21.01.2011
Co-responsables de l'inflation des coûts de Medicare, les médecins protestent contre la diminution de leurs honoraires
Moins bien payés que par les assurances privées, un médecin sur cinq - toutes spécialités confondues - et jusqu'à un tiers des généralistes
des Etats-Unis refusent de plus en plus de patients dépendant du programme public Medicare. Celui-ci rembourse certains soins (élémentaires, choisis en fonction du coût, de la durée et d'autres critères tout aussi "humanistes") à des patients sans ressources des catégories suivantes: personnes âgées, handicapés, certains malades chroniques à affections sévères et personnel militaire pauvre.
Or non seulement rien n'est fait pour que la tendance à l'exclusion des pauvres s'inverse, mais au contraire, une coupe de 21% à 25% est imminente dans les remboursements des honoraires des médecins par Medicare.
Ce programme public a été utilisé par la plupart des médecins comme une vache à lait infinie, et des laboratoires pharmaceutiques tels que Sanofi-Aventis ont fraudé à répétition, ce qui a mené à une forte augmentation du coût global de cette assurance-maladie (voir plus bas).
Mais on n'assiste malheureusement à aucune analyse structurelle et mise en cause des pratiques médicales ; non, on ne voit - comme d'habitude - que les plaintes des médecins contre la diminution de leurs honoraires... Certes, les problèmes que connaît Medicare sont multifactoriels, mais je choisis d'aborder cet angle-là, parce que les pratiques de prescription et surprescription des médecins ne sont jamais mises en cause comme un facteur responsable de la dégradation des systèmes de soins, et qu'il me semble inacceptable que ce soient toujours les patients qui trinquent.
03:25 Publié dans Tarifs, revenus, dépassements d'honoraires | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : revenus des médecins, sanofi-aventis fraude, medicare coupes budgétaires, honoraires médecins etats-unis, coûts surprescription médicale, conflits d'intérêts médecins, disease mongering soins inutiles, système de santé allemagne, éthique médicale commerce, code de déontologie pharmaceutique, égalité accès aux soins, assurance-maladie etats-unis |
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15.01.2011
Le Médiator et les autres: faut-il avoir peur des médicaments ? 15 pages d'informations et liens utiles
Le lundi 10 janvier 2011 à 19 : 00, j'ai participé à un débat sur la LCP (La chaîne parlementaire - Assemblée nationale), intitulé "Médiator: faut-il avoir peur des médicaments?" Il s'agissait de situer le Médiator dans le contexte, de comprendre comment ce "drame" - que le patron de l'industrie pharmaceutique Christian Lajoux" désignait comme un "accident" - a pu se produire et si d'autres catastrophes sanitaires sont actuellement en cours ou à venir.
Les participants étaient: Gérard Bapt (député PS, cardiologue de formation), José Duquesnoy (président de l'association des victimes du Médiator ADVM, de la région du Nord), Christian Lajoux (président directeur général de Sanofi-Aventis France et patron du L€€M (syndicat patronal des 300 laboratoires pharma actifs en France) et moi-même (Elena Pasca, philosophe, administratrice de la Fondation Sciences Citoyennes et "auteure" de Pharmacritique). Le débat était animé par le présentateur de l’émission « Ca vous regarde », Arnaud Ardoin.
Cliquez sur « Lire la suite » pour accéder aux commentaires, informations, liens, explications… qui dépassent très largement les thèmes abordés lors du débat. J’essaie d’aborder plusieurs dimensions illustrant le contrôle total de l’industrie pharmaceutique sur la filière du médicament et sur toute l’information qui s’y rattache.
Entre autres: nouvelles tendances: marketing relationnel vs R&D; données socio-économiques des pharmas; conflits d'intérêts des associations; leaders d'opinion (médecins et leaders associatifs) qui verrouillent le système de santé et de soins; industrie du cancer, irrationalité de la pensée s'agissant de certains médicaments; absence d'analyse coût - efficacité; formation médicale continue et presse médicale dans les mains des pharmas; certains propos de Christian Lajoux; l'hypocrisie générale des autorités sanitaires et des médecins quant aux conflits d'intérêts; l'ineptie des codes volontaires de déontologie, etc., etc. Tout cela avec des liens pour approfondir.
La vidéo de l'émission (48 minutes) et l'annonce par la LCP se trouvent dans cet article. Ici, je souhaite rappeler - sur une quinzaine de pages - certaines problématiques essentielles, en donnant des liens pour approfondir. Bref, ce que j'aurais voulu dire dans l'émission si j'avais eu le temps...
Une image très négative de l’industrie pharmaceutique, d’où l'urgence d'une communication très soignée…
Dans des pays où l’opinion publique a pris conscience de la gravité de la situation, suite à des scandales révélés par des media qui font leur travail au quotidien - et non pas une fois par décennie, comme chez nous pour le Médiator -, l’image des laboratoires pharmaceutiques est très détériorée.
Un sondage commandité en 2005 par la Kaiser Family Foundation confirmait l’effondrement de l’image de l’industrie pharmaceutique, et ce malgré les mécénats et autres œuvres de charité pour lesquelles elle dépense plus que d’autres industries aux Etats-Unis.
Seules l’industrie pétrolière et celle du tabac faisait pire. Pour 70% des personnes interrogées, c’est l’industrie pharmaceutique qui est la plus avide de profits et, pour ce faire, met le profit avant les êtres humains, profite de leur malheur.
Selon un sondage de Harris de décembre 2010, les trois industries qu’il est le plus urgent et indispensable de contrôler et de réguler sont, dans l’ordre, l’industrie pétrolière, celle pharmaceutique et celle du tabac. Ces trois sont aussi les moins dignes de confiance et les plus susceptibles d’être malhonnêtes. (Je reviendrai sur cette image dégradée des laboratoires, car il est évident qu’elle explique le recours accru à tout ce pourrait la redresser, donc à des lobbyistes et leurs méthodes publicitaires et de relations publiques).
LEEM : la branche française du lobby le plus puissant au monde, celui qui dépense aussi le plus en activités de lobbying / communication / relations publiques…
Je commence par rappeler quelques-unes des notes parues sur Pharmacritique au sujet du L€€M (Les Entreprises du médicament), représenté par Christian Lajoux lors du débat, histoire de mieux faire comprendre de qui il s'agit. Car il y a une grande différence entre l'image et la réalité, entre le discours et les actes, et j'ai rappelé lors du débat que l'industrie pharmaceutique emploie moult cabinets de lobbyistes qui servent à lisser l'image et à maîtriser la communication et les artifices rhétoriques de façon à détourner le débat vers des terrains consensuels ou en tout cas pas minés, pas de nature à éveiller un esprit critique peu aiguisé en France.
Ceux qui ont suivi les deux séminaires d’ETAL (Encadrement et Transparence des Activités de Lobbying) ont pu mieux comprendre à quel point un lobbyiste maîtrise les techniques de persuasion les plus perfectionnées, qui peuvent vous convaincre que 2 + 2 = 5, malgré toutes les preuves contraires.
Les représentants des pharmas se cachent toujours derrière diverses formes de clichés du genre: l'industrie pharmaceutique crée des emplois, est indispensable à la société sous sa forme actuelle, car c'est elle qui lui permet les investissements et la recherche permettant de soigner et guérir des maladies telles les cancers, le SIDA, etc.
Ce sont des lobbyistes qui élaborent pour leurs clients les réponses et les stratégies rhétoriques, et j'avais fait remarquer aux autres participants, avant l'émission, qu'il ne fallait pas suivre Christian Lajoux sur ce terrain-là, parce que nous ne pouvions pas à la hauteur. Je le sais pour avoir suivi et analysé la nature de ses interventions médiatiques, servi comme il est par des journalistes pour le moins serviables, si ce n’est serviles. Si les interlocuteurs laissent Lajoux poser les termes du débat, c’est fini, c’est lui qui mène la danse, et les autres perdent leur temps de parole à déjouer les pièges et autres artifices rhétoriques, au lieu de discuter de façon argumentée et chiffrée, sans langue de bois.
Mais la structure d'un tel débat - interventions courtes, alors qu'il ne peut y avoir de réponse par oui ou par non à de telles questions - et le temps imparti (48 minutes pour quatre intervenants, plus les questions du journaliste, plus les interventions de deux spectateurs dont l'un était un ancien visiteur médical, habitué de l'émission, venu soutenir ses (anciens?) patrons - ne permet pas d'aller au-delà des généralités.
Voici quelques articles et notes (réunis sous la catégorie « Ethique et pharmas, firmes et LEEM ») qui en disent long sur la situation actuelle, où l’industrie pharmaceutique mène la danse, et pas seulement par la rhétorique: on laisse le L€€M s’autoréguler, émettre un code volontaire de bonne conduite, non contrôlée et une charte de la visite médicale, tout aussi volontaire... Ces deux caricatures (celle-ci et celle-ci) montrent à quoi ces codes de déontologie volontaire (sic) peuvent servir, d’un point de vue pragmatique…
*** Sarkozy et l’industrie pharmaceutique : le poisson pourrit par la tête…
Cette autorégulation bafoue par ailleurs tous les principes, à commencer par le sens du terme « déontologie », qui est tout sauf volontaire, puisqu’elle relève même pas des éthiques relatives, arbitraires, concurrentielles, mais de la morale et de ce qu’elle a de normatif, par-delà les applications éthiques. Tout cela signifie en clair qu’on se fiche des principes et de la morale.
17:27 Publié dans Conflits d'intérêts / corruption | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
| Tags : conflits d'intérêts médecine, christian lajoux, médiator effets secondaires, effets secondaires médicaments, marketing pharmaceutique, conflits d'intérêts laboratoires sarkozy, conflits d'intérêts associations de patients, leaders d'opinion médecine, rapport coûtefficacité, code de déontologie pharmaceutique, signalement effets secondaires, pharmacovigilance afssaps, visiteurs médicaux charte éthique |
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20.09.2008
Conflits d’intérêts public - privé. Pantouflage par le LEEM qui recrute Philippe Lamoureux (INPES)
Un communiqué du LEEM (Les entreprises du médicament, syndicat de l’industrie pharmaceutique), nous annonce que Philippe Lamoureux vient d’être nommé directeur
général du LEEM à partir du 15 novembre. Lamoureux vient du public, où il a dirigé des cabinets ministériels, puis, depuis 2002, l’INPES (Institut national de prévention et d’éducation en santé).
Voici un mélange des genres des plus malsains : c’est une forme de pantouflage, dénoncé par le seul Canard enchaîné, et on peut s’attendre à des mauvaises surprises très bien concoctées. Au lieu de désétrangler le système de soins dominé par l’industrie pharmaceutique et par sa filière très profitable du médicament, on verra des initiatives débouchant sur une emprise privée à chaque niveau, dans une forme de domination totalisante qui ne sera même pas ressentie comme telle… Lamoureux passe au privé avec armes (carnet d’adresses) et bagages (toutes ses connaissances sur le comment et le pourquoi des politiques publiques et la façon de les instrumentaliser pour le profit privé des industriels du médicament. Le communiqué du LEEM le dit ouvertement:
15:03 Publié dans Pantouflage, revolving doors privé-public | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : code de déontologie pharmaceutique, pantouflage revolving doors industrie pharmaceutique, leem lobbying pantouflage, lobby pharmaceutique institutions publiques, intérêt général santé industrie pharmaceutique, conflits d'intérêts philippe lamoureux, partenariat public-privé, bon usage du médicament, christian lajoux pantouflage lobbying, éducation à la santé, gestion du système de soins |
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14.09.2008
Code d'éthique et de bonne conduite de l'industrie pharmaceutique (LEEM, EFPIA, PhRMA) - vue pragmatique...

18:01 Publié dans Ethique déontologie des labos, code de conduite | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : code d'éthique pharmaceutique, code de déontologie pharmaceutique, leem éthique bonne conduite, conflits d'intérêts corruption, lobby pharmaceutique, législation industrie pharmaceutique, code de bonne conduite volontaire, code pénal corruption |
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