Avertir le modérateur

17/08/2010

"Sciences, clinique, psychotropes: quelles interactions?" Colloque international à Bruxelles (12 octobre 2010)

La Dre Monique Debauche m'a signalé d'un colloque pluridisciplinaire qu'elle co-organise au mois surconsommation psychotropes,monique debauche,diagnostic en psychiatrie,dépression et antidépresseurs,santé mentale,disease mongering,médicalisation de la vied'octobre à Bruxelles et dont le programme s'annonce excellent: "Sciences, clinique et psychotropes: quelles interactions?" (détails plus bas).

Monique Debauche est psychiatre et travaille à cette institution exemplaire dans l'approche globale de la santé qu'est la Free Clinic de Bruxelles. Elle fait partie du GRAS (Groupe de Recherche et d'Action en Santé), association de médecins belges indépendants, membre de l'ISDB (International Society of Drug Bulletins), dont je recommande vivement les travaux.

Lire la suite

29/07/2008

Surconsommation de psychotropes en France : leçons à tirer sur la société, le modèle néolibéral et le dévoiement de la médecine

Y aurait-il une "épidémie de dépression" en France?

C'est discutable, puisque

"La prévalence du taux de dépression en France dans la population générale varie de 5,8 à 11,9 %." La France n'en détient pas moins le record mondial de la consommation de médicaments psychotropes (antidépresseurs, hypnotiques, anxio-lytiques). Le chiffre d'affaires des antidépresseurs a été multiplié par 6,7 entre 1980 et 2001. Cette tendance serait à la hausse, en dépit de contestations fréquentes sur l'efficacité et l'innocuité. Ainsi, par exemple, du risque de suicide associé aux antidépresseurs chez les enfants, rendu public ces derniers mois. Les pouvoirs publics s'inquiètent plus généralement de la multiplication des prescriptions non justifiées sur le plan médical et de la chronicisation des traitements."

psychotropes surconsommation,antidépresseurs surconsommation,normalité médecine,surmédicalisation,contrôle social médecine,néolibéralisme santé,psychopharmacologie,biopolitique psychiatrie,biopouvoir médecine,dsm troubles,médicalisation psychisme,surmédicamentation,disease mongering psychiatrie,façonnage de maladies,dépression causes,dépression traitement,dépression marketing pharmaceutique,hélène vaillé

Même si elle contribue fortement par ses stratégies marketing, et notamment le disease mongering, l'influence sur l'information médicale et du grand public, l'influence sur la formation médicale continue, etc., l’industrie pharmaceutique n’est pas la seule responsable, comme le dit le succinct article Antidépresseurs : un choix collectif ?, publié par Hélène Vaillé dans la revue Sciences Humaines et dont sont extraits ces quelques fragments.

Malaise social, fragilité des jeunes, remplacement de l'alcool par les antidépresseurs, mauvaises habitudes ou encore "des éléments culturels comme la pauvreté des régulations collectives, le faible support du groupe, les insuffisances de la médiation sociale" font partie des explications avancées. Cela dit, "la plupart des spécialistes admettent l'action conjointe de l'ensemble de ces facteurs".

L'auteure note que les surprescriptions et la surconsommation se font sans fondement scientifique:

"Le besoin de soins pour ce trouble reste mal évalué. La fixation du seuil de pathologie a ici, en effet, quelque chose d'arbitraire, tant il est difficile de distinguer les réactions homéostatiques normales de tristesse des états dépressifs proprement dits. Les études épidémiologiques pour cette pathologie sont par conséquent peu nombreuses, difficiles à mettre en œuvre et souvent discutées. Leurs résultats varient beaucoup d'un pays à l'autre, voire d'une région à l'autre".

J'ai parlé dans plusieurs notes de la "marchandisation de la dépression" et des psychotropes en tant que moyens de régulation non de l’humeur, mais de la société… Régulation faite par une médecine qui remplit un rôle de normalisation, d’uniformisation et de contrôle social, en fonction de la logique sociétale-économique dominante. Le dévoiement de la psychiatrie, illustré surtout par ce roman qu'est le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) a ouvert la porte aux dérives, sans parler de ses conflits d'intérêts.

Et Hélène Vaillé de se demander avec Claude Le Pen si médecins et médicaments ne sont pas en train de devenir des régulateurs sociaux, des "tuteurs qui lissent entièrement notre vie", médicalisent à l'infini (Michel Foucault), nous rendent adaptables à souhait et nous "débarrassent" des dilemmes constitutifs de notre psychisme et de la socialité. Thèmes largement abordés sur Pharmacritique.

Elena Pasca

19/05/2008

La marchandisation d’une dépression réinventée. L'industrie occulte les risques d’effets indésirables. Texte de Janet Currie (I)

La marchandisation de la dépression : la prescription des ISRS aux femmes.  Par Janet Curriedépression,antidépresseurs,santé mentale,dsm,marketing,troubles psychiques (Action pour la protection de la santé des femmes, mai 2005).

Janet Currie est présentée sur cette page. Elle est l'un des contributeurs du site Mad In America. Science, Psychiatry and Social Justice.

Ce texte vaut la peine d'être lu en entier, et pas seulement par les femmes. Si elles sont une cible privilégiée de la médicalisation comme outil de contrôle social en général et de la psychopharmacologie en particulier, pour des raisons que l’auteure nous explique, la problématique abordée dans le texte ne se réduit pas à la médicalisation des états physiologiques et des émotions des femmes. 

Il s’agit d’un regard lucide sur les méthodes douteuses de marketing des firmes pharmaceutiques, illustrées ici en matière de dépression, mais qui sont tendanciellement les mêmes quels que soient les maladies et les médicaments. Sauf que le flou dans la définition des troubles mentaux, le fait que les psychiatres sont les spécialistes les plus payés par l’industrie et qu’ils disposent d’un outil mondialement accepté de définition des maladies (le DSM) font que les troubles psychiques sont la cible idéale des marchands : le domaine où la globalisation d’un traitement médicamenteux uniformisé est la plus facile à mettre en pratique.

La réussite de la biologisation de la dépression - en vue de sa marchandisation et sans preuves scientifiques - est un modèle exemplaire de disease mongering/ façonnage de maladies. Cette réussite est un modèle pour le complexe médico-pharmaceutique aussi au sens où il essaie d'appliquer les mêmes recettes dans d'autres cas: biologiser les causes de façon à pouvoir affirmer la chronicité de telle maladie est le préalable indispensable, puisque cela permet d'affirmer la chronicité des traitements...

Lire la suite

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu