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20/08/2008

L’agence américaine du médicament (FDA) annonce des nouvelles règles pour gérer les conflits d’intérêts de ses experts

Si vous vous attendez à une révolution, vous allez être déçu(e)… Les détails sont dans un communiqué de presse du 4 août : FDA Announces 1286491765.jpgImproved Policies Regarding Transparency, Public Disclosure for Advisory Committees. Autrement dit, la FDA – équivalent de notre agence d'(in)sécurité sanitaire aussi transparente que l'est son nom: Afssaps – annonce des "améliorations" de sa politique en matière de transparence, de déclaration publique des conflits d’intérêts et de fonctionnement des comités d’"experts".

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02/08/2008

Un organisme public britannique pousse un dirgieant de GSK à la démission

Quand les media font leur travail...1530613941.jpg

En Grande-Bretagne, la firme GSK a obtenu un contrat faramineux pour son Cervarix (vaccin supposé protéger contre deux souches de papillomavirus à haut risque cancérigène, impliquées dans le cancer du col de l’utérus). Peu après, un des dirigeants de cette firme a été nommé conseiller d’un organisme public appelé OFSTED, chargé de l’inspection scolaire (!). Or certains media critiques ont souligné à juste titre les conflits d’intérêts inhérents dans ce genre de mélange privé – public et rappelé des épisodes peu glorieux de l'histoire de GSK.

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05/06/2008

« L’art de faire passer la pilule » : Un dossier bien fait sur l’influence de l’industrie pharmaceutique, son marketing, ses méthodes…

Un dossier de 8 pages paru en avril dans Le journal du SIDA, édité par ARCAT : L’art de faire passer la pilule. 871069189.jpg

Il y est question du façonnage de maladies, de la visite médicale et autres méthodes de publicité auprès des médecins, de la bataille européenne autour de la publicité directe aux patients, des rapports de l’IGAS, des études de l’UFC Que choisir, des programmes d’accompagnement/ d’observance, des conflits d’intérêts, des cobayes humains dans les pays pauvres… Ainsi que de l’alliance objective entre autorités sanitaires et firmes quant aux effets secondaires et à l’information donnée au public, autrement dit, dans les dimensions essentielles... Agences du médicament et autres "autorités" font système avec les firmes: un "système où la balance des pouvoirs penche en faveur des laboratoires pharmaceutiques au détriment de la santé publique." 

La désinformation organisée commence lors de la conception et du financement des essais cliniques, qui devraient évaluer aussi les risques. "[C]ette évaluation, essentielle pour le bien commun, est soumise à un fort conflit d’intérêt. Comment peut-on évaluer objectivement un produit de santé si l’on est en même temps chargé de le vendre et qu’on en espère des bénéfices ? (…) Or, face au contexte défavorable actuel, la pression des laboratoires pharmaceutiques se fait de plus en plus forte pour étendre leur emprise sur le système de surveillance. Ils ont d’abord tenté, au niveau européen, de réduire le temps imparti aux agences pour évaluer une demande d’AMM [autorisation de mise sur le marché]. Cette demande est, pour l’instant, rejetée. Ils essayent désormais de faire basculer une partie de l’évaluation du bénéfice/risque après l’obtention de l’AMM. « C’est tout à fait logique, du point de vue des firmes, puisqu’avant AMM, le médicament ne rapporte rien et qu’il rapporte, en revanche, après AMM, analyse Bruno Toussaint. C’est un pari : celui que le médicament est bon. Mais dans ce système qui paye les pots cassés ? Les patients »."

C'est ce que nous disait Shahram Ahari, qui a vendu du Zyprexa° pour Eli Lilly: le cynisme de firmes qui espèrent vendre un maximum avant que tel médicament qu'elles savent problématique ne soit retiré du marché. Si jamais quelqu'un réussit à prouver le lien de causalité...  Ce qui est loin d'être facile, surtout pour des victimes qui n'ont aucune voix au chapitre et aucune défense juridique. Et dans un pays qui manque complètement de cadre législatif et juridique qui rendrait possible la répression des dérapages des firmes pharmaceutiques et ceux des médecins inféodés. Dommage que le dossier n'en parle pas et n'explore pas les causes... Et qu'il atténue certaines affirmations critiques. On pourrait penser que donner systématiquement la parole aux représentants des firmes pour qu'ils répondent à ces critiques est un gage d'"objectivité". Mais il n'est pas sûr qu'on puisse justifier moralement une telle prétention à la neutralité... Parce que le combat ne se fait pas à armes égales et que le souci moral et éthique doit être justement d'essayer de compenser un peu ce déséquilibre. L'industrie pharmaceutique a des tas de journaux pour s'exprimer. Et il ne me semble pas qu'ils donnent la parole aux critiques...

L'image que nous avons choisi illustre la meilleure méthode pour "faire passer la pilule". Au moyen du solvant universel: l'argent qui "graisse les patins" (selon l'expression de Pharmalot) comme les pattes. Et au moyen de la chaîne de dépendances qu'il crée.

02/06/2008

La dépendance tabagique, maladie chronique à traiter indéfiniment. Les origines d’une invention et le cynisme exemplaire de la revue Chest

Nous avions parlé dans cette note de l’article d’Adriane Fugh-Berman et Douglas Melnick dénonçant le dernier cas de disease mongering 360445286.jpg(invention de maladies) : la dépendance au tabac, bombardée maladie chronique à l’instar du diabète et de l’asthme et à traiter en continu… Lumineuse idée d’auteurs servant d’écran de fumée à l’industrie pharmaceutique, comme on pouvait le voir dans les déclarations d’intérêt.

Mais… Il se trouve que la vénérable revue Chest, éditée par le non moins vénérable American College of Chest Physicians, avait déjà lancé cette idée, dans un texte de 2002 qui atteint des combles de cynisme. Il est en libre accès sous le titre Tobacco Dependence. A Chronic Disease.

Comme je le disais dans la note précédente sur l’inefficacité de la nortriptyline, la revue Chest ne prend pas le risque de provoquer un arrêt respiratoire chez les lecteurs en détaillant des conflits d’intérêts à couper le souffle. On ne saura donc rien de ces auteurs avant de fouiller un peu, mais on saura tout de la stratégie marketing des firmes pharmaceutiques produisant des substituts nicotiniques et des médicaments servant d’aides à l’arrêt.

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25/05/2008

Une étude détaille les effets indésirables neurologiques et cardiovasculaires du Champix, médicament d’aide au sevrage tabagique

Michael Siegel est spécialisé en médecine préventive et en santé publique à l’université de Boston. Ses activités de recherche sont centrées 373147539.jpgdepuis 20 ans sur le tabagisme actif et passif, ses effets indésirables, les modalités d’arrêt et les diverses politiques de régulation. Il tient un blog intitulé Tobacco Analysis, sur lequel il dénonce entre autres le lobbying de l'industrie pharmaceutique pour la prohibition. Les firmes pharmaceutiques ont mis sur le marché - avec la complicité des autorités sanitaires qui ont tout approuvé en invoquant la santé publique – toute une panoplie de médicaments et de substituts nicotiniques fort profitables… Ainsi, Pfizer a fait une énorme campagne de publicité pour dénoncer le tabagisme… afin de vendre la varénicline sous le nom de Champix (Chantix aux Etats-Unis).

On apprend dans une note du 23 mai du Dr Siegel que la l’Administration fédérale de l’aviation (FAA) des Etats-Unis vient d’interdire aux pilotes et aux contrôleurs aériens l’usage de la varénicline (Champix) à cause des centaines de signalements d’effets indésirables. Ces derniers sont confirmés par une étude aux résultats dévastateurs faite par le Institute for Safe Medication Practices, organisme à but non lucratif. D'où la différence d'appréciation...

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15/05/2008

Retour sur l’éditorial du JAMA sur les conflits d’intérêts, à l’exemple du Vioxx. Merck se dit "intègre" et "éthique"

J’ai complété la note sur l’"Editorial du JAMA avec des propositions pour limiter conflits d'intérêts, manipulation, désinformation, influence des firmes pharmaceutiques..." – en incluant les références, ce qui facilitera la lecture. D’autre part, j’ai légèrement revu  la traduction, faite à la va-vite… Elle est toujours loin d’être parfaite, mais il faudrait des énergies considérables pour tout faire dans la finesse…

Et voici le communiqué de presse (en français) par lequel Merck Canada répond aux articles du Journal of the American Medical Association (JAMA), dont il est question dans la note mentionnée ci-dessus et qui s'accompagne d'un éditorial assez véhément à l'égard des agissements de Merck dans l'affaire Vioxx. (Mais la perspective s'élargit par la suite à toute la recherche médicale et à la publication de ses résultats, etc.). Juste une citation édifiante du communiqué de la firme: « Merck & Co. Inc. a indiqué aujourd’hui [15 avril 2008] qu’elle se conforme (et s'est toujours conformée) à des normes élevées d’intégrité scientifique et d’éthique et est d’avis que bon nombre des commentaires exprimés dans un communiqué de presse du Journal of the American Medical Association (JAMA) ainsi que dans le numéro du JAMA du 16 avril 2008 sur le VIOXX sont faux, trompeurs ou exprimés hors contexte. (…) »

Sans commentaires... Je reviendrai sur l’affaire Vioxx dans la note suivante, parlant de l'amende de 4,85 milliards de dollars d'amende payés par Merck suite aux actions en justice et du rôle du Dr David Graham, lanceur d'alerte qui a dû se battre contre sa propre hiérarchie de la FDA (agence états-unienne du médicament). 

 
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