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03/01/2008

Actos et Avandia: nouvelle étude confirme les effets indésirables cardio-vasculaires

N'oublions pas ACTOS (Takeda Abbott Pharmaceuticals) ! Actos 4.jpg

Mise à Jour (avril 2011)

Toutes les notes sur Actos, Avandia et les glitazones en général, ainsi que sur d'autres médicaments utilisés dans le traitement du diabète (lantus...) sont accessibles en descendant sur cette page.

Une étude canadienne publiée le 12 décembre par le « Journal de l’Association Américaine de Médecine » (JAMA) confirme les effets indésirables cardiovasculaires d’AVANDIA (firme GSK), mais met en cause tout autant ACTOS (firme Takeda Abbott), puisque les conclusions portent sur toute la classe de thiazolidinediones.

Des chercheurs de l’Institut de Sciences Cliniques Evaluatives de Toronto ont mené une étude à partir de la base des données de l’assurance-maladie d’Ontario, incluant 159,026 diabétiques âgés d’au moins 66 ans, suivis en moyenne pendant 3,8 ans, jusqu’en mars 2006. Ils ont étudié les risques d’infarctus du myocarde, d’insuffisance cardiaque congestive et de décès. Les résultats ne laissent pas de doute : les patients traités par thiazolidinediones ont un risque accru de 60% d’insuffisance cardiaque congestive, un risque accru de 40% d’infarctus du myocarde et un risque accru de 29% de décès, en comparaison avec des patients traités par d’autres antidiabétiques.

Les chiffres semblent concerner surtout Avandia, pour la simple raison que c’était le médicament dominant dans la population étudiée, souligne l’investigatrice principale, Lorraine Lipscombe. Cela dit, les auteurs parlent explicitement de toute la classe : ces résultats apportent des preuves correspondant à ce qui se passe en réalité, après les essais clinques et la commercialisation, lorsque les médicaments sont prescrits à large échelle mais ne sont quasiment plus étudiés. Ces données contrastent habituellement avec celles obtenues dans le cadre artificiel créé par les essais cliniques, qui sélectionnent les participants en nombre limité, selon des critères bien définis et n’analysent que certains paramètres, concernant généralement l’efficacité de tel médicament sur un aspect bien précis (« point final » de l’essai).

En l’occurrence, cette étude faite en « real-word setting » (cadre et paramètres « réels », non imposés ou modifiés par les chercheurs) confirme les résultats de certains essais cliniques selon lesquels « les risques des thiazolidinediones l’emportent sur les bénéfices, même chez les patients qui n’avaient pas de maladies cardio-vasculaires évidentes au départ », disent les chercheurs. Il y a d’autres arguments forts, détaillés dans le texte complet de l’étude : le risque de décès est augmenté par les thiazolidinediones non seulement en monothérapie, mais aussi en thérapie combinée (avec d’autres antidiabétiques). Cela accentue la relation de cause à effet avec cette classe de médicaments et contraste avec la diminution de la morbi-mortalité induite par les autres antidiabétiques. En outre, même une utilisation passée de TZD accroît le risque de décès. Les diabétiques traités par TZD avaient une mortalité augmentée toutes causes confondues, c’est-à-dire non seulement par infarctus du myocarde ou insuffisance cardiaque congestive. Enfin, la mortalité des diabétiques de cette cohorte était indépendante de l’état cardiovasculaire avant le début du traitement ou de la durée du diabète. Ce qui veut dire que des diabétiques qui n’avaient pas de symptômes cardiovasculaires et/ou qui avaient un diabète récent, donc a priori sans complications, ont pu tout autant subir ce type d’effets indésirables des TZD ou décéder. Les résultats de l’étude s’inscrivent donc en faux contre ce qui était affirmé jusqu’ici, à savoir que les TZD seraient à manier avec prudence uniquement chez les personnes à haut risque d’insuffisance cardiaque congestive. Aucun sous-groupe n’a été protégé des effets indésirables d’Avandia et d’Actos.

Résumé original de l’étude et références : Thiazolidinediones and Cardiovascular Outcomes in Older Patients With Diabetes, Lipscombe et all, JAMA, 298(22), 12 December 2007, p 2634–2643

http://jama.ama-assn.org/cgi/content/abstract/298/22/2634

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Cette étude contredit celle portant spécifiquement sur ACTOS, publiée en septembre dans le même journal (JAMA), par une équipe américaine incluant le Dr Steven Nissen, chercheur qui avait dénoncé les risques accrus de crises cardiaques sous Avandia.

http://jama.ama-assn.org/cgi/content/abstract/298/10/1180

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Rien ne laisse penser qu’ACTOS puisse être moins nocif qu’AVANDIA. Toute la classe des glitazones / thiazolidinediones est à bannir de l’usage, comme le conseillaient les revues indépendantes Arznei-Telegramm (Allemagne) et Prescrire.

Elena Pasca

Copyright Pharmacritique

01/01/2008

Nouvelle étude: comment Actos et Avandia produisent-ils ostéoporose et fractures? (II)

Actos, Avandia : mécanisme de l'ostéoporose et des fractures élucidé (suite de la note précédente) Actos 3.jpg

 

 

Une étude américaine qui vient d’être publiée dans la revue Nature éclaire l’un des mécanismes fondamentaux par lequels les glitazones (Actos - pioglitazone, Avandia - rosiglitazone, et les médicaments composés qui en contiennent) induisent des troubles osseux, de l’ostéoporose, et donc des fractures. Mécanisme jusqu'alors inexpliqué et étonnant. Les auteurs ont mené l’expérimentation sur des souris, mais c’était pour comprendre les risques encourus par les humains dans le traitement du diabète. Ils ne manquent pas d’exprimer leurs réserves quant à l’utilisation à large échelle des glitazones, assénant un coup supplémentaire à cette classe, et surtout à Avandia, qui est actuellement en très mauvaise posture sur le continent nord-américain. Pas de souci, les firmes GSK et Takeda continuent à se remplir tranquillement les poches en Europe, où aucune autorité sanitaire ne les embête, malgré les effets secondaires catastrophiques d'Actos et d'Avandia et malgré le fait que les antidiabétiques classiques ont plus de bénéfices (démontrés, qui plus est!) et beaucoup moins de risques.

Toute cette classe de médicaments déstabilise l’équilibre entre les ostéoclastes (cellules responsables de la résorption de l’os, donc de sa destruction) et les ostéoblastes (qui produisent et régénèrent l’os).  Cet équilibre est déjà mis à mal par le vieillissement naturel qui fragilise les os, mais les glitazones sont un facteur aggravant, comme vient de le démontrer cette équipe de chercheurs californiens à l’exemple d’Avandia. On savait que la rosiglitazone inhibait les ostéoblastes, mais la recherche a montré qu’en plus de cela, elle active aussi les ostéoclastes et fait donc pencher encore plus la balance du côté de la résorption osseuse. Ce qui augmente fortement le risque d’ostéoporose et de fractures.

Toutes les glitazones ont cet effet producteur d’ostéopénie puis d’ostéoporose. Il n’y a plus de doute, puisque, en plus des constatations cliniques ayant déjà fait l’objet d’alertes sanitaires, les chercheurs californiens ont montré que cela se passe à travers l’impact caractéristiques des glitazones sur le récepteur d’une protéine appelé PPAR-gamma (peroxisome proliferator-activated receptor gamma), qui déclenche cette inhibition des ostéoblastes et l'activation concomittante des ostéoclastes. Or, ce mécanisme d'action et cet impact définissent les glitazones en tant que classe et induisent une bonne partie de leurs effets directs. Autrement dit, il ne s'agit pas d'une propriété marginale. On en revient à l'interrogation formulée par  Steven Nissen et son équipe dans le New England Journal of Medicine en mai 2007, quant à la série de problèmes que les glitazones développées successivement ont pu provoquer. Cf. notre note "Glitazones (Avandia, Actos) : encore sur le marché?"

Le résumé du texte publié en décembre 2007 dans la revue Nature : « PPAR-gamma regulates osteoclastogenesis in mice »

Le texte intégral de l'étude ainsi que la réponse de la firme GSK (pour Avandia) et d’autres informations sur les fractures induites par Actos, etc. sont sur cette page :

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Une explication générale, accessible et illustrée de la balance ostéoblastes - ostéoclastes et de l’ostéoporose (sans rapport avec les glitazones), sur ces pages de la Société Française de Rhumatologie.

Elena Pasca

Copyright Pharmacritique

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Mise à Jour (avril 2011)

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Actos, Avandia: causes d’ostéoporose et de fractures (I)

Je voudrais réparer l'"injustice" consistant à ne pas parler des fractures et de l'ostéoporose produites par ACTOS... Actos 2.jpg

J’ai détaillé quelques-uns des multiples effets secondaires graves d’Avandia (rosiglitazone) dans les premières notes, en rappelant que toutes les glitazones avaient à peu près les mêmes effets indésirables et ne devraient plus être prescrites (Arznei-Telegramm, Prescrire). Les troubles osseux et les fractures figuraient sur cette liste, mais le sujet mérite quelques lignes à part, puisqu’une nouvelle étude vient confirmer l’importance de cet effet secondaire. On le verra dans la note suivante, parce que je voudrais d’abord rappeler ce qui est connu depuis 2006 en Europe et avec plus de détails depuis le printemps 2007 au Canada.

Même l’Afssaps s’est inquiétée en 2006 et a répercuté une information transmise par la firme GSK à l’agence européenne du médicament (EMEA) : « Augmentation de l’incidence des fractures chez les patientes traitées au long cours par rosiglitazone (Avandia®) »

Cf. aussi le RCP (résumé des caractéristiques du produit) européen d’Avandia

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Mais je n’ai pas trouvé les mêmes mises en garde européennes pour l’ACTOS, alors qu'elles existent ailleurs. Au contraire, un bulletin de pharmacovigilance émis par le Centre régional de pharmacovigilance de Strasbourg en mars 2007 reprend les dires de l’EMEA (agence européenne du médicament), selon laquelle « Ce risque [de fractures] ne serait pas constaté avec la pioglitazone (Actos®, laboratoires Takeda) », mais serait un effet indésirable limité à Avandia… On voit encore une fois à quel point l’information médicale en français est fiable…

En avril 2007, Santé Canada rendait publique une lettre de la firme Takeda Abbott, qui commercialise Actos, mettant en garde contre la « Hausse de l'incidence des fractures chez des patientes recevant un traitement à long terme par les comprimés d'ACTOS® (chlorhydrate de pioglitazone) contre le diabète de type 2 »

Un extrait :

  • « Les résultats de l'analyse des dix-neuf essais ont démontré qu'un nombre significativement plus élevé de femmes traitées par la pioglitazone que de femmes traitées par un médicament ne faisant pas partie de la classe des thiazolidinédiones (autres agents antidiabétiques tels que la metformine ou des sulfonylurées [gliclazide, glyburide ou glimépiride], ou un placebo) ont subi au moins une fracture osseuse (2,6 % et 1,7 %, respectivement).
  • Le risque de fracture n'avait pas augmenté chez les hommes.
  • Il faut sérieusement envisager le risque de fracture chez les femmes atteintes de diabète de type 2 actuellement traitées par la pioglitazone et chez celles à qui on considère l'administrer. (…) »

Parlant des effets secondaires des pioglitazones, sous-classe des glitazones, il faut être juste et ne pas oublier COMPETACT, le « frère » d’Actos.

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Autant rappeler aussi la mise en garde de Santé Canada sur les fractures induites par Avandia, Avandamet, Avandaryl (tous les médicaments contenant de la rosiglitazone), avec des taux de fractures très importants relevés lors d'une des études menées par la firme GSK elle-même. L’alerte est plus sérieuse que celle donnée par les Européens.

  • « Au cours de l'étude ADOPT, un nombre significativement plus élevé de femmes ayant reçu de la rosiglitazone ont subi des fractures par rapport à celles ayant reçu la metformine ou le glyburide (9,3 % vs 5,1% et 3,5%, respectivement). La majorité de ces fractures se situaient au niveau du bras (humérus), de la main ou du pied; les foyers de fractures différant de ceux associés à l'ostéoporose post-ménopausique (par ex., hanche ou vertèbre). (…)
  • Le risque de fracture doit être pris en considération dans les soins prodigués aux patients, particulièrement aux femmes atteintes du diabète de type 2 (…) ».

Elena Pasca
copyright Pharmacritique

Mise à jour d'avril 2011

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31/12/2007

Actos, Avandia: risque d'insuffisance cardiaque augmenté de 70%

Un article paru en 2003 dans une revue américaine spécialisée.

Le contenu est toujours d’actualité, puisqu’il est Actos 1.jpgquestion des effets indésirables non seulement d’Avandia (rosiglitazone), mais aussi d’Actos pioglitazone).

Actuellement, le laboratoire producteur d'Actos, Takeda Abbott, se frotte les mains et profite de la débâcle de son principal concurrent, Avandia de GSK. Mais Actos n'est pas moins nocif, même s'il ne semble pas avoir attiré autant l'attention sur lui pour des attaques cardiaques.

Mais le profil de sécurité de ces médicaments est quasiment identique, puisqu'ils font partie de la même famille et que leurs effets secondaires sont des effets de classe. Autrement dit, ils sont bonnet blanc et blanc bonnet, comme je l'ai dit dans une note antérieure (Glitazones: encore sur le marché??)

 

Ce n’est pas pour rien que la revue « Prescrire » dit que médecins et patients doivent se passer de toute la classe de thiazolidinediones ou glitazones… La revue allemande indépendante "Arznei-Telegramm" dit la même chose depuis plusieurs années. Cette classe de médicaments n'a plus de raison d'être autre que l'intérêt financier des firmes pharmaceutiques...

 

A titre informatif, voici le RCP (résumé des caractéristiques du produit) établi par l'agence européenne du médicament (EMEA)

 

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Les grandes lignes de l’article de 2003 reprises sur ce site belge. C'est rare de trouver quelque chose en français...

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"Les Thiazolidinediones (TZD) augmentent le risque d'insuffisance cardiaque de 70% chez les patients porteurs d'un diabète type 2

Les Thiazolidinediones (TZDS) augmentent le risque d'insuffisance cardiaque chez les patients porteurs d'un diabète type 2 et de tels médicaments ( Actos, Avandia ) devraient être employés avec prudence quand des symptômes d'insuffisance cardiaque sont présents. La nouvelle recherche révèle que ce risque est de près de 70%, et vient de paraître dans le numéro de Novembre de Diabetes Care. Elle est basée sur une étude rétrospective de 33.544 diabétiques de type 2 traités par un médicament hypoglycémiant oral de 1995 à 2001. Parmi ceux ci 5.441 patients ont été traités avec un TZD et 28.103 n'en ont pas reçu. L'incidence d'insuffisance cardiaque après 40 mois de suivi fut de 8.8 % et 5.5%, respectivement dans le groupe TZD et le groupe de contrôle.
Le message pour les cliniciens est que ces médicaments ne devraient pas être prescrits aux patients insuffisants cardiaques et que lorsqu'ils sont donnés à d'autres patients un ajustement des doses peut être requis si des symptômes d'insuffisance cardiaque apparaissent.

Diabetes Care 2003;26:2983-2989."

Elena Pasca

Copyright Pharmacritique

Mise à jour avril 2011

Tous les articles sur les effets secondaires des glitazones (Avandia, Actos...) et d'autres médicaments utilisés dans le traitement du diabète (lantus et autres insulines, etc.) sont accessibles en descendant sur cette page:

http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/diabete_avandia_actos_insuline/


28/12/2007

Un superviseur d'Avandia recasé dans l'humanitaire et la pharmacovigilance ou L'ubiquité des conflits d'intérêts

De la nouvelle loi sur la sécurité sanitaire aux USA à Avandia et aux vaccins... ou comment tout se tient...

Un dirigeant de GSK impliqué dans le scandale Avandia (voir les notes à ce sujet, sous la catégorie "Diabète, insuline, Avandia, Actos, Lantus...") en quête de nouveaux marchés et moyens d'influence?

Bush aura rendu service jusqu'au bout à ses copains industriels… Fin septembre a été votée aux Etats-Unis une nouvelle loi sur les attributions de la FDA (Agence américaine de sécurité sanitaire). Elle facilite l’emprise financière de l'industrie pharmaceutique sur la FDA, à travers la taxe que les laboratoires paient pour voir leurs médicaments examinés rapidement en vue d’une homologation (obtention d’une autorisation de mise sur le marché ou AMM). C'est une forme de conflits d'intérêts et un moyen d'influence, puisque le contrôlé paie le contrôleur et que plus l'agence du médicament autorise de nouvelles molécules, plus elle gagne d'argent. Il en va de même de l'homologue française de la FDA: l'AFSSAPS (sécurité des produits de santé). La fondation indépendante Public Citizen en livre une excellente analyse:

http://www.autodealerscam.org/pressroom/release.cfm?ID=12...

La loi donne de nouvelles prérogatives de pharmacovigilance à la FDA, tout en restant dans le flou artistique quant aux modalités concrètes. Et quand on veut noyer le poisson, on forme une commission de "réflexion", telle la Commission Reagan-Udall aux Etats-Unis, dont certains membres ont déjà défrayé la chronique par leurs liens financiers avec l’industrie pharmaceutique.

Tadataka YAMADA était le chef du département GSK qui supervisait l’essai clinique de la rosiglitazone (Avandia) du temps où la firme faisait pression sur le Dr John Buse, spécialiste du diabète, conseiller de GSK et investigateur principal de ce médicament (cf. les notes précédentes). Les méthodes de ce dirigeant de GSK sont détaillées aussi dans le rapport sénatorial américain sur le scandale Avandia.

The Intimidation of Dr. John Buse and the Diabetes Drug Avandia http://finance.senate.gov/press/Bpress/2007press/prb11150...

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Eh bien, compte tenu de son « expérience », Tadataka Yamada a été nommé dans la Commission Reagan-Udall, créée par la nouvelle loi pour "réfléchir" à de nouvelles méthodes que la FDA pourrait appliquer afin de concilier science, efficacité et … profil de sécurité ( !) des médicaments et dispositifs médicaux. Selon le blog PharmaLot - excellente source d’information médicale indépendante -, cela équivaut à nommer le renard gardien du poulailler…

http://www.pharmalot.com/2007/11/foxes-enter-fda-foundati...

Voici donc un gros bonnet débordant de conflits d’intérêts (et autres allégeances) chargé de décider comment les autorités sanitaires publiques doivent évaluer le rapport bénéfice - risque des médicaments… S’il généralise sa méthode - museler les scientifiques qui attirent l’attention sur les risques, tels le Dr Buse avec Avandia – il est possible que les notices des médicaments ne comportent plus de paragraphe « effets secondaires »... On pourra toujours dire que ça évite les angoisse des patients…

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Cerise sur le gâteau, Yamada est passé récemment de GSK à la Fondation Bill et Melinda Gates, où il est chargé de questions de santé… humanitaire ( !). La fondation pensait se servir de son carnet d’adresses, par exemple pour convaincre la firme GSK de développer un vaccin contre la malaria…

Bel exemple de la perversion qu’entraînent les conflits d’intérêts et les vassalités de toute sorte. L’humanitaire va créer un marché pour un vaccin et d’autres médicaments, la charité va amener des cobayes pour des essais cliniques Le laboratoire GSK a déjà de l’expérience dans l’instrumentalisation du tiers monde à des fins de profits (cf. les deux vidéos citées dans la note sur Avandia, Deroxat, GSK, et plus généralement les notes de la catégorie "Nord-Sud: cobayes, corruption, humanitaire...").

Quant aux vaccins, nul doute que la position de Tadakata Yamada au sein de la FDA aidera GSK à faire homologuer le Cervarix. Ce vaccin produit par GSK et censé protéger contre le cancer du col de l'utérus - en fait contre deux souches de papillomavirus (HPV 16 et 18) - a été recalé pour le moment par la FDA. Mais autorisé très rapidement en Europe... Sans doute parce qu'il y a des humanitaires tels Monsieur Yamada bien placés dans les commissions européennes "compétentes"...

On avait vu l’humanitaire servir des fins militaires, on le voit servir des fins industrielles et des fins "d'image" de Microsoft. Dans tous les cas, c’est l’argent qui parle et qui ne laisse plus rien d'humain là-dedans.

Quant à la FDA, on pourrait dire qu’un conflit d’intérêts de plus ou de moins… Tant que l’administration Bush est là et que les républicains (droite américaine) gardent des moyens suffisants pour garantir les intérêts des firmes, la situation n'a aucune chance de s'améliorer.

Toute analogie avec la France est justifiée, en pire, même, puisque nous n’avons aucun moyen législatif et juridique qui permettrait d’agir et de résister ! Et que nos journalistes comme nos hommes politiques ont d’autres… intérêts !

Elena Pasca

Copyright Pharmacritique

Mise à jour:

vous pouvez accéder à toutes les notes sur Avandia, Actos et les autres glitazones, Competact et les autres médicaments utilisés dans le traitement du diabète (Lantus...) à partir de cette page (descendre sur la page pour un accès aux articles, du plus récent au plus ancien).

21/12/2007

Vidéos sur GSK: Avandia, Deroxat, pratiques douteuses...

Deux excellentes vidéos anglophones nous apprennent pas mal de choses sur le laboratoire britannique GlaxoSmithKline, GSK logo 2.jpgproducteur d’Avandia et du Deroxat (Seroxat, Paxil, paroxétine), entre autres. Deroxat qui a été l'objet d'un scandale dont on n'a pas entendu grand-chose en France, comme d'habitude... GSK se dispute la première place mondiale avec Pfizer, avec un chiffre d’affaires qui donne le tournis. En 2006, les rentrées de GSK étaient de 31.000 dollars par minute… Sans surprise, la firme soutient un candidat républicain à la présidence américaine…

RealGlobalNews.Com - GSK: http://www.youtube.com/watch?v=0OhcmaAf_zE

L’histoire de GSK semble assez mouvementée, même pour une firme pharmaceutique… Corruption massive de médecins révélée en Italie, pour faire prescrire ses produits, fraude et inflation des prix aux Etats-Unis, scandales pour avoir essayé d’empêcher la commercialisation massive de génériques et la production de copies bon marché de médicaments anti HIV, amendes faramineuses payées aux Etats-Unis à cause de ses pratiques peu recommandables, implications pas très claires dans la guerre en Irak, etc.

L’une des vidéos rappelle que le PDG de GSK, Jean-Pierre Garnier, quittera la direction de la firme en mai 2008 et se demande si cette retraite sera profitable à sa conscience, au moins tout autant qu’à ses comptes en banque…

GSK-JP Garnier-Seroxat-Avandia

http://www.youtube.com/watch?v=CsQlmB6qPCY&feature=related

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Ce n'est pas par hasard que l'on évoque le PDG de GlaxoSmithKline, puisque, selon l’enquête sénatoriale américaine sur Avandia (rosiglitazone), il était au courant des pressions exercées sur le Dr John Buse, spécialiste du diabète, conseiller de la firme et investigateur principal dans l’essai clinique. Ce médecin a parlé publiquement des risques cardiovasculaires dès 1999, puis a averti la FDA (agence américaine du médicament), avant d’être réduit au silence par GSK.

On le sait moins, mais c’est Buse qui a averti le Dr Steven Nissen, cardiologue réputé et auteur principal de la méta-analyse publiée par le New England Journal of Medicine, qui a mis en évidence un risque augmenté de plus de 40% d’avoir une complication cardiaque sous Avandia (détails dans la note qui reprend les grandes lignes de l'article). C’était la première d’une série d’études et éditoriaux dans des grandes revues médicales, avec des conséquences concrètes grâce à l'enquête parlementaire américaine.

The Intimidation of Dr. John Buse and the Diabetes Drug Avandia

http://finance.senate.gov/press/Bpress/2007press/prb111507a.pdf

Elena Pasca

Copyright Pharmacritique

Mise à jour avril 2011

Sur Avandia et ses effets secondaires, ainsi que sur les autres glitazones, il y a beaucoup d'articles sur Pharmacritique, que vous pouvez lire à partir de cette page.

18/12/2007

Avandia (rosiglitazone) : crises cardiaques. Détails.

Quelques exemples pour étayer le propos de la note précédente par les faits cités dans une méta-analyse. Le New GSK logo 2.jpgEngland Journal of Medicine publiait en juin 2007 une étude passant en revue 42 études sur la rosiglitazone (Avandia) et mettant en évidence « Les effets de la rosiglitazone sur le risque d’infarctus du myocarde et de mort cardiovasculaire » .

Le texte intégral en anglais : http://content.nejm.org/cgi/content/full/NEJMoa072761</FO...< a>

Les risques cardiovasculaires sont tellement accrus que même les études financées par le laboratoire GSK les remarquent, ce qui ne va pas de soi… Sachant qu'une étude financée par un laboratoire pharmaceutique a cinq fois plus de chances d'être favorable au médicament étudié, on peut se demander quels auraient été les résultats d'une étude indépendante, sans conflits d'intérêts...

Les auteurs de la méta-analyse soulignent qu’une durée relativement courte de « traitement » (les guillemets sont de mise ici) suffit à provoquer une attaque cardiaque ou une mort par autre cause cardiovasculaire. Ce qui ne joue pas non plus en faveur du médicament, c’est le moins qu’on puisse dire… L’âge moyen des participants était de 56 ans, donc les attaques cardiaques et les morts n’étaient pas imputables à une "involution" naturelle…

Comment explique-t-on ces effets aussi néfastes d’Avandia (rosiglitazone) ?

Les auteurs ont avancé plusieurs explications, montrant en fait qu’une seule de ces explications pouvait provoquer un infarctus ; sans parler de leur conjonction qui donne un cocktail explosif :

Avandia a un impact néfaste sur les lipides sériques, par exemple par la hausse du taux de LDL-cholestérol (le « mauvais » cholestérol, celui à densité réduite) et l’on connaît les effets délétères d’une telle hausse sur l’appareil cardiovasculaire.

-        Avandia provoque ou précipite aussi une insuffisance cardiaque congestive ; celle-ci a pour conséquence une demande accrue d’oxygène pour le myocarde, ce qui peut entraîner une attaque cardiaque.

 

-        La rosiglitazone réduit le taux d’hémoglobine, ce qui a un impact délétère sur l’oxygénation dans son ensemble et crée un « état de stress physiologique » pouvant mener à l’infarctus du myocarde.

-        Des études sur des rats ont montré que les animaux traités par rosiglitazone (Avandia) chez lesquels on induisait une attaque cardiaque expérimentale avaient plus de risques de mourir de cette attaque que des animaux subissant des crises cardiaques induites qui n’étaient pas traités par cette molécule.

D’autres détails en français dans la revue « Prescrire », qui conclut à juste titre que tous les médicaments de cette famille (glitazones) ont un rapport bénéfice – risque défavorable.

http://www.prescrire.org/aLaUne/dossierDiabeteGlitazones....

Les GLITAZONES ou THIAZOLIDINEDIONES : une famille de choc (cardiaque…), de génération en génération !

L’article du New England Journal of Medicine nous apprend que les laboratoires ont essayé une cinquantaine de médicaments de ce type appelés en jargon glitazones ou thiazolidinediones . Ils ont tous été rejetés par l’Agence américaine du médicament (FDA: Food and Drug Administration) ou alors les essais cliniques ont été interrompus à cause de leur toxicité, notamment cardiovasculaire

Cette toxicité a été constatée soit dans les études précliniques sur les animaux, soit dans les essais cliniques préliminaires sur les humains. Le MURAGLITAZAR a été rejeté par la FDA pour cause de toxicité cardiovasculaire trop importante. La TROGLITAZONE a été autorisée puis retirée du marché à cause de son hépatotoxicité…

Avec un tel palmarès, cette classe de médicaments aurait dû être condamnée depuis longtemps. Et pourtant, il y a toujours la rosiglitazone, seule ou entrant dans d’autres composés tels AVANDAMET. Et puis la PIOGLITAZONE (ACTOS), qui n’a pas de quoi inspirer confiance non plus…  On en reparlera.

La revue allemande indépendante Arznei-Telegramm a fait une excellente analyse des données de la méta-analyse du New England Journal of Medicine et a aussi pris en compte l'enquête sénatoriale américaine sur les pressions à l'encontre du Dr John Buse et des scientifiques de la FDA, qui réclamaient depuis un an un "label noir" (avertissement le plus fort sur l'existence d'effets secondaires graves) au moins pour l'insuffisance cardiaque.

Cf. la page 62 d'Arznei-Telegramm (reproduite ici avec d'autres pages):

"Plus d'infarctus du myocarde sous Avandia (rosiglitazone). Soupçon renforcé de cardiotoxicité " http://www.geburtshaus-bamberg.de/pdf/arznei-telegramm-HPV.pdf

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POUR EN SAVOIR PLUS

Voir aussi cet article où j'ai parlé de l'alerte donnée aux Etats-Unis estimant le nombre potentiel de décès ainsi que du rôle du sénateur Charles Grassley dans l'affaire Avandia et d'autres alertes sur les risques des médicaments: "Avandia (rosiglitazone): 83.000 attaques cardiaques selon la FDA et le sénateur Charles Grassley".

Mise à jour:

D'autres articles sur Avandia, mais aussi sur d'autres traitements antidiabétiques sont accessibles à partir de cette page (catégorie "Diabète, Avandia, insuline, Actos, Lantus...")

Elena Pasca

copyright Pharmacritique

 
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