Avertir le modérateur

04/06/2009

Ethique médicale: les médecins seraient-ils incapables de reconnaître la légitimité des philosophes?

Dans son numéro du 3 janvier 2009, le British Medical Journal publiait un article de Daniel K. Sokol, maître de conférences en éthique Fouetter en public.jpgmédicale à l’université St Georges de Londres, dont le travail est centré sur la relation médecin – patient et sur l’application concrète de l’éthique à l’hôpital. L’article intitulé "But you’re not a doctor!" (Mais vous n’êtes pas médecin! BMJ 2008;337:a3077) est représentatif du rejet de la philosophie et de l’interdisciplinarité par bon nombre de médecins, qui prennent non seulement la médecine, mais la santé en général, pour leur chasse gardée, pour un lieu d'autarcie médico-médicale où personne d'autre n'a une parole légitime. Surtout pas les patients, puisque ces médecins représentent tellement bien "l'intérêt de [leur] santé" que leur parole devient superflue, voire gênante, s'ils font autre chose qu'applaudir.

Lire la suite

01/12/2008

Paiement à l’acte / T2A, conflits d’intérêts et non respect de la déontologie : on rentabilise et privatise en excluant pauvres et malades chroniques

La situation est résumée dans l’article "Le plus gros conflit d’intérêts des médecins", paru sur le blog Sous le sarrau : "Les médecins se Argent pharma Ärztezeitung.jpgretrouvent (…) au beau milieu d’un conflit d’intérêts : bien faire leur travail ou faire de l’argent".

Illustration: Ärztezeitung.

 

Les auteurs de l’appel Sauver l’hôpital, que l’on peut signer sur cette page, constatent eux aussi que la "nouvelle gouvernance" imposée à l’hôpital constitue "un dangereux début de reniement de ce qu’est l’éthique médicale, en voulant faire de la santé une marchandise comme les autres."

 

Un éditorial de Pierre Grimaldi dans le numéro de novembre de la revue Médecine, intitulé "L’arnaque de la T2A", va dans le même sens. Quelques extraits : "Le paiement à l'activité, comme le paiement à l'acte, pose le problème potentiel des conflits d'intérêts. Le principe éthique inscrit dans le Code de déontologie est « le juste soin au juste coût » : s'il est inéthique de ne pas soigner un patient en fonction de ses besoins, il est également inéthique de gaspiller les deniers publics confiés par les citoyens aux médecins. Contrairement au reste de l'activité économique, en médecine, l'inutile n'est pas éthique. La raison en est simple : ce qui est gaspillé par les uns sera enlevé aux autres. (…)

 

Ainsi, ne sont pas T2A rentables, les patients précaires, les patients dont l'hospitalisation n'a pas pu être programmée, les patients ayant des pathologies particulièrement graves, les patients de réanimation, les patients de pédiatrie, les patients ayant une maladie chronique nécessitant une éducation thérapeutique, les patients ne pouvant pas rentrer au domicile... (…)

 

Contre tout bon sens, les dirigeants veulent imposer une convergence public/privé en 2012. Cette convergence serait la mort de l'hôpital public, sommé pour survivre de se transformer en clinique concurrentielle. (…) Si on continue, le système français ne sera plus basé sur une complémentarité entre trois secteurs (cliniques privées à but lucratif, hôpitaux privés non lucratifs, hôpitaux publics) mais sur une concurrence de tous contre tous.

À l'étape actuelle, le financement à la T2A a comme prévu entraîné une augmentation non pas de l'activité mais du chiffre d'affaires des cliniques de 9 % (certaines cliniques comme l'Institut Montsouris possède un logiciel permettant d'optimiser le codage !), tandis que les hôpitaux ont enregistré un déficit d'environ 700 millions d'euros dont 350 pour les CHU. (…) Pour retourner à l'équilibre, il leur faudra non seulement augmenter l'activité (que celle-ci soit médicalement utile ou inutile) mais aussi abandonner certaines activités (y compris utiles) et peut-être sélectionner les patients. Il faudra surtout pouvoir licencier car la masse salariale intervient pour 70 % des dépenses hospitalières.

 

La prochaine étape sera donc très sûrement la transformation du statut de service public en établissement privé à mission de service public. Le chirurgien Guy Vallancien, dans un rapport demandé par la ministre de la Santé, propose même de vendre les murs des hôpitaux pour créer un Réseau Hospitalier de France comparable au Réseau Ferré de France. Cela permettrait selon lui de « recentrer les professionnels de santé sur leur coeur de métier » en louant les bâtiments comme la SNCF loue désormais le rail. Si la qualité doit être comparable à celle des caténaires, on a quelques soucis à se faire. (…)"

 

*

Elena Pasca

03/08/2008

Le British Medical Journal publie une liste d'experts médicaux américains non corrompus par l’industrie pharmaceutique

C’est toute une histoire… Qui part d’une liste établie il y a quelques mois par deux critiques de l’industrie pharmaceutique, Jeanne Lenzer et 1162912029.jpgShannon Brownlee, et réservée au départ aux journalistes. Pour qu’ils puissent faire appel à des experts indépendants, non corrompus par l’industrie pharmaceutique, lorsqu’ils traitent de questions médicales.
On parle beaucoup de cette liste sur le web depuis qu’elle a été publiée dans le numéro du 26 juillet du British Medical Journal (BMJ 2008; 337: a930), avec les commentaires des deux auteures, intitulés "Naming names: is there an (unbiased) doctor in the house?"  ("Y a-t-il encore des médecins sans conflits d'intérêts ? Répondre par des noms").

Une partie de cette liste est en libre accès sur Health News Review.  

Lire la suite

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu