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02/12/2008

Avandia: risque de mortalité accru de 15%; risque d’insuffisance cardiaque de plus de 13% par rapport à Actos

Le numéro du 24 novembre de Archives of Internal Medicine publie une etude intitulée “Comparison of Cardiovascular Outcomes in Elderly Avandia Bloomberg.jpgPatients With Diabetes Who Initiated Rosiglitazone vs Pioglitazone Therapy” (Comparaison des résultats obtenus chez des diabétiques plus âgés traités par rosiglitazone versus pioglitazone). L’étude de Winkelmayer et al a inclus 28.361 diabétiques de plus de 65 ans traités entre 2000 et 2005 par Avandia ou Actos. Les auteurs concluent à une hausse de la mortalité parmi les patients traités par Avandia (rosiglitazone) de l’ordre de 15%, toutes causes confondues. Avandia augmente de 13% le risque d’insuffisance cardiaque par rapport à Actos (pioglitazone), qui est lui-même loin d'être irréprochable…

A se demander d’ailleurs quelle est la véritable raison de cette comparaison, si ce n’est de présenter Actos dans une lumière plus favorable, vu les soupçons qui pèsent sur toute la classe des thiazolidinediones et glitazones, puisque les effets secondaires semblent communs à toute la classe.

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01/01/2008

Nouvelle étude: comment Actos et Avandia produisent-ils ostéoporose et fractures? (II)

Actos, Avandia : mécanisme de l'ostéoporose et des fractures élucidé (suite de la note précédente) Actos 3.jpg

 

 

Une étude américaine qui vient d’être publiée dans la revue Nature éclaire l’un des mécanismes fondamentaux par lequels les glitazones (Actos - pioglitazone, Avandia - rosiglitazone, et les médicaments composés qui en contiennent) induisent des troubles osseux, de l’ostéoporose, et donc des fractures. Mécanisme jusqu'alors inexpliqué et étonnant. Les auteurs ont mené l’expérimentation sur des souris, mais c’était pour comprendre les risques encourus par les humains dans le traitement du diabète. Ils ne manquent pas d’exprimer leurs réserves quant à l’utilisation à large échelle des glitazones, assénant un coup supplémentaire à cette classe, et surtout à Avandia, qui est actuellement en très mauvaise posture sur le continent nord-américain. Pas de souci, les firmes GSK et Takeda continuent à se remplir tranquillement les poches en Europe, où aucune autorité sanitaire ne les embête, malgré les effets secondaires catastrophiques d'Actos et d'Avandia et malgré le fait que les antidiabétiques classiques ont plus de bénéfices (démontrés, qui plus est!) et beaucoup moins de risques.

Toute cette classe de médicaments déstabilise l’équilibre entre les ostéoclastes (cellules responsables de la résorption de l’os, donc de sa destruction) et les ostéoblastes (qui produisent et régénèrent l’os).  Cet équilibre est déjà mis à mal par le vieillissement naturel qui fragilise les os, mais les glitazones sont un facteur aggravant, comme vient de le démontrer cette équipe de chercheurs californiens à l’exemple d’Avandia. On savait que la rosiglitazone inhibait les ostéoblastes, mais la recherche a montré qu’en plus de cela, elle active aussi les ostéoclastes et fait donc pencher encore plus la balance du côté de la résorption osseuse. Ce qui augmente fortement le risque d’ostéoporose et de fractures.

Toutes les glitazones ont cet effet producteur d’ostéopénie puis d’ostéoporose. Il n’y a plus de doute, puisque, en plus des constatations cliniques ayant déjà fait l’objet d’alertes sanitaires, les chercheurs californiens ont montré que cela se passe à travers l’impact caractéristiques des glitazones sur le récepteur d’une protéine appelé PPAR-gamma (peroxisome proliferator-activated receptor gamma), qui déclenche cette inhibition des ostéoblastes et l'activation concomittante des ostéoclastes. Or, ce mécanisme d'action et cet impact définissent les glitazones en tant que classe et induisent une bonne partie de leurs effets directs. Autrement dit, il ne s'agit pas d'une propriété marginale. On en revient à l'interrogation formulée par  Steven Nissen et son équipe dans le New England Journal of Medicine en mai 2007, quant à la série de problèmes que les glitazones développées successivement ont pu provoquer. Cf. notre note "Glitazones (Avandia, Actos) : encore sur le marché?"

Le résumé du texte publié en décembre 2007 dans la revue Nature : « PPAR-gamma regulates osteoclastogenesis in mice »

Le texte intégral de l'étude ainsi que la réponse de la firme GSK (pour Avandia) et d’autres informations sur les fractures induites par Actos, etc. sont sur cette page :

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Une explication générale, accessible et illustrée de la balance ostéoblastes - ostéoclastes et de l’ostéoporose (sans rapport avec les glitazones), sur ces pages de la Société Française de Rhumatologie.

Elena Pasca

Copyright Pharmacritique

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Mise à Jour (avril 2011)

Toutes les notes sur Actos, Avandia et les glitazones en général, ainsi que sur d'autres médicaments utilisés dans le traitement du diabète (lantus...) sont accessibles en descendant sur cette page.

Actos, Avandia: causes d’ostéoporose et de fractures (I)

Je voudrais réparer l'"injustice" consistant à ne pas parler des fractures et de l'ostéoporose produites par ACTOS... Actos 2.jpg

J’ai détaillé quelques-uns des multiples effets secondaires graves d’Avandia (rosiglitazone) dans les premières notes, en rappelant que toutes les glitazones avaient à peu près les mêmes effets indésirables et ne devraient plus être prescrites (Arznei-Telegramm, Prescrire). Les troubles osseux et les fractures figuraient sur cette liste, mais le sujet mérite quelques lignes à part, puisqu’une nouvelle étude vient confirmer l’importance de cet effet secondaire. On le verra dans la note suivante, parce que je voudrais d’abord rappeler ce qui est connu depuis 2006 en Europe et avec plus de détails depuis le printemps 2007 au Canada.

Même l’Afssaps s’est inquiétée en 2006 et a répercuté une information transmise par la firme GSK à l’agence européenne du médicament (EMEA) : « Augmentation de l’incidence des fractures chez les patientes traitées au long cours par rosiglitazone (Avandia®) »

Cf. aussi le RCP (résumé des caractéristiques du produit) européen d’Avandia

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Mais je n’ai pas trouvé les mêmes mises en garde européennes pour l’ACTOS, alors qu'elles existent ailleurs. Au contraire, un bulletin de pharmacovigilance émis par le Centre régional de pharmacovigilance de Strasbourg en mars 2007 reprend les dires de l’EMEA (agence européenne du médicament), selon laquelle « Ce risque [de fractures] ne serait pas constaté avec la pioglitazone (Actos®, laboratoires Takeda) », mais serait un effet indésirable limité à Avandia… On voit encore une fois à quel point l’information médicale en français est fiable…

En avril 2007, Santé Canada rendait publique une lettre de la firme Takeda Abbott, qui commercialise Actos, mettant en garde contre la « Hausse de l'incidence des fractures chez des patientes recevant un traitement à long terme par les comprimés d'ACTOS® (chlorhydrate de pioglitazone) contre le diabète de type 2 »

Un extrait :

  • « Les résultats de l'analyse des dix-neuf essais ont démontré qu'un nombre significativement plus élevé de femmes traitées par la pioglitazone que de femmes traitées par un médicament ne faisant pas partie de la classe des thiazolidinédiones (autres agents antidiabétiques tels que la metformine ou des sulfonylurées [gliclazide, glyburide ou glimépiride], ou un placebo) ont subi au moins une fracture osseuse (2,6 % et 1,7 %, respectivement).
  • Le risque de fracture n'avait pas augmenté chez les hommes.
  • Il faut sérieusement envisager le risque de fracture chez les femmes atteintes de diabète de type 2 actuellement traitées par la pioglitazone et chez celles à qui on considère l'administrer. (…) »

Parlant des effets secondaires des pioglitazones, sous-classe des glitazones, il faut être juste et ne pas oublier COMPETACT, le « frère » d’Actos.

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Autant rappeler aussi la mise en garde de Santé Canada sur les fractures induites par Avandia, Avandamet, Avandaryl (tous les médicaments contenant de la rosiglitazone), avec des taux de fractures très importants relevés lors d'une des études menées par la firme GSK elle-même. L’alerte est plus sérieuse que celle donnée par les Européens.

  • « Au cours de l'étude ADOPT, un nombre significativement plus élevé de femmes ayant reçu de la rosiglitazone ont subi des fractures par rapport à celles ayant reçu la metformine ou le glyburide (9,3 % vs 5,1% et 3,5%, respectivement). La majorité de ces fractures se situaient au niveau du bras (humérus), de la main ou du pied; les foyers de fractures différant de ceux associés à l'ostéoporose post-ménopausique (par ex., hanche ou vertèbre). (…)
  • Le risque de fracture doit être pris en considération dans les soins prodigués aux patients, particulièrement aux femmes atteintes du diabète de type 2 (…) ».

Elena Pasca
copyright Pharmacritique

Mise à jour d'avril 2011

toutes les notes sur Actos, Avandia, les glitazones en général et d'autres médicaments utilisés dans le traitement du diabète sont accessibles à partir de cette page.

 
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