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04/01/2009

Que vaut l’"information" par les firmes ou "publicité directe aux consommateurs"? Rien pour les patients, tout pour l'industrie!

Commençons par le rapport rendu en 2006 par des chercheurs du Centre de recherche sur les politiques et les services de santé de l’université de Colombie Britannique (Canada), sous la direction de Barbara Mintzes, parce qu'il est fort instructif et balaie toutes les prétentions de l'industrie pharmaceutique à l'"information" et à l'"éducation" prétendument désintéressée... Le rapport a été commandité et financé par le Conseil canadien de la santé, structure créée par le ministère canadien de la santé pour éclairer les choix stratégiques en la matière. Il a l'immense mérite d'analyser et évaluer non seulement la situation canadienne, mais aussi celle des deux seuls pays dans lesquels la "publicité directe aux consommateurs" (PDC ou DTCA : direct-to-consumer advertising) est autorisée, à savoir les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande.

 

Les recommandations préconisent le maintien de l’interdiction de cette publicité et le durcissement des réglementations actuelles sur certains aspects. Elles se fondent sur les résultats clairement négatifs du rapport, qui nous apprend ce qu’on pensait déjà : les velléités informatives et éducatives revendiquées par l’industrie pharmaceutique ne sont que du vent. Leur poids ne se mesure qu’en termes de chiffres de vente fortement augmentés, pour les produits habituellement les plus chers et les moins testés, car à peine mis sur le marché. Selon un rapport officiel américain, un dollar investi dans la publicité directe peut rapporter jusqu'à 6 dollars de plus en termes de vente. Raison pour laquelle le budget marketing se concentre de plus en plus sur ce type d'investissement, appelé "marketing relationnel" ou "communication patient", au détriment des formes plus anciennes de promotion : "Des visiteurs médicaux aux pubs télévisées" est le slogan choisi comme titre pour la note de Pharmacritique rendant compte de cette tendance, soulignée en 2007 par le journal l'Expansion. Il est évident que l'industrie pharmaceutique n'a pas attendu l'onction de la Commission européenne pour aller dans ce sens. Elle se savait en terrain conquis...

 

Comme on peut le voir en lisant les différentes sources listées à la fin, la publicité directe aux consommateurs ne tient aucune de ses promesses, hormis celle de profiter aux firmes : elle n’améliore pas la qualité des soins, n'entraîne pas une meilleure observance (prise correcte des médicaments), n’amène pas les patients à rechercher les soins nécessaires plus tôt, n’offre pas de renseignements fiables sur les pharmacothérapies et les maladies, n’améliore pas les relations médecins – patients, né réduit pas les dépenses de santé, enfin, elle ne responsabilise et n’autonomise nullement les patients.

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03/01/2009

L’information des patients par les firmes = publicité directe pour les médicaments. Cadeau de Noël pour les pharmas

Après un recul au mois d’octobre, obtenu par la commissaire à la Santé et dont Pharmacritique a rendu compte dans cette note, la DTCA Today's Seniors.jpgdirective sur « l'information du patient » a été finalement adoptée le 10 décembre 2008 par la Commission Européenne, dans son « paquet pharmaceutique ». Et ce malgré les protestations de la plupart des associations européennes de consommateurs, représentées par le BEUC. La nouvelle directive vide les règlements antérieurs de leur substance et permet à la publicité directe aux consommateurs d’entrer par la petite porte, malgré des précautions de pacotille. C'est un dangereux précédent qui peut donner des idées aussi en dehors de l’Europe. Cette directive doit être encore approuvée par le Parlement européen puis par le Conseil de l’Europe, avant d’entrer en vigueur dans les 18 mois.

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26/10/2008

Report de la législation européenne sur le médicament, l’information santé et la pharmacovigilance. Une victoire du front critique ?

Le 24 octobre, la Commission européenne a annoncé que les mesures législatives qui devaient être adoptées cette semaine allaient être reportées. Aucune nouvelle date n’est prévue.

Les propositions devaient améliorer les disparités du marché pharmaceutique d’un pays à l’autre, revoir des questions de pharmacovigilance (dont une bonne partie devait être abandonnée aux firmes) et définir un cadre législatif pour l’information aux patients. Cette dernière mesure fait l’objet de multiples critiques et contestations, puisqu’elle permettrait une communication directe des laboratoires avec les patients, ce qui annihilerait de facto l’interdiction actuelle de la publicité directe aux consommateurs. C’est d’ailleurs la Direction Entreprises et Industrie et non celle de la Santé qui est à l’origine de ces mesures de soutien du commerce au mépris de la santé. Elles gomment les limites entre l’information sur le médicament et les stratégies marketing des firmes, ouvrant la porte à toutes les dérives ainsi légitimées, comme le soulignait The Lancet.

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04/04/2008

Le Conseil canadien de la santé maintient son avis négatif sur la publicité directe pour les médicaments (2006).

Pour plus de détails sur les enjeux de la publicité directe sur les médicaments, voici un rapport rendu en 2006 par des chercheurs du Centre de recherche sur les politiques et les services de santé de l’Université de Colombie Britannique au Canada. Rapport demandé et financé par des fonds publics venant du Conseil canadien de la santé, structure créée par le ministère canadien de la santé pour éclairer les choix stratégiques en la matière. Il analyse la situation au Canada ainsi que dans les deux pays où la publicité directe aux consommateurs (PDC ou DTCA: "direct-to-consumer advertising") est autorisée, à savoir les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande. Les recommandations préconisent le maintien de l’interdiction de cette publicité, qui n'est qu'un outil commercial, sans aucun bénéfice éducatif ou autre, et le durcissement des réglementations actuelles sur certains aspects.  

Publicité directe aux consommateurs des médicaments d’ordonnance au Canada. Quelles en sont les conséquences sur la santé publique ?

Le rapport fait 47 pages. Voici quelques extraits pour ceux qui n’ont pas le temps de tout lire:

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Publicité directe pour les médicaments. Par ces firmes pharmaceutiques qui nous veulent du bien.

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03/04/2008

La Commission européenne abandonne l'information médicale aux firmes pharmaceutiques. Vive la publicité pour le profit! (Communiqué du Collectif Europe et Médicament)

"Le Collectif Europe et Médicament, Health Action International (HAI) Europe, l’International Society of Drug Bulletins (ISDB) et l’Association Internationale de la Mutualité (AIM) déplorent l’absence de véritable débat démocratique et le refus de la Commission de considérer les options privilégiant d’abord l’intérêt des patients et des citoyens européens."

Voici le document PDF intitulé "Les propositions de la Commission menacent la santé des citoyens européens et la pérennité financière des systèmes de santé des États membres" LettreOuverteInfoCommissairesEU Europe et médicament.pdf

Et la Lettre ouverte conjointe de 11 organisations aux membres de la Commission ENVI du Parlement européen, en particulier aux coordinateurs de cette Commission censée se soucier d'environnement, de santé publique et de sécurité alimentaire... Sans commentaires... La lettre s'intitule « "Information-patient" provenant des firmes pharmaceutiques : un débat confisqué ? LettreAuParlementRapport Europe et méd 31 mars 08.pdf

Lire aussi le communiqué du 22 février 2008:

Communication directe des firmes pharmaceutiques avec le public : La Commission européenne s’entête malgré l’opposition de la société civile

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