25.04.2012
Programme du colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements" (27-28 avril)
Mise à jour à la fin : horaires du collloque et annonce d'une réunion de "debriefing et perspectives" le samedi après-midi, après le colloque
Le colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements" aura lieu à la Faculté de médecine de
Bobigny (Bâtiment de l'Illustration) le 27 et le 28 avril 2012. Il est organisé par le groupe Princeps (Omar Brixi, Elena Pasca, François Pesty, Jean-Claude Salomon, Michel Thomas), la Société de Formation Thérapeutique du Généraliste (SFTG) et le Département de médecine générale de la Faculté de médecine de Bobigny.
L’introduction, la présentation d’ensemble et toutes les informations pratiques (modalités d'accès, bulletin d'inscription...) sont accessibles sur cette page. Les inscriptions pour assister au colloque sont possibles sur place (frais d’inscription uniquement par chèque à l’ordre de la SFTG).
Programme des six ateliers :
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19.03.2012
"Santé: moraliser la politique du médicament". Conférence de presse d’Eva Joly. Commentaires sur le complexe médico-industriel, politique et médiatique
En raison des dramatiques événements de Toulouse (et Montauban), la conférence de presse est reportée. Je vous informerai le moment venu.
J’ai été sollicitée par trois femmes, Eva JOLY, Michèle RIVASI et Aline ARCHIMBAUD, dont j’admire
l’intégrité et l’engagement, pour apporter une dimension d’ « expertise citoyenne » et de voix de la société civile lors d’une conférence de presse le mercredi 21 mars (détails à la fin) sur les moyens de « moraliser la politique du médicament », c'est-à-dire dans un domaine où la société civile et le débat citoyen sont marginalisés, voire exclus.
Habituellement, les professionnels de santé considèrent la santé – et surtout le médicament – comme une chasse gardée, réservée aux « techniciens » et aux « industries » de la santé. (Le terme même, appliqué à la santé, devrait choquer et interpeller...) Et les hommes politiques basent leurs décisions sur des expertises exclusivement techniciennes… Il faut ajouter à cela les agences de communication et les media. Ceux-ci n’ont pas fait leur travail d’investigation sur les médicaments et les abus des industriels et des leaders d'opinion (professionnels ou associatifs), mais ont toujours excellé dans la présentation des « découvertes » scientifiques et médicales, divinisées comme si toute nouveauté technoscientifique était un progrès thérapeutique et un progrès humain. Maintenant, ces mêmes media chassent le scoop, faisant la une dès qu’on parle d’un effet secondaire, comme si c’était une découverte qu'un médicament - le tramadol ou un autre - était à prescrire avec prudence, par exemple… Ces mêmes media n’ont pas changé dans leur rôle de courroie de transmission au service des intérêts productivistes des lobbies qui les possèdent en majorité…
Prenez les hommes politiques avec leurs conflits d’intérêts (sur tous ces sujets, voir les articles à partir de la liste alphabétique à gauche), les chercheurs et médecins avec les leurs, les media oscillant entre ignorance et vulgarisation toujours irréfléchies, et placez-les dans un système structurellement construit de façon à profiter aux industriels, où l’industrie pharmaceutique exerce un ghost management sans faille (voir cet article et celui-ci), c’est-à-dire une gestion invisible, mais omniprésente de tous les aspects et à tous les niveaux du système de recherche, de formation et d’information médicales – et vous aurez les principaux acteurs du microcosme de marionnettes de l’industrie qui est responsable du marasme actuel des choses. C’est un état dont on commence à peine à deviner l’étendue (des dégâts), que j’essaie d’esquisser et de dénoncer depuis que Pharmacritique existe.
Cette sollicitation d'une expertise citoyenne de l'extérieur d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), sans instrumentalisation politique ou autre, car totalement désintéressée, rompt avec les « traditions » du petit cercle exclusif des décideurs politico-sanitaires, avec leurs communicants et leurs conseillers plus ou moins intéressés, qui se fréquentent, fomentent des plans de carrière et forment des chapelles. C’est pour cela que j’ai accepté, alors que je ne fais pas partie d’Europe Ecologie les Verts (et d’aucun parti politique, d’ailleurs).
Au fil des ans et de mes participations régulières à des débats et colloques – cinq ces mois-ci, que je n’ai pas eu le temps d’annoncer -, et sans parler des discussions sous une autre forme et des sollicitations auxquelles je n’ai pas pu donner suite, j’ai remarqué toutefois que les écologistes sont plus ouverts au débat. Je pense surtout à la dimension de démocratie participative, avec le débat citoyen, avec cette ouverture à l’« expertise citoyenne » et à une « science citoyenne » qui irritent les professionnels, prompts à les déclarer illégitimes…
Pourtant, je ne cesse de rappeler, dans une terminologie qui paraît surannée, qu'en République, c’est le débat citoyen dans l’espace public politique qui permet, par abstraction successives des particularismes (de type appartenance à un parti politique, etc.) de dégager des intérêts universalisables, donc des intérêts qui dépassent tout corporatisme. Aucun corps intermédiaire – de type « ordre » (des médecins, etc.) ou corporation… - ne doit confisquer ce débat et la décision, ni ne peut prétendre représenter les citoyens. Je l’ai dit et redit dans ces pages.
Certes, on ne fera pas les prescriptions à la place des médecins, ni les recherches à la place des chercheurs. L’expertise citoyenne, ce n’est pas cela, n’en déplaise à ceux qui sèment la confusion pour la discréditer et tenter de s’en débarrasser pour garder l’exclusivité des cercles « sachants » traditionnels, sans droit de regard des citoyens, réduits au rôle de cobayes pour les produits des éprouvettes des divers industriels, fabriqués selon les cahier de charges de ces derniers: brevets et profits immédiats, avec l’impératif de soigner la santé financière des multinationales.
Ce type de discours rejetant l’expertise citoyenne revient régulièrement, et je l’ai entendu, avec des arguments qui paraissent solides à première vue, aussi dans l’exposé de Denis ZMIROU-NAVIER, professeur de santé publique à la Haute Ecole de Santé publique de Nancy. Nous étions les deux seuls Français participant au colloque sur les moyens de renforcer l’indépendance de l’expertise en santé publique, organisé par les députés écologistes belges Thérèse SNOY et Jacques MOREL le 20 janvier au Parlement fédéral belge (voir le programme détaillé). J’y reviendrai en détail, car il est révélateur de voir comment son raisonnement arrive, de proche en proche, à banaliser les conflits d’intérêts, définis de façon très large, ce qui lui permet de dire que nous aurions tous des liens, des dépendances, des intérêts, des conflits d’intérêts, y compris par la simple adhésion à une association… On voit que le rejet de l’expertise citoyenne a des raisons autres que celles qui paraissent évidentes, ainsi que des conséquences. Lorsqu’on assimile et qu’on met sur le même niveau l’engagement bénévole et désintéressé, sans conflit d’intérêts, d’un citoyen au sein d’une association indépendante et le « lien » d’un expert payé par des industriels pour faire passer leurs intérêts avant ceux de la santé publique, cela revient à neutraliser le danger et les conséquences des conflits d’intérêts, à les banaliser et les légitimer, à assimiler lobbying et plaidoyer citoyen…
J’ai répondu à cela, non pas par des discours théoriques, mais par des faits et des arguments chiffrés. Je pense avoir montré qu’un citoyen de base peut parler médicament. Une fois dans mon exposé de la matinée, portant sur des lois étrangères – surtout aux Etats-Unis, mais aussi en Grande-Bretagne et en Allemagne - permettant de réprimer et de dissuader les abus des industriels en matière de corruption, de conflits d’intérêts et de leurs conséquences, en matière de produits défectueux, mais aussi à d’autres niveaux tels que l’accès à l’information, le recours des victimes, etc. L’exposé portait aussi sur certains dispositifs juridiques et institutionnels pouvant servir d’exemple pour améliorer plusieurs niveaux dans la chaîne du médicament. Puis en répondant à des questions, mais surtout dans mon intervention de l’après-midi, lorsque j’ai interpellé de façon argumentée Leo NEELS, dirigeant du syndicat patronal de l’industrie pharmaceutique belge (Pharma.be), l’homologue de Christian LAJOUX, patron du LEEM français (Les Entreprises du médicament) et PDG de Sanofi France. Je raconterai les détails, ils sont édifiants.
L’expertise citoyenne sur les médicaments ne consiste pas à vouloir en prescrire, ni mélanger les éprouvettes et se substituer aux experts, comme dans les cauchemars des scientifiques et des médecins grevés de conflits d’intérêts et craignant qu’on vienne leur demander des comptes, ou même dans les cauchemars de ceux qui n’ont pas de conflits d’intérêts, mais ont besoin d’invariants, d’un ordre bien défini, d’une hiérarchie et de cases que le « forum hybride citoyen » viendrait bouleverser comme l’entropie en thermodynamique…
Le citoyen de base peut – et doit – débattre et décider s’agissant du rôle du médicament et des industries de santé, s’agissant de tout ce qui biaise la chaîne du médicament (discours marketing sur le médicament, entre autres, qui pousse à la surmédicalisation et à la surconsommation), s’agissant de tout ce qui induit des conflits d’intérêts, des biais et des influences sur le comportement des prescripteurs et des patients…
Les sujets ne manquent pas, et nous ne devons pas rester dans le rôle de cobayes, subissant ce que d’autres ont décidé de nous faire consommer. Nous pouvons agir déjà par un bulletin de vote, par le soutien aux sources d’information indépendantes, par une autoréflexion et en développant notre esprit critique – ce qui nous sera utile au-delà de la préservation de notre santé face à toute cette « prévention » médicamenteuse et à une médecine dévoyée de son rôle et devenue de plus en plus, avec notre complicité tacite :
- prescriptive : au sens prétendument éthique, comme lorsqu’elle normalise les être humains, uniformise et standardise, extirpe la différence dans les comportements (la psychodiversité…), devient un moyen de contrôle social et un gardien de l’ordre, en utilisant divers moyens qui vont des camisoles chimiques aux préceptes comportementaux déplacés ;
- préventive : en particulier par la prévention réduite au médicament (donc dans l’intérêt des industriels), ainsi qu’à des dépistages réguliers dont bon nombre n’ont pas lieu d’être (cancer du sein, cancer de la prostate…) et font plus de mal que de bien. La médecine devrait soigner lorsqu’il y a maladie, pas imposer la consommation de médicaments au cas où, sait-on jamais, il y aurait maladie à l’avenir… Et la prévention devrait être limité au seul domaine où elle est efficace : éducation, information sur les comportements à risque, sur les modes de vie et les modifications à apporter en cas de problème, sur les expositions professionnelles ou autres à des produits dangereux, etc. Mais ici, on touche aussi aux inégalités socio-économiques en santé, car la vraie prévention devrait passer par là : l’amélioration des conditions de vie, d’habitat, d’alimentation, de travail… Et même l’accès égalitaire aux soins ne réglera pas ces problèmes-là. Et il est plus facile – et en plus rentable pour les industriels et moins coûteux pour l’Etat, mais seulement à première vue – de prescrire des médicaments que de résoudre les problèmes induits par la pauvreté…
- prédictive (au moyen du « tout génétique », par exemple, comme au moyen de divers marqueurs pour dépister des maladies de plus en plus tôt, même s’il n’y a pas de thérapeutique. Comme dans la maladie d’Alzheimer, où savoir à 20 ans que l’on souffrira (peut-être) plus tard de cette maladie ne peut qu’induire une énorme souffrance psychologique, voire détruire une vie… Bonne élève du marketing pharmaceutique et intéressée à l’être, la médecine a développé beaucoup de moyens de médicaliser des bien-portants et pousser à la consommation de médicaments aussi en jouant à Madame Soleil (puisque les moyens utilisés sont tout aussi scientifiquement fondés que le tarot de cette dernière, qui avait de plus l’avantage d’être plus poétique…).
Et lorsque ni la génétique ni les marqueurs ne permettent de transformer une personne en bonne santé en malade consommateur de médicaments, il y a toujours le disease mongering (façonnage de maladies, invention et redéfinition de maladies, voir les articles) : les médecins en inventent pour tous les goûts, pour tous les modes de vie (lifestyle drugs…, médicaments et actes médicaux de confort…), pour toutes les étapes de la vie (ménopause, baisse de la fonction érectile, vieillissement en général...), pour toutes les demandes sociales (dresser les enfants en les déclarant hyperactifs ou les adolescents en « trouble de désobéissance », camoufler le mal-être socio-économique en le psychologisant en dépression ou d’autres « troubles » mentaux. Le nombre de ces derniers est passé de 106 en 1952, lors de la première édition du DSM, à plus de 350 dans la quatrième édition du DSM (Manuel statistique et diagnostique des troubles mentaux)…
La description de David SACKETT de la médecine préventive s’applique parfaitement aussi à son dévoiement en médecine prédictive et prescriptive. Son article paru en 2002 dans le CMAJ (Canadian Medical Association Journal) sous le titre The Arrogance or Preventive Medicine est une lecture fort instructive pour comprendre comment le système pousse structurellement la médecine vers des rôles qui ne sont pas les siens – et que nous ne devons pas accepter. Nous ne devons pas accepter son arrogance, son agir présomptueux et impérieux, les préceptes qu’elle n’a aucune légitimité à formuler, son incapacité à reconnaître ses limites et à accepter la critique, son rôle de rouage dans la machinerie du profit industriel, avec les médecins comme exécutants et victimes consentantes.
Or notre passivité rend possible la reproduction de ce système, avec des adaptations minimes et des mesurettes cosmétiques lorsque cela déborde : ainsi, la loi de Xavier BERTRAND sur le sécurité de la chaîne du médicament apporte quelques mesures dues de longue date, mais sans rien changer à la nature structurellement pharma-amicale de notre système de santé et de soins. Une excellente communication autour de cette loi l’a fait paraître révolutionnaire, alors que seules les apparences changent, comme je l’ai dit dans un communiqué détaillé de la Fondation Sciences Citoyennes, et dans un autre article détaillant les mesures et les sanctions prévues, ainsi que la position ambiguë l’Ordre des médecins. Paul JANIAUD a lui aussi souligné d’autres « oublis inquiétants » dans la loi.
Nul besoin d’être professionnel de santé pour parler de cela. Et le citoyen lambda a même l’avantage de ne pas vivre de ce système, de ne pas y contribuer, de n’avoir aucun conflit d’intérêts.
Elena Pasca
***
Voici l’annonce de la conférence de presse, qui aura lieu le mercredi 21 mars de 15 h à 16 h à cette adresse : IREMMO, 5, rue Basse des Carmes, 75005 Paris
SANTE : IL FAUT MORALISER LA POLITIQUE DU MEDICAMENT
En présence de :
- Eva JOLY, candidate Europe Ecologie Les Verts à l'élection présidentielle
- Michèle RIVASI, députée européenne EELV
- Aline ARCHIMBAUD, sénatrice EELV de la Seine-Saint-Denis
- Elena PASCA, philosophe, créatrice du blog Pharmacritique, membre du CA de Sciences Citoyennes
« Les coûts en santé ont explosé ces dernières années. Aujourd'hui, entre 25 et 35% de la population renonce à se soigner, faute de moyens. En cause : dépassement d'honoraires, franchises, tarifications à l'acte... Mais également médicaments de plus en plus chers. Les français dépensent en effet entre 4 et 8 fois plus qu'il y a 25 ans pour leurs médicaments, alors que ces derniers ne sont pas plus efficaces. En effet, le progrès thérapeutique stagne depuis une quinzaine d'années. En l'absence d'une analyse coût/efficacité et d'une autorisation de mise sur le marché exigeant la supériorité des nouveaux médicaments, l'on peut compter sur les doigts d'une main les médicaments vraiment novateurs, parmi les centaines autorisés chaque année en France. Et pourtant, les profits pharmaceutiques augmentent, et les restes à charge des patients, aussi...
Comment en sommes-nous arrivés là? Quel rôle jouent aujourd'hui les industries pharmaceutiques, leur marketing, leur lobbying et leurs stratégies? Pourquoi les citoyens sont-ils les premières victimes de cette politique opaque? Comment réaliser des économies dans ce secteur? En quoi le programme de la candidate écologiste pourra répondre à ces questions?
Réponses le 21 mars prochain. »
07:06 Publié dans Associations, programmes, sites anticorruption, Conflits d'intérêts / corruption, Figures de la résistance à l'influence des pharmas, Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : eva joly santé médicament, michèle rivasi santé médicament pharmaceutique, europe écologie les verts santé médicament, elena pasca, conflits d'intérêts médecine médicament loi, prix médicaments france europe, progrès thérapeutique autorisation de mise sur le marché, lobbying politique industrie pharmaceutique les verts, accès aux soins programme politique, coûtefficacité médicament, médecine prédictive médecine préventive, prévention dépistages cancer critique, media lobbying influence, experts conflits d'intérêt biais médecine, leo neels, écologie politique santé médecine médicament, prix médicament coût recherche développement |
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16.01.2012
Renforcer l’indépendance de l’expertise en santé publique: colloque au Parlement belge (20 janvier 2012)
Voici l’annonce d’un colloque auquel j’aurai le plaisir de participer, au nom de Sciences Citoyennes, au
Parlement belge (et non pas celui européen, cette fois), pour une intervention le matin et une table ronde l’après-midi. Le sujet de mon intervention: "Exemples de garanties juridiques et institutionnelles pour une expertise indépendante et intègre". "Garanties" est certes un mot beaucoup trop fort. Il s'agit de dispositifs législatifs et juridiques étrangers et de réglementations qui pourraient servir d’exemple (avec des adaptations) pour dissuader et réprimer les dérapages dans la recherche et l'expertise en santé, avec l'exemple de la proposition de loi de la Fondation Sciences Citoyennes, portant sur la déontologie de l’expertise et la protection des lanceurs d’alerte. Ce sont surtout de lois et dispositifs en vigueur aux Etats-Unis, étonnement peu connus en France et en Belgique, apportant un minimum de garde-fous, garantissant un minimum d’accès à l’information, permettant d'aller vers une criminalisation des conflits d'intérêts et de leurs conséquences. Ce ne sont pas des garanties, mais on pourrait partir de là pour en définir quelques-unes...
Cela semble utopique, mais on n'a pas d'autre choix que d'être pessimiste en théorie et optimiste en pratique... Je me souviens encore des réactions lorsque j'ai commencé à parler, sur des listes de discussion, puis sur Pharmacritique, des initiatives du sénateur US Charles Grassley, parmi lesquelles figurait le Sunshine Act, ainsi que des lois, des programmes et des initiatives de transparence existant dans des Etats tels que le Minnesota. Aujourd'hui, tout le monde parle du Sunshine Act et les exemples états-uniens ne sont plus systématiquement mal interprétés ou rejetés. L'espoir est donc permis que d'autres exemples suivent le même chemin... Il existe aussi des propositions et des débats amorçant une évolution dans des pays européens, qui méritent d'être pris comme points de départ. je pense en particulier à l'Allemagne, mais les nouvelles sont très contrastées... J’évoque ces sujets depuis longtemps de façon dispersée et surtout lors de débats, car c'est ce que je préfère, en attendant de faire un article qui les énumère tous dans un même papier.
J’aurai le plaisir de retrouver le Dr Pierre Chevalier, enseignant-chercheur en médecine générale à l’Université catholique de Louvain, rédacteur en chef de la revue Minerva et président du GRAS (Groupe de recherche et d’action pour la santé).
Voici l’annonce et le programme du colloque:
"Suite aux fréquentes mises en cause de l’indépendance des experts en santé publique concernant les substances dangereuses pour la santé et les médicaments ; et suite aux auditions de la commission de santé publique de la Chambre, nous voulons élargir le débat à des expériences étrangères et à des voix indépendantes.
Un colloque pour :
- renforcer la légitimité de l’expertise en santé publique
- réaffirmer ses balises déontologiques
- améliorer la manière dont sont élaborés les avis guidant les décisions politiques
- dégager des recommandations applicables en Belgique et ailleurs
9h15 : Présidence et introduction
Thérèse SNOY, députée fédérale Ecolo
9h30 : Les obstacles à l’indépendance de la science dans l’évaluation des risques
John FAGAN, Earth Open Source
10h00 : Partage des expériences et illustration des enjeux
David LELOUP, journaliste indépendant
Dr Marianne EWALENKO, cardiologue, Chirec
Pr Jan M.C. GEUNS, Laboratory of Functional Biology (KUL)
11h00 Pause
11h15 Les principes directeurs de l’expertise en santé publique
Pr Denis ZMIROU-NAVIER, INSERM, Haute Ecole de Santé publique de Nancy
Elena PASCA, Fondation Sciences Citoyennes
Dr Pierre CHEVALIER, UCL, président du GRAS
12h45 Lunch
APRES-MIDI
Présidence : Dr Jacques MOREL, député Fédération Wallonie - Bruxelles Ecolo
14h00 : Table ronde : Quels outils pratiques ?
Quelle mise en place au sein des institutions publiques ? Quelle place pour la gestion des conflits d’intérêts ? Regards croisés avec les intervenants de la matinée
16h00 Pause
16h15 Conclusions politiques"
**
Parlement fédéral, Salle des Congrès
Rue de Louvain 21
1000 Bruxelles
Informations : cecile.rassinfosse@ecolo.be
(00-32) 02 549 86 19
Traduction assurée : anglais – néerlandais – français
23:35 Publié dans Initiatives pour limiter les conflits d'intérêts | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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30.09.2011
Un système de santé pourri par les conflits d’intérêts et un lobby médico-industriel omniprésent
J’ai évoqué plusieurs fois l’excellent blog Health Care Renewal et aimerais remercier son fondateur et principal auteur, le Dr Roy Poses, d’avoir publié le 14 septembre mon texte « Mediator, symptom of a broken French system » (Médiator, symptôme d'un système français cassé / en faillite/ en ruines...).
Le scandale du Médiator est juste un point de départ, un épiphénomène de défaillances structurelles à tous les niveaux. Quelques jours après l’annonce du projet de loi d u ministre Xavier Bertrand, qui n’apporte aucune réponse structurelle, juridique et législative, donc ne changera rien à un système intégralement pharma-amical, j’ai voulu faire une description des grandes lignes du système français de santé et de soins. Montrant comment il est pourri entièrement par les conflits d’intérêts, depuis la tête de l’Etat (Nicolas Sarkozy) jusqu’aux acteurs individuels (professionnels de santé disposant d’un lobby très puissant qui influence les décisions, patients suivistes et sans esprit critique…).
Le texte est écrit pour des lecteurs nord-amérciains, en particulier des Etats-Unis, donc à l’aide de certains exemples et comparaisons des deux systèmes, avec aussi quelques exemples européens, surtout sur le plan des dispositifs législatifs et juridiques, qui seraient essentiels pour réprimer et dissuader les abus de toute sorte. Lors de nombreux échanges avec des professionnels de santé étrangers, de plusieurs pays, j’ai constaté à quel point ils se faisaient des illusions sur le système français de santé, tenu par beaucoup pour un modèle de « médecine socialisée ». L’existence d’une couverture-maladie (régime publique de Sécurité sociale et CMU) fait illusion et empêche une analyse approfondie, qui montrerait que la logique néolibérale et ses outils, la logique de compétition et de marché, l’emporte largement. Généralement, on ne la perçoit même pas, peut-être à cause des apparences républicaines et de protection étatique. Ou alors on la nie ou passe sous silence, par intérêt ou par passivité. Alors comment la contrecarrer ?
Or la couverture financière n’est en rien garantie de qualité des soins et de médecine socialisée. Le système français de santé et de soins, sans coordination, sans évaluation de la qualité, avec une influence extrême du lobby médico-industriel, etc. allie le pire de la logique de marché et de la médecine socialisée, sans en avoir les avantages.
En particulier, l’influence de la médecine organisée (ordre des médecins, syndicats…) maintient la désorganisation et organise une corruption quotidienne et banalisée. Elle rend impossible toute évaluation et toute réforme structurelle. La logique de surmédicalisation et de surmédicamentation a des conséquences multiples et est entretenue, dans un cercle vicieux sans issue, par le consumérisme de patients sans éducation à la santé et sans esprit critique.
Forcément, ce système extrêmement coûteux pour des résultats qui ne sont pas à la hauteur, ne peut pas tenir. Les industriels et autres groupes d’intérêts le casseront, en particulier au profit des assurances et autres cliniques et organisations privées, en disant qu’il est bien la preuve que la médecine socialisée ne peut pas fonctionner... Mais un tel terme n’est pas approprié pour définir ce qui se passe en France. Il faudrait des analyses structurelles et dépourvues de complaisance et d’intérêts pour le comprendre ; à quelques exceptions près – et le Pr Claude Béraud en est une –, de telles analyses systémiques ne me semblent pas pouvoir venir des médecins et autres professionnels de santé, trop désinformés, mais aussi intéressés et privilégiés par un système qui n'a de républicain que quelques apparences induisant en erreur. Et encore moins des organisations médicales.
Comme le disait le Dr Roy Poses dans son introduction, on voit que la problématique est globale, à quelques différences spécifiques près. Les solutions ne peuvent être que globales, et il me semble que la démystification des illusions et l’incitation à une réflexion sans complaisance, à une exterritorialisation et à un recul critique pour porter un jugement (ce qui est d’ailleurs le sens du mot « critique »), devrait être parmi les premiers pas à faire en ce sens. Je n'ai pas de telles prétentions, loin de là. Mais peut-être que l'exterritorialisation, la connaissance d'autres structures, les échanges internationaux, l'absence de conflits d'intérêts et de corporatisme et... les principes républicains m'ont permis d'avoir un regard un peu différent sur les (auto)mystifications des médecins comme des patients. Et les réactions majoritaires des médecins français, sous des prétextes détournés, me font penser que je vise plutôt dans la bonne direction.
Le texte, long, détaillé et avec des liens, parle de lui-même. Merci au Dr Roy Poses pour sa relecture. (Je présenterai en détail son blog et ses activités ; c’est au programme depuis longtemps).
Elena Pasca
05:37 Publié dans Autorités de sécurité sanitaire: insécurité, Conflits d'intérêts / corruption, Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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29.08.2011
La santé sous contrôle pharmaceutique... Comment combattre influences et conflits d'intérêts ? (Débat François Autain, Yves Gimbert, Elena Pasca)
Le samedi 3 septembre aura lieu un débat lors duquel j’aurai le plaisir de retrouver deux excellents
interlocuteurs:
François AUTAIN, sénateur, médecin de formation, auteur et co-auteur de nombreuses initiatives, rapports et projets de loi pour limiter conflits d’intérêts et influence de l’industrie pharmaceutique sur la médecine et le système de santé, président des missions sénatoriales d’information sur la campagne de vaccination contre la grippe AH1N1 et sur le Médiator.
Yves GIMBERT, directeur de recherches au CNRS / Département de Chimie moléculaire de l'Université Joseph Fourier de Grenoble, administrateur de la Fondation Sciences Citoyennes et excellent connaisseur des risques technologiques en santé (nanotechnologies…) et de l’influence industrielle sur la recherche.
Espace Nature Isère organise à partir du vendredi 2 septembre la 15ème édition du Festival de l’Avenir au Naturel, avec le soutien du conseil général de l’Isère, du conseil général de Rhône-Alpes et de nombreuses communes et organisations. La devise est « On ne subit pas l’avenir, on le fait » (Georges Bernanos). Lieu : L’Albenc en Isère (38470), tél. 04 76 36 50 10
Toutes les informations sur le Festival de l’Avenir au Naturel sont accessibles à partir de cette page ; le programme complet est ici.
Le samedi 3 septembre à 19h00 aura lieu un débat intitulé « La santé sous contrôle pharmaceutique... Comment combattre influences et conflits d'intérêts ? »
« A la suite du scandale du Mediator, les pratiques et agissements de l'industrie pharmaceutique sont sous les feux médiatiques : conflits d'intérêts dans le domaine de l'expertise scientifique, positions de forces et moyens de pression exercés sur les institutions pour imposer des "nouveaux médicaments" d'une efficacité contestable.
Le sénateur de Loire Atlantique François AUTAIN, Président de la mission d’information sur le Médiator, Elena PASCA, philosophe et responsable du site internet "pharmacritique" (une référence dans le domaine de l'information sur les rapports entre industrie pharmaceutique, médecine et usagers), et Yves GIMBERT, chercheur au CNRS, feront un état des lieux sur la faillite du système de recherche, de formation et d'information médicales. Quelles solutions peut-on envisager pour diminuer l'influence de l'industrie et l'impact des conflits d'intérêts ? Vers quoi peut évoluer l'industrie pharmaceutique en plein déclin d'inventivité depuis bientôt 30 ans ? »
Pour ma part, j'aborderai certains des aspects qui étaient au programme de mon audition (au nom de Sciences Citoyennes) par la mission d'information sur le Médiator de l'Assemblée nationale, fin avril, audition que j'ai dû annuler au dernier moment, pour des raisons de santé.
22:13 Publié dans Brèves, actualités pharmaceutiques diverses, Conflits d'intérêts / corruption, Prise de conscience sur les méthodes des firmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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05.05.2011
"Antidépresseurs: l’overdose" (marchandisation de la dépression ; effets secondaires des antidépresseurs)
J’ai répondu avec plaisir à l'invitation de la revue Alternative Santé d’écrire sur les antidépresseurs. Après un article paru dans le numéro de mars 2011 sous le titre "Violence sur autrui : 31 médicaments en cause" (p. 17), qui reprend quelques informations données dans cette note, j’en ai fait un plus détaillé et plus spécifique, paru dans le numéro de mai sous le titre (donné par la rédaction) "Antidépresseurs : l’overdose" (pp. 18-21).
Il est toujours délicat d’aborder toute une classe de médicaments dans un seul article, même long, parce qu’il y a beaucoup de différences entre les divers types d’antidépresseurs (tricycliques, ISRS, ISRSN...) et donc entre leurs effets secondaires : différence de nature, de gravité, de fréquence… Cela reste un article de vulgarisation, car je ne suis pas une professionnelle de santé et n’ai aucune prétention de production d’information médicale. J’essaie d’être un passeur d’informations, tout en donnant beaucoup de références de livres et d’articles indispensables, pour que les lecteurs qui le souhaitent puissent approfondir le sujet.
J’aborde en une première partie la marchandisation de la dépression, rappelant quelques-unes des étapes du processus de "production historique" (Monique Debauche, Janet Currie) de cette "épidémie", mentionnant le disease mongering, quelques méthodes de marketing et de désinformation et quelques biais qui rendent celle-ci possible. Dans la deuxième partie, il est question d’abord de la faiblesse scientifique de l’argumentation de l’industrie pharmaceutique : l’absence de preuves fiables quant à l’utilité, à l’efficacité et au bénéfice clinique des antidépresseurs (sauf dans
les dépressions "graves") ; l’absence de preuves scientifiques fiables pour démontrer l’hypothèse théorique d’une dépression qui aurait une cause biologique (déséquilibre des neurotransmetteurs, en particulier de la sérotonine). Puis j’essaie d’évoquer les effets secondaires les plus graves (d’autres étant détaillés dans un encadré), avec les précautions de rigueur.
Il ne s’agit pas de diaboliser ces médicaments, ni de les rejeter en bloc ou de proposer autre chose à la place. Il s’agit simplement de rappeler certaines failles dans la genèse des informations actuelles et le rôle du marketing et des conflits d’intérêts dans ce qui nous est présenté comme de la science, et ce afin d’exiger un usage rationnel de ces médicaments. Car au vu de tous les facteurs fort empiriques qui concourent à l’avènement de cette "épidémie artificielle" de dépression, parfaitement décrite par Robert Whitaker dans un livre choc, au vu de l’efficacité limitée aux dépressions graves, au vu d’effets indésirables bien documentés, eux, on peut se demander pourquoi les médecins nous font courir autant de risques. Je parle de la prescription massive d'antidépresseurs chez des personnes présentant de vagues "troubles" - dont la liste s'allonge d’année en année avec le concours du DSM -, de même que chez des personnes ayant des vagues à l’âme ou une souffrance psychique d’origine diverse. Une médicalisation à outrance de tous les aspects de la vie, la psychologisation qui de pair avec l'individualisme, un standard de "normalité" artificielle et la redéfinition de la "santé" (qui englobe désormais un vague "bien-être complet" des individus) entretiennent le "mythe de la cure chimique" (Joanna Moncrieff) censée gommer les aspérités de la subjectivité et les souffrances d'individus aux prises avec des phénomènes socio-économiques systémiques sur lesquels ils n'ont aucune prise.
La question qui s’impose : "A quand un usage rationnel des antidépresseurs et une évaluation méthodologiquement fiable et dénuée de biais et de conflits d’intérêts ?"
Le livre de Robert Whitaker s’intitule Anatomy of an Epidemic. Magic Bullets, Psychiatric Drugs and the Astonishing Rise of Mental Illness, Random House 2009.
Pour un complément de lecture sur Pharmacritique, je renvoie aux articles réunis sous les multiples catégories ayant trait à la psychiatrie, à la dépression et aux effets secondaires de certains médicaments, aux méthodes marketing… et en particulier aux articles accessibles à partir de ces pages : « Dépression, antidépresseurs », « Conflits d’intérêts en psychiatrie ; DSM », "Disease mongering, façonnage de maladies », « Normalité, contrôle social, culture psy », « Médicalisation de la vie, surmédicamentation ».
A propos d’Alternative Santé, je voudrais signaler un très bon article de Michel de Lorgéril, paru dans le numéro de mars sous le titre « Cholestérol, statines et cerveau ».
Elena Pasca
11:49 Publié dans Dépression, antidépresseurs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : antidépresseurs effets secondaires, antidépresseurs psychotropes overdose, elena pasca, théorie biologique de la dépression, effets indésirables antidépresseurs, antidépresseurs suicide violence, dépression marketing pharmaceutique profit, usage rationnel du médicament, placebo antidépresseurs efficacité, conflits d'intérêts antidépresseurs dépression |
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07.12.2010
Dérives sécuritaires en psychiatrie: criminalisation de la folie. Enjeux et conséquences (débat le 9 décembre)
Le jeudi 9 décembre, j’aurai le plaisir d’animer un débat sur les enjeux et conséquences de la criminalisation de la folie, auquel participeront Michaël Guyader (Psychiatre, Collectif des 39 contre la Nuit Sécuritaire), Claude Louzoun (Psychiatre, Collectif Liberté Égalité Justice) et Denis Salas (Magistrat, chargé d’enseignement et de recherche à l’Ecole Nationale de la Magistrature). (Voir plus bas pour les détails).
J’ai parlé à plusieurs reprises (voir cette page, ou encore ici et ici, par exemple) du mouvement contre La Nuit Sécuritaire et rappelle que la pétition lancée par le Collectif des 39 - à l’origine de cette protestation qui réaffirme que la médecine est mandataire des intérêts des patients et non pas le bras armé d’un régime politique et économique - est toujours ouverte sur cette page.
01:32 Publié dans Psychiatrie: dérive sécuritaire, exclusion des fou | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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17.11.2010
"Technoscience sans conscience": débat du 18 novembre dans le cadre du Festival de cinéma ATTAC "La démesure, jusqu'à quand?"
Le jeudi 18 novembre à 20:00 aura lieu le débat "Technoscience sans conscience", avec Thierry Méot, statisticien, responsable de l'Association Sciences Technologies Société, et moi-même (Elena Pasca, philosophe, administratrice de la Fondation Sciences Citoyennes). Le débat fera suite à la projection du documentaire "Alertes sur la cité", réalisé par Jean Druon.
Il fait partie du 8ème Festival de cinéma d'ATTAC - Images Mouvementées - dont le thème choisi cette année est "La démesure, jusqu'à quand ?" et qui se déroule du du mercredi 17 au mardi 23 novembre 2010 au Centre culturel de la Clef: 34, rue Daubenton Paris 5e,
Métro Censier Daubenton.
21:08 Publié dans Scientisme technosciences technologie écologie | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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19.09.2010
Lobbying et conflits d'intérêts en santé: santé des hommes, santé de la planète. Séminaire du 21 septembre à l'Assemblée nationale
Le mardi 21 septembre aura lieu le deuxième d'une série de trois séminaires intitulés "La démocratie à l’épreuve du lobbying", prévus au Sénat et à l'Assemblée Nationale et organisés par les associations membres du comité d'animation du réseau de veille et d'action citoyenne ETAL (Encadrement et Transparence des Activités de Lobbying).
La Fondation Sciences Citoyennes fait partie de ce comité, donc des organisateurs, et elle a été représentée par Jacques Testart et moi-même (Elena Pasca) lors du premier séminaire, qui s'est déroulé le 22 juin à l'Assemblée nationale et a eu pour objectif la clarification sémantique du terme et de ses corrélats.
Nous avons tenté d'éclaircir certaines confusions qui se banalisent (ainsi, des associations et ONG se disent "lobbyistes", alors que ni les moyens ni les objectifs ne sont les mêmes et que le résultat est une légitimation du lobbying au profit des plus forts). Pour ce faire, il fallait tenter une délimitation plus rigoureuse du champ sémantique autour du mot lobbying, ainsi qu'identifier ses enjeux et son impact sur la démocratie en général. Cet impact intervient entre autres à travers les décisions politiques sous influence directe des lobbies - ou alors indirecte à travers les expertises biaisées par les conflits d'intérêts. Il faut sensibiliser l'opinion au fait que de telles décisions ont pour conséquence nombre de distorsions plus ou moins visibles de l'intérêt général.
Les détails de ce premier séminaire (programme, intervenants, animation, etc.) figurent sur cette page de Pharmacritique.
Le deuxième séminaire, consacré plus spécifiquement au lobbying et aux conflits d'intérêts en santé, aura lieu le mardi 21 septembre 2010, de 13 h à 18 h à l'Assemblée nationale, au 101 rue de l’Université à Paris.
A partir de cas pratiques du domaine de la santé (notamment l’industrie pharmaceutique, la médecine et les conflits d’intérêts…) et de l’environnement, ce séminaire se propose d'étudier l’impact des lobbyistes d’intérêt industriels et financiers sur la décision publique et les répercussions sur l’avenir de la société humaine et des biens publics mondiaux. Avec une recherche de solutions pour réduire l’influence des lobbyistes et rétablir un contrôle citoyen dans ces domaines.
09:26 Publié dans Lobbying, conflits d'intérêts, lobbies & politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : conflits d'intérêts et lobbies, lobbying en santé, conflits d'intérêts industrie pharmaceutique, séminaire etal, séminaire lobbying, elena pasca, lobby santé environnementale, conflits d'intérêts médecine, fondation sciences citoyennes, réseau anti-lobbying etal |
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16.08.2010
Transparence des conflits d'intérêts des médecins: suivons l'exemple d'Obama avec les Physician Payment Sunshine Provisions
Voici un communiqué de presse que j'ai fait il y a plusieurs mois pour la Fondation Sciences Citoyennes. Laissé de côté à cause de multiples
autres travaux en cours, il n'est parti que le 22 juillet... Ce n'est pas le meilleur moment pour des communiqués de presse, mais, comme vous pouvez le constater, les convenances ne m'intéressent pas, même pas s'agissant de respecter les conventions quant à la forme d'un tel texte... Je préfère donner plus d'informations, situer la problématique dans le contexte, donner des liens, pour que le lecteur comprenne que, même s'agissant d'une information états-unienne, cela le concerne tout autant, si ce n'est plus, vu l'inexistence d'une telle législation en France et en Europe.
Logo des lois de tranparence (sunshine laws) de l'Etat du Maine. (Elena Pasca)
07:35 Publié dans Conflits d'intérêts / corruption | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
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18.03.2010
Vidéo intégrale du documentaire "Les nouveaux jackpots des laboratoires pharmaceutiques" (Spécial Investigation)
Dans cette note, j'ai parlé du contexte, de mon implication et de mes attentes quant à ce documentaire diffusé le 5 mars 2010 dans l'émission "Spécial Investigation". Force est de constater que celle-ci n'est plus ce qu'elle était et que le documentaire "Les nouveaux jackpots des laboratoires pharmaceutiques" n'est pas ce qu'il aurait pu être. Loin de là. Je peux en juger, ne serait-ce que d'après les matériaux et les explications que j'ai fournis comme d'après la qualité des intervenants que j'ai recommandés. Je mène une petite enquête sur les raisons de cette baisse de qualité de l'émission et reviendrai là-dessus.
En attendant, voici l'intégralité du documentaire (qui vaut le détour, là n'est pas la question).
Les nouveaux jackpots des laboratoires pharmaceutiques_1/3
envoyé par tchels0o. -
06:39 Publié dans Documentaires labos pharmaceutiques santé médecine | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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03.03.2010
"Les nouveaux jackpots des laboratoires pharmaceutiques". Documentaire sur les techniques marketing des pharmas (Canal+ le vendredi 5 mars à 22h45)
Mise à jour: regardez l'intégralité du documentaire sur cette page.
Ce vendredi 5 mars à 22 h 45 sera diffusé, dans l'émission "Spécial investigation", le documentaire "Les nouveaux jackpots des laboratoires",
réalisé par Sophie Bonnet. (Le même est mentionné aussi sous le titre "Les nouvelles maladies: le jackpot des laboratoires").
Les critiques du Nouvel Observateur et Télérama sont bonnes, quoi que cela veuille dire... J'attends avec impatience de voir le documentaire, puisque j'ai été documentaliste, mais n'ai aucune aucune idée du résultat. En principe, cela devait parler du "disease mongering" (façonnage de maladies, maladies inventées - voir les notes de Pharmacritique à ce sujet), et j'ai donné beaucoup de matériel et recommandé beaucoup d'intervenants spécialisés dans les techniques marketing de l'industrie pharmaceutique et dans les conflits d'intérêts.
C'est d'ailleurs assez frustrant de ne pas savoir quelles informations ont été utilisées et développées, dans quel sens, quelles personnes ont été contactées, etc. Et de ne pas savoir qu'est qui est resté, dans l'ensemble, et quel est le degré de critique... La journaliste Sophie Bonnet me paraît à la fois compétente, professionnelle et lucide sur la question. Mais a-t-elle le dernier mot? Tout passe par tellement de mains... De façon générale, le journalisme d'investigation me semble relever plutôt du passé, vu qu'il dépend du degré d'indépendance des media. Sous Sarkozy, celle-ci n'est plus que lettre morte. Alors qu'en sera-t-il? Bonne surprise ou pseudo-critique édulcorée?
Nous verrons vendredi à 22 h 45.
La bande annonce peut être visionnée sur le site de "Spécial investigation". Il y est question du congrès de la International Society for Sexual Medicine, dont la session 2010 a eu lieu à la mi-juillet à Paris, centrée sur le "dysfonctionnement sexuel féminin", pseudo-maladie très prometteuse en termes commerciaux, de même que sur la publicité pour des molécules telles Priligy, candidat (de la firme Boehringer Ingelheim) à la commercialisation dans l'indication "éjaculation précoce". Le Priligy - ou dapoxétine, selon son nom commercial international - est un antidépresseur détourné, vanté pour l'un de ses effets secondaires qui est de retarder l'éjaculation. La revue allemande indépendante Arznei-Telegramm en a démoli les prétendues vertus dans une analyse sur laquelle je reviendrai.
Rediffusions de ce numéro de "Spécial investigation" :
- Sur Canal+ décalé: samedi 6 mars à 2h20 et dimanche 7 mars à 6h30 et à 17h10.
- Sur Canal Sport: lundi 8 mars à 3h05.
La présentation par la rédaction dit ceci: "La grippe H1N1 a permis à l'opinion de prendre conscience du rôle joué par les laboratoires pharmaceutiques. La présence au sein de l'Organisation mondiale de la Santé d'experts financés par l'industrie du médicament a jeté la suspicion sur le bien fondé de la campagne de vaccination. Plus généralement, les détracteurs des entreprises pharmaceutiques les accusent aujourd'hui d'inventer des maladies imaginaires auxquelles elles proposent des remèdes souvent coûteux. Pour «Spécial investigation», Sophie Bonnet enquête sur les techniques marketing mises en place par les laboratoires pour convaincre tout un chacun."
12:22 Publié dans Documentaires labos pharmaceutiques santé médecine | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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