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30/04/2009

Gardasil: réexamen des recommandations vaccinales allemandes suite au manifeste critique de 13 médecins et scientifiques

“L’Allemagne revoit sa politique de vaccination anti-HPV des jeunes filles âgées de 12 à 17 ans” – c’est le titre d’un article paru le 27 avril sur Gardasil.jpgle site du British Medical Journal (BMJ 2009;338:b1692, début du texte ici). Il met à jour une information que je n’ai pas encore donnée ici, parce que j’attendais de voir la suite. Vous trouverez plus bas une traduction intégrale.

 

De quoi s’agit-il ? Cette note de Pharmacritique contient la traduction d’un article du journal Süddeutsche Zeitung rendant compte du manifeste de 13 médecins et scientifiques allemands réputés, publié en novembre 2008 pour critiquer de façon plus articulée la décision du Comité technique des vaccinations (STIKO: Ständige Impfkommission) d’implémenter massivement le Gardasil.

 

Suite à cette critique, le Comité fédéral commun (GB-A: Gemeinsamer Bundes-Ausschuss), qui réunit des représentants des médecins, des caisses d’assurance-maladie, des patients et autres intervenants en santé pour décider du remboursement ou non d’un produit pharmaceutique, s’est dit insatisfait de la réponse trop rapide et non argumentée des autorités sanitaires, et notamment de l’Institut Robert Koch, en charge de ces questions et dont dépend le Comité technique des vaccinations. En effet, l’Institut avait balayé d’un revers de main les critiques des 13, disant que ces arguments n’étaient pas de nature à remettre en cause les recommandations vaccinales.

 

Le Comité fédéral commun (GB-A) a donc écrit au Comité technique des vaccinations (STIKO) pour demander un réexamen approfondi des recommandations en fonction de ces critiques auxquelles ce dernier devra répondre point par point.

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22/08/2008

L’"attirance sexuelle" et affective entre visiteurs médicaux et médecins: outil de manipulation efficace, dit Shahram Ahari

Je rends compte ici d'un témoignage et d'un débat dans les media et dans certains milieux politiques des Etats-Unis. Il ne s'agit pas de prendre parti, ni de stigmatiser toute une profession. La situation est différente en France, la formation des visiteurs médicaux et leurs pratiques sont différentes. A lire donc avec les précautions et les réserves de rigueur.

 

Shahram Ahari, ancien visiteur medical pour le compte d’Eli Lilly, a témoigné au mois de mars dans une audition du Sénat des Etats-Unis 1777635602.jpgpréparant des dispositions législatives sur la limitation de l’influence de l’industrie sur les médecins par la mise en place d'un réseau d'information médicale indépendante ("visite académique"). Son témoignage est édifiant quant aux tactiques de vente des firmes pharmaceutiques et les instructions qu’elles donnent à leurs VRP pour influencer les médecins et leurs prescriptions, y compris en créant puis en exploitant une "attirance sexuelle", un climat ambigu de quid pro quo lors des visites "médicales". L'image, tirée de Radio Canada, renvoie à un récepteur aux phéromones dans l'organe voméro-nasal des humains (détectant les odeurs sexuellement attirantes).

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23/07/2008

Les étudiants en médecine des Etats-Unis notent les facultés en fonction de la gestion des conflits d’intérêts

L’Association américaine des étudiants en 496579372.gifmédecine (AMSA) a lancé en 2002 une campagne nationale de libération de la santé des griffes de l’industrie pharmaceutique. La Pharm Free Campaign met à disposition des intéressés des moyens d’information, d’action et d’éveil de l’esprit critique, détaillés sur son site et conçus en collaboration avec le programme anticorruption Pharmed Out et l’association No Free Lunch.

L’un de ces moyens est la PharmFree Scorecard : un classement des facultés de médecine des Etats-Unis en fonction de leur politique de limitation des conflits d’intérêts. 

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05/06/2008

« L’art de faire passer la pilule » : Un dossier bien fait sur l’influence de l’industrie pharmaceutique, son marketing, ses méthodes…

Un dossier de 8 pages paru en avril dans Le journal du SIDA, édité par ARCAT : L’art de faire passer la pilule. 871069189.jpg

Il y est question du façonnage de maladies, de la visite médicale et autres méthodes de publicité auprès des médecins, de la bataille européenne autour de la publicité directe aux patients, des rapports de l’IGAS, des études de l’UFC Que choisir, des programmes d’accompagnement/ d’observance, des conflits d’intérêts, des cobayes humains dans les pays pauvres… Ainsi que de l’alliance objective entre autorités sanitaires et firmes quant aux effets secondaires et à l’information donnée au public, autrement dit, dans les dimensions essentielles... Agences du médicament et autres "autorités" font système avec les firmes: un "système où la balance des pouvoirs penche en faveur des laboratoires pharmaceutiques au détriment de la santé publique." 

La désinformation organisée commence lors de la conception et du financement des essais cliniques, qui devraient évaluer aussi les risques. "[C]ette évaluation, essentielle pour le bien commun, est soumise à un fort conflit d’intérêt. Comment peut-on évaluer objectivement un produit de santé si l’on est en même temps chargé de le vendre et qu’on en espère des bénéfices ? (…) Or, face au contexte défavorable actuel, la pression des laboratoires pharmaceutiques se fait de plus en plus forte pour étendre leur emprise sur le système de surveillance. Ils ont d’abord tenté, au niveau européen, de réduire le temps imparti aux agences pour évaluer une demande d’AMM [autorisation de mise sur le marché]. Cette demande est, pour l’instant, rejetée. Ils essayent désormais de faire basculer une partie de l’évaluation du bénéfice/risque après l’obtention de l’AMM. « C’est tout à fait logique, du point de vue des firmes, puisqu’avant AMM, le médicament ne rapporte rien et qu’il rapporte, en revanche, après AMM, analyse Bruno Toussaint. C’est un pari : celui que le médicament est bon. Mais dans ce système qui paye les pots cassés ? Les patients »."

C'est ce que nous disait Shahram Ahari, qui a vendu du Zyprexa° pour Eli Lilly: le cynisme de firmes qui espèrent vendre un maximum avant que tel médicament qu'elles savent problématique ne soit retiré du marché. Si jamais quelqu'un réussit à prouver le lien de causalité...  Ce qui est loin d'être facile, surtout pour des victimes qui n'ont aucune voix au chapitre et aucune défense juridique. Et dans un pays qui manque complètement de cadre législatif et juridique qui rendrait possible la répression des dérapages des firmes pharmaceutiques et ceux des médecins inféodés. Dommage que le dossier n'en parle pas et n'explore pas les causes... Et qu'il atténue certaines affirmations critiques. On pourrait penser que donner systématiquement la parole aux représentants des firmes pour qu'ils répondent à ces critiques est un gage d'"objectivité". Mais il n'est pas sûr qu'on puisse justifier moralement une telle prétention à la neutralité... Parce que le combat ne se fait pas à armes égales et que le souci moral et éthique doit être justement d'essayer de compenser un peu ce déséquilibre. L'industrie pharmaceutique a des tas de journaux pour s'exprimer. Et il ne me semble pas qu'ils donnent la parole aux critiques...

L'image que nous avons choisi illustre la meilleure méthode pour "faire passer la pilule". Au moyen du solvant universel: l'argent qui "graisse les patins" (selon l'expression de Pharmalot) comme les pattes. Et au moyen de la chaîne de dépendances qu'il crée.

27/05/2008

Eli Lilly : cynisme et désinformation délibérés sur les effets indésirables du Zyprexa. Un visiteur médical parle

  C'est le témoignage de Shahram Ahari, un ancien visiteur médical d’Eli Lilly, qui a surtout fait la promotion de l’antipsychotique ZYPREXA° (olanzapine), utilisé principalement dans le traitement de la schizophrénie et des troubles bipolaires. Il raconte les « combines » pour influencer les médecins et témoigne du cynisme absolu d’Eli Lilly, qui a délibérément occulté les effets secondaires, pourtant connus, tels le diabète, l’obésité, etc. Pour ceux qui ne lisent pas l’anglais, voici les grandes lignes, suivies d'autres informations:

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04/04/2008

Le Conseil canadien de la santé maintient son avis négatif sur la publicité directe pour les médicaments (2006).

Pour plus de détails sur les enjeux de la publicité directe sur les médicaments, voici un rapport rendu en 2006 par des chercheurs du Centre de recherche sur les politiques et les services de santé de l’Université de Colombie Britannique au Canada. Rapport demandé et financé par des fonds publics venant du Conseil canadien de la santé, structure créée par le ministère canadien de la santé pour éclairer les choix stratégiques en la matière. Il analyse la situation au Canada ainsi que dans les deux pays où la publicité directe aux consommateurs (PDC ou DTCA: "direct-to-consumer advertising") est autorisée, à savoir les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande. Les recommandations préconisent le maintien de l’interdiction de cette publicité, qui n'est qu'un outil commercial, sans aucun bénéfice éducatif ou autre, et le durcissement des réglementations actuelles sur certains aspects.  

Publicité directe aux consommateurs des médicaments d’ordonnance au Canada. Quelles en sont les conséquences sur la santé publique ?

Le rapport fait 47 pages. Voici quelques extraits pour ceux qui n’ont pas le temps de tout lire:

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12/02/2008

Les media ou Le premier pouvoir de désinformation au service des lobbies: "Orwell se retourne dans sa tombe"

Le documentaire "Orwell se retourne dans sa tombe", réalisé par Robert Kane Pappas, est en plein dans le sujet lorsqu’on Orwell Rolls in his Grave.jpgcritique les dérives du lobby pharmaceutique et des divers corporatismes qui participent de la désinformation (générale et médicale) que nous vivons et que nous contribuons à perpétuer par l’absence de réflexion critique. Le pouvoir corporatiste qui détient les media joue selon la même loi du plus fort et du marketing que les corporations/ multinationales pharmaceutiques. Déformation, censure, manipulation, mensonge, faiseurs d’opinion (leaders d'opinion / dealers d'opinion) au service des groupes d’intérêt privés – la situation américaine vaut bien la nôtre. Les lecteurs de Marianne, du Canard enchaîné et du Monde diplomatique retrouveront des thèmes familiers : concentration des media aux mains de quelques lobbies tels celui de l’armement, monopoles occultés par l’illusion du choix, avec la pléthore des titres et des chaînes… Occuper par tous les moyens le "temps de cerveau disponible", par une information préformatée, prémâchée - qui empêche les lecteurs / spectateurs d'appronfondir les choses pour se forger un avis éclairé - et par le divertissement...

Non, ce n’est pas une énième version de la théorie du "complot" – injure à la mode dès que quelqu’un ose sortir des vérités préfabriquées livrées par packs… Mais c’est le constat d’une évolution vers ce que décrivait George Orwell dans son roman "1984". Constat fait par des élus britanniques et américains - tels ce député du Vermont qu’on aimerait bien avoir en France... -, par un ancien procureur de Los Angeles, par des spécialistes des media (universitaires, anciens dignitaires médiatiques, producteurs), par des "chiens de garde" tels le Center for Public Integrity et d’autres. Il y a une fraîcheur, une spontanéité langagière et d’analyse qui tranche nettement avec ce qu’on peut lire ou entendre en France.

Le documentaire est sous-titré en français.

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03/02/2008

Les leçons du procès Neurontin : conflits d’intérêts, corruption, manipulation de la formation médicale continue

La question du suicide, abordée dans la note précédente, s’était déjà posée en marge du scandale de l’antiépileptique Neurontin (gabapentine). Mais l'affaire judiciaire Neurontin a dévoilé beaucoup de dimensions et de facettes de la stratégie des multinationales pharmaceutiques et vaut la peine que l’on s’y attarde le temps d’une note…

Voici un article de la revue belge Minerva. Revue d’Evidence Based Medicine [médecine basée sur des preuves]. Il y est question des pratiques de corruption de Pfizer pour faire prescrire l’antiépileptique Neurontin, et des pratiques douteuses de l’industrie pharmaceutiques qui rendent cela possible, encore de nos jours, en manipulant la formation des médecins et l’information médicale. Pfizer a dû payer 430 millions de dollars d’amende aux Etats-Unis, pour une stratégie délibérée de promotion illégale du Neurontin.

A la fin du texte, il y a un lien vers un article intéressant sur les mêmes combines, puis un autre vers un document officiel concernant les contraintes de Pfizer suite au procès. On peut toujours espérer que la France s'en inspire un jour...

A partir du procès Neurontin, qui date de 2004, l’article de Minerva EBM décrit un schéma répétitif, un registre de méthodes diversement combinées par l’industrie pharmaceutique selon la cible respective. Seuls la firme et le médicament changent.

On y voit pourquoi l’industrie investit partout et comment elle se sert du contrôle quasi-total que ces financements lui donnent sur tout le système de soins. Et notamment sur la formation continue des médecins (qu’elle contrôle à 98% en France). Les faiseurs d’opinion sont un autre levier essentiel du dispositif de désinformation : des médecins réputés dans leurs spécialités respectives – qui sont payés pour faire de la publicité à tel médicament. Ils  écrivent des articles promotionnels, en parlent dans les media, spécialisés ou généralistes, ils en imposent l’usage dans leurs services hospitaliers, etc. Puis il y a les cadeaux et congrès au soleil et la visite médicale pour les « petits » médecins… Sans parler des études médicales dont le contenu peut changer comme par magie… Bref, des conflits d’intérêts à tous les niveaux, et les intérêts financiers des firmes et de leurs obligés qui passent avant le seul intérêt légitime dans le système de soins : la santé de l’usager.

La formation médicale sans tain : la promotion de la gabapentine [Neurontin]

« Le vif intérêt des firmes pharmaceutiques pour être reconnues comme partenaires de la formation médicale continue est perçu de manière fort divergente par les différents organisateurs de telles activités. Le récit, publié sous la forme d’une ‘Narrative Review’ dans les Annals of Internal Medicine1, de la promotion de la gabapentine (Neurontinâ) par la firme Warner-Lambert dans les années 1990 invitera sans doute à davantage de réflexion. Toute l’information provient des minutes du procès qui a eu lieu, source quasi unique de ce type de révélations.

La firme Pfizer a repris à son compte, en l’an 2000, les activités de la firme Warner-Lambert. C’est dans ce cadre que la firme Pfizer a été condamnée, en 2004, pour avoir enfreint la réglementation fédérale lors de la promotion de la gabapentine. Ce médicament avait été enregistré, jusqu’en 2002, uniquement dans l’indication de traitement adjuvant en cas d’épilepsie. Pfizer a dû cependant admettre que la firme Warner-Lambert avait promotionné ce médicament dans d’autres indications : douleur, troubles psychiatriques, migraine et autres indications non étayées. La condamnation a suivi : 430 millions de dollars.

Une transgression de la réglementation étatsunienne ou autre lors de la promotion d’un médicament est monnaie courante2,3. Ce qui nous paraît surtout intéressant dans cette affaire, c’est de découvrir la stratégie, bien élaborée, qui a permis d’influencer pendant plusieurs années le jugement et les stratégies de prescription des médecins. Pour la promotion de la gabapentine, la firme a constitué des commissions d’avis, a organisé des réunions de consultants et des séances de formation médicale continue avec l’aide de tiers rémunérés. Cette stratégie s’appuyait sur des promoteurs locaux avec la collaboration de leaders d’opinion devant communiquer des messages favorables pour la gabapentine à leurs confrères. La recherche et des bourses d’étude étaient également utilisées pour le marketing, en encourageant les prescripteurs cibles à participer à cette recherche, dans le cadre d’une grande étude ciblant des indications fort larges. Le but final était l’obtention d’une part de marché importante. Des sociétés de communication médicale étaient sollicitées pour élaborer et publier des articles concernant la gabapentine dans les revues médicales, mais aussi pour faire disparaître les études non favorables au médicament.

Ces révélations sont perturbantes ; comment une telle situation a-t-elle pu voir le jour ? Il faut, en premier lieu, se rendre compte qu’un médicament a pu être promotionné pendant des années en dehors des indications officielles (reconnues par la FDA dans ce cas). Ce phénomène suscite l’étonnement, l’incompréhension mais aussi un sentiment d’insécurité. En Belgique, les indications d’un médicament sont déterminées avec précision par la Commission des Médicaments. Faire la promotion, hors indication, d’un médicament, expose, dans la réglementation de la nouvelle Agence fédérale des médicaments et des produits de santé, à de lourdes amendes. Le praticien qui établit une prescription médicamenteuse hors indication (« off label ») le fait à ses propres risques.

Cet exemple illustre également à la perfection l’adage « Medical education drives this market »2, manipulation de la formation médicale continue guidée par une motivation exclusivement économique. Ces constatations sont très inquiétantes pour l’évaluation de la qualité de la formation médicale continue. Comme les auteurs de cet article, nous y voyons une préoccupation essentielle. D’une part, de nombreux médecins et collaborateurs revendiquent et construisent une information indépendante ; les recommandations de bonne pratique, le CBIP [bulletin de pharmacovigilance] et Minerva en sont des exemples. Cette information indépendante critique est cependant dépendante des études publiées, largement sponsorisées dans la plupart des cas². Face à cette démarche, les stratégies de marketing, avec leur confusion orchestrée entre résultats d’études, formation continue et promotion2,3.

Avec tous les professionnels de la santé et avec les autres personnes réclamant une information indépendante à propos des médicaments, Minerva plaide pour l’élaboration d’un code rigoureux. Les conflits d’intérêt éventuels des médecins, des chercheurs, des auteurs, des sociétés scientifiques, des revues, des associations de patients, des organisateurs et orateurs de formation médicale continue doivent être mentionnés dans la transparence. Cette condition remplie, les professionnels de la santé pourront ainsi se forger un avis de la validité de l’information reçue. Cette préoccupation dépasse largement nos frontières4. En Belgique, force est de constater le peu de réponse à l’appel lancé par l’Académie Royale de Médecine à ce propos5.

Pierre Chevalier, Marc De Meyere

Références

  • 1.       Steinman MA, Bero LA, Chren MM, Landefeld CS. Narrative review: the promotion of gabapentin: an analysis of internal industry documents. Ann Intern Med 2006;145:284-93.
  • 2.       Angell M. Is academic medicine for sale? N Engl J Med 2000;342:516-8.
  • 3.       De Meyere M. Manipulations insidieuses : Minerva pas assez critique ? MinervaF 2004;3(3):36-7.
  • 4.       Brennan T, Rothman D, Blank L, et al. Health industry practices that create conflicts of interest. JAMA 2006;295:429-33.
  • 5.       Koninklijke Academie voor Geneeskunde van België. De relatie tussen artsen en de farmaceutische bedrijven. Tijdschr Geneeskd 2002;58:1617-9. »

Notre remarque: les recommandations de bonne pratique sont faites par des experts, ayant très souvent eux-mêmes des conflits d'intérêts. Pareil pour ceux qui sont chargés de pharmacovigilance, surtout au niveau national. On ne peut pas penser d'emblée, comme le fait Minerva, qu'ils sont blancs comme neige... Les revues médicales qui acceptent la publicité des laboratoires non plus, d'ailleurs. 

Cet article de l’Alliance for Human Research Protection donne une bonne description des multiples conflits d’intérêts et de l’instrumentalisation de la formation médicale continue pour que des médecins achetés par les Pfizer imposent le Neurontin dans toutes sortes de maladies. Il y a d’autres informations et exemples de conflits d’intérêts surtout en psychiatrie. L’agence américaine du médicament est épinglée pour son silence, voire sa servilité envers les firmes. Toute ressemblance avec la situation française n’est pas fortuite…

Ce qui est intéressant lorsqu’une firme pharmaceutique est poursuivie aux Etats-Unis - à part la possibilité même de poursuivre, s'entend! - c’est la transparence de la justice : le jugement est rendu public, accessible sur Internet, tout comme les grandes lignes des obligations de la firme respective envers l’Etat. Elle signe une sorte de contrat de redressement avec les pouvoirs publics, appelé « corporate integrity agreement ». Il s’agit d’une série de contraintes et de dispositifs destinés à ramener Pfizer, en l’occurrence, sur le droit chemin, celui de l’intégrité, et de l’y maintenir. Ce qui n’est pas chose facile, parce que l’industrie pharmaceutique a une tendance naturelle au dévoiement… Ces « accords » sont pour une durée déterminée ; de 2004 à 2009 pour Pfizer. Période pendant laquelle la firme susceptible d’être contrôlée plus souvent par l’Inspection Générale, relevant du Département fédéral de la santé aux Etats-Unis. Les grandes lignes de l’accord sont détaillées sur cette page de l’Inspection Générale.

Quand est-ce qu’on aura en France aussi une loi qui permette d’avoir toute l’information, des lois qui permettent de défendre le bien public et la santé publique, des procureurs qui intentent des procès aux firmes pour corruption et autres fraudes, des jugements publics et des programmes de redressement accessible sur Internet ??

 
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