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22/01/2012

Fractures atypiques du fémur sous bisphosphonates: effet indésirable reconnu par Santé Canada et l’AFSSAPS

Je rappelle le contexte de surmédicalisation et de disease mongering dans ostéoporose traitements,bisphosphonates effets indésirables,fractures atypiques du fémur,prévention ostéoporose ostéopénie,surmédicalisation ostéoporose,disease mongering ostéoporose,fosamax effets indésirables,ostéoporose fractures prévention,facteur de risque ostéoporose,santé des femmes prévention,surmédicalisation femmes,ménopause médicaments médicalisation,bonviva effets indésirables,ostéodensitométrie dépistage ostéoporose,surdépistage préventionlequel le sens du « dépistage » et de la « prévention » a été déformé, y compris pour ce qui est de la densité minérale osseuse et sa diminution physiologique au cours du vieillissement. Après cette introduction et les liens vers les articles dans lesquels ces questions ont déjà été abordées – avec les effets indésirables des bisphosphonates tels que l’ostéonécrose de la mâchoire, les fractures atypiques, des douleurs musculaires et articulaires, etc. -, je cite l’information donnée par les agences canadienne et française du médicament quant aux fractures atypiques du fémur comme effet indésirable de classe de tous les bisphosphonates. Les résumés des caractéristiques du produit (RCP) et les notices seront modifiés pour intégrer cet effet. Pour une fois, l’information donnée au public par les Européens est un peu plus détaillée ; cela dit, ce sont les Nord-Américains qui ont en premier abordé ouvertement l’impact de cet effet indésirable.

Les principaux médicaments prescrits en (« prévention » de) l’ostéoporose sont : l’acide alendronique (Fosamax) l'acide ibandronique ou ibandronate (Bonviva, Bondronat), l'acide pamidronique ou pamidronate (Aredia, Merck-Pamidronate), l'acide clodronique ou clodronate (Bonefos, Clastoban, Lytos, Ostac), l'acide étidronique ou étidronate (Didronel, Osteodidronel), l'acide risédronique ou risédronate (Actonel), l'acide tiludronique ou tiludronate (Skelid), l'acide zolédronique ou zolédronate (Aclasta, Zométa, Reclast).

L'image accompagne un article paru en 2010 dans le JAMA (Journal of the American Medical Association) sous le titre "Studies Probe Possible Link Between Bisphosphonates and Femoral Fractures". JAMA 2010;303(18):1795-1796.

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24/08/2011

La pharmaco-prévention dans les unités de soins de longue durée: un acharnement à dénoncer

Par le Pr Pierre BIRON pierre biron pharmacologie,prévention abus de prévention,médicalisation surmédicalisation surmédicamentation,unité de soins de longue durée personnes âgées,vieillissement soins hôpital,personne âgée médicaments effets indésirables,statines personnes âgées,alzheimer médicament anticholinestérasiques effets indésirables,calcium suppléments densité osseuse,bisphosphonates effets indésirables,preventive hounding prévention,acharnement thérapeutique personnes âgées,usld soins qualité de vie,viellissement qualité de vie soins long séjour,centre soins long séjour,personnes âgées dépendance autonomie,personnes âgées médicaments coûtefficacité

[Professeur honoraire de pharmacologie à l’Université de Montréal, engagé sur toutes les questions de pharmacologie sociale, Pierre Biron est un observateur critique de la scène médico-pharmaceutique, auteur et co-auteur de nombreux articles et chapitres de livres sur l’influence de l’industrie pharmaceutique sur la médecine, l’abus de prévention, la surmédicalisation et surmédicamentation, les formes de disease mongering (façonnage de maladies), les politiques du médicament… 

Pierre Biron vient de publier un dictionnaire engagé, critique et évolutif, anglais/français, de la médecine dans ses rapports à l’industrie pharmaceutique, qui peut être téléchargé gratuitement sur cette page de l’Encyclopédie de l’Agora (site incontournable fondé et animé par le philosophe Jacques Dufresne).

Sur Pharmacritique, Pierre Biron a publié l’article « Entrevue virtuelle avec Jean Peneff: "La France malade de ses médecins" ». (Photo: revue Protégez-vous)]

 

La pharmaco-prévention dans les unités de soins de longue durée: un acharnement à dénoncer

Chaque jour il peut se consommer – disons huit pour la présente discussion - pilules ordonnancées par lit d’Unités de soins de longue durée (dits Centres hospitaliers de soins de longue durée ou CHSLD, au Québec) et parfois plus. Avec plus de 45 700 de ces lits en mars 2010, cela ferait 133 400 000 de prises annuelles auxquelles seraient exposés nos aînés non autonomes au Québec. On peut refaire de tels calculs en France, en Suisse, en Belgique. Autant d’aînés exposés aux effets indésirables, dont le risque augmente exponentiellement avec le nombre de produits consommés quotidiennement. Exposés le sont aussi les porte-monnaie des contribuables et des payeurs de primes de mutuelles et complémentaires santé.

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14/08/2009

Le Fosamax de Merck devant la justice américaine pour près de 900 cas d’ostéonécrose de la mâchoire

Le 6 août est paru sur le site du British Medical Journal un article de Ray Moynihan relatant les enjeux de l’action en justice intentée à Merck ostéonécrose.jpgpar plus de 850 victimes états-uniennes du Fosamax (acide alendronique), médicament de la classe des bisphosphonates largement prescrit dans le traitement et la prévention de l'ostéoporose. Ce type de "prévention" d'un facteur de risque érigé en maladie pour vendre des médicaments à des bien-portants relève du "disease mongering" : une technique particulière de marketing pharmaceutique consistant à vendre des maladies plus ou moins inventées ou redéfinies afin de créer un marché pour certains médicaments - ou élargir un marché déjà existant. La traduction française du disease mongering (phénomène décrit en détail et exemplifié dans les notes accessibles à partir de cette page) est "façonnage de maladies", invention de maladies, technique du Dr Knock

L’article de Ray Moynihan - souvent cité sur Pharmacritique pour ses écrits sur le disease mongering et les laboratoires pharmaceutiques vendeurs de maladies - s’intitule "Drug Safety: Battle over popular bone drug Fosamax bursts into court” (Effets secondaires: la bataille autour du très populaire Fosamax fait irruption au tribunal : BMJ 2009;339:b3155 - doi:10.1136/bmj.40024.494213.4D).

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21/01/2008

Actonel, Bonviva, Fosamax... Bisphosphonates et nécrose de la mâchoire (suite)

Voici une synthèse de plusieurs travaux présentés lors d’un congrès de chirurgie maxillo-faciale et de stomatologie qui a eu lieu en 2006 à Saint-Gall (Suisse). Elle a été publiée par la Revue Mensuelle Suisse d’Odontostomatologie en mai 2006. Les auteurs considèrent qu’il s’agit d’une « épidémie émergente ». Quelques extraits (commençant par une description, qui nous permet de comprendre le mode d’action de ces médicaments), suivis de deux autres liens.

« Ostéochimionécroses associées aux biphosphonates: ce n’est que la pointe de l’iceberg! »

« Introduction, principales indications des biphosphonates: Les biphosphonates (terminologie francophone) – appelés également bisphosphonates (terminologie anglo-saxonne) ou diphosphonates – sont des médicaments faisant partie des anti-ostéoclastiques, c’est-à-dire des inhibiteurs de la résorption du tissu osseux. Les biphosphonates (BP) sont des analogues structuraux du pyrophosphate qui inhibent la résorption osseuse mais qui n’inhibent pas la minéralisation osseuse. Ce type de molécule pénètre à l’intérieur des ostéoclastes et en induisent l’apoptose, diminuant du même coup la résorption osseuse et la calcémie. Par conséquent, les principales indications des BP sont les affections nécessitant une réduction du turnover et du remodelage osseux pathologiques, dont notamment:

  • hypercalcémie maligne des tumeurs ostéolytiques (mammaires, pulmonaires, myélomes) et de leurs métastases,
  • ostéoporose post-ménopausique (en principe seulement si elle est compliquée d’au moins une fracture vertébrale),
  • maladie de Paget (qui se caractérise par un désordre focal du turnover osseux qui est accéléré et anarchique),
  • nécroses osseuses aseptiques.

Historique d’une épidémie émergente : Les premiers cas d’ostéonécrose des maxillaires survenant en tant qu’effet secondaire chez des patients atteints d’affections malignes avec métastases osseuses, traités par biphosphonates injectables, ont été signalés par Marx et coll. en 2003(« Pamidronate and zoledronate induced avascular necrosis of the jaws: a growing epidemic ». J Oral Maxillofac Surg. 2003, 61:1115–1107). Les implications thérapeutiques de cette pathologie émergente ont par la suite été précisées en 2005 par A. Migliorati et coll. (« Biphosphonate-associated osteonecrosis of mandibular and maxillary bone. An emerging oral complication of supportive cancer therapy”. Cancer 2005; 104: 83–9).

Alors que les premiers travaux recensaient quelque 40 cas en 2003, la littérature faisait état, en février 2005, de 875 cas d’ostéonécrose des maxillaires chez des patients soumis (ou ayant été soumis) à des traitements par biphosphonates. Depuis, 182 cas supplémentaires de cet effet secondaire gravissime de cette classe de médicaments ont été publiés.

Incidence et prévalence : Ce sont les traitements parentéraux par des biphosphonates dont la puissance antirésorptive est très élevée (acide zolédronique [Aclasta, Zométa], pamidronate [Aredia], alendronate [Fosamax]) qui sont principalement associés à la survenue de cette complication. L’ostéonécrose des maxillaires (ONJ = osteonecrosis of the jaw) apparaît pour l’essentiel chez des patients recevant un traitement par BP à forte dose dans le cadre du traitement des myélomes multiples et du contrôle des métastases osseuses des cancers du sein et de la prostate. Des cas sporadiques ont également été décrits chez des femmes traitées pour ostéoporose, y compris avec une voie d’administration orale. L’incidence cumulative après 3 ans serait de 10% sous zolendronate et de 4% sous pamidronate. (…)

Facteurs de risque : Outre l’extraction dentaire, d’autres facteurs de risque sont diversement retrouvés chez les patients: chimiothérapie, corticothérapie, radiothérapie, anémie, coagulopathie, infection préexistante de lacavité buccale. Le mécanisme par lequel les biphosphonates favoriseraient l’ostéonécrose pourrait être lié à leur effet antiangiogénèse mis en évidence chez l’animal. Associé à l’inhibition de l’activité ostéoclastique, il en résulterait un déficit d’élimination et du remodelage physiologique du tissu osseux lésé par des gestes chirurgicaux, notamment.

Aspects thérapeutiques : Du fait de l’affinité des BP pour le tissu osseux et de leur forte liaison aux molécules calciques, les effets secondaires délétères sont susceptibles de persister pendant des années. Ainsi, ni la réduction de la posologie, ni l’arrêt des biphosphonates n’apportent d’amélioration; un traitement chirurgical est souvent nécessaire. Or, il n’existe pas de traitement codifié ayant fait la preuve de son efficacité. Les principaux objectifs thérapeutiques sont la prévention de la progression de l’ostéonécrose et de ses complications. En tout état de cause, une prise en charge pluridisciplinaire est impérative. Les spécialistes sont unanimes à constater que les ostéonécroses des maxillaires associées aux BP sont extrêmement rebelles à toutes les formes de traitement. (…)

Une bombe à retardement : Compte tenu de la date d’introduction des BP, notamment de l’acide zolédronique [Aclasta, Zométa] (2003), molécule 1000 fois plus puissante que l’étidronate [Didronel, Ostéodidronel] et 100 fois plus puissante que l’alendronate [Fosamax], et du fait que selon certaines estimations, plus de 2 millions de patients sont actuellement sous traitement par des BP, on peut redouter une augmentation significative du nombre de patients affectés dans un avenir proche. Des observations récentes de nouveaux cas vont dans ce sens. »

Extrait d'un article du Courrier du Médecin Vaudois, 2006, avec une illustration

« Ce sont les traitements parentéraux par des biphosphonates dont la puissance antirésorptive est très élevée (acide zolédronique [ZOMETA], pamidronate [AREDIA], alendronate [FOSAMAX]) qui sont principalement associés à la survenue de cette complication. Elle se manifeste comme une exposition osseuse dans la cavité buccale, le plus souvent consécutive à un geste dentaire (extraction dentaire, curetage) (figure 1) mais peut aussi apparaître de façon spontanée et sans rapport avec une blessure prothétique (figure 2). Spontanément, l’os exposé évolue vers la nécrose qui peut concerner des surfaces importantes de la mandibule (deux tiers des cas) ou du maxillaire (un tiers des cas). La perte de tout ou partie d’un maxillaire a alors des conséquences fonctionnelles et esthétiques dramatiques compte tenu des faibles possibilités de réhabilitation ».

« Diphosphonates et risque d’ostéonécrose de la mâchoire » (un bulletin belge de pharmacovigilance, 2006)

Elena Pasca

 
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