21.06.2011
Lovenox de Sanofi-Aventis: Jacques Poirier demande à Xavier Bertrand une enquête sur les héparines frelatées et le rôle de l’AFSSAPS
Jacques POIRIER, vétérinaire, microbiologiste et immunochimiste, ancien directeur général d’Aventis Pharma, firme dans laquelle il était
responsable de la sécurité des matières premières biologiques, a été viré en 2003 par ce laboratoire (absorbé plus tard par Sanofi). Pourquoi ? Parce qu’il se souciait des risques pour la santé des patients traités par énoxaparine (LOVENOX° / CLEXANE°), risques liés à des héparines porcines qui peuvent être frelatées par l’ajout de chondroïtine sulfate (fortement allergisante) ou par l’ajout frauduleux d’héparines extraites de tissus de ruminants, dont l’utilisation est prohibée à cause de la possible contamination par le prion, agent pathogène responsable de la maladie de Creutzfeldt-Jakob (« vache folle »). (Pour les détails, voir ce dossier scientifique).
Les grandes étapes de ce scandale sont décrites par le Dr Didier Levieux dans son article du 5 février 2011 : « Jacques Poirier et les héparines de Sanofi : "conflit de travail" ou sécurité sanitaire négligée ? »
Le scandale international de 2007 / 2008 a montré que les craintes de Jacques Poirier étaient fondées. Et pourtant, rien n’a changé, ni pour lui ni pour les risques que Sanofi-Aventis fait courir aux patients traités par Lovenox°. Ses diverses démarches auprès des autorités sanitaires et politiques (voir les documents publiés sur Pharmacritique à la catégorie « Héparines chinoises, Lovenox, prion, chondroïtine ») sont restées sans suite. En sera-t-il de même avec la lettre que je reproduis ci-après, adressée au ministre de la Santé, Xavier Bertrand, et à la secrétaire d’Etat, Nora Berra ? Je ne manquerai pas d'informer sur les suites. Après tout, c'est ainsi que l'on peut voir si les grands discours sur les intentions de Xavier Bertrand de réformer le système en vue d'une meilleure transparence et sécurité des patients sont suivis d'effets ou s'il ne s'agit là, comme on peut le craindre, que d'effets d'annonce...
Pour ce qui est du rôle et des conflits d’intérêts du Pr Philippe LECHAT, mentionnés dans le courrier, je renvoie à l’excellent article d’Anne-Sophie MERCIER : « Héparines : du côté des conflits d’intérêts », mais aussi à la lettre très détaillée que lui a adressée Jacques Poirier. Ces conflits d’intérêts ont été épinglés par le sénateur François AUTAIN, qui a auditionné Philippe Lechat dans le cadre de la mission sénatoriale d’information sur le Médiator, mais aussi Jacques Poirier (voir cette page).
Quant aux essais de Sanofi-Aventis pour dissuader les media de faire des investigations approfondies sur les héparines, j'ai en ma possession un document édifiant, que je publierai le moment venu.
Je ne reviens pas ici sur tous les détails de cette affaire, que les lecteurs qui souhaitent approfondir la question peuvent trouver dans le dossier déjà existant sur Pharmacritique (les articles sont accessibles en descendant sur cette page, du plus récent au plus ancien), ainsi que sur le site de la Fondation Sciences Citoyennes, qui a lancé une campagne de soutien à Jacques Poirier et élaboré une proposition de loi sur la déontologie de l'expertise, le rôle et la protection des lanceurs d'alerte.
Elena Pasca
09:14 Publié dans Héparines chinoises, Lovenox, prion, chondroïtine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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