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15.01.2011

Le Médiator et les autres: faut-il avoir peur des médicaments ? 15 pages d'informations et liens utiles

Le lundi 10 janvier 2011 à 19 : 00, j'ai participé à un débat sur la LCP (La chaîne parlementaire - Assemblée nationale), intitulé "Médiator: faut-il avoir peur des médicaments?" Il s'agissait de situer le Médiator dans le contexte, de comprendre comment ce "drame" - que le patron de l'industrie pharmaceutique Christian Lajoux" désignait comme un "accident" - a pu se produire et si d'autres catastrophes sanitaires sont actuellement en cours ou à venir.

Les participants étaient: Gérard Bapt (député PS, cardiologue de formation), José Duquesnoy (président de l'association des victimes du Médiator ADVM, de la région du Nord), Christian Lajoux (président directeur général de Sanofi-Aventis France et patron du L€€M (syndicat patronal des 300 laboratoires pharma actifs en France) et moi-même (Elena Pasca, philosophe, administratrice de la Fondation Sciences Citoyennes et "auteure" de Pharmacritique). Le débat était animé par le présentateur de l’émission « Ca vous regarde », Arnaud Ardoin.

Cliquez sur « Lire la suite » pour accéder aux commentaires, informations, liens, explications… qui dépassent très largement les thèmes abordés lors du débat. J’essaie d’aborder plusieurs dimensions illustrant le contrôle total de l’industrie pharmaceutique sur la filière du médicament et sur toute l’information qui s’y rattache.

Entre autres: nouvelles tendances: marketing relationnel vs R&D; données socio-économiques des pharmas; conflits d'intérêts des associations; leaders d'opinion (médecins et leaders associatifs) qui verrouillent le système de santé et de soins; industrie du cancer, irrationalité de la pensée s'agissant de certains médicaments; absence d'analyse coût - efficacité; formation médicale continue et presse médicale dans les mains des pharmas; certains propos de Christian Lajoux; l'hypocrisie générale des autorités sanitaires et des médecins quant aux conflits d'intérêts; l'ineptie des codes volontaires de déontologie, etc., etc. Tout cela avec des liens pour approfondir.

La vidéo de l'émission (48 minutes) et l'annonce par la LCP se trouvent dans cet article. Ici, je souhaite rappeler - sur une quinzaine de pages - certaines problématiques essentielles, en donnant des liens pour approfondir. Bref, ce que j'aurais voulu dire dans l'émission si j'avais eu le temps...

Une image très négative de l’industrie pharmaceutique, d’où l'urgence d'une communication très soignée…

Dans des pays où l’opinion publique a pris conscience de la gravité de la situation, suite à des scandales révélés par des media qui font leur travail au quotidien - et non pas une fois par décennie, comme chez nous pour le Médiator -, l’image des laboratoires pharmaceutiques est très détériorée.

Un sondage commandité en 2005 par la Kaiser Family Foundation confirmait l’effondrement de l’image de l’industrie pharmaceutique, et ce malgré les mécénats et autres œuvres de charité pour lesquelles elle dépense plus que d’autres industries aux Etats-Unis.

Seules l’industrie pétrolière et celle du tabac faisait pire. Pour 70% des personnes interrogées, c’est l’industrie pharmaceutique qui est la plus avide de profits et, pour ce faire, met le profit avant les êtres humains, profite de leur malheur.

Selon un sondage de Harris de décembre 2010, les trois industries qu’il est le plus urgent et indispensable de contrôler et de réguler sont, dans l’ordre, l’industrie pétrolière, celle pharmaceutique et celle du tabac. Ces trois sont aussi les moins dignes de confiance et les plus susceptibles d’être malhonnêtes. (Je reviendrai sur cette image dégradée des laboratoires, car il est évident qu’elle explique le recours accru à tout ce pourrait la redresser, donc à des lobbyistes et leurs méthodes publicitaires et de relations publiques).

LEEM : la branche française du lobby le plus puissant au monde, celui qui dépense aussi le plus en activités de lobbying / communication / relations publiques…

Je commence par rappeler quelques-unes des notes parues sur Pharmacritique au sujet du L€€M (Les Entreprises du médicament), représenté par Christian Lajoux lors du débat, histoire de mieux faire comprendre de qui il s'agit. Car il y a une grande différence entre l'image et la réalité, entre le discours et les actes, et j'ai rappelé lors du débat que l'industrie pharmaceutique emploie moult cabinets de lobbyistes qui servent à lisser l'image et à maîtriser la communication et les artifices rhétoriques de façon à détourner le débat vers des terrains consensuels ou en tout cas pas minés, pas de nature à éveiller un esprit critique peu aiguisé en France.

Ceux qui ont suivi les deux séminaires d’ETAL (Encadrement et Transparence des Activités de Lobbying) ont pu mieux comprendre à quel point un lobbyiste maîtrise les techniques de persuasion les plus perfectionnées, qui peuvent vous convaincre que 2 + 2 = 5, malgré toutes les preuves contraires.

Les représentants des pharmas se cachent toujours derrière  diverses formes de clichés du genre: l'industrie pharmaceutique crée des emplois, est indispensable à la société sous sa forme actuelle, car c'est elle qui lui permet les investissements et la recherche permettant de soigner et guérir des maladies telles les cancers, le SIDA, etc.

Ce sont des lobbyistes qui élaborent pour leurs clients les réponses et les stratégies rhétoriques, et j'avais fait remarquer aux autres participants, avant l'émission, qu'il ne fallait pas suivre Christian Lajoux sur ce terrain-là, parce que nous ne pouvions pas à la hauteur. Je le sais pour avoir suivi et analysé la nature de ses interventions médiatiques, servi comme il est par des journalistes pour le moins serviables, si ce n’est serviles. Si les interlocuteurs laissent Lajoux poser les termes du débat, c’est fini, c’est lui qui mène la danse, et les autres perdent leur temps de parole à déjouer les pièges et autres artifices rhétoriques, au lieu de discuter de façon argumentée et chiffrée, sans langue de bois.

Mais la structure d'un tel débat - interventions courtes, alors qu'il ne peut y avoir de réponse par oui ou par non à de telles questions - et le temps imparti (48 minutes pour quatre intervenants, plus les questions du journaliste, plus les interventions de deux spectateurs dont l'un était un ancien visiteur médical, habitué de l'émission, venu soutenir ses (anciens?) patrons - ne permet pas d'aller au-delà des généralités.

Voici quelques articles et notes (réunis sous la catégorie « Ethique et pharmas, firmes et LEEM ») qui en disent long sur la situation actuelle, où l’industrie pharmaceutique mène la danse, et pas seulement par la rhétorique: on laisse le L€€M s’autoréguler, émettre un code volontaire de bonne conduite, non contrôlée et une charte de la visite médicale, tout aussi volontaire... Ces deux caricatures (celle-ci et celle-ci) montrent à quoi ces codes de déontologie volontaire (sic) peuvent servir, d’un point de vue pragmatique…

*** Sarkozy et l’industrie pharmaceutique : le poisson pourrit par la tête…

Cette autorégulation bafoue par ailleurs tous les principes, à commencer par le sens du terme « déontologie », qui est tout sauf volontaire, puisqu’elle relève même pas des éthiques relatives, arbitraires, concurrentielles, mais de la morale et de ce qu’elle a de normatif, par-delà les applications éthiques. Tout cela signifie en clair qu’on se fiche des principes et de la morale.

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19.09.2010

Lobbying et conflits d'intérêts en santé: santé des hommes, santé de la planète. Séminaire du 21 septembre à l'Assemblée nationale

Le mardi 21 septembre aura lieu le deuxième d'une série de trois séminaires intitulés "La démocratie à l’épreuve du lobbying", prévus au Sénat et à l'Assemblée Nationale et organisés par les associations membres du comité d'animation du réseau de veille et d'action citoyenne ETAL (Encadrement et Transparence des Activités de Lobbying).

La Fondation Sciences Citoyennes fait partie de ce comité, donc des organisateurs, et elle a été représentée par Jacques Testart et moi-même (Elena Pasca) lors du premier séminaire, qui s'est déroulé le 22 juin à l'Assemblée nationale et a eu pour objectif la clarification sémantique du terme et de ses corrélats.

Nous avons tenté d'éclaircir certaines confusions qui se banalisent (ainsi, des associations et ONG se disent "lobbyistes", alors que ni les moyens ni les objectifs ne sont les mêmes et que le résultat est une légitimation du lobbying au profit des plus forts). Pour ce faire, il fallait tenter une délimitation plus rigoureuse du champ sémantique autour du mot lobbying, ainsi qu'identifier ses enjeux et son impact sur la démocratie en général. Cet impact intervient entre autres à travers les décisions politiques sous influence directe des lobbies - ou alors indirecte à travers les expertises biaisées par les conflits d'intérêts. Il faut sensibiliser l'opinion au fait que de telles décisions ont pour conséquence nombre de distorsions plus ou moins visibles de l'intérêt général.

Les détails de ce premier séminaire (programme, intervenants, animation, etc.) figurent sur cette page de Pharmacritique.

Le deuxième séminaire, consacré plus spécifiquement au lobbying et aux conflits d'intérêts en santé, aura lieu le mardi 21 septembre 2010, de 13 h à 18 h à l'Assemblée nationale, au 101 rue de l’Université à Paris.

Lobbying : Et notre santé ? Et celle de la planète ?

A partir de cas pratiques du domaine de la santé (notamment l’industrie pharmaceutique, la médecine et les conflits d’intérêts…) et de l’environnement, ce séminaire se propose d'étudier l’impact des lobbyistes d’intérêt industriels et financiers sur la décision publique et les répercussions sur l’avenir de la société humaine et des biens publics mondiaux.
Avec une recherche de solutions pour réduire l’influence des lobbyistes et rétablir un contrôle citoyen dans ces domaines.
(Programmes et intervenants plus bas).

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03.03.2010

"Les nouveaux jackpots des laboratoires pharmaceutiques". Documentaire sur les techniques marketing des pharmas (Canal+ le vendredi 5 mars à 22h45)

Mise à jour: regardez l'intégralité du documentaire sur cette page.

Ce vendredi 5 mars à 22 h 45 sera diffusé, dans l'émission "Spécial investigation", le documentaire "Les nouveaux jackpots des laboratoires", Priligy.jpgréalisé par Sophie Bonnet. (Le même est mentionné aussi sous le titre "Les nouvelles maladies: le jackpot des laboratoires").

Les critiques du Nouvel Observateur et Télérama sont bonnes, quoi que cela veuille dire... J'attends avec impatience de voir le documentaire, puisque j'ai été documentaliste, mais n'ai aucune aucune idée du résultat. En principe, cela devait parler du "disease mongering" (façonnage de maladies, maladies inventées - voir les notes de Pharmacritique à ce sujet), et j'ai donné beaucoup de matériel et recommandé beaucoup d'intervenants spécialisés dans les techniques marketing de l'industrie pharmaceutique et dans les conflits d'intérêts.

C'est d'ailleurs assez frustrant de ne pas savoir quelles informations ont été utilisées et développées, dans quel sens, quelles personnes ont été contactées, etc. Et de ne pas savoir qu'est qui est resté, dans l'ensemble, et quel est le degré de critique... La journaliste Sophie Bonnet me paraît à la fois compétente, professionnelle et lucide sur la question. Mais a-t-elle le dernier mot? Tout passe par tellement de mains... De façon générale, le journalisme d'investigation me semble relever plutôt du passé, vu qu'il dépend du degré d'indépendance des media. Sous Sarkozy, celle-ci n'est plus que lettre morte. Alors qu'en sera-t-il? Bonne surprise ou pseudo-critique édulcorée?

Nous verrons vendredi à 22 h 45.

La bande annonce peut être visionnée sur le site de "Spécial investigation". Il y est question du congrès de la International Society for Sexual Medicine, dont la session 2010 a eu lieu à la mi-juillet à Paris, centrée sur le "dysfonctionnement sexuel féminin", pseudo-maladie très prometteuse en termes commerciaux, de même que sur la publicité pour des molécules telles Priligy, candidat (de la firme Boehringer Ingelheim) à la commercialisation dans l'indication "éjaculation précoce". Le Priligy - ou dapoxétine, selon son nom commercial international - est un antidépresseur détourné, vanté pour l'un de ses effets secondaires qui est de retarder l'éjaculation. La revue allemande indépendante Arznei-Telegramm en a démoli les prétendues vertus dans une analyse sur laquelle je reviendrai.

Rediffusions de ce numéro de "Spécial investigation" :

  • Sur Canal+ décalé: samedi 6 mars à 2h20 et dimanche 7 mars à 6h30 et à 17h10.
  • Sur Canal Sport: lundi 8 mars à 3h05.

La présentation par la rédaction dit ceci: "La grippe H1N1 a permis à l'opinion de prendre conscience du rôle joué par les laboratoires pharmaceutiques. La présence au sein de l'Organisation mondiale de la Santé d'experts financés par l'industrie du médicament a jeté la suspicion sur le bien fondé de la campagne de vaccination. Plus généralement, les détracteurs des entreprises pharmaceutiques les accusent aujourd'hui d'inventer des maladies imaginaires auxquelles elles proposent des remèdes souvent coûteux. Pour «Spécial investigation», Sophie Bonnet enquête sur les techniques marketing mises en place par les laboratoires pour convaincre tout un chacun."

21.01.2009

Les patients veulent plus de transparence sur les conflits d'intérêts de leurs médecins, selon une enquête australienne

Le Medical Journal of Australia publie ce mois-ci (janvier 2009) un article intitulé "Patients expect transparency in doctors’ relationships with the pharmaceutical industry" (Les patients demandent de la transparence dans les relations des médecins avec l'industrie pharmaceutique).

Il s'agit des résultats, analysés par Martin Tattersall et al, d'une enquête anonyme auprès de 906 patients fréquentant trois centres de médecine générale - un centre hospitalier et deux structures privées de Sydney -, cherchant à savoir comment ils perçoivent les interactions entre médecins et firmes pharmaceutiques et quels sont leurs souhaits quant à la déclaration des conflits d'intérêts des praticiens. Un questionnaire en 18 points leur a été soumis en octobre et novembre 2007. Nous parlons des résultats globaux, dont le détail peut être lu dans le texte original en libre accès, puis rappelons les positions de Pharmacritique et de certaines de ses références habituelles, à l'aide de liens.

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23.07.2008

Les étudiants en médecine des Etats-Unis notent les facultés en fonction de la gestion des conflits d’intérêts

L’Association américaine des étudiants en 496579372.gifmédecine (AMSA) a lancé en 2002 une campagne nationale de libération de la santé des griffes de l’industrie pharmaceutique. La Pharm Free Campaign met à disposition des intéressés des moyens d’information, d’action et d’éveil de l’esprit critique, détaillés sur son site et conçus en collaboration avec le programme anticorruption Pharmed Out et l’association No Free Lunch.

L’un de ces moyens est la PharmFree Scorecard : un classement des facultés de médecine des Etats-Unis en fonction de leur politique de limitation des conflits d’intérêts. 

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27.06.2008

La "campagne d’information" de Sanofi sur les caillots sanguins: le BMJ dénonce le rôle des agences de communication dans la production de l’information médicale

Où l’on apprend l’importance des agences de com’munication, de publicité et de PR dans le devenir d’un médicament, à l’exemple du Lovenox°. Ce sont des commerciaux 901709542.jpgqui nous informent et rédigent ce qui passe pour de l’information médicale… Des rédacteurs fantôme (ghostwriters) et des médecins comme hommes de paille sont des éléments décisifs dans la stratégie des firmes: ce ghost management omniprésent (gestion fantôme). La photo est tirée de Drug Rep Toys: un badge design de marque Lovenox°... Absolument vital pour les médecins et pour l'avenir de la médecine, tout le monde en conviendra.

L’Australie a vu tout d’un coup un autre danger de santé publique lui tomber sur la tête : les caillots sanguins, qu’une campagne d’information orchestrée par Sanofi-Aventis présente comme plus mortels que le HIV ( !) Des articles en viennent à recommander de rendre les piqûres obligatoires chez toute personne qui pourrait être à risque… Il y a un véritable matraquage publicitaire – déguisé en information scientifique – au point où des hôpitaux envisagent d’appliquer les schémas proposés à la lettre, et de médicamenter tous les patients hospitalisés… Et au point où, de financement en financement, les laboratoires pharmaceutiques arrivent à ce que des recommandations officielles (guidelines) entérinent cela et mettent les produits des firmes les plus généreuses au top de la liste des médicaments anticoagulants…

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17.12.2007

Avandia (rosiglitazone): 83.000 crises cardiaques, infarctus... selon la FDA et le sénateur Charles Grassley

Ce médicament pourrait bien être un nouveau Vioxx, vu l’estimation faite par l’agence américaine du médicament sur les Avandia GSK.jpgattaques cardiaques attribuées à Avandia. L’information vient d’être rendue publique en France par un article que j'ai publié initialement sur le site du Formindep, avant de le reprendre ici. Voici le texte original, suivi d'explications et de liens informatifs.

« Rosiglitazone - Avandia©. Un médicament de la firme GSK aurait provoqué des dizaines de milliers de crises cardiaques »

"83 000 crises cardiaques supplémentaires depuis l’homologation de la rosiglitazone (Avandia®), selon des estimations de la FDA citées par la Commission des Finances du Sénat des Etats-Unis.

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