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24/07/2011

Endométriose: l’exérèse complète sans traitement hormonal, seul traitement efficace (Dr Harry Reich)

Mise à jour du 3 juillet 2017:

Outre cet article, il faut lire ce dossier d'une centaine de pages, paru en janvier 2017 mais complété pendant plusieurs mois: "Exérèse curative vs marchandisation à vie".

J'y aborde toutes les dimensions essentielles de l'endométriose, ses traitements, sa chronicisation et marchandisation, la bulle médiatico-commerciale qu'est la chirurgie à l'énergie plasma vendue d'abord par le Pr Horace Roman, puis par de plus en plus d'autres (cités directement). Cette énième forme d'ablation de l'endométriose - ou éventuellement d'exérèse partielle - par Plasma Jet est présentée comme le summum de la chirurgie grâce à une campagne publicitaire impliquant les associations, alors qu'ils s'agit d'une expérimentation par un instrument me-too (dont on connaît l'inefficacité, pour les raisons expliquées dans les chapitres dédiés du dossier en question).

Les conflits d'intérêts pullulent, dans un système qui instrumentalise les associations - qui relaient les éléments de langage et le discours marketing - au point de faire des femmes malades des cobayes d'un réseau de recherche "à vocation industrielle". Outre ce dossier détaillant toutes les dimensions du yellow-washing, il y a deux autres textes très détaillés, centrés sur les médicaments et la chirurgie, mais abordant aussi d'autres aspects. (Tous les textes sur l'endométriose sont accessibles en descendant sur cette page, du plus récent vers le plus ancien. Sans oublier les textes parus sur le blog de l'association des victimes des analogues agonistes GnRH, textes pour lesquels j'ai fourni l'ensemble du travail de recherche, les informations, interprétations, etc.).

Les intérêts ont fait en sorte de chroniciser l'endométriose et de la marchandiser. Le yellow-washing a fait de l'endométriose un marché dans toutes ses dimensions, permettant de livrer aussi la construction sociale qui obscurcit les faits et permet de présenter tout cela comme étant nécessaire, légitime, dans l'intérêt des malades, intérêt qui serait représenté au mieux par certains sachants. 

A cause des intérêts financiers, communicationnels, publicitaires et autres qui sont en train de s'imposer en verrouillant tout, il faut une vigilance maximale envers tous les acteurs (les stake-holders, porteurs d'intérêts), bref, envers tous ceux qui vous veulent du bien, parlent en notre nom et à notre place, s'affirment comme les dépositaires légitimes de la cause du ruban jaune. Comme l'ont fait tous les acteurs du pink-washing, abordé plus bas. 

- l'un qui inclut la traduction d'un article synthétique du Dr David Redwine abordant toutes les dimensions importantes, depuis les causes et les symptômes jusqu'aux traitements médicaux (inutiles) et au seul traitement utile: la chirurgie d'exérèse complète, faite dans certaines conditions, en dehors et à distance de tout traitement médicamenteux hormonal: "Redéfinir l'endométriose à l"âge moderne". Il est évoqué plus bas dans l'article, mais l'affichage de la page a été défectueux pour tous les lecteurs utilisant des navigateurs autres que Mozilla. Ce n'est qu'il y a quelques semaines que j'ai réussi à réparer cela. 

- un dossier d'une centaine de pages, posté le 12 janvier 2017, qui complète le premier: "Exérèse curative vs. marchandisation à vie. Risques de la chirurgie sous traitement hormonal", critiques de la chirurgie à l'énergie plasma (par Plasma Jet), dont le premier promoteur médical est le Pr Horace Roman, suivi par de plus en plus d'autres, car cela rapporte gros à Plasma Surgical. Or il faut savoir qu'il s'agit d'expérimentations, faites au début surtout par des étudiants de l'équipe du CHU de Rouen (autour de Horace Roman), comme je l'explique en détail dans le dossier qui aborde sur des dizaines de pages les conflits d'intérêts - surtout ceux non déclarés sur le site gouvernemental Transparence Santé, malgré les obligations... Les résultats sont loin d'être ceux vantés, et il y a des effets indésirables de la chirurgie à l'énergie plasma au gaz argon, notamment quant à la fertilité, qui ne jamais évoqués dans les vidéos, les articles ou interviews ou autres supports à visée publicitaire.

Le revers de la médaille n'est jamais évoqué par les associations, qui participent, au contraire, à la campagne publicitaire du complexe médico-pharmaceutique visant à instaurer une énorme régression thérapeutique en France. Le dossier d'une centaine de pages explique en détail de quoi il s'agit, quels en sont les premiers promoteurs (le Pr Horace Roman, le Dr Isabella Chanavaz-lacheray et les autres du CHU de Rouen et du G4 (groupement d'hôpitaux et de cliniques de quatre villes, afin de mieux collaborer avec l'industrie pharmaceutique et les fabricants de médicaments, de dispositifs médicaux et de tout produit, pourvu qu'ils puissent payer pour qu'on teste leurs produits dans des formules tout-inclus, multiservices (one-stop shop), incluant donc la publicité et la communication d'influence, pour promouvoir les produits respectifs comme utiles, efficaces et incontournables... Que ce soit dans des journaux médicaux et des sociétés savantes, auprès des media et des associations, auprès des autorités sanitaires, etc. Bref, l'achat d'une formule multi-services par un industriel inclut d'emblée la communication et la promotion d'un produit en termes positifs. Il suffit de regarder les termes des contrats, mais aussi les incitations financières à l'inclusion et d'autres formes d'incitation offertes aux médecins et autres acteurs de la chaîne jaune d'intérêts.

Le yellow-washing - le business de l'endométriose tel qu'il devient une fois que le battage médiatique le transforme en un marché encore plus profitable, pour tous, y compris pour les publicitaires, les journaux, les éditeurs et les autres supports de l'industrie de la culture, des loisirs - est profitable pour tous, sauf pour les patients. On l'a vu par le passé, et la comparaison détaillée que je fais avec le pink-washing - le business dans la communication, la vente de tout ce qui est imaginable autour du dépistage organisé du cancer du sein par mammographie permet de se rendre compte encore mieux de tout cela. La comparaison directe est faite dans l'un des chapitres de ce dossier que toutes les personnes concernées directement ou indirectement par l'endométriose devraient lire.

Mais il y a d'autres textes qui traitent du business autour du dépistage et décortiquent les méthodes utilisés dans le marketing médico-pharmaceutique, surtout dans ce texte détaillé d'octobre 2012, qui montre que le dépistage organisé du cancer du sein par mammographie est une construction sociale, faite en adaptant les leviers classiques, les méthodes classiques du marketing, du lobbying, de la communication d'influence, de manipulation et de persuasion.

Il faut le lire, car cela fournit le terme de comparaison pour comprendre comment est l'équivalent est en train de se mettre en place en endométriose et comment, en fin de parcours, tout est verrouillé et atteint un point de non retour. Par comparaison, l'on comprend le sens de certaines choses qui ne nous avaient pas parues intéressées au premier regard; l'on comprend comment se met en place, pas à pas, le yellow-washing du côté du business, mais aussi le yellow-washing qui transforme les données médicales, les faits scientifiques concernant l'endométriose, sa cause, ses symptômes, ses traitements (ceux efficaces et ceux inefficaces), etc. en une construction sociale en fonction des intérêts des acteurs de cette industrie.

L'endométriose en tant que maladie est un point de départ, mais le point d'arrivée n'a plus grand-chose à voir avec elle, puisque le yellow-washing est passé par là et que les intérêts sont désormais tels que la logique opérationnelle et systémique néolibérale prend le pas sur tout le reste. La construction sociale permet d'occulter tout cela.

Le dossier d'une centaine de pages ainsi que le texte du Dr David Redwine précédé de mes explications détaillées abordent l'exérèse versus les techniques d'ablation de l'endométriose, les risques d'un traitement médicamenteux préopératoire (Décapeptyl/ Gonapeptyl / Diphereline, ou alors Enantone/ Lupron, ou encore Synarel ou Zoladex...) qui condamne la chirurgie à l'échec et à induire des dégâts sur les ovaires (surtout sur les follicules contenus dans les ovaires, ce qui entraîne des risques pour la fertilité, les effets indésirables des traitements médicamenteux y compris dans d'autres indications (cancers de la prostate, fibromes en préopératoire, puberté précoce centrale, procréation médicalement assistée).

Dans ces deux articles et dans celui-ci, il est question aussi de l'impact délétère sur la fertilité et des effets toxiques sur la grossesse: fausse couche et autres effets foetotoxiques (malformations (effets tératogènes)), ainsi que de la neuro-tératologie fonctionnelle (troubles neurologiques et neuropsychologiques, notamment des troubles du comportement apparaissant plusieurs années après la naissance, voire même à la puberté).

Les propos sur les techniques chirurgicales, sur l'effet néfaste des traitements hormonaux sur la chirurgie - entre autres, des effets sur les ovaires, entraînant des dégâts sur la fertilité -, mais aussi sur les effets indésirables des médicaments, en particulier ceux de la classe des analogues agonistes GnRH sont complétés dans ce texte de mars 2017 au titre explicite: "Opérer l'endométriose sous médicaments : échec garanti".

Je fais une comparaison avec la chirurgie oncologique, notamment dans le cancer de la prostate, qui a longtemps préconisé des interventions chirurgicales sous agonistes GnRH. Or les résultats ont été tellement néfastes que les recommandations ont changé. On sait qu'il ne faut pas opérer sous traitement, et pourtant, les intérêts sont tels, que les chirurgies continuent de le faire, sans tirer les enseignements de la chirurgie oncologique. Pourtant, c'est la chirurgie des cancers qui a démontré l'intérêt (médical!), l'utilité de l'exérèse complète à marges saines et conservant les organes et sa supériorité par rapport à d'autres formes d'exérèse (notamment les exérèses superficielles ou partielles, comme le shaving, l'exérèse discoïde ou en pastille (full thickness excision)). Le texte de mars 2017 contient beaucoup d'autres informations sur la chirurgie et la façon de la pratiquer en France ainsi que sur plusieurs dimensions de l'industrie de l'endométriose.

Savoir permet de mieux se débrouiller face aux contraintes qui nous sont imposées en tant qu'usagers, en tant que patients. Il faut faire l'effort de lire les textes et de chercher à comprendre par soi-même, donc ne pas s'arrêter aux discours marketing de ceux qui ont des liens d'intérêts directs ou indirects, ni aux propos d'associations qui soutiennent - ou du moins reprennent - ces discours sans recul critique, sans mention des conflits d'intérêts en présence, sans chercher à distinguer ce qui est utile, risqué ou non pour les femmes.

Tous ceux qui ont quelque chose à vendre (aussi dans le complexe naturo-psycho-holistique, qui profite à fond de la chronicisation de l'endométriose et de la régression thérapeutique - qui impose une médicamentation à vie par des médicaments inefficaces et des techniques chirurgicales inadaptés, incomplètes, donc du besoin des patientes de chercher d'autres solutions), bref, tous les vendeurs et tous les praticiens seront gagnants. Mais pas les femmes elles-mêmes. Elles portent le ruban jaune qui lie tout ce beau monde dans des liens d'intérêts. Sur leur dos. Mais elles légitiment ces liens. C'est cela le yellow-washing. Une construction sociale désormais bien entérinée.

L'esprit critique et le doute méthodique sont indispensables dans une maladie comme l'endométriose, pour s'orienter au mieux dans ce parcours d'obstacles, prendre des décisions en connaissance de cause et ne pas se faire avoir par les porteurs d'intérêts, qu'ils soient médico-pharmaceutiques, naturo-psycho-holistiques ou autres (publicitaires, éditoriaux, médiatiques,...). Il faut rompre le ruban jaune, rompre la chaîne d'intérêts. Fin de la mise à jour.]

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Cet article est un compte-rendu commenté d’une vidéo filmée lors d’une réunion de l’Association Américaine de Chirurgie Laparoscopique Harry Reich.jpg(American Association of Laparoscopic Surgery), qui a eu lieu en 2007 à Washington. Le Dr Paul Indman (à gauche de l’image) discute avec le Dr Harry Reich des traitements de l’endométriose, et la conclusion est claire : le traitement médical hormonal n’a aucune efficacité, aucun intérêt, « l’Enantone, c’est zéro », comme n’importe quel analogue agoniste GnRH. En France, à cause de l'offensive d'Ipsen, qui paie beaucoup de chirurgiens, gynéologues médicaux et autres, c'est le Décapeptyl qui est massivement prescrit. Tout aussi "zéro" côté efficacité, tout aussi risqué et contre-productif pour la chirurgie.

« Ca ne marche pas du tout », insiste le Dr Harry Reich. Seule l’exérèse complète de l’ensemble des lésions, nodules, endométriomes, etc., qui conserve les organes et est faite en dehors et à distance de tout traitement hormonal offre la possibilité d'une guérison définitive de l’endométriose. Cela rejoint le point de vue du Dr David Redwine - exposé dans les articles mentionnés, qui incluent des traductions de deux de ses textes - et de tous les chirurgiens états-uniens spécialisés dans le traitement de l'endométriose et indépendants à la fois de l'industrie pharmaceutique et des industriels qui fabriquent des instruments chirurgicaux. Le schéma est toujours le même: ceux-ci mettent en place des campagnes publicitaires et d'influence et paient des chirurgiens pour promouvoir une énième version d'instrument chirurgical pour faire non pas de l'exérèse, mais une ablation de l'endométriose, généralement par thermodestruction (carboniser, "vaporiser" l'endométriose). Une ablation sous traitement médicamenteux, c'est combiner le pire, en tout cas, c'est exclure toute chance de chirurgie complète, donc exclure toute chance de guérison.

J’ai détaillé certaines des questions soulevées ici et abordé la question de l’inutilité et des effets indésirables des analogues agonistes GnRH dans l’ensemble des indications (fibromes en préopératoire, cancer de la prostate, cancer du sein, procréation médicalement assistée, puberté précoce centrale, endométriose) dans l’introduction à la traduction d’un texte du Dr David Redwine, soulignant que ces pseudo-traitements médicamenteux hormonaux rendent la chirurgie incomplète, puisque le chirurgien ne peut enlever que ce qu’il peut voir, et induisent un cercle vicieux infernal pour les femmes qui souffrent d’endométriose. Maladie chronicisée pour le profit des laboratoires pharmaceutiques et de toute sorte de praticiens et de guérisseurs qui vivent de cette chronicisation. L’article en question est « Endométriose : le combat du Dr David Redwine contre les pseudo-traitements hormonaux, la psychologisation et la chronicisation ».

Le texte le plus clair et le plus argumenté est celui paru sur cette page, sous le titre ""Redéfinir l'Endométriose à l'âge moderne": le Dr David Redwine sur l'endométriose et son traitement par exérèse complète conservant les organes". Il contient une longue introduction et la traduction d'un texte synthétique du Dr David Redwine, portant sur les points les plus importants: sur les symptômes et les localisations de l'endométriose, sur son pseudo-traitement médicamenteux inefficace mais ayant beaucoup d'effets indésirables, sur la cause de l'endométriose, avec l'historique de l'étude de cette maladie et les diverses théories causales démenties par les faits mais toujours utilisées. Pourquoi? Parce qu'une explication telle que la théorie de John Sampson, parlant d'un reflux menstruel de l'endomètre qui irait se greffer sur des organes pelviens sert d'excuse aux médecins pour les traitements inappropriés: un reflux menstruel chronique ferait de l'endométriose une maladie impossible à guérir. Si l'endométriose revient tant qu'il y a des règles, il n'y a pas d'autre choix que de prendre jusqu'à la ménopause des traitements hormonaux supprimant les règles... Mais les maillons de la chaîne de vente - allant des industriels jusqu'aux médecins prescripteurs et aux associations influencées par les membres de leurs comités scientifiques - ne disent pas que cette théorie non seulement n'a jamais été prouvée, mais a été infirmée de plusieurs points de vue. Il faudra revenir sur les détails dans un autre article.

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17/07/2011

Endométriose: campagne contre la psychologisation, le traitement médicamenteux empirique et la chronicisation. Texte du Dr David B. Redwine sur les tortures psychologiques infligées aux malades

Mise à jour du 12 janvier 2017: Les articles sur l'endométriose sont accessibles à partir de cette page. Le dernier est un dossier de près d'une centaine de pages : "Endométriose: exérèse curative vs. marchandisation à vie. Risques d'une chirurgie sous traitement hormonal."

La marchandisation à vie est plus que jamais d'actualité, compte tenu de l'offensive marketing et financière tous azimuts des industriels fabricant des instruments chirurgicaux tels que Plasma Surgical (pour l'instrument de thermodestruction par énergie plasma au gaz argon Plasma Jet), Ethicon et d'autres, ainsi que des laboratoires pharmaceutiques fabricant toutes les classes de médicaments hormonaux que l'on peut prescrire chez une femme endométriosique médicamentée en continu jusqu'à la ménopause, pour "compenser" l'utilisation de techniques de thermodestruction lucratives, mais inaptes à éradiquer l'endométriose. Le Pr Horace Roman, son équipe du CHU de Rouen et tout son réseau réuni dans l'association RouEndométriose, dont fait partie aussi le Dr Isabella Chanavaz-Lacheray (chantre d'une "stratégie thérapeutique à vie" , ont des liens d'intérêt avec beaucoup de laboratoires. En matière d'agonistes GnRH, c'est Ipsen qui paie le plus, quasiment à tous les chirurgiens en France; alors est-ce un hasard si c'est le Décapeptyl (triptoréline) d'Ipsen qui est désormais beaucoup plus prescrit que l'Enantone d'AbbVie?

Des articles contenant des informations utiles ont été postés dans divers articles parus sur le blog de l'association AVEAG (Victimes Enantone, Décapeptyl (agonistes GnRH)), par exemple sur cette page.

Sur Pharmacritique, il faut lire un article particulièrement clair et synthétique : "Redéfinir l'endométriose à l'âge moderne: Dr David Redwine sur l’endométriose et son traitement par exérèse complète conservant les organes". Il s'agit d'une traduction en français d'un exposé scientifique (illustrations et explications à l'appui) des principales dimensions de l'endométriose David Redwine endosurgeon.jpg(causes, symptômes, analyse des techniques chirurgicales efficaces, dénonciation de l'inefficacité et de l'inutilité des "traitements" médicamenteux, critique des préjugés et de la méconnaissance de cette maladie par les médecins, etc. La traduction est précédée d'une très longue introduction faite par moi, exposant les principaux problèmes que posent les diverses théories sur les causes de l'endométriose et les divers traitements chirurgicaux, ainsi que le traitement médical: les traitements de blocage ovarien par analogues agonistes de la GnRH et par progestatifs). 

Le texte qui suit n’est que le premier d’une série d’articles consacrés à l’endométriose (où le nom du Dr David B. REDWINE reviendra souvent) et à ses pseudo-traitements hormonaux qui la chronicisent pour le plus grand bonheur de Takeda Abbott (AbbVie), Ipsen, AstraZeneca, Ferring, Organon, Plasma Surgical, Ethicon… et des médecins qu’ils paient.

Un nombre très important de praticiens vivent de cette chronicisation (gynécologues médicaux, radiologues, urologues, psychosomaticiens, psychiatres, psychanalystes, endocrinologues, guérisseurs de toute sorte…). Guérir l'endométriose, mettre un terme à cette véritable industrie de l’endométriose, impliquerait une énorme diminution de revenus de ces satellites des labos et des praticiens désinformés par le discours dominant, par une formation médicale continue assurée par des leaders d’opinion qui donnent leurs avis d’experts depuis des congrès luxueux qui ont lieu à Monte Carlo ou sur d’autres plages. Voici un exemple patent:

Le Dr Jean BELAISCH, promoteur de la psychologisation de l’endométriose en France, avec le soutien inexplicable d’une EndoFrance contestée, contente tous les acteurs de cette industrie : ceux qui vivent de la chronicisation par les médicaments et ceux qui vivent de l’absence patente de l’efficacité de ces derniers (psys, guérisseurs, etc.)... Le Dr Jean Belaisch a proposé de contourner la chirurgie et privilégier un « traitement empirique » médicamenteux ("empirique" voulant dire sans diagnostic) pendant des années, avec des progestatifs et des analogues agonistes GnRH. Contourner la chirurgie veut dire médicamenter lourdement à l’aveugle, en prenant, outre le risque d'effets indésirables, le risque d'une erreur de diagnostic. Car on ne peut diagnostiquer l'endométriose que par la chirurgie, sans parler du diagnostic différentiel par rapport à un cancer des ovaires, par exemple, que seule l'analyse anatomopathologique permet d'exclure.

De plus, le Dr Belaisch a fait ces propositions en 2007 lors des « Gynovations », luxueuse formation médicale continue annuelle, sponsorisée cette année-là par pas moins de 42 laboratoires pharmaceutiques et avec un « programme social » très opulent...

Je me demande pourquoi veut-il médicamenter lourdement et pendant des années des femmes souffrant d'une maladie dont il suppose qu'elle aurait pour cause (!) un « traumatisme psycho-sexuel » (viols, incestes, d'autres sévices sexuels) ou un abandon par les parents, dans la moitié des cas. Curieuse « cause » qui ne s'appliquerait qu'à la moitié des patientes du Dr Jean Belaisch, avec tous les biais de recrutement existant dans la patientèle d'un médecin étiqueté depuis des décennies comme mettant tout ou presque sur le dos du psychisme, pour justifier les mauvais résultats des traitements médicamenteux, et sans la moindre étude pour étayer ses suppositions.

Cette "cause" est frappée de nullité d'emblée pour tous ceux qui ont des notions de psychologie et de psychanalyse, car la relation de causalité ne s'applique pas au psychisme. C'est de la spéculation, au mauvais sens du terme. J'y reviendrai.

La seule chance de guérison, c’est une chirurgie d'exérèse complète faite selon certaines règles strictes, dont la première est qu’elle soit faite sans aucun « traitement » hormonal préopératoire et se base sur des examens qui cartographient les lésions et qui n’ont de chance de les voir toutes que lorsqu’ils sont faits en dehors (et même à distance) de tout pseudo-traitement hormonal. L'imagerie et l'examen clinique devraient être faits de préférence juste avant ou pendant les règles, lorsque le taux d'oestrogènes est au plus haut et que, par conséquent, les lésions d'endométriose atteignent leur maximum de visibilité. C'est là que les inflammations en surface indiquent aux chirurgiens qu'il faut creuser en profondeur, c'est là que les plans de clivage peuvent être très nets, que l'étendue des lésions apparaît, etc.

Je commence la série de textes par la traduction d’un texte de l’excellent Dr David B. Redwine (voir aussi son site, Endopaedia): « Endométriose, ignorance, politique et "le choix de Sophie" » (c’est-à-dire un choix impossible). Il illustre parfaitement le calvaire des femmes endométriosiques et la torture psychologique et morale qu’elles ont à subir de la part de bon nombre de médecins, en plus de celle physique. Car les principaux symptômes de l’endométriose sont les douleurs pelviennes, la dysménorrhée; une hypofertilité arrive dans 30 à 40% des cas. Le problème de fertilité n’est autant mis en avant que parce que la misogynie – dont l’un des symptômes est la réduction des femmes à des utérus sur pattes, pondeuses d'hommes - est fortement enracinée dans nos cultures (voir mon article sur les racines de cette misogynie médicale, à partir du livre de Guy BECHTEL, « Les quatre femmes de Dieu : la putain, la sorcière, la sainte et Bécassine », dans lequel j’ai abordé aussi des aspects liés à l’endométriose).

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03:04 Publié dans Endométriose traitement chirurgie, médicaments, Médicalisation des femmes, ménopause, THS, Relation médecin - patient et tierces parties | Lien permanent | Commentaires (46) | Tags : endométriose traitement hormonal, endométriose enantone lupron, endométriose décapeptyl, endométriose analogues agonistes gnrh, enantone effets indésirables, décapepetyl effets indésirables, endométriose traitement chirurgical, endométriose ménopause artificielle, endométriose guérison, endométriose chirurgie exérèse, endométriose ovaires, endométriose infertilité, métaplasie coelomique endométriose, endométriose génétique, endométriose psychologie, endométriose chirurgie risques, jean belaisch endométriose, endométriose grossesse, david redwine endométriose, endométriose patrick madelenat, endométriose charles chapron, revue gynécologie obstétrique et fertilité endométriose, endométriose traumatisme psychologique, endométriose viol, endométriose abus sexuels, endométriose exérèse, endométriose médicaments, endométriose traitement, endométriose progestatifs, progestatifs effets indésirables, endométriose causes, puberté précoce centrale décapeptyl, décapeptyl toxique grossesse, enantone toxique grossesse, synarel toxique grossesse, décapeptyl troubles du comportement, jean-michel louka endométriose, endométriose abus sexuel, endométrios inconscient, endométriose psychanalyse, endométriose cause psy, endométriose traumatisme |  Facebook

 
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