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24/07/2011

L'exérèse radicale sans médicaments, seul traitement efficace de l'endométriose, occulté par le business

Article mis à jour le 3 juillet 2017.

Outre cet article, il faut lire ce dossier d'une centaine de pages, paru fin 2016 et complété  en continu: "Exérèse curative vs marchandisation à vie", ainsi que les articles donnés en lien à partir de lui. J'y aborde toutes les dimensions essentielles des endométrioses, leurs traitements, leur chronicisation et marchandisation, les multiples facettes de l'énorme business - endobusiness, pour suivre la mode marketing - décrit par le syntagme "industrie de l'endométriose". Elle se déploie en faisant du yellow-washing. La condition nécessaire, c'est de dézinguer la chirurgie d'exérèse complète, celle qui peut soit guérir soit obtenir une amélioration très importante et de très longue durée. Ce qui rendrait inutile tout recours à d'autres médicaments, remèdes, coachings, chirurgies...

L'exérèse radicale conservant les organes est présentée par les tenants du business comme mutilante, induisant des troubles fonctionnels et des cicatrices. Ils promeuvent les chirurgies partielles et la médicamentation chronique à la place. Les affaires se peignent en jaune, en arborant un ruban jaune de liaison, censé marquer une sorte d'infléchissement dans l'intérêt de la santé des femmes et des hommes souffrant de cette maladie. Les étapes et les leviers sont désormais connus, puisque le modèle est celui du ruban rose et du pink-washing dans l'industrie autour du dépistage organisé du cancer du sein par mammograpie. J'ai décrit cette stratégie de business à échelle industrielle déjà dans un texte de 2008, épinglant les trois complexes majeurs qui en sont les piliers.

Presque 10 ans après, force est de constater que la réalité est bien pire... Beaucoup de malades sont dans une situation de iatrogénie chronicisée à cause des effets indésirables des pseudo-traitements cumulés. Cela commence à l'adolescence par une prise de contraceptifs en guise de traitement empirique souvent, donc sans diagnostic. Or la pilule, qui peut aider à diminuer certaines douleurs, occulte les symptômes et laisse progresser l'endométriose vers des formes profondes, rétropéritonéales, infiltrantes (deep infiltrating endometriosis, beaucoup plus difficiles à soigner, nécessitant des chirurgies plus lourdes). Une étude publiée par Charles Chapron et al. l'a prouvé. "L'usage passé de contraceptifs pour traiter la dysménorrhée primaire sévère est associé à l'endométriose, surtout à l'endométriose profonde infiltrante". Hum Reprod 2011 Aug;26(8):2028-35.

Puis suivent d'autres médicaments tels que des progestatifs sous diverses formes et dosages: Cerazette, Androcur, le stérilet Mirena, l'Esmya (acétate d'ulipristal), Surgestone, Lutéran, Lutényl, Visanne, ainsi que des analogues agonistes GnRH (Enantone, Decapeptyl, Synarel...), et des chirurgies partielles, inadéquates, faites par des chirurgiens non spécialisés, pour la plupart, et ce alors que les malades sont sous traitement préopératoire par agoniste GnRH. Puis d'autres contraceptifs cycliques ou en continu, puisque le Pr Horace Roman affirme que ceux en continu seraient supérieurs, déformant les études de Renato Seracchioli à ce sujet. 

La pratique de ces dernières décennies devrait amener à rejeter cette situation, responsable d'un véritable désastre, jusqu'à ce que les traitements fassent plus de dégâts que la maladie elle-même. Or c'est le contraire qui arrive. Jusqu'ici, les recommandations conseillaient l'exérèse la plus complète possible en tant que gold standard. Non appliquée, certes, faute de formation. Mais depuis la campagne de communication initiée par le Pr Horace Roman (key opinion leader, c'est le cas de le dire), à partir de 2007 et sa rencontre avec Plasma Surgical puis les financeurs du G4, la médicamentation et les chirurgies partielles et répétées sont présentées comme la stratégie idéale. Evidemment, il faut fabriquer l'opinion. Il faut tisser la toile d'araignée autour des femmes.   

 

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17/07/2011

Endométriose: campagne contre la psychologisation, le traitement médicamenteux empirique et la chronicisation. Texte du Dr David B. Redwine sur les tortures psychologiques infligées aux malades

Mise à jour du 12 janvier 2017: Les articles sur l'endométriose sont accessibles à partir de cette page. Le dernier est un dossier de près d'une centaine de pages : "Endométriose: exérèse curative vs. marchandisation à vie. Risques d'une chirurgie sous traitement hormonal."

La marchandisation à vie, résultat du business de l'endométriose, est plus que jamais d'actualité, compte tenu de l'offensive marketing et financière tous azimuts des industriels fabricant des instruments chirurgicaux tels que Plasma Surgical (pour l'instrument de thermodestruction par énergie plasma au gaz argon Plasma Jet), Ethicon et d'autres, ainsi que des laboratoires pharmaceutiques fabricant toutes les classes de médicaments hormonaux que l'on peut prescrire chez une femme endométriosique médicamentée en continu jusqu'à la ménopause, pour "compenser" l'utilisation de techniques de thermodestruction lucratives, mais inaptes à éradiquer l'endométriose. Le Pr Horace Roman, son équipe du CHU de Rouen et tout son réseau réuni dans l'association RouEndométriose, dont fait partie aussi le Dr Isabella Chanavaz-Lacheray (chantre d'une "stratégie thérapeutique à vie" , ont des liens d'intérêt avec beaucoup de laboratoires. En matière d'agonistes GnRH, c'est Ipsen qui paie le plus, quasiment à tous les chirurgiens en France; alors est-ce un hasard si c'est le Décapeptyl (triptoréline) d'Ipsen qui est désormais beaucoup plus prescrit que l'Enantone d'AbbVie?

Des articles contenant des informations utiles ont été postés dans divers articles parus sur le blog de l'association AVEAG (Victimes Enantone, Décapeptyl (agonistes GnRH)), par exemple sur cette page.

Sur Pharmacritique, il faut lire un article particulièrement clair et synthétique : "Redéfinir l'endométriose à l'âge moderne: Dr David Redwine sur l’endométriose et son traitement par exérèse complète conservant les organes". Il s'agit d'une traduction en français d'un exposé scientifique (illustrations et explications à l'appui) des principales dimensions de l'endométriose David Redwine endosurgeon.jpg(causes, symptômes, analyse des techniques chirurgicales efficaces, dénonciation de l'inefficacité et de l'inutilité des "traitements" médicamenteux, critique des préjugés et de la méconnaissance de cette maladie par les médecins, etc. La traduction est précédée d'une très longue introduction faite par moi, exposant les principaux problèmes que posent les diverses théories sur les causes de l'endométriose et les divers traitements chirurgicaux, ainsi que le traitement médical: les traitements de blocage ovarien par analogues agonistes de la GnRH et par progestatifs). 

Le texte qui suit n’est que le premier d’une série d’articles consacrés à l’endométriose (où le nom du Dr David B. REDWINE reviendra souvent) et à ses pseudo-traitements hormonaux qui la chronicisent pour le plus grand bonheur de Takeda Abbott (AbbVie), Ipsen, AstraZeneca, Ferring, Organon, Plasma Surgical, Ethicon… et des médecins qu’ils paient.

Un nombre très important de praticiens vivent de cette chronicisation (gynécologues médicaux, radiologues, urologues, psychosomaticiens, psychiatres, psychanalystes, endocrinologues, guérisseurs de toute sorte…). Guérir l'endométriose, mettre un terme à cette véritable industrie de l’endométriose, impliquerait une énorme diminution de revenus de ces satellites des labos et des praticiens désinformés par le discours dominant, par une formation médicale continue assurée par des leaders d’opinion qui donnent leurs avis d’experts depuis des congrès luxueux qui ont lieu à Monte Carlo ou sur d’autres plages. Voici un exemple patent:

Le Dr Jean BELAISCH, promoteur de la psychologisation de l’endométriose en France, avec le soutien inexplicable d’une EndoFrance contestée, contente tous les acteurs de cette industrie : ceux qui vivent de la chronicisation par les médicaments et ceux qui vivent de l’absence patente de l’efficacité de ces derniers (psys, guérisseurs, etc.)... Le Dr Jean Belaisch a proposé de contourner la chirurgie et privilégier un « traitement empirique » médicamenteux ("empirique" voulant dire sans diagnostic) pendant des années, avec des progestatifs et des analogues agonistes GnRH. Contourner la chirurgie veut dire médicamenter lourdement à l’aveugle, en prenant, outre le risque d'effets indésirables, le risque d'une erreur de diagnostic. Car on ne peut diagnostiquer l'endométriose que par la chirurgie, sans parler du diagnostic différentiel par rapport à un cancer des ovaires, par exemple, que seule l'analyse anatomopathologique permet d'exclure.

De plus, le Dr Belaisch a fait ces propositions en 2007 lors des « Gynovations », luxueuse formation médicale continue annuelle, sponsorisée cette année-là par pas moins de 42 laboratoires pharmaceutiques et avec un « programme social » très opulent...

Je me demande pourquoi veut-il médicamenter lourdement et pendant des années des femmes souffrant d'une maladie dont il suppose qu'elle aurait pour cause (!) un « traumatisme psycho-sexuel » (viols, incestes, d'autres sévices sexuels) ou un abandon par les parents, dans la moitié des cas. Une centaine de femmes sur les 200 qu'il évoque de son expérience empirique, donc sans aucune étude ni autre évaluation scientifiques. D'autres médecins tels que Michèle Albina Pierobon, Véronique Guérin, Michèle Lachowsky, Alain Audebert, Jean-Pierre Allart tiennent des propos allant plus ou moins dans ce sens. Et des psycholibérateurs en tous genre, des guérisseurs et coachs promouvant leurs thérapies et programmes et recettes d'aide et de soutien psychique, affectif (plus gestion du "stress" mêlé à toutes les sauces) peuvent tenir des propos plus ou moins semblabes, parce qu'ils ont un intérêt direct à étendre leur marché qui promet de trouver le souvenir et l'affect, de débloquer l'émotion qui a été la cause de l'apparition de la maladie, etc. 

Curieuse « cause » qui ne s'appliquerait qu'à la moitié des patientes du Dr Jean Belaisch, avec tous les biais de recrutement existant dans la patientèle d'un médecin étiqueté depuis des décennies comme mettant tout ou presque sur le dos du psychisme, pour justifier les mauvais résultats des traitements médicamenteux, et sans la moindre étude pour étayer ses suppositions.

Cette "cause" est frappée de nullité d'emblée pour tous ceux qui ont des notions de psychologie et de psychanalyse, car la relation de causalité ne s'applique pas au psychisme. C'est de la spéculation, au mauvais sens du terme. J'y reviendrai.

La seule chance de guérison, c’est une chirurgie d'exérèse complète faite selon certaines règles strictes, dont la première est qu’elle soit faite sans aucun « traitement » hormonal préopératoire et se base sur des examens qui cartographient les lésions et qui n’ont de chance de les voir toutes que lorsqu’ils sont faits en dehors (et même à distance) de tout pseudo-traitement hormonal. L'imagerie et l'examen clinique devraient être faits de préférence juste avant ou pendant les règles, lorsque le taux d'oestrogènes est au plus haut et que, par conséquent, les lésions d'endométriose atteignent leur maximum de visibilité. C'est là que les inflammations en surface indiquent aux chirurgiens qu'il faut creuser en profondeur, c'est là que les plans de clivage peuvent être très nets, que l'étendue des lésions apparaît, etc.

Je commence la série de textes par la traduction d’un texte de l’excellent Dr David B. Redwine (voir aussi son site, Endopaedia): « Endométriose, ignorance, politique et "le choix de Sophie" » (c’est-à-dire un choix impossible). Il illustre parfaitement le calvaire des femmes endométriosiques et la torture psychologique et morale qu’elles ont à subir de la part de bon nombre de médecins, en plus de celle physique. Car les principaux symptômes de l’endométriose sont les douleurs pelviennes, la dysménorrhée; une hypofertilité arrive dans 30 à 40% des cas. Le problème de fertilité n’est autant mis en avant que parce que la misogynie – dont l’un des symptômes est la réduction des femmes à des utérus sur pattes, pondeuses d'hommes - est fortement enracinée dans nos cultures (voir mon article sur les racines de cette misogynie médicale, à partir du livre de Guy BECHTEL, « Les quatre femmes de Dieu : la putain, la sorcière, la sainte et Bécassine », dans lequel j’ai abordé aussi des aspects liés à l’endométriose).

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03:04 Publié dans Endométriose traitement chirurgie, médicaments, Médicalisation des femmes, ménopause, THS, Relation médecin - patient et tierces parties | Lien permanent | Commentaires (46) | Tags : endométriose traitement hormonal, endométriose enantone lupron, endométriose décapeptyl, endométriose analogues agonistes gnrh, enantone effets indésirables, décapepetyl effets indésirables, endométriose traitement chirurgical, endométriose ménopause artificielle, endométriose guérison, endométriose chirurgie exérèse, endométriose ovaires, endométriose infertilité, métaplasie coelomique endométriose, endométriose génétique, endométriose psychologie, endométriose chirurgie risques, jean belaisch endométriose, endométriose grossesse, david redwine endométriose, endométriose patrick madelenat, endométriose charles chapron, revue gynécologie obstétrique et fertilité endométriose, endométriose traumatisme psychologique, endométriose viol, endométriose abus sexuels, endométriose exérèse, endométriose médicaments, endométriose traitement, endométriose progestatifs, progestatifs effets indésirables, endométriose causes, puberté précoce centrale décapeptyl, décapeptyl toxique grossesse, enantone toxique grossesse, synarel toxique grossesse, décapeptyl troubles du comportement, jean-michel louka endométriose, endométriose abus sexuel, endométrios inconscient, endométriose psychanalyse, endométriose cause psy, endométriose traumatisme |  Facebook |  Imprimer | | | Pin it! | |

 
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