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13/11/2008

Zocor (simvastatine) en prévention secondaire : les fortes doses font à peine mieux mais majorent les effets secondaires, selon Search

Une équipe d’Oxford a mené un essai clinique appelé Search et financé par Merck, qui a inclus 12.000 hommes et femmes ayant déjà subi zocor FDA.jpgune crise cardiaque. Prendre 80mg au lieu de 20mg de Zocor (simvastatine, désormais génériquée) n’a apporté qu’une baisse supplémentaire de 14% du LDL cholestérol. L’essai a duré 6,7 ans et ses résultats, présentés au congrès annuel de la American Heart Association, sont jugés décevants.

 

C’est certainement par une ironie involontaire que la dépêche de Reuters affirme que ces « résultats mitigés » pourraient donner de l’eau au moulin des statines « plus puissantes » telles le Tahor (Lipitor, atorvastatine) de Pfizer – dont on a vu qu’il était inefficace chez les femmes, comme les autres statines, d’ailleurs – et le Crestor (rosuvastatine) d’Astra Zeneca, qui n’a pas fait ses preuves dans l’insuffisance cardiaque et dont l’essai Jupiter est contesté dans ses fondements même, à savoir l’intérêt d’utiliser la CRP comme marqueur dans les maladies cardiovasculaires.

 

La dépêche nous dit que 53 des patients ayant pris 80 mg de simvastatine ont développé une myopathie et 7 une rhabdomyolyse, alors qu’ils n’en étaient que 3 et, respectivement, aucun parmi ceux ayant eu 20 mg.

Photo : site de la FDA

 

Elena Pasca

Crestor bénéfique en cas de CRP élevée à cholestérol normal? Pas sûr du tout. L’intérêt de la CRP est contesté et l’étude Jupiter aussi

Pharmacritique avait parlé de l’inefficacité du Crestor (rosuvastatine) dans l’insuffisance cardiaque dans cette note. Le médicament cholestérol RTBF.jpgparaissait fini. Et patatras : l'essai clinique Jupiter sort tel un pigeon du chapeau des magiciens d’Astra Zeneca et nous voyons tout autre chose. Il y a de quoi soupçonner une illusion d’optique, alors creusons…

 

Pharmacritique ne peut pas s’empêcher d’y voir une variante de disease mongering : on refaçonne un marqueur inflammatoire, la CRP (protéine C réactive indiquant une inflammation), pour faire d’un taux élevé de CRP un indice prédictif pour les complications cardiovasculaires, même lorsque le taux de cholestérol est strictement normal. Dès 2004, le Dr Paul Ridker présente cela comme une découverte révolutionnaire – cf. cet article - et c’est lui qui dirigera l’étude JUPITER, destinée à montrer que le Crestor (rosuvastatine) baisserait le taux de CRP et éviterait, par là même, les complications cardiovasculaires qui auraient dû advenir.

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