces mêmes objectifs à l’aide de matériels éducatifs et d’autres moyens spécifiques décrits à partir de cette page.

Les initiatives allant dans le sens d’une restriction – ou du moins d’une plus grande transparence – des conflits d’intérêts sont tellement nombreuses outre-Atlantique qu’il est impossible de tout suivre dans le détail…

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27/05/2009

Echantillons gratuits de médicaments: moyens d'influence, risques pour la santé, augmentation des coûts

La revue en libre accès PLoS (Public Library of Science) a publié le 12 mai l’essai « No More Free Drug Samples? » (La fin des échantillons Echantillons de médicaments.jpggratuits de médicaments?), signé par Susan Chimonas et Jerome Kassirer.

Les deux auteurs démontrent, études à l’appui, que les allégations du syndicat de l’industrie pharmaceutique (PhRMA aux Etats-Unis, homologue du LEEM en France) quant à l’intérêt éducatif des échantillons sont fausses. Il s’agit d’une forme de publicité pharmaceutique, sans plus, et elle est considérée à tort plus inoffensive que d’autres, au point que même les étudiants en médecine y sont déjà exposés. Ils sont distribués généreusement par les visiteurs médicaux aux médecins dans leurs cabinets, dans les hôpitaux, lors des petites sauteries rituelles appelées congrès médicaux (dans le genre salon du MEDEC en France), bref, partout où l’industrie pharmaceutique exerce son ghost management (gestion et contrôle invisibles, management fantôme, mais omniprésent).

C’est toute la question de l’influence invisible, plus ou moins consciente, mais non moins effective pour autant, qui se pose lorsque la question des échantillons est abordée. Et ces implications échappent habituellement à l’usager lambda. Raison de plus pour parler de cet article très synthétique, tout en gardant présentes à l'esprit les différences entre les Etats-Unis et l'Europe.

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18/03/2009

Franchises médicales: proposition de loi visant à les abroger déposée par un groupe de sénateurs, au nom de l'accès égalitaire aux soins

Constatant les effets délétères des franchises dites "médicales", instaurées contre la volonté de 70% de la population, sur un accès aux soins Franchises médicales.jpgdéjà inégalitaire, les sénateurs Guy Fischer, François Autain, Annie David, Isabelle Pasquet, Gélita Hoarau, Nicole Borvo Cohen-Seat, Éliane Assassi, Marie-France Beaufils, Michel Billout, Jean-Claude Danglot, Michelle Demessine, Évelyne Didier, Thierry Foucaud, Brigitte Gonthier-Maurin, Robert Hue, Gérard Le Cam, Josiane Mathon-Poinat,  Jean-Luc Mélenchon, Jack Ralite, Ivan Renar, Mireille Schurch, Odette Terrade, Bernard Vera et Jean-François Voguet on déposé le 3 mars une proposition de loi pour pour supprimer les franchises médicales.

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31/01/2009

Dessous-de-table, listes d'attente, accès restreint à certains soins, information limitée, autoritarisme... Le système de santé français n'est plus que 10ème en Europe

"Le système de soins de santé français a chuté pour se situer juste au-dessus de la moyenne de l’Union européenne dans le classement des Bachelot Sécu le blog de Fanch.jpgconsommateurs de soins de santé". Voilà l'intitulé du communiqué de presse en date du 13 novembre 2008, signé par Health Consumer Powerhouse, dont l'indice est calculé selon plusieurs critères listés à la fin du communiqué et dont la perspective est celle de l'usager / "consommateur".

Notons que la France était numéro un en 2006 et n'est que dixième en 2008... Quel ouragan est donc passé par là? Sarkozy - Bachelot ne se vantent pas du tout de cette chute, mais nous laissent penser que nous avons toujours "le meilleur système de soins au monde"... Ah, l'idéologie! Dessous-de-table, liste d'attente, système du médecin traitant qui filtre l'accès aux spécialistes inefficace, "factures des médicaments" plus importantes, information insuffisante des usagers (dont le médecin est la source unique), informatisation et transmission insuffisante des données, "résultats qualitatifs globalement bons", mais un système "légèrement autoritaire"...

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28/01/2009

"Le chemin du privé en santé" ou la casse des services publics pour étendre le marché des profits privés. L'exemple du Québec

Entre autres textes fort édifiants à lire sur leurs sites respectifs, la Fédération interprofessionnelle de santé du Québec (FIQ) et le Secrétariat Privatisation Etat critique.jpgintersyndical des service publics (SISP) proposent "un document expliquant la façon dont s’opère le processus de privatisation dans le réseau de la santé et des services sociaux. Le "Chemin du privé en santé", sous forme de questions réponses, présente chronologiquement l’évolution de ce processus." Il faut, disent les auteurs à juste titre, commencer par "déconstruire le discours dominant", les écrans de fumée qui nous aveuglent, et se demander pourquoi ce sont les milieux d'affaires qui tiennent les discours les plus alarmistes?

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24/01/2009

Le monde de la santé mobilisé lui aussi le 29 janvier, jour de grève nationale. Occasion de dire ses quatre vérités à Sarkozy

Voici quelques fragments d'un article de Viva Presse, annonçant la mobilisation et détaillant les forces syndicales qui y appellent, suivis de Grève Gabaye Unblog.jpgplusieurs extraits du communiqué de la Confédération des praticiens hospitaliers (CPH). Ce dernier, bien plus détaillé, peut être téléchargé intégralement, à partir de cette page. Un diaporama et d'autres documents sont accessibles sur le même site et valent le détour. Ils permettent de comprendre les conséquences néfastes de bon nombre de dispositions du projet de loi Hôpital, santé, patients et territoires (HSPT).

"Un avant-goût de ce qui nous attend" est une compilation d'images et de caricatures faite par Janine Thombrau et Bruno. La réalité rattrape la caricature. Tuera-t-elle le rêve?

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25/12/2008

Bush légalise les préjugés religieux en santé. Accès aux soins et droits des femmes sont en danger

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28/10/2008

Augmentation constante du coût de l’assurance-maladie aux Etats-Unis, par rapport aux revenus des classes moyennes inférieures

La réalité n’est pas celle des beaux discours présidentiels, nous dit Mike Mitka dans un article de 22 octobre du JAMA : Health Insurance Costs Remain a Burden for Employers and Working Families (Le prix de l’assurance-maladie reste très lourd pour les employeurs et les familles ayant un emploi). De moins en moins d’employeurs proposent une couverture maladie, et ceux qui le font demandent une participation plus importante des employés. De plus en plus de personnes, y compris parmi celles ayant une assurance-maladie, doivent s’endetter pour payer leurs frais médicaux. Le tableau illustre l’augmentation progressive du coût de l’assurance par rapport aux revenus.

Assurance chère JAMA.jpg

 

15/10/2008

OFCE : la taxation des malades est inefficace et inégalitaire. Il faut revaloriser la médecine générale et revoir la façon de prescrire

La lettre du 15 septembre de l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), intitulée Participation financière des patients et équilibre de l'assurance-maladie, vaut le détour. Elle remet en cause empty-pockets Pharmalot.jpgl’efficacité de la taxation des malades pour couvrir le déficit de la Sécurité sociale et épingle ces dispositifs pour leur caractère inéquitable, inégalitaire quant à l’accès aux soins et nuisible à la santé des usagers.

Le paiement d’un euro par consultation, le forfait de 18 euros pour certains actes et les les franchises médicales ont mené 32 % des personnes sans assurance complémentaire et 13 % de celles dotées d’une complémentaire à renoncer aux soins, surtout aux soins bucco-dentaires, à l’optique et aux consultations de spécialistes.

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15/08/2008

Le secteur optionnel : d’autres exclusions et inégalités dans l’accès aux soins (revue Pratiques)

L'article de Marie Kayser, Secteur optionnel : un danger supplémentaire pour l’accès aux soins, paru le 1er août sur le site de la revue 281510332.jpgPratiques, explique en détail ce qu’il en est du secteur optionnel actuellement en cours de négociation. Celui-ci s’ajouterait au secteur conventionné (tarifs des médecins fixés par la Sécurité sociale) et au secteur à honoraires libres. Fausse bonne idée, ce secteur créerait des problèmes supplémentaires, au lieu d’en résoudre… Mais n’est-ce pas le cas de toutes les "réformes" (sic) et modifications faites dans le domaine de la santé depuis Douste-Blazy, Bertrand et Bachelot ?

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01/07/2008

Désamour entre médecins et patients aux Etats-Unis. En cause : la gestion comptable de la médecine

Les républicains (droite américaine) viennent de donner encore un coup bas au système de soins américain dans sa dimension publique et 21967344.jpgconcernant non seulement les pauvres, mais aussi les classes moyennes. Un amendement vient d’être voté pour supprimer 10% de la rémunération des médecins dans les actes couverts par Medicare (assurance publique des personnes âgées, des handicapés, de certains malades chroniques, etc.). Il est vrai que la rémunération des médecins américains est élevée, mais il y a aussi des grandes disparités. Cette coupe ne fera qu’aggraver la crise profonde que traverse la médecine américaine, exprimée dans un écart de plus en plus important entre médecins et patients. Qui semble aller vers la méfiance généralisée d’un camp envers l’autre. Mais les conséquences de la maîtrise comptable par les assurances privées sont encore plus graves.

Ceux qui disent que la privatisation de la santé et le « transfert » vers les assurances privées permettraient de faire des économies, de pratiquer une médecine meilleure pour des coûts moindres, y compris administratifs, devraient lire ces textes du New York Times et les très nombreux commentaires. Il y a une courte introduction par la journaliste Tara Parker-Pope, intitulée The Disconnect between Doctors and Patients. Puis le lien vers un article du cardiologue Sandeep Jauhar, Eyes Bloodshot, Doctors Vent Their Discontent (« Tombant de fatigue, les médecins se plaignent ») et enfin le podcast d’une conversation de la journaliste avec ce médecin.

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09/05/2008

La privatisation de la santé: illusion destructrice de l'intérêt général pour augmenter le profit des industriels et assureurs. La résistance citoyenne québécoise

Quelques articles, tribunes et réactions tirés des media québécois. Parce que le Québec est lui aussi entraîne par des politiciens privatisation Presse toi à gauche.jpgnéolibéraux vers l'impasse de la privatisation du système de santé et qu’on peut apprendre beaucoup de la mobilisation citoyenne qui s'y organise.

Autant commencer par la réponse à la question essentielle : à qui profite le crime ? A ceux qui voient que – contrairement à ce qu’on veut nous faire croire – le système de santé public se porte très bien si on ne cherche pas à le saboter - en le privant des financements par les revenus du capital (stock options, etc.), par exemple - qu’il a un excellent potentiel de croissance et peut donc générer énormément de profits : « Mais qui veut du privé en santé ? Le système de santé public coûte 21 milliards $ annuellement au Québec. Si vous êtes propriétaire d'une compagnie d'assurance et que vous visez seulement 10 % du marché, cela vous donnera un petit 2 milliards $ de profit. Assez pour motiver bien du monde. », dit un syndicaliste québécois dans un article en date du 17 avril 2008 intitulé Non au privé en santé.

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