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03/02/2013

Expertise et conflits d’intérêts: les deux bouts de la même lorgnette? (Débat le 4 février)

Dans le programme de l’Association des Amis du Monde diplomatique (voir son site): prochaine amis_md_LOGO.jpgconférence à la scène nationale de la Rose des Vents (Boulevard Van Gogh à Villeneuve d’Ascq, métro Hôtel de ville)

Lundi 4 février à 20h:
Expertise et Conflits d’intérêts : les deux bouts de la même lorgnette ?

Avec

  • Elena PASCA, philosophe, administratrice à la Fondation Sciences Citoyennes, animatrice du blog « Pharmacritique »
  • Renaud LAMBERT, journaliste, rédacteur en chef adjoint au Monde diplomatique, membre de l’observatoire des médias ACRIMED

« La presse se targue d’inviter les meilleurs experts pour parler de l’actualité. Nos élus font de même avant d’imposer une décision forcément éclairée. C’est aussi le cas de nos grands entrepreneurs pour ouvrir de nouveaux marchés. Ces experts occupent aujourd’hui des positions stratégiques. Les conflits d’intérêts ne sont pas loin lorsque qu’un économiste universitaire, membre d’un conseil d’administration d’une institution financière, peut servir la même soupe aux trois secteurs précédents. Que dire aussi de médecins affiliés à de grandes entreprises pharmaceutiques, qui se trouvent en même temps dans des organismes de veille sanitaire ou du médicament. Parfois, le réseau d’influences est tellement étendu qu’on parle de « ghost management » : une gestion invisible mais omniprésente. Ce réseau s’exerce de la conception à la réalisation de recherches, jusqu’aux applications techniques et à l’information du public comme des professionnels.
Pour avoir des expertises indépendantes, et donc une réduction des risques, ne faut-il pas mettre en œuvre une déontologie de l’expertise ? Les citoyens ne doivent-ils pas exiger un cadre législatif et juridique qui protège leurs intérêts et leur assure une information transparente et complète sur les conflits d’intérêts ? »

**

Merci à Bertrand Bocquet et à toute l'équipe Lille et Nord de l'Association des Amis du Monde Diplomatique chargée de l'organisation, de l'accueil, du programme de débats, etc. 

22/06/2010

La démocratie à l'épreuve du lobbying. Séminaire du réseau ETAL (22 juin à l'Assemblée nationale)

Voici l'annonce du premier des trois séminaires sur les questions liées au lobbying organisés par le réseau ETAL (voir plus bas) à l'Assemblée nationale. La Fondation Sciences Citoyennes est membre du comité d'animation du réseau ETAL. J'aurai le plaisir d'intervenir sur un thème qui me tient à cœur, à savoir les enjeux politiques plus « profonds » du lobbying : ses conséquences sur le modèle universaliste / républicain (la quasi synonymie des deux termes n'est malheureusement plus évidente) et les (auto)contradictions dans l'argumentaire associatif, y compris au sein des associations qui refusent de se dire lobbyistes. Je persiste à penser qu'il faudrait faire une analyse politique qui montre à quel point penser dans les termes imposés par les lobbyistes / les multinationales, se cantonner dans cet enclos terminologique ne peut pas aboutir à un raisonnement valide, et encore moins à des conclusions valides.

Il faudrait prendre le temps d'exposer le tout, de clarifier le champ sémantique, de casser quelques évidences, de débattre... Ce ne sera pas demain...

Une remarque : Je ne suis pas une « spécialiste » du lobbying et n'ai aucune envie de le devenir. Ce n'est pas non plus un thème habituel du courant de pensée auquel je me rattache : la Théorie critique (Ecole de Francfort). Par contre, pour le dire vite fait, je suis une républicaine de la vieille école, grâce en particulier à Heinz Wismann, qui m'a ouvert les yeux sur ces questions, en apparence bien éloignées de mes « intérêts » de connaissance. Mais l'hyperspécialisation crée elle-même des enclos d'une autre nature...

Mes excuses pour l'annonce très tardive du séminaire. L'inscription est terminée depuis une semaine.

Elena Pasca

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08/06/2010

Lobbying: significations et pratiques. Formation de la Fondation Sciences Citoyennes, le 9 juin

Les conflits d'intérêts (voir la présentation de la formation sur cette page) et le lobbying sont l'une des dimensions de plus en plus investies logo FSC.jpgpar la Fondation Sciences Citoyennes depuis 2009. Ce sont deux facettes du même phénomène, comme je l'ai souligné dans cet article présentant la position de la Fondation. Ils font l'objet de formations séparées simplement pour qu'on puisse leur consacrer plus de temps.

J'aurai le plaisir d'intervenir lors de cette session de formation sur le lobbying, qui s'inscrit dans le cycle de formations organisé par la Fondation Sciences Citoyennes entre le 14 avril et le 30 juin, pour ses adhérents et les adhérents des associations partenaires.

La description, le programme du cycle de formations et la liste des intervenants figurent à la fin de ce texte. L'entrée est libre. Informations et inscription: contact@sciencescitoyennes.org. Merci à Glen Millot, coordinateur de la Fondation, qui a tout mis en place.

A noter que les intervenants font partie du comité d'animation du réseau de veille et d'action citoyennes ETAL (Encadrement et Transparence des Activités de Lobbying), qui s'est construit autour de l'"Appel citoyen pour un encadrement et une transparence des activités de lobbying en direction des instances de décision publique". Le réseau organise une série de trois séminaires sur le lobbying, à l'Assemblée nationale et au Sénat. Le premier aura lieu le 22 juin à l'Assemblée nationale; la présentation et le bulletin d'inscription - à remplir au plus vite - figurent sur cette page.

Précision afin de dissiper toute confusion: Le réseau ETAL aura bientôt un site indépendant. En attendant, les activités du réseau ETAL se trouvent sur le site de l'association Adéquations, qui bénéficie d'un financement pour en assurer la coordination.

9 juin, de 19h à 21h30: LOBBYING: SIGNIFICATIONS  ET  PRATIQUES

Adresse: AGECA, 177 rue de Charonne – 75011 Paris. Accès : M° Alexandre Dumas (ligne 2) ou Charonne (ligne 9). Bus 76 (Charonne-Bagnolet).

Intervenants:

  • Claude Layalle, ATTAC
  • Yveline Nicolas, Adéquations
  • Elena Pasca, Fondation Sciences Citoyennes

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07/05/2010

La Fondation Sciences Citoyennes et ENSSER appellent à soutenir Gilles-Eric Séralini et l'indépendance de l'expertise et de la recherche

Pour le respect de la controverse scientifique et de l’expertise contradictoire - Soutien à Gilles-Eric Séralini et à ses co-auteurs

La Fondation Sciences Citoyennes et le Réseau Européen des Chercheurs pour la Responsabilité Sociale et Environnementale ENSSER (www.ensser.org) viennent de lancer une campagne de soutien au professeur Gilles-Eric Séralini (Université de Caen) et à ses collègues Joël Spiroux de Vendômois et Dominique Cellier. Ces chercheurs sont  actuellement victimes d'attaques et de pressions morales de la part de Monsanto, de l'EFSA (agence européenne de sécurité des aliments), de l'AFBV (Association française des biotechnologies végétales) et d'autres organismes ayant donné des avis favorables à  l'autorisation des OGM. Ces attaques font suite à la publication des résultats des contre-expertises faites par Séralini et al. des études de Monsanto sur trois maïs génétiquement modifiés.

Les recherches et expertises du Gilles-Eric Séralini sur la toxicité des OGM et de pesticides tels le Roundup ont un retentissement international, notamment au Canada, en Europe, aux Etats-Unis, de même qu'en Inde, où elles ont contribué au moratoire sur l'aubergine OGM. Cet écho ne peut que gêner les velléités d'expansion des industriels et mettre dans l'embarras les chercheurs dont les conflits d'intérêts en font les serviles instruments de Monsanto et Cie.

Vous pouvez consulter sur le site de la Fondation la lettre de soutien à Séralini et ses collègues, ainsi que bon nombre de documents qui précisent la problématique. En approfondissant, vous réaliserez qu'il ne s'agit pas du « cas Séralini » en particulier. L'enjeu est beaucoup plus important et plus général: défendre l'indépendance de la recherche et des chercheurs, la possibilité de mener des controverses scientifiques et d'avoir une expertise indépendante, pluraliste et contradictoire qui offre certaines garanties contre l'instrumentalisation des recherches scientifiques par les industriels qui ne peuvent pas être à la fois juge et partie, surtout lorsque des profits énormes sont en jeu.
La version chercheurs : http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1806
La version grand public : http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1807

A partir de cette page, vous pourrez signer la lettre de soutien et accéder à la liste des signataires. En outre, vous remarquerez que la lettre de soutien ne se limite pas à un texte. Au-delà de la position de principe sur l'expertise et le respect du débat scientifique, cet appel au soutien se base sur des faits scientifique que les industriels et leurs valets cherchent à discréditer. Vous êtes invités à les découvrir à partir des travaux de Séralini et al., référencés et partiellement rappelés ici. Depuis la même page, vous pourrez consulter la réponse de Monsanto et Cie, celle des chercheurs et les échanges qui s'en sont suivis. La page renvoie aussi à la version anglaise de la lettre de soutien.
http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1801
Merci de signer cette lettre de soutien et de contribuer à sa diffusion.

04/01/2010

Le réseau anti-lobbying ETAL appelle à soutenir l'association MDRGF, cible d'une poursuite-bâillon des producteurs de raisins

Voilà un énième exemple des méthodes utilisées par les industriels pour empêcher l'expertise citoyenne, dissuader toute critique ainsi que les efforts de transparence, détruire les associations MDRGF home.jpg(puisqu'elles ne peuvent pas faire face aux frais de procès multiples, aux éventuelles amendes, etc.), intimider les lanceurs d'alerte... Tout est fait pour qu'aucune information dérangeante pour quelque commerce que ce soit n'arrive aux citoyens. Et il y en a qui parlent de transparence et de codes d'éthique des industriels, qui seraient suffisants? Il y en a qui envisagent de laisser aux seuls industriels, pourtant juge et partie, le soin d'analyse et de critique de leurs produits?

La Fondation Sciences Citoyennes est membre du réseau ETAL, donc co-signataire de cet appel au soutien. L'une des questions restées sans réponse lors de la réunion de la Haute autorité de santé sur l'expertise et les conflits d'intérêts (10 décembre 2009), que j'ai adressée surtout au conseiller d'Etat Christian Vigouroux, portait précisément sur les poursuites-bâillon... Manifestement, l'inertie des autorités est totale. A nous tous de nous mobiliser, si on veut qu'il y ait encore des sources d'information indépendante et une expertise citoyenne!

"Le réseau ETAL (pour l’Encadrement et la Transparence des Activités de Lobbying) appelle à soutenir le MDRGF face à la poursuite-bâillon dont il est la cible.
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Selon ETAL, un encadrement législatif est nécessaire en France comme cela s’est fait dans d’autres démocraties pour limiter les dérives du lobbying des groupes d’influence industriels et financiers ainsi que les attaques contre des lanceurs d’alerte.

Membre du réseau ETAL, le Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures (MDRGF) est assigné par la Fédération Nationale des Producteurs de Raisins de Table devant le Tribunal de grande instance de Paris le 6 janvier à 14 h 30, au 4 boulevard du Palais à Paris.

La FNPRT, Fédération de producteurs de la FNASEA, demande au MDRGF la somme invraisemblable de 500 000 euros pour dénigrement du raisin de table suite à la publication d’analyses sur la teneur des raisins de table en pesticides. Le MDRGF indique pour sa part avoir rendu publics des résultats d’analyses réalisées par un laboratoire indépendant en novembre 2008, en collaboration avec quatre autres associations européennes. Le terme juridique de « dénigrement » revêt dans cette plainte un caractère commercial, qui ne peut lui être imputé.

Pour le réseau ETAL, qui effectue une veille sur les questions de lobbying, de conflits d’intérêts, de poursuites-bâillon et qui soutient l’expertise citoyenne, le développement en France de ces actions en justice est dangereux. Elles ont pour but de dissuader des associations, chercheurs ou medias de faire leur travail d’investigation et d’expertise indépendante. Or les associations à but non lucratif n’ont pas les mêmes moyens humains et financiers que les représentants d’intérêts industriels.
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Le réseau ETAL appelle ses membres et toutes les personnes et organisations concernées par un rééquilibrage des possibilités d’expression de l’intérêt général face aux intérêts privés industriels et financiers à venir le 6 janvier au Tribunal de grande instance.
Le réseau ETAL estime qu’un encadrement législatif devient urgent face aux formes de dérives que sont le lobbying, les conflits d’intérêts et les poursuites contre les lanceurs d’alerte.

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Soutien au MDRGF :
==> http://www.generations-futures.org
Notre dossier sur le lobbying :
==> http://www.adequations.org/spip.php?article786
Information sur les poursuites-bâillon :
==> http://www.adequations.org/spip.php?article842
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CONTACTS  PRESSE
Adéquations (animatrice du réseau ETAL) :
Yveline Nicolas 06 68 88 42 05
Fondation Sciences Citoyennes (expertise scientifique indépendante et statut des lanceurs d’alerte) :
Elena Pasca 09 54 88 58 42
ACME (Association pour un contrat mondial de l’eau) :
Jean-Luc Touly 06 80 60 03 01
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Le réseau ETAL (Encadrement, Transparence des Activités de Lobbying) regroupe 20 organisations de la société civile signataires d’un "Appel citoyen pour un encadrement et une transparence des activités de lobbying en direction des instances de décisions publiques".
ETAL relaie en France la campagne européenne Alter EU, qui regroupe 160 organisations et chercheurs. Alter EU a récemment publié un rapport sur la présence dominante des experts de l’industrie et du secteur bancaire dans les groupes d’experts qui conseillent la Commission européenne."

==> http://www.adequations.org/spip.php?rubrique271

23/11/2009

La Pologne refuse les vaccins mal testés contre la grippe A et l’exigence d’immunité juridique des laboratoires. Pressions sur la ministre de la santé

C’est la radio publique polonaise qui donnait la nouvelle dans un article du 13 novembre intitulé « Health minister to be sued over swine flu Ewa Kopacz Radio polonaise.jpgjab? » (Action en justice contre la ministre de la santé [à cause de son opposition] aux vaccins contre la grippe A ?)

Le médiateur chargé de veiller aux droits des citoyens a donné un ultimatum à la ministre, la Dre Ewa Kopacz (photo: radio polonaise), la menaçant de poursuites pénales si elle n’achetait pas des vaccins contre la grippe A dans les jours à venir (voir son intervention sur YouTube). Selon Janusz Kochanowski, la ministre "joue" avec la santé de la population. Il menace même de saisir les instances européennes pour pallier au déficit de responsabilité des décideurs de son pays… Or la Commission européenne tente déjà de faire pression sur le gouvernement polonais, qui ne veut pas acheter de vaccins sans études sérieuses démontrant leur sécurité et leur rapport bénéfices - risques. Début novembre, le premier ministre Donald Tusk avait critiqué ouvertement l’absence d’évaluation sérieuse des vaccins ainsi que le refus des laboratoires pharmaceutiques d’assumer leurs responsabilités en cas d’effets secondaires graves et/ou autres défauts des vaccins pandémiques. La ministre de la santé en a rajouté plusieurs couches en critiquant vertement les contrats douteux proposés par les laboratoires. Pour les autorités polonaises, en l’état actuel, les vaccins ne servent que les intérêts financiers des laboratoires qui les commercialisent. Les administrer massivement, c’est cela qui serait jouer avec la santé de la population.

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18/11/2009

Roselyne Bachelot vante le vaccin contre la grippe A. Pharmacritique demande un vaccin contre les conflits d'intérêts

Charlie hebdo vaccin droite.jpg
L'image - modifiée par moi - est tirée de la newsletter du 17 novembre de Charlie Hebdo. Elle rentre dans la thématique de Pharmacritique par les conflits d'intérêts de certains hommes politiques avec les laboratoires pharmaceutiques. A commencer par les liens forts unissant Nicolas Sarkozy et François Sarkozy à Sanofi-Aventis. Roselyne Bachelot a elle aussi fait des cachotteries quant à son passé, aux 12 années passées au service de l'industrie pharmaceutique. Et elle choisit ses conseillers parmi les grands pontes qui mangent à tous les râteliers pharmaceutiques... Vous trouverez les détails dans les pages du blog, à partir de la catégorie "Hommes politiques et lobbies (conflits d'intérêts)".
Pharmacritique exige que la fabrication d'un vaccin contre les conflits d'intérêts devienne priorité nationale !! Je m'engage à décerner un prix au laboratoire qui osera... Et, puisque notre ministre de la Santé est tellement dévouée et qu'elle est, de plus, concernée par cette affection chronique qu'on peut appeler "influence" - infiniment plus nocive que influenza (la grippe) - ou encore "biais", voire même "corruption", eh bien, quoi de plus logique que de lui laisser l'honneur d'inaugurer le vaccin. Elle fait partie des groupes à risque, à vacciner en priorité: hommes politiques, leaders d'opinion,grands patrons et autres décideurs... Et, bien sûr, les experts des autorités sanitaires de régulation - à commencer par le Comité technique des vaccinations (Daniel Floret, Brigitte Autran...), le GEIG (Bruno Lina) et autres catalyseurs de mélanges malsains de genres entre public et privé.
Voilà, on a déjà les participants aux essais cliniques pour tester le vaccin... Parmi les effets secondaires, on peut déjà s'attendre à une diminution des revenus. Parmi les bienfaits, le risque de cancer de la peau sera certainement diminué de façon statistiquement significative, puisque ces grands dealers d'opinion n'iront plus aux grandes foires commerciales - intitulées pudiquement "congrès scientifiques" -, qui ont tous lieux dans des endroits fort ensoleillés tels la Côte d'Azur, Monte Carlo...

13/11/2009

"Grippe A H1N1: une expertise grippée". Communiqué commun de la Fondation Sciences Citoyennes et du Réseau Environnement Santé

Fondation Sciences Citoyennes.jpg

"La révélation des liens étroits entre le Professeur Bruno Lina, le Groupe d’Expertise et d’Information sur la Grippe (GEIG), le Comité de lutte contre la grippe et l’industrie pharmaceutique est une illustration supplémentaire de la nécessité d’assainir la situation de l’expertise en France.

Qu’un groupe financé à 100 % par les producteurs de vaccins serve de conseiller à la Ministre de la Santé est une incongruité qui devrait cesser, voire même être sanctionnée.
La stratégie du Ministère repose depuis le début sur l’hypothèse d’une épidémie touchant 30 % de la population et responsable de 0,4 % de décès (soit 250 000 morts). Il est stupéfiant que ce scénario puisse constituer encore aujourd’hui le scénario de référence alors même que le bilan de la grippe A dans l’hémisphère Sud montre que son impact est de loin inférieur à celui de la grippe saisonnière.

On comprend que l’industrie pharmaceutique ait intérêt à maintenir cette fiction pour justifier la diffusion de millions de doses mais pourquoi l’expertise publique est-elle muette sur le sujet ? Pourquoi aucun scénario autre que celui de la vaccination massive n’a été pris en considération ?
Il semble de plus en plus évident pourtant qu’un autre scénario plus protecteur et plus économe de l’argent public s’impose : celui ciblé sur la protection des groupes à risque et le renforcement des mesures d’hygiène.
Ces faits illustrent l’importance de l’indépendance et de la transparence dans l’expertise pour qu’elle soit fiable et reconnue par les populations.

Cette affaire d’expertise sous influence pour la grippe n’est pas un cas isolé. C’est la même logique qui explique que l’Agence Française de Réseau environnement santé RES.jpgSécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) ait rendu récemment deux avis d’expertise influencés par l’industrie et non protecteurs de la santé publique sur le Bisphénol A et sur le PFOA, comme l’a dénoncé le Réseau Environnement Santé.

Ce grave dysfonctionnement de l’expertise publique montre la nécessité de développer la capacité d’expertise dans les organismes de recherche publique en France et de rompre avec la logique d’une recherche publique de plus en plus mise au service des intérêts privés. La Fondation Sciences Citoyennes demande une loi de protection des lanceurs d’alerte et de l'expertise, reposant principalement sur la création d’une Haute Autorité de l’Alerte et de l’Expertise, chargée non pas de réaliser des expertises mais de définir une déontologie de l’expertise et de la faire respecter (en cas de conflits d’intérêts notamment). Le principe en a été acté lors du Grenelle de l’Environnement, mais la traduction dans la loi Grenelle 1 n’a retenu que l’engagement du gouvernement à présenter un rapport d’ici juillet 2010.
Le rapport attendu du gouvernement sur la Haute Autorité de l’Alerte et de l’Expertise devra tenir compte de ces derniers événements."

(5 novembre 2009)

Contacts FSC et RES

  • André Cicolella : 06 35 57 16 82
  • Elena Pasca : 01 43 60 01 35

http://sciencescitoyennes.org/

http://www.reseau-environnement-sante.fr/

01/11/2009

"Les profiteurs de la peur", leurs conflits d'intérêts et leur business autour de la grippe A H1N1. Intégralité du documentaire ARTE "Un virus fait débat"

J'ai fait une brève présentation de ce documentaire dans cette note. Il esquisse les étapes de l'escalade qui nous a conduit à jouer les cobayes d'un commerce rendu possible par une OMS sous influence des laboratoires. Cette organisation, qui n'est que politique mais se fait passer pour une instance scientifique, a fort opportunément changé sa définition de ce qu'est une "pandémie".

Le réseau de conflits d'intérêts tissé par l'industrie pharmaceutique dans chaque pays a fait le reste, et nous voilà avec des vaccins bâclés (Focetria, Pandemrix, Celvapan, Panenza...) et des médicaments (Tamiflu, Relenza) controversés et inutiles en l'état actuel de la pandémie. Sans parler de l'énorme gaspillage de finances pourtant mal en point. Et du discrédit que cette hystérie jette sur les procédures d'évaluation et de contrôle des médicaments et des vaccins, compte tenu des AMM (autorisations de mise sur le marché) tenues pour acquises avant même que les vaccins ne voient le jour, etc. Et du discrédit jeté sur tous ces experts et ces agences de régulation grevés de conflits d'intérêts, au vu du fondement scientifique quasi inexistant des décisions de vaccination massive. Le documentaire aborde beaucoup d'autres aspects, le mieux, c'est de le regarder.

Je note avec plaisir la présence, parmi les intervenants, du Pr Peter Schönhöfer, pharmacologue aux états de service impressionnants, pourfendeur de la corruption en santé et rédacteur de ma principale référence médicale: la revue Arznei-Telegramm. Et de Gerd Glaeske, économiste de la santé dénonçant les conflits d'intérêts, que j'ai cité à plusieurs reprises, notamment s'agissant de critiquer cette autre expérimentation grandeur nature qu'est la vaccination systématique des jeunes filles par Gardasil.

Les vaccins sont devenus une source centrale de revenus pour des laboratoires qui n'innovent plus et dont les pipelines sont vides... Plus que jamais comptent les slogans d'une "prévention" déformée, qui n'a plus grand chose de scientifique et dégénère en propagande. Il en faut afin de mettre en oeuvre le pharmacommerce de la peur à l'échelle voulue - y compris à l'échelle planétaire, comme on le voit avec la grippe porcine. Et pour ce faire, il suffit que les firmes se rappellent au bon souvenir de tous ceux qu'elles paient et qui sont leurs obligés par quelque moyen que ce soit. Hommes politiques ayant des liens (Roselyne Bachelot, Nicolas Sarkozy, etc.), experts consultants pour Sanofi, Baxter, GSK..., autorités sanitaires serviles dont le budget dépend des pharmas, leaders d'opinion, organisations professionnelles sponsorisées parfois à 100%, groupes de travail et comités techniques de vaccination sous influence, journalistes qui font des "ménages pour l'industrie" ou ne font pas leur travail... - c'est un système parfaitement verrouillé par l'industrie pharmaceutique. Il y a beaucoup de notes sur Pharmacritique traitant de ces aspects, accessibles à partir de la liste de catégories à gauche de la page.

A propos, le même système verrrouillé par les experts ayant des conflits d'intérêts qui en bloquent toutes les articulations est dénoncé par le réseau interassociatif ETAL, dont la Fondation Sciences Citoyennes fait partie. La description de ce système a semblé "effrayante" au vice-président du Sénat, Jean-Léonce Dupont, lors d'une audition du réseau ETAL le 29 septembre. (Voir le compte-rendu public). Et pourtant, la réalité dépasse les contes d'horreur.

Il suffit que l'OMS, instance de tous les pantouflages et liaisons dangereuses, donne l'alerte à la pandémie, et les firmes donnent l'alerte à leur valetaille, qui se charge aussi de la rétroaction sur l'OMS... Parler de ghost management n'est pas de la science-fiction: la gestion est là, invisible mais omniprésente, exerçant un contrôle total à tous les niveaux.

Voici les quatre parties du documentaire diffusé le 20 octobre 2009 sur ARTE.

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18/10/2009

Vaccination grippe A H1N1: 6 euros par vaccin pour les généralistes britanniques, au moins 66 euros de l’heure pour les médecins français. Tarifs infirmiers négociés

Une circulaire du ministère britannique de la Santé (Department of Health) en date du 10 septembre nous donne une idée de argent santé Courrier Times.jpgl’investissement – au sens propre (financier) comme au sens figuré (pressions directes et indirectes) – des autorités pour que les médecins se fassent eux-mêmes vacciner et surtout administrent un maximum de vaccins contre la grippe A H1N1. La Grande-Bretagne n’est pas le seul pays qui prend les médecins par ce qui est le point névralgique de beaucoup d’entre eux. La France applique des "recettes" semblables, dans une transparence moindre, comme nous le verrons en lisant la circulaire qui fixe les grandes lignes de la logistique, puis un texte qui rend compte des négociations pour doubler la rémunération des médecins et des infirmiers, en plus des indemnités et exonérations des charges d'assurance déjà prévus.

Curieusement, malgré les vaches maigres de la Sécurité sociale, invoquées pour faire de nouveau les poches des malades, il y a toujours de l’argent s’agissant d’instrumentaliser des médecins consentants. Comme cela se fait déjà au moyen des CAPI ("contrat d’amélioration des pratiques individuelles", selon l’euphémisme qui sert de titre à cet achat des médecins par l’assurance-maladie). J'en profite pour dire en passant que le Conseil de l’ordre des médecins a déposé un recours en annulation auprès du Conseil d’Etat; j’espère bien qu’il aboutira. C'est un dangereux précédent, une pente glissante: l'établissement d'un cadre qui permettra de plus en plus de demander aux médecins d'agir contre les intérêts de la santé des patients, moyennant finances. Ne fermons pas les yeux sur ce qui s'avère être un conflit d'intérêts entre médecins et patients.

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24/09/2009

Roselyne Bachelot a passé au moins 12 ans au service de l'industrie pharmaceutique. Source de conflits d'intérêts, par exemple dans la vaccination massive contre la grippe A H1N1?

Dans une note en date du 3 mai 2008, j'ironisais sur l'interview donnée en février de la même année par Roselyne Bachelot au magasine de Bachelot photo portail gouvernement.jpgl'industrie pharmaceutique PHARMAnetwork. Notre ministre de la santé pouvait se prononcer en experte sur le fait que "Le métier de visiteur médical doit évoluer", puisqu'elle est elle-même une ancienne visiteuse médicale.

De tels liens ne sont jamais anodins; ils peuvent induire des conflits d'intérêts même à distance, et on doit s'interroger  lorsqu'un élu qui représente l'intérêt public, l'intérêt général, cache pendant quelque temps une partie de son passé, et notamment ses 12 ans de travail pour l'une des industries les plus puissantes qui soient: celle pharmaceutique. (Globalement, cela va de 1969 à 1989, avec un trou non explicité au milieu; peut-être 20 ans en tout?).

Industrie dont on sait qu'elle entretient aussi l'un des lobbies les plus actifs, les plus acharnés et qui ont le plus d'influence sur les hommes politiques, y compris au sommet de l'Etat, comme on peut le voir en lisant cette note, qui mentionne aussi la ministre de la Santé: "Plan Alzheimer et conflits d'intérêts: les Sarkozy, Sanofi, la recherche publique et les franchises médicales... Les deniers publics feront les profits privés".

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18/07/2009

Cervarix: des parlementaires écossais interrogent les autorités sanitaires sur la base scientifique et les vraies raisons de la vaccination comme sur ses effets secondaires

Le journal The Scotsman a publié le 29 juin 2009 un article intitulé "MSPs seek answers as cervical cancer vaccine fears grow" (Des Gardasil CMD.gifparlementaires écossais demandent des réponses alors que les inquiétudes à propos du vaccin anti papillomavirus grandissent).

Cet article fait suite à un autre, paru dans le même journal, et dont Pharmacritique a rendu compte dans cette note. Il montre que les Ecossais s’inspirent des critiques allemandes du Gardasil, formulées notamment dans le manifeste de 13 médecins et scientifiques de renom. Celui-ci a abouti à une demande officielle de révision des recommandations vaccinales, adressée au Comité technique allemand des vaccinations (STIKO), pour qu’il réévalue les données scientifiques, depuis la prévalence (très faible) du cancer du col de l’utérus en Allemagne jusqu’aux résultats (incomplets) présentés par Merck et Sanofi Pasteur MSD pour obtenir l’homologation, en passant par l’utilité et l’efficacité (douteuses) du Gardasil.

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13/07/2009

Lettre ouverte à José Manuel Barroso: La Commission européenne doit cesser de subordonner la santé et les intérêts des consommateurs aux intérêts industriels!

Le 17 juin 2009, trois associations qui représentent à elles seules près de 150 associations et 42 fédérations mutualistes ont adressé une barroso-verheugen vigitox.jpglettre ouverte au président de la Commission Européenne José Manuel Barroso. Il s’agit de l’EPHA (European Public Health Alliance), de l’AIM (Association internationale de la mutualité, qui est aussi membre du Collectif Europe et Médicament) et du BEUC (European Consumer's Organisation). Elles demandent un transfert de compétences, pour que cesse enfin cette aberration dénoncée à plusieurs reprises par Pharmacritique aussi : les décisions et réglementations concernant l’industrie pharmaceutique relèvent actuellement non pas de la Direction générale de Santé et protection des consommateurs (DG SANCO), mais de la Direction générale entreprises et industrie. Celle-ci est dirigée par le vice-président de la Commission européenne, le vénérable Günter Verheugen, dont nous avons dénoncé à plusieurs reprises les accointances avec les laboratoires pharmaceutiques.

Cette subordination est à elle seule édifiante quant à la quantité négligeable qu’est la santé individuelle et publique par rapport aux intérêts économiques et aux profits privés auxquels elle est soumise.

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07/07/2009

Etats-Unis: les étudiants notent les facultés de médecine en fonction des conflits d’intérêts. D'autres se mobilisent, nos carabins dorment

La American Medical Students Association (AMSA: association des étudiants en médecine) a publié le 17 juin le troisième PharmFree AMSA.jpgScorecard : le classement 2009 des facultés de médecine des Etats-Unis en fonction de la qualité de leur politique de limitation des conflits d’intérêts, des liens financiers et autres avec l’industrie pharmaceutique. Cette évaluation est faite par l’AMSA en collaboration avec Prescription Project, une association qui milite pour une médecine intègre et basée sur le niveau de preuve (evidence-based medicine ou EBM) et non sur le marketing de l’industrie pharmaceutique. Cela suppose des réformes majeures de la réglementation concernant la recherche médicale ainsi que de tout le circuit du médicament et de l’information médicale.

La notation s’inscrit dans un projet plus large, appelé PharmFree Campaign, lancé par l’AMSA en 2002 pour promouvoir ces mêmes objectifs à l’aide de matériels éducatifs et d’autres moyens spécifiques décrits à partir de cette page.

Les initiatives allant dans le sens d’une restriction – ou du moins d’une plus grande transparence – des conflits d’intérêts sont tellement nombreuses outre-Atlantique qu’il est impossible de tout suivre dans le détail…

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06/07/2009

Selon Arznei-Telegramm, Sanofi-Aventis désinforme sur la sécurité du Lantus, lié à un risque accru de cancers

Cette note est à lire à la suite de celle-ci : "Lantus / insuline glargine et risque de cancers. Trois études renforcent les vieux soupçons. Arznei-Telegramm logo.jpgArznei-Telegramm demande le retrait du marché".

Il s’agit d’une étude de grande ampleur faite par l’Institut d’évaluation de la qualité et du rapport coût/efficacité des médicaments (IQWiG, institut indépendant, cauchemar de l'industrie pharmaceutique allemande). Les résultats de deux autres études observationnelles vont dans le même sens d'une augmentation du risque de cancers sous Lantus. Il faut lire la note citée pour comprendre les résultats, ainsi que les tenants et aboutissants.

La revue médicale allemande indépendante Arznei-Telegramm (Télégramme du médicament) persiste et signe. Après la demande de retrait sur le marché, motivée dans le texte traduit par Pharmacritique dans la note déjà mentionnée, elle a envoyé le 3 juillet une autre alerte à son réseau, mettant en garde tout le monde contre la stratégie de défense adoptée par Sanofi-Aventis. En plus de dire que l’IQWiG sèmerait des peurs injustifiées, la firme tente de désinformer quant au risque de cancer sous Lantus en brandissant une étude qui n’a pourtant pas de pertinence en la matière. Par contre, elle est très pertinente s'agissant d'illustrer les énormes conflits d'intérêts des auteurs et le fait que Sanofi-Aventis a fait tout le travail: du financement à l'évaluation des données et à la rédaction du texte (détails à la fin de la note). Quant au parle du ghost management... Cette gestion et ce contrôle invisibles, mais omniprésents de toute la recherche et de tout le circuit de l'information sur le médicament que nous avons illustrés en parlant de Merck.

Pharmacritique vous propose une traduction intégrale de cette dernière alerte d'Arznei-Telegramm.

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28/06/2009

Physician Payments Sunshine Provisions des députés: exigences strictes de transparence sur les financements pharmaceutiques et les conflits d’intérêts

Pharmacritique a rendu compte à plusieurs reprises des projets législatifs fédéraux exigeant une plus grande transparence sur les conflits sunshine law.jpgd’intérêts médico-pharmaceutiques et une déclaration publique des paiements (et cadeaux, privilèges…) faits par les laboratoires pharmaceutiques à des médecins et à des chercheurs. Ces projets s’inscrivent dans le cadre plus général des "sunshine laws" (lois de transparence). Le plus connu est celui porté par le sénateur Charles Grassley, détaillé entre autres dans cette note appelant à le soutenir. Dès l’investiture d’Obama, Grassley et ses soutiens démocrates ont remis le "Physician Payments Sunshine Act" sur la table, avec des obligations plus fortes pour les firmes.

Et voilà que la Chambre des représentants vient d’intégrer des exigences encore plus strictes directement dans sa proposition de réforme globale du système de santé états-unien. Le projet est paru le 19 juin 2009 sur le site de la Chambre, en attendant d’être discuté.

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24/06/2009

Baisser la tension artérielle, oui, mais pas trop, selon les recommandations européennes. Les conflits d'intérêts de l'ESH et des cardiologues français ne baissent pas, eux

C'est au mois d'octobre que les recommandations européennes de prise en charge de l'hypertension artérielle seront publiées en hypertension artérielle.jpgintégralité. Cependant, ce qui se dégage déjà des travaux de l'ESH (European Society of Hypertension), réunie à Milan pour les actualiser, c'est qu'il convient de mettre un terme à la recherche forcenée d'une pression artérielle toujours plus basse, parce que des complications cardiovasculaires risquent d'apparaître, sans qu'on comprenne pourquoi. La sagesse populaire savait, elle, que le mieux est l'ennemi du bien... Du moins depuis Voltaire. Cet article du 22 juin du site The Heart nous donne les détails.

Mais c'est aussi l'occasion d'apprendre d'autres choses sur l'impact de la désinformation pratiquée par l'industrie pharmaceutique et sur les conflits d'intérêts de l'ESH et des cardiologues français. Entre les déclarations de la SFC (Société Française de Cardiologie) et la réalité...

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22/06/2009

Le patron de l'industrie pharmaceutique, Christian Lajoux, défend les laboratoires, les autorités sanitaires, la visite médicale...

Dans le numéro du 16 juin du journal Le Quotidien du Médecin, Christian Lajoux, président de l'organisation patronale de l'industrie LEEM euros.jpgpharmaceutique (LEEM: Les entreprises du médicament) et président de Sanofi-Aventis France, se livre à une charge virulente contre les critiques des dérapages de l'industrie pharmaceutique. Il parle d'un "procès en sorcellerie d'un autre temps" (lire le résumé). Signe que les critiques commencent à déranger?

Selon le journal, le président du LEEM "affronte la critique", et ce en répondant à cinq questions dont l'élaboration a nécessité l'effort conjoint de deux journalistes. Questions qui n'ont, elles, rien de critique. Les deux côtés sont héroïques, en effet... Mais y a-t-il encore des gens assez naïfs pour attendre une information équilibrée de ce type de journal, gratuit, plein de publicités et sans aucune déclaration de conflits d'intérêts (voir cette note)?

Voici les extraits les plus édifiants de l'interview et un résumé du reste. Lajoux défend tellement bien tous les médecins et experts qui ont des conflits d'intérêts, ainsi que les autorités sanitaires et la visite médicale, que cette défense elle-même devrait suffire à éveiller les soupçons des usagers. En effet, si le patron des patrons des industriels est tellement satisfait du système dans son ensemble, si des intérêts privés du genre de ceux de l'industrie pharmaceutique sont à ce point satisfaits, on peut avoir quelques doutes sur l'état de l'intérêt général... Et puis on apprend que le LEEM a quelques intentions belliqueuses.

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16/06/2009

Conflits d’intérêts des sénateurs engagés dans la réforme du système de santé américain. Où sont les déclarations d’intérêts des politiques français?

Les déclarations d’intérêts d’un certain nombre de sénateurs des Etats-Unis ont suscité un grand émoi dans la presse américaine, qui a Conflits d'intérêts Blog bioethics.net.jpglargement repris la dépêche d’Associated Press "Key Health Care Senators Have Industry Ties". On y apprend que des sénateurs ayant un rôle essentiel dans l’élaboration de la réforme du système de santé et de soins ont des conflits d’intérêts par leurs relations financières directes ou familiales avec des sociétés prestataires de soins, des laboratoires pharmaceutiques ou d’autres intervenants commerciaux dans le système de santé.

Ces révélations feront-elle le jeu de la campagne de discrédit engagée par les industriels contre la réforme d’Obama ?

A la fin de la note, plusieurs liens parlent de la situation française, bien pire, compte tenu de l’absence de transparence sur les liens entre les divers lobbies et nos hommes politiques. Des exemples concrets illustrent les conflits d’intérêts et les influences à l’œuvre dans notre république bananière. (Ou monarchie? Difficile à dire, avec Sarkozy 1er et les grandes familles (Sarkozy, Kouchner, Kosciusko-Morizet...) qui remplacent la noblesse de l'Ancien régime et imposent leurs intérêts privés partout).

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14/06/2009

Grippe porcine: le député et animateur canadien André Arthur dénonce une manipulation médiatique et politique

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13/06/2009

L'éducation thérapeutique, cadeau du Sénat aux laboratoires! Le Collectif Europe et Médicament demande à la commission mixte paritaire de revenir la-dessus

Merci à la revue Prescrire et au Collectif Europe et Médicament qu'elle soutient de nous avoir envoyé leur communiqué de presse en date cadeau argent.jpgdu 12 juin 2009. Le voilà dans son intégralité. Vous pouvez le lire en continuité avec le communiqué précédent, plus détaillé, en date du 18 mai 2009 ("L'éducation thérapeutique des patients abandonnée à l'industrie pharmaceutique par le Sénat"), ainsi qu'avec la note de Pharmacritique "Associations de patients financées par les labos: leurs conflits d'intérêts en font des moyens de pression sur les décisions politiques".

C'est sur les associations - instrumentalisées à cet effet - que se sont basés les sénateurs pour obtenir que l'industrie pharmaceutique puisse financer des programmes d'éducation thérapeutique des patients, et donc avoir un moyen supplémentaire d'influence sur les patients, et pas des moindres, puisque les associations gardent toujours cette image d'action désintéressée et occultent de ce fait les visées bassement commerciales des firmes... Décidément, on déroule le tapis rouge à l'industrie et on la comble de cadeaux, la pôôvre. Pôvre, car les profits de Sanofi-Aventis ne sont estimés qu'à 7 milliards 200 millions en 2009, ce qui place la firme en deuxième position après Total. O misère...

Les syntagmes "santé publique", "intérêt général" et autres anachronismes républicains de ce genre, ne sont plus de mise lorsque le monarque Sarkozy 1er en

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09/06/2009

Associations de patients financées par les labos: leurs conflits d'intérêts en font des moyens de pression sur les décisions politiques

Assoces industrie Prescrire.jpg
Plusieurs textes en rapport avec les débats actuels autour de la loi HPST détaillent ce que cette illustration parue en février 2005 dans la revue Prescrire nous fait parfaitement comprendre.

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07/06/2009

"Les Médicamenteurs", enquête sur l’influence du lobby pharmaceutique et ses méthodes: marketing acharné, désinformation, conflits d’intérêts…

Le mardi 9 juin 2009 à 20 h 35 sera diffusé sur France 5 le documentaire "Les Médicamenteurs". L'extrait est tiré de cette page de Télérama, où il accompagne la présentation de Samuel Gontier. "Cette enquête, conduite par Brigitte Rossigneux, journaliste au Canard enchaîné, et coréalisée par Stéphane Horel et Annick Redolfi, dévoile les secrets de l'industrie pharmaceutique en suivant les pérégrinations des médicaments, depuis leur conception jusqu'à leur exploitation commerciale."

Lire aussi les commentaires de Pharmacritique, contenant des liens pour approfondir et/ou compléter les questions évoquées dans le documentaire.

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04/06/2009

L'Express: conflits d'intérêts et corruption des médecins par le lobby pharmaceutique, qui contrôle toute l'information sur les médicaments

L’Express d’hier (3 juin) a publié sur son site un dossier qui fait la une cette semaine : "Tout ce que l’on ne vous dit pas sur les Express médicaments.jpgmédicaments". Il contient des extraits du livre du Dr Sauveur Boukris intitulé "Ces médicaments qui nous rendent malades" (Le Cherche Midi), à paraître aujourd’hui.

Sont abordés entre autres : "les effets secondaires gravissimes de médicaments consommés couramment; l'ignorance crasse de médecins formés, le plus souvent, à la seule école de l'industrie pharmaceutique; l'invention de maladies imaginaires pour l'unique profit d'entreprises florissantes; la partialité des experts; le laxisme d'autorités sanitaires bienveillantes; la force d'un lobby mieux organisé que jamais...", les interactions médicamenteuses, le nombre colossal d’hospitalisations et de décès dus aux effets secondaires, l’absence d’innovation thérapeutique, les risques de l’automédication, "les médecins téléguidés" par les laboratoires par le biais des visiteurs médicaux et autres financements créant des conflits d’intérêts...

La préface du livre est signée par le Pr Philippe Even, et le dossier contient un entretien avec lui, intitulé "Certains représentants de l’Etat sont corrompus". C’est sur celui-ci que je voudrais mettre l’accent dans cette note, parce que je pense qu’il a raison en disant qu’en France, le véritable changement ne peut venir que des patients, d’une prise de conscience qui pourrait faire suite aux scandales provoqués par les effets secondaires des médicaments et qui les poussera à taper du poing sur la table.

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26/05/2009

Conflits d’intérês et contrôle de l’information médicale par les labos. Emission avec la participation de Healthy Skepticism

Le numéro du 26 mai de l’émission Insight de la chaîne SBS est intitulé « Drugs and Doctors » (Médicaments et médecins); il met en scène un Argent WSJ iStock Photos.jpgdébat sur le degré d’influence de l’industrie pharmaceutique sur les médecins et sur ses conséquences. Les participants sont des figures représentatives du monde médico-pharmaceutique australien (industrie, médecins pro-pharma, médecins critiques, dont deux représentants de Healthy Skepticism, association dont je suis membre), ainsi que des patients invités à dire ce qu’ils pensent de cette interaction permanente des médecins avec les laboratoires.

Cette émission d’une heure peut être regardée en ligne sur cette page de SBS. A quand une telle émission en prime time sur une chaîne française ?

Voici les grandes lignes pour les lecteurs qui ne parlent pas anglais.

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Sanofi-Aventis obligé d'arrêter une campagne publicitaire louche pour le Plavix (Australie)

Le Baker IDI Heart & Diabetes Institute est l’une des plus grandes institutions australiennes de recherche dans les maladies cardiovasculaires, plavix.jpgle diabète et l’obésité. Son directeur annonçait dans un communiqué en date du 1er mai qu’il allait recevoir un financement « novateur » de Sanofi-Aventis : 25 cents pour chaque boîte de Plavix (clopidogrel, un anticoagulant) vendue dans les pharmacies. Il espérait une « donation » pouvant aller jusqu’à 500.000 dollars australiens (plus de 280.000 euros) pour l’année 2009. Sans se soucier le moins du monde de la pression et de l’influence sur les prescripteurs dont l’indépendance est compromise s’ils s’adaptent à de tels « accords » commerciaux, même s'ils sont soi-disant conclus après des « négociations prudentes et méticuleuses » entre Sanofi et l’institut Baker IDI. Celui-ci fait de facto de la publicité pour des intérêts privés tout en étant lui-même à but non lucratif, donc considéré comme une source fiable d'informations médicales non commerciales.

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22/05/2009

Farmacriticxs: association espagnole d'étudiants en médecine pour une relation éthique et transparente avec l’industrie pharmaceutique

farmacriticxs.jpg

Farmacriticxs a vu le jour lors des "journées pharmacritiques" qui ont eu lieu le 17 et le 18 avril à l’université de Saragosse, avec la participation de l’association médicale indépendante No Gracias!, présentée dans cette note de Pharmacritique.

Des étudiants de cette université, membres de l’IFMSA (Fédération internationale des associations d’étudiants en médecine), ont lancé une plateforme étendue à des étudiants en sciences de la santé de diverses universités espagnoles. Elle a pour objectifs l’accès aux médicaments essentiels ainsi que la promotion de l’éthique et de la transparence dans les relations entre médecine et industrie pharmaceutique. La mise en pratique de ces objectifs est une condition nécessaire de l’amélioration du système de soins dans son ensemble. L’association se propose aussi d’inventer des stratégies et des modèles novateurs de formation et de recherche médicales, pour remplacer ceux actuels, fortement teintés de conflits d’intérêts.

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18/05/2009

L'éducation thérapeutique des patients abandonnée à l'industrie pharmaceutique par le Sénat (Collectif Europe et Médicament)

Le Collectif Europe et Médicament fait une lecture critique du projet de loi HPST ("Hôpital, patients, santé, territoires" ou "loi Bachelot") en ce qui concerne Collectif Europe et Médicament.jpgl’éducation thérapeutique des patients : "Éducation thérapeutique des patients (ETP) : bientôt abandonnée aux firmes pharmaceutiques?".

Les sénateurs sont en train de légitimer par la loi l'intrusion des conflits d'intérêts majeurs des laboratoires jusque dans la vie privée des malades et de leurs familles, en permettant que des intérêts privés soient impliqués dans l'exercice des mesures d'accompagnement des malades et en rendant la conception des programmes d'accompagnement, d'observance du traitement - et d'éducation thérapeutique en général - par les associations des patients dépendante du financement industriel. Les firmes s'assurent ainsi un précieux accès direct aux malades, précieux parce qu'il représente un moyen direct d'influence par toutes sortes de tactiques publicitaires.

Cela s'inscrit dans la tendance des firmes à miser de plus en plus sur le rapport direct aux patients, sur le "marketing relationnel", comme nous l'avons dit dans cette note qui rend compte d'une analyse économique: "Des visiteurs médicaux aux publicités à la télévision : le marketing des laboratoires se recentre sur les patients et les pharmaciens".

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15/05/2009

Jean-Luc Hees à Radio France: retour sur ses ménages pour l’industrie pharmaceutique et l’éviction de Martin Winckler

Jean-Luc Hees, qui a fait au moins un "ménage" pour l'industrie pharmaceutique et a répondu illico presto à la demande de celle-ci de faire taire Martin Winckler, nous est présenté comme un "indépendant"… Le sens de ce mot a décidément pas mal involué sous le règne de Censure.jpgSarkozy 1er et de sa valetaille médiatique. Les industriels peuvent se frotter les mains : les intérêts privés seront bien défendus par les obligés du monarque, lui-même lié à ce petit monde, comme nous l'avons vu en regardant ses liens avec Sanofi (ici et surtout ici). Si l'on veut que cela change, il faudra attendre un changement de régime, car l’intérêt général ne fait pas partie du vocabulaire de la cour.

Mais restons-en à ce qui s'est passé en 2003, lorsque Hees à viré Winckler de France Inter. C'est une "affaire" qui en dit long sur les rapports de nos media, de nos journalistes avec le pouvoir politique et économique. Deux séquences vidéo et des extraits du site de Martin Winckler nous font comprendre, par-delà ce cas concret, comment les journalistes contribuent à la désinformation médicale, en tant que rouages du ghost management (gestion ubiquitaire et invisible) des laboratoires.

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14/05/2009

Conflits d’intérêts et financement industriel influencent les résultats de la recherche sur le cancer, selon une analyse de 1.534 essais cliniques

Les résultats des études et essais cliniques sur les divers traitements du cancer sont directement dépendants des conflits d’intéCorruption conflits d'intérêts Vienna;at.jpgrêts des chercheurs (liens financiers personnels ou institutionnels) et/ou du financement des recherches par les laboratoires qui produisent les médicaments testés dans ces essais. Les études biaisées par les conflits d’intérêts ont au moins deux fois plus de résultats plus favorables aux médicaments et autres procédures testés que celles indépendantes. Le taux de survie attribué aux mêmes "interventions" - terme utilisé dans le texte original - serait significativement exagéré par les auteurs ayant des conflits d’intérêts, par rapport aux indépendants.

Ce qui veut dire en pratique que des médicaments estimés efficaces et censés réduire nettement le taux de mortalité ont en fait un bénéfice largement surévalué. Donc un nombre potentiellement important de patients sont traités par des moyens qui ne sont pas plus efficaces que l’absence de traitement ou les méthodes moins invasives. C’est ce que montre une analyse de 1.534 essais cliniques publiés en 2006 dans 8 grandes revues internationales (voir plus bas). Analyse faite par Reshma Jagsi et al. de l’université du Michigan et parue le 11 mai sur le site de la revue Cancer, sous le titre "Frequency, nature, effects, and correlates of conflicts of interest in published clinical cancer research" (Fréquence, nature, effets et corrélations des conflits d’intérêts présents dans la recherche sur le cancer ayant fait l’objet de publications. Cancer 2009; DOI: 10.1002/cncr.24315).

Il faut dire d’emblée que les chiffres doivent être relativisés, parce que, comme le précisent les auteurs eux-mêmes dans le texte complet (réservé aux abonnés), ils ne se basent que sur les déclarations de conflits d’intérêts et de financement industriel. Or on sait que ces déclarations sont bien loin d’être complètes. La situation réelle est donc probablement pire que l'image qui se dégage de cette analyse.

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