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21/05/2012

La surmédicalisation : un dysfonctionnement majeur et systémique, à haut risque pour la santé publique comme pour notre système de soins. Communiqué de presse

Voici le communiqué de presse des organisateurs du colloque « Surmédicalisation, colloque surmédicalisation logo.jpgsurdiagnostics, surtraitements » (présentation et programme détaillé sur cette page), à savoir

  • le groupe d’études Princeps (Omar Brixi, Elena Pasca, François Pesty, Jean-Claude Salomon, Michel Thomas),
  • la SFTG (Société de Formation Thérapeutique du Généraliste) et
  • le Département de Médecine générale de la Faculté de médecine de Bobigny

Nous avons préféré envoyer ce communiqué après l’élection présidentielle qui a focalisé toute l’attention.

Evidemment, la richesse des échanges durant ces deux journées et les nombreuses idées pour les suites à donner ne sauraient être évoquées dans une forme aussi succincte… Nous restons à la disposition de tous ceux qui souhaitent en savoir plus et de tous ceux, que nous espérons de plus en plus nombreux, qui souhaitent se joindre au « mouvement d’idées » qui résulte de ce colloque. Mouvement auquel nous allons donner une traduction pratique dans les semaines et les mois à venir, afin de contribuer à une prise de conscience des professionnels de santé, des media, ainsi que de l’ensemble des citoyens quant aux causes, aux formes et aux conséquences d’une surmédicalisation omniprésente et la plupart du temps inconsciente; surtout les risques ne sont pas perçus comme tels, puisqu'elle se présente sous les dehors respectables de la prévention, comme le reflet d'une politique de santé publique mise en place - pensent les citoyens - selon des critères rigoureux et évalués...

Les citoyens doivent avoir les outils théoriques nécessaires pour comprendre ce qu'ils risquent - car toute prescription inutile induit un risque inutile -, ce pour quoi ils paient, dans tous les sens du terme, pour savoir qu'ils n'ont pas toute l'information ou sont désinformés sur l'intérêt pour leur santé de ces bilans annuels - qui trouvent des anomalies (incidentalomes) sans aucune signification pathologique - et de ces dépistages organisés de tel ou tel cancer... 

Les citoyens doivent comprendre quels sont les rouages systémiques qui empêchent le changement et assurent la reproduction d'un système qui ne profite pas à la santé individuelle et publique, mais aux intérêts de ceux qui vivent de cette surmédicalisation, de la mise en place des dépistages qui, tels des loteries, mènent aux cercles vicieux de surdiagnostics et de surtraitements, où les rares "gagnants" ne doivent pas faire oublier que l'immense majorité perd au change. Combien de centaines et de milliers de "dégâts collatéraux" (pensons au number needed to harm...) sont "acceptables" pour qu'une seule femme en tire un bénéfice? Une seule sur les 2.000 subissant des mammographies régulières de dépistage pendant 10 ans...

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24/02/2012

Colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics et surtraitements" fin avril: présentation détaillée et appel à contributions actualisés

Dans ce billet, je faisais la première annonce du colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics et surmédicalisation surmédicamentation surconsommation médicaments,surmédicalisation médicalisation soin excès,normalité pathologie maladie seuil,colloque surmédicalisation surdiagnostics surtraitements,elena pasca surmédicalisation,disease mongering façonnage de maladies surmédicalisation,surmédicalisation causes formes,surmédicalisation conflits d'intérêts,surmédicalisation paiement à la performance organisation,surmédicalisation relation médecin patient examen clinique,erreur médicale surmédicalisation iatrogénie,groupe princeps colloquesurtraitements », qui aura lieu le 27 et le 28 avril 2012 à la Faculté de médecine de Bobigny, dont le Département de médecine générale est co-organisateur, avec le groupe Princeps et la SFTG (Société de formation thérapeutique du généraliste). Le colloque est organisé en toute indépendance et ne bénéficie d’aucun financement.  

Voici la plaquette définitive du colloque, contenant le bulletin d’inscription, les informations pratiques utiles, ainsi que la présentation détaillée des six ateliers. Les thèmes proposés ne sont que des points de départ, pour baliser un terrain très large et inciter à la réflexion pour les contributions. Le déroulement précis de chaque atelier sera en fonction de la nature et du contenu des communications retenues par le comité d’organisation.

Nous vous invitons à nous soumettre vos propositions de contribution avant le 20 mars 2012: un intitulé et un résumé de 500 caractères (espaces compris), dans un document en format word, attaché en pièce jointe à votre mail. Le comité d'organisation informera rapidement les auteurs des communications retenues et publiera le programme définitif. Chaque auteur devra faire une déclaration d’intérêts. Par souci de simplicité et d’efficacité, nous avons gardé un seul moyen de communication pour tout (envoi des abstracts, commentaires, suggestions…) : l’adresse mail

surmedicalisation@tribunes.com

Merci de diffuser largement cette information dans vos réseaux. Suite à plusieurs remarques et questions, je tiens à souligner que le colloque n’est pas réservé aux professionnels de santé. Nous serions heureux d’avoir des contributions d’horizons très divers, avec des approches différentes. Certains ateliers paraissent très spécialisés, certes. Mais ils ne sont pas exclusifs. Et l’atelier N°2, par exemple, consacré aux causes et sources de surmédicalisation et que j’aurai le plaisir d’animer, est largement ouvert aux approches sociologiques et des sciences humaines et sociales en général, de même qu’à des approches historiques, économiques, etc.

Pas besoin d’être médecin ou pharmacien pour répondre aux questions de principe posées ici; au contraire, un regard socio-historique, socio-économique, critique des idéologies, etc. me semble a priori plus pertinent, s’agissant de l’analyse des causalités, aussi parce que l’analyse globale est souvent plus lucide lorsqu’elle est faite de l’extérieur du système.

Une telle question globale, en filigrane dans les thèmes proposés pour l’atelier sur les causes, est de savoir si la surmédicalisation est un phénomène spécifique au capitalisme, s’il change de forme et s’aggrave avec le néolibéralisme, etc. Est-ce qu’il s’agit de la traduction en médecine de la tendance historique à la technicisation de nos modes de vie, à une autre forme de contrôle social passant par la discipline des corps et des esprits, typique de ce que Michel Foucault appelait « biopolitique » et « médicalisation infinie » ? Est-ce donc une facette de ce phénomène global qu’est l’emprise des technosciences sur tous les aspects de la vie et de la société, avec la tendance à la standardisation, à l’uniformisation et à la normalisation de nos existences, selon des standards artificiels de « normalité » qui ne profitent qu’à ceux qui vivent de ce qu’on appelle désormais clairement « industries de la santé ».

Parlant de causes et de sources de surmédicalisation, la génétique me semble un sujet incontournable. En général, il serait important de voir comment des discours scientistes ont été vulgarisés et sont entrés dans les représentations idéologiques courantes, entraînant plein d'illusions sur la « prévention » et une médicalisation aux conséquences parfois extrêmes. (Pensons à l'ablation des seins en prévention d'un hypothétique cancer du sein, à cause de la présence d'un gène; pensons à ce que Jacques Testart appelle « eugénisme libéral » dans la technologisation de la procréation. Etc.) 

Tout cela parce qu'on nous inonde de discours sur le tout génétique, que les applications technoscientifiques sont présentées toutes comme des espoirs pour arriver un jour à un risque zéro, à la performance et au jeunisme infinis. Les intérêts industriels et les lobbies de toute sorte qui vivent de ces industries de la santé (y compris les organisations professionnelles médicales dans leur inertie) tendent à transformer la médecine non seulement en une technique préventive standardisée, mais carrément en une médecine prédictive - et prescriptive au sens éthique de ce terme.

La description détaillée des thèmes proposés pour chaque atelier vous permettra de voir cette ouverture transdisciplinaire. Nous voulons réfléchir ensemble à ces phénomènes, justement en dépassant une hyperspécialisation qui empêche les citoyens d’appréhender ces phénomènes dans leur globalité et de comprendre à quel point la surmédicalisation, ce n’est pas un débat à porter entre techniciens de la santé, mais quelque chose qui touche chacun(e) d’entre nous dans tous les aspects de nos vies et qui façonne celles-ci de manière insidieuse. La surmédicalisation sous toutes ses formes est tellement omniprésente et banalisée qu’on ne la perçoit plus, car elle est présentée comme résultant de la « science » et étant un « progrès » en elle-même, comme si la technologie était nécessairement éthiquement acceptable, comme si toute nouveauté était un progrès pour l’humain. Ces lignes suffisent à montrer qu’il s’agit d’une problématique globale que nous devons comprendre et nous approprier pour agir.

Autant préciser d'emblée que nous concevons ce colloque dans une approche rationnelle, avec des argumentations faites en raison et des raisonnements scientifiques. Pour ce qui est des questions techniques, nous nous appuyons surl'evidence-based medicine (médecine fondée sur le niveau de preuve). Il faut sortir de la polarisation de plus en plus marquée entre discours scientistes et dogmatiques, d'une part, et approches irrationalistes et rejets en bloc (de la médecine, etc.), d'autre part. Cette polarisation en extrêmes - qui se nourrissent l'un l'autre dans une dialectique des contraires - n'est pas une solution aux conséquences de la surmédicalisation; au contraire, elle empêche une réflexion et une action rationnelles et fait le jeu de tous ceux qui vivent du système actuel (soit parce qu'ils contribuent à ce système de l'intérieur, soit parce que la dénonciation stérile de ce dernier est devenue leur fonds de commerce).

Nous constaterons ensemble, en réfléchissant à partir des contributions de chacun(e), que l’étude de la surmédicalisation, depuis ses causes jusqu’à ses formes et ses conséquences ubiquitaires, nous donnera un cadre global de réflexion nous permettant de structurer et de comprendre beaucoup d’informations isolées que nous recevons tous les jours. Nous verrons si on peut remédier à l’omniprésence de la surmédicalisation dans tous les champs de la santé, des soins, de l’information santé… autrement que par une refonte globale du système de santé et de soins, allant de pair avec une éducation critique des usagers.

Elena Pasca

Voici la plaquette avec le bulletin d’inscription, suivie par la présentation détaillée des ateliers :

 

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