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expertise et conflits d'intérêts santé

  • Conflits d'intérêts forme de lobbying: une filiation dénoncée par le réseau ETAL et la Fondation Sciences Citoyennes

    Une table ronde consternante a eu lieu le 10 décembre 2009 à la Haute autorité de santé (HAS), sous le titre pourtant conflits d'intérêts American College of Physicians.jpgprometteur "Expertise et conflits d'intérêts". Divers acteurs majeurs du système actuel de santé et d'expertise sanitaire - HAS, l'industrie pharmaceutique (LEEM), l'AFSSA (agence de sécurité alimentaire), des leaders d'opinion associatifs et médicaux (Nicolas Danchin, EURORDIS), Christian Vigouroux (Conseil d'Etat), Pierre Chirac (rédacteur de la revue "Prescrire") étaient là pour vanter l'excellence du système, banaliser les conflits d'intérêts, tenir des discours de congratulation réciproque et se renvoyer des politesses. A l'exception, mais à peine perceptible tant il était poli et sage, du rédacteur de "Prescrire".

    Ce que je voudrais souligner ici, c'est une dimension absente du débat, à savoir le rapport intrinsèque entre conflits d'intérêts et lobbying. Le peu de fois où l'influence et le lobbying ont été mentionnés, c'était pour faire un acte d'équilibrisme (digne de cirques moins savants) visant à les distinguer des conflits d'intérêts, des liens financiers ou autres que les experts et autres gros pontes et associations ou sociétés savantes entretiennent avec l'industrie pharmaceutique. (Illustration tirée de ce site).

    Or les conflits d'intérêts constituent la forme la plus répandue et la plus parfaite de lobbying, dans la mesure où les intérêts des lobbies sont transposés dans des expertises considérées comme scientifiques, donc neutres, qui fondent les décisions politiques. Les intérêts privés, particularistes, traduits en "science" par les experts payés par des industriels, se confondent, suite à la décision politique, avec l'intérêt général... Et la transparence n'y changera rien, n'en déplaise à Christian Vigouroux, conseiller d'Etat qui a défendu cette distinction lors de la table ronde et a légitimé l'existence des groupes d'influence, des activités de lobbying et de la recherche d'influence en général, pourvu que cela soit transparent et déclaré.

    Je voudrais opposer à cela la position du réseau de veille et d'action citoyennes ETAL (Encadrement et transparence des activités de lobbying) et de la Fondation Sciences Citoyennes, rappelée ici à partir du compte-rendu d'une audition au Sénat fin septembre, dans le cadre d'un groupe de travail sur l'encadrement des activités de lobbying et des groupes d'intérêts. Le vice-président du Sénat, Jean-Léonce Dupont, a lui aussi essayé d'évacuer du débat cette question décidément très épineuse du rapport entre conflits d'intérêts et lobbying. L'exemple donné lors de cette audition pour tenter de dépasser ce saucissonnage des divers aspects du lobbying est précisément celui de l'industrie pharmaceutique influençant la décision politique à travers les travaux des experts qu'elle paye. J'ai réalisé lors de la table ronde de la HAS que ce texte garde toute son actualité et est pertinent pour Pharmacritique, de même que les critiques d'ETAL relatives au lobbying en général.

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