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09/08/2009

Tous les antipsychotiques augmentent le risque d’hyperglycémie grave chez les diabétiques âgés, entre autres effets secondaires sévères

Une étude publiée dans le numéro du 27 juillet des Archives of Internal Medicine par Lipscombe et al. sous le titre “Antipsychotic Drugs Démence.jpgand Hyperglycemia in Older Patients With Diabetes” (Arch Intern Med. 2009;169(14):1282-1289) montre que les personnes âgées diabétiques qui se voient prescrire un antipsychotique / neuroleptique pour la première fois ont un risque augmenté de faire un épisode sérieux d’hyperglycémie, tout particulièrement pendant les deux premières semaines de traitement. Cela s’ajoute aux nombreux autres effets secondaires sérieux, et notamment aux troubles cardiovasculaires et au diabète que ces médicaments peuvent provoquer.

Il faudrait penser aussi à la quantité souvent astronomique de médicaments que les personnes âgées prennent depuis des années, avec des risques très élevés de iatrogénie, ne serait-ce qu'à cause des interactions médicamenteuses non surveillées.

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01/11/2008

Soigner les ulcères cutanés par Regranex entraîne un risque 5 fois plus élevé de décès par cancer

"Aussi bien dans une étude clinique que dans le cadre des observations post-commercialisation, des cancers distants du site d’application Regranex 1.jpgont été trouvés chez des personnes ayant utilisé de la bécaplermine, et un taux accru de décès dus à des cancers systémiques a été constaté chez les patients ayant utilisé 3 ou davantage de tubes de Regranex gel".

Selon la firme Janssen-Cilag et Swissmedic (agence suisse du médicament), un "risque quintuplé de mortalité associée aux cancers a été constaté dans le groupe de patients exposés à au moins 3 tubes de Regranex gel".

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09/10/2008

Eli Lilly : 62 millions de dollars pour les dégâts causés par le Zyprexa prescrit hors AMM. Et le pire est à venir

Le New York Times du 6 octobre nous informe que la firme Eli Lilly doit payer 62 millions de dollars à 33 Etats américains qui l’ont Zyprexa News.jpgpoursuivie en justice au nom des lois de la protection des consommateurs.  En attendant l’issue du procès intenté par l’Etat fédéral, les assureurs et les actionnaires, selon la loi RICO réprimant les organisations mafieuses et corrompues (cf. notre note).

Des analystes estiment que le procès à venir devrait aboutir à un milliard de dollars d’amendes et de restitutions à ces tierces parties qui ont payé pour rembourser le Zyprexa° (olanzapine) ou ont investi sur la base des affirmations mensongères d’Eli Lilly, qui a délibérément occulté les effets secondaires pourtant connus depuis les essais cliniques. La firme devrait plaider coupable, là encore, de marketing illégal.

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01/05/2008

L'état de santé et d'assurance-maladie des Américains entre 1997 et 2007. Rapport du CDC publié en mars 2008

En mars 2008, le Center for Disease Control (centre d’épidémiologie, en gros) et le National Center for Health Statistics (centre chargé des statistiques en santé) ont publié un rapport  détaillé sur l’évolution – ou l’involution... – de l’état de santé et de couverture maladie de la population étatsunienne adulte entre 1997 et 2007. Avec des statistiques contenant des chiffres globaux, puis affinés par sexe et par ethnie/race. Inutile de dire que les blancs sont à la fois mieux assurés (ou assurés tout court) et en meilleure santé. Les hispaniques semblent être les plus mal lotis. Voici les grandes lignes et les principales données statistiques.

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11/04/2008

L'insuline inhalée Exubera - autre médicament autorisé trop vite. Conséquences: risque de cancer du poumon, selon Pfizer

Voici une analyse de l'affaire Exubera qui va au-delà de la dépêche d'Associated Press reprise par quelques journaux 49327fab25a4912b14e1bcec09c43a17.jpgfrançais, dont Le Point en date du 10 avril 2008, qui titre L'insuline inhalée Exubera liée à des cancers du poumon, selon Pfizer. « Les laboratoires américains Pfizer et Nektar Therapeutics ont indiqué mercredi avoir observé une augmentation des cas de cancer du poumon chez des patients utilisant l'insuline inhalée Exubera. Cette révélation a donné le coup de grâce à l'anti-diabétique qui avait connu un échec commercial après sa mise sur le marché en 2006. »

Il est très curieux que Pfizer ait renoncé à Exubera en octobre 2007 et rétrocédé les droits à la firme Nektar sans dire un mot des risques et effets secondaires… Selon le communiqué du mois d’octobre, Pfizer se retire parce qu’Exubera n’est pas suffisamment rentable, compte tenu de la concurrence des autres formes d’insuline, mais insiste sur la sécurité d’emploi du médicament et sur son efficacité… La firme propose même de prolonger la disponibilité du médicament – par pure bonté d’âme, certainement… L’annonce du risque de cancer du poumon est faite six mois plus tard. Manœuvre tactique pour essayer d’échapper aux conséquences ? Ou pour ne pas couper les rentrées d'argent trop vite? On est en droit de se poser la question.

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18/12/2007

Avandia (rosiglitazone): usage fortement limité au Canada

Article paru initialement sur le site du Formindep

Avandia® – rosiglitazone : restrictions drastiques au Canada. Que fait l’AFSSAPS en France ?

"Le ministère canadien de la santé, Santé Canada, a récemment rendu publique sa décision de limiter fortement l’usage de la rosiglitazone (Avandia®), sous forme d’une lettre du Directeur Médical de GlaxoSmithKline, datée du premier novembre 2007 adressée aux professionnels de santé. Cette décision fait suite aux études mettant en évidence l’augmentation importante des risques cardiaques. Au mois de juillet, l’agence américaine du médicament (FDA) estimait à 83 000 le nombre d’attaques cardiaques dues à la rosiglitazone (Avandia®), commercialisée dans le traitement du diabète de type 2. Ce dont le Formindep a rendu compte récemment, en rappelant que l’enquête diligentée par des hommes politiques étatsuniens depuis mai 2007 avait permis de faire éclater publiquement la vérité, bâillonnée à la fois par la firme GSK et par la FDA.

Voici les principales mesures annoncées par Santé Canada :

  • « L’emploi de la rosiglitazone (Avandia®) n’est plus approuvé en monothérapie pour le traitement du diabète de type 2, sauf lorsque l’emploi de la metformine est contre-indiqué ou non toléré.
  • L’emploi de la rosiglitazone n’est plus approuvé en association avec une sulfonylurée [1] sauf lorsque la metformine est contre-indiquée ou non tolérée.
  • Le traitement par les produits contenant de la rosiglitazone est maintenant contre-indiqué chez les patients présentant tout stade d’insuffisance cardiaque (c.-à-d. classes I, II, III ou IV selon la NYHA). »

Cette politique volontariste de Santé Canada contraste avec la réaction somme toute timorée de la FDA, qui s’est limitée à apposer un deuxième label noir [2], sans interdire l’usage de la rosiglitazone en première intention. Ce qui permet à GSK de réaffirmer, sans rire, dans un communiqué de presse du 14 novembre 2007, que la rosiglitazone reste un traitement de référence dans la plupart des cas de diabète de type 2 et qu’elle a « un profil de sécurité et d’efficacité approprié et bien décrit ».

Attendra-t-on des années avant de voir l’AFSSAPS en France réagir et informer professionnels de santé et patients ? Attendra-t-on des années avant de voir une lettre de la firme GSK mettant en garde les professionnels de santé français ? Ou bien la firme applique-t-elle des critères différents en France, aux Etats-Unis et au Canada ? Il y a lieu de le croire, dans la mesure où GSK indique que ses communiqués de presse peuvent ne pas être les mêmes « sur chaque marché sur lequel opère GSK » [3]…

Ce qui nous amène à la racine du problème : attendra-t-on des années avant de voir les hommes politiques français s’intéresser à la santé de leurs électeurs et diligenter des enquêtes sur les pratiques des firmes et l’inertie des autorités sanitaires ? "

Elena Pasca

Les notes ont été ajoutées par le Dr Philippe Foucras, président du Formindep, que je remercie.

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[1] sulfamides hypoglycémiants

[2] Le “label noir” ou "black label warning" ou “black box warning” ou "boxed warning" est une mention obligatoire encadrée par un liseré noir qui est apposée aux Etats-Unis sur chaque boîte d’un médicament pour lequel existent des effets indésirables graves. C’est l’avertissement le plus fort exigé par la FDA.

[3] voir sur le site GSK.com, page Media Centre

 
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