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01.10.2010

Conférence internationale de Healthy Skepticism: "Selling Sickness", du 7 au 8 octobre à Amsterdam

Tous les détails sont sur cette page de l'équipe "Gezonde Scepsis", qui a organisé cette conférence internationale de l'association "Healthy sellingsickness_logo.jpgSkepticism" (dont je fais partie), avec un financement et la participation du ministère néerlandais de la santé et de l'Institut néerlandais pour un usage rationnel des médicaments (Instituut voor Verantwoord Medicijngebruik). L'office régional européen de l'OMS participe lui aussi au financement.

La conférence aura lieu à Amsterdam, à l'hôtel Mövenpick, du 7 au 8 octobre inclus, sous le titre "Selling Sickness" (Vendre des maladies [pour vendre des médicaments]), qui est en fait le titre d'un livre de Ray Moynihan et Alan Cassels pour désigner l'une des techniques de base du phénomène marketing appelé "disease mongering", imparfaitement traduit en français par "façonnage de maladies" ou parfois "invention de maladies".

Pharmacritique a été parmi les tout premiers blogs ou sites français à aborder ce véritable exploit du marketing pharmaceutique et à en décortiquer les grandes lignes et significations, et à nommer les auteurs qui ont contribué à forger et/ou à diffuser largement ce syntagme. J'en parle à beaucoup d'endroits, mais les articles les plus "concentrés" sur le sujet sont accessibles à partir de cette page.

 

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18.03.2010

Vidéo intégrale du documentaire "Les nouveaux jackpots des laboratoires pharmaceutiques" (Spécial Investigation)

Dans cette note, j'ai parlé du contexte, de mon implication et de mes attentes quant à ce documentaire diffusé le 5 mars 2010 dans l'émission "Spécial Investigation". Force est de constater que celle-ci n'est plus ce qu'elle était et que le documentaire "Les nouveaux jackpots des laboratoires pharmaceutiques" n'est pas ce qu'il aurait pu être. Loin  de là. Je peux en juger, ne serait-ce que d'après les matériaux et les explications que j'ai fournis comme d'après la qualité des intervenants que j'ai recommandés. Je mène une petite enquête sur les raisons de cette baisse de qualité de l'émission et reviendrai là-dessus.

En attendant, voici l'intégralité du documentaire (qui vaut le détour, là n'est pas la question).


Les nouveaux jackpots des laboratoires pharmaceutiques_1/3
envoyé par tchels0o. -

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03.03.2010

"Les nouveaux jackpots des laboratoires pharmaceutiques". Documentaire sur les techniques marketing des pharmas (Canal+ le vendredi 5 mars à 22h45)

Mise à jour: regardez l'intégralité du documentaire sur cette page.

Ce vendredi 5 mars à 22 h 45 sera diffusé, dans l'émission "Spécial investigation", le documentaire "Les nouveaux jackpots des laboratoires", Priligy.jpgréalisé par Sophie Bonnet. (Le même est mentionné aussi sous le titre "Les nouvelles maladies: le jackpot des laboratoires").

Les critiques du Nouvel Observateur et Télérama sont bonnes, quoi que cela veuille dire... J'attends avec impatience de voir le documentaire, puisque j'ai été documentaliste, mais n'ai aucune aucune idée du résultat. En principe, cela devait parler du "disease mongering" (façonnage de maladies, maladies inventées - voir les notes de Pharmacritique à ce sujet), et j'ai donné beaucoup de matériel et recommandé beaucoup d'intervenants spécialisés dans les techniques marketing de l'industrie pharmaceutique et dans les conflits d'intérêts.

C'est d'ailleurs assez frustrant de ne pas savoir quelles informations ont été utilisées et développées, dans quel sens, quelles personnes ont été contactées, etc. Et de ne pas savoir qu'est qui est resté, dans l'ensemble, et quel est le degré de critique... La journaliste Sophie Bonnet me paraît à la fois compétente, professionnelle et lucide sur la question. Mais a-t-elle le dernier mot? Tout passe par tellement de mains... De façon générale, le journalisme d'investigation me semble relever plutôt du passé, vu qu'il dépend du degré d'indépendance des media. Sous Sarkozy, celle-ci n'est plus que lettre morte. Alors qu'en sera-t-il? Bonne surprise ou pseudo-critique édulcorée?

Nous verrons vendredi à 22 h 45.

La bande annonce peut être visionnée sur le site de "Spécial investigation". Il y est question du congrès de la International Society for Sexual Medicine, dont la session 2010 a eu lieu à la mi-juillet à Paris, centrée sur le "dysfonctionnement sexuel féminin", pseudo-maladie très prometteuse en termes commerciaux, de même que sur la publicité pour des molécules telles Priligy, candidat (de la firme Boehringer Ingelheim) à la commercialisation dans l'indication "éjaculation précoce". Le Priligy - ou dapoxétine, selon son nom commercial international - est un antidépresseur détourné, vanté pour l'un de ses effets secondaires qui est de retarder l'éjaculation. La revue allemande indépendante Arznei-Telegramm en a démoli les prétendues vertus dans une analyse sur laquelle je reviendrai.

Rediffusions de ce numéro de "Spécial investigation" :

  • Sur Canal+ décalé: samedi 6 mars à 2h20 et dimanche 7 mars à 6h30 et à 17h10.
  • Sur Canal Sport: lundi 8 mars à 3h05.

La présentation par la rédaction dit ceci: "La grippe H1N1 a permis à l'opinion de prendre conscience du rôle joué par les laboratoires pharmaceutiques. La présence au sein de l'Organisation mondiale de la Santé d'experts financés par l'industrie du médicament a jeté la suspicion sur le bien fondé de la campagne de vaccination. Plus généralement, les détracteurs des entreprises pharmaceutiques les accusent aujourd'hui d'inventer des maladies imaginaires auxquelles elles proposent des remèdes souvent coûteux. Pour «Spécial investigation», Sophie Bonnet enquête sur les techniques marketing mises en place par les laboratoires pour convaincre tout un chacun."

25.07.2008

L’industrie crée des leaders d’opinion pour vendre des maladies inventées : lettre au BMJ sur la dysfonction sexuelle féminine

Le généraliste écossais Des Spence raconte dans le British Medical Journal du 18 juillet (BMJ 2008;337:a810 ; pas de lien direct) 1033689372.jpgcomment il a été contacté par courriel pour entamer un formatage qui devait faire de lui un expert dans une maladie issue de l’imagination de l’industrie.

C’est carrément son université qui lui a fait parvenir l’offre d’une firme disant texto qu’elle « vise à trouver des leaders d’opinion (…) dont le travail influencera la gestion et la thérapie futures de la dysfonction sexuelle féminine [par « désir hypoactif »]. (…) Les médecins pourront être invités par le laboratoire qui a commandé l’étude à participer à l’une ou plusieurs de ses activités médicales, qu’il s’agisse de comités consultatifs, d’essais cliniques ou de conférences à donner ».

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"L’envers de la pilule" par Jean-Claude St-Onge. Le façonnage des maladies: principal moteur du commerce pharmaceutique

L’émission "Indicatif présent" de Radio Canada a réalisé en novembre 2004 une interview avec Jean-Claude St-Onge, auteur du livre 1672201482.jpgL'envers de la pilule. Les dessous de l'industrie pharmaceutique, paru en 2004 aux éditions Ecosociété. Le lien vers l’interview est à la fin de cette page.

Et voici une présentation du livre, avec des exemples de disease mongering. Ce procédé très lucratif consiste à inventer des maladies, par exemple en médicalisant des aspects physiologiques tels la ménopause. Ou en présentant des traits de personnalité tels la timidité comme des pathologies handicapantes. Quel parent résistera à une publicité disant que la timidité - érigée en "phobie sociale" ou "anxiété sociale" - risque de gâcher la vie de son enfant, alors que "des solutions existent" ?

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24.05.2008

"Selling Sickness", documentaire sur le disease mongering ou façonnage de maladies. Médicaliser les bien-portants pour vendre plus de médicaments

Titre complet : “Selling Sickness. An Ill for Every Pill” (Vendre des maladies. Une maladie pour chaque médicament), 2005. Co-écrit par Ray Moynihan et inspiré du livre de Moynihan et Alan Cassels évoqué dans cette note.

Le documentaire peut être visionné sur cette page. A noter qu'une conférence internationale a eu lieu, sous le même titre (Selling Sickness), en avril 2006 à Newcastle (Australie). Les thèmes habituellement évoqués y ont été traités, c'est-à-dire des symptômes ou gênes divers vaguement définis comme des maladies ou des syndromes afin de vendre ou de recycler des médicaments ou des me-too - ou encore afin d'élargir la part de marché de telle classe de médicaments; il s'agit la plupart u temps d'antidépresseurs ou autres psychotropes.

Les maladies inventées en question sont telles que: dysfonction sexuelle féminine, trouble bipolaire (redéfinition d'une psychose maniaco-dépressive dont la vieille description ne faisait pas vendre et ne donnait pas envie de s'identifier aux symptômes...), mais aussi des entités controversées dont il n'est pas sûr qu'il s'agisse de maladies inventées: et je pense notamment au syndrome des jambes sans repos.

Les limites du concept sont visibles ici aussi, car si l'apport de cette critique de la médicalisation (surmédicalisation, surmédicamentation - surconsommation et consumérisme - marketing et conséquences de la recherche du profit à tout prix) est indéniable, il ne faudrait pas que le disease mongering / condition branding serve de prétexte pour ignorer ou rejeter des syndrômes ou des maladies que la médecine ne connaît pas bien ou ne peut pas suffisamment bien définir ni objectiver par l'imagerie ou la biologie médicale. 

A noter que la revue PLoS Medicine a publié les écrits de la conférence de 2006 à Newcastle, qui sont accessibles sur cette page.

*

Dans le documentaire, il est question - à partir de la critique du « disease mongering » ou « condition branding » (« branding diseases »: inventer / fabriquer des maladies ou élargir la définition de celles existantes) - des méthodes sans scrupules de l’industrie pharmaceutique pour augmenter ses profits et de leurs conséquences. Les psychotropes, et surtout les antidépresseurs tels le Deroxat/ Seroxat/ Paxil de la firme GSK, sont les exemples les plus significatifs. La médicalisation de l’enfance aussi, quand on diagnostique des troubles de comportement partout…

Et comme le dit le psychiatre David Healy, tant que les données brutes - et non édulcorées - des essais cliniques ne seront pas accessibles, le marketing continuera son travail d’érosion de la science médicale. Parce que, contrairement à ce que pense le grand public, on ne peut pas séparer la publicité, qui serait du marketing pur, des essais cliniques qui, eux, seraient de la science pure. Non, on en est arrivé au point où les essais cliniques eux-mêmes, manipulés et réécrits, sont le principal outil de marketing, souligne Healy.

(On peut se référer au récent éditorial du JAMA, traduit par Pharmacritique, pour voir qui écrit les études médicales et comment la manipulation se fait de la rédaction jusqu'à la publication et aux commentaires dans la presse médicale, bien avant d'en arriver aux campagnes de publicité directe...) 

Et la question fondamentale que pose cette médicalisation, cette normalisation par les médicaments, est celle d’une véritable mutation anthropologique que risque d’entraîner l’industrie pharmaceutique à travers la médecine : un changement profond de la perception de ce qu’est un être humain, conclut Healy.

 

L’humanité, c’est une infinité de potentialités, de nuances psychiques, comportementales, relationnelles, biologiques, psychosociales… C’est l’unicité et la spécificité de chaque être humain qui risque de disparaître au profit d’individus permutables, interchangeables, taillés dans le même moule et identifiés à leurs rôles socio-économiques, comme je l’ai dit dans les notes réunies sous la catégorie Normalité, contrôle social, culture psy.

 

Voir aussi les notes de la catégorie "Disease mongering, façonnage de maladies, invention de maladies", accessibles à partir de cette page, ainsi que les notes sur la prévention et l'abus de prévention, sur la surmédicalisation et surmédicamentation, etc. 

 

Elena Pasca

23.05.2008

"Disease mongering": façonner des maladies pour chaque médicament, médicaliser émotions, mal-être et bien-portants (Ray Moynihan, Alan Cassels)

La journaliste médicale Lynn Payer avait 1829358310.jpgidentifié et décrit ce phénomène dans son livre de 1992 Disease-Mongers, dont j'ai parlé dans cette note. Son auteure est décédée en 2001, mais le terme « disease mongering »  (façonnage/ invention/ fabrication de maladies) s’est imposé grâce à des auteurs tels Ray Moynihan. Ceux qui lisent l’anglais peuvent se référer aussi à l’un de ses premiers articles sur le sujet, Selling Sickness: the Pharmaceutical Industry and Disease Mongering, paru en 2002 dans le British Medical Journal. L’article pose les jalons du livre publié en 2005, co-écrit par Ray Moynihan et Alan Cassels, et dont le titre veut dire à peu près "Vendre des maladies [fabriquées par le service marketing]. Comment les plus grandes firmes pharmaceutiques nous transforment tous en patients". 

Même les plus sceptiques seront troublés par les explications qui suivent, assorties d'un court historique du « disease mongering » dans cet article de Moynihan et Cassels publié par Le Monde diplomatique en mai 2006,

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19.05.2008

Les façonneurs de maladies, héritiers du Dr Knock, ancêtre du disease mongering...

Les firmes pharmaceutiques et les médecins qui en soignent les finances en appliquant la stratégie marketing dont fait partie le disease mongering (façonnage ou invention de maladies) sont les dignes héritiers du Dr Knock (personnage de Jules Romains), passé maître dans l’art d’amener un patient en bonne santé à se découvrir une vraie maladie à la place d’un désagrément occasionnel ou d'une parfaite santé… L'exagération des facteurs de risque, l'abus de prévention auquel on assiste de nos jours, la surmédicalisation et surmédicamentation, la médicalisation et marchandisation des états d'âme, les recettes publicitaires, le pharmacommerce de la peur... tout y était déjà. A voir ou à revoir…

21.02.2008

Nouveau marché pour Big Pharma: la vente des indulgences...

 Il y a de nos jours un médicament pour tout ; c’est le rêve de ce PDG disant qu’en bon commercial, il doit faire en sorte que tout le monde prenne les médicaments de sa firme, pas seulement les malades… On y arrive peu à peu, en médicalisant tout, du moindre vague à l’âme aux étapes naturelles de la vie, comme la ménopause. Les firmes créent une pilule pour tout – à l’exemple des "lifestyle drugs", sorte de médicaments de confort ou plutôt de conformisme social. Sans parler des médicaments qui existent et pour lesquels il faut trouver des débouchés en inventant des maladies : c’est le disease mongering abordé dans ces notes. Une nouvelle technique de contrôle social, sur le modèle du biopouvoir? A méditer... Et voici un nouveau "lifestyle drug" pour les croyants, car, dans son immense philanthropie et générosité, Big Pharma a tout tenté pour décharger les pauvres pécheurs des poids des repentances, des prières à répétition, de la culpabilité… Et si Big Pharma allait à l’Eglise, de quoi ça aurait l’air, se demande Mike Adams ?

Qui disait que l'Occident risque d'oublier ses racines chrétiennes?? Big Pharma nous montre qu'elles sont toujours vivantes! La pratique catholique de vente des indulgences et autres rémissions de péchés et absolutions contre de la monnaie sonnante et trébuchante (bling, bling ??) n’est pas si loin… La Réforme est venue nettoyer un domaine qui n’aurait pas dû être contaminé et déformé par l’argent. Et dans les rapports médecine – industrie pharmaceutique, qui et quand fera le ménage ?? This is THE question…Dans la caricature, le croyant dit: pardonnez-moi, mon père, car j'ai péché. Le prêtre lui répond, tout sourire:  Mon fils, on a une pilule pour ça!b1f6d71934867a4b0a03e3a4c1c76042.jpg

08.01.2008

L'industrie pharmaceutique: maître du système de soins au moyen des conflits d'intérêts

Un article paru aujourd’hui sur le site du journal Les Echos mérite d’être signalé, tant les analyses de ce type sont rares en Argent Zoll.de.jpgFrance…

Il rappelle le contrôle de l’industrie pharmaceutique sur toute la filière du médicament, y compris sur l’information des médecins – et des usagers, forcément…, puisque ces derniers sont les cobayes et les victimes par excellence d’un système de soins orienté tout entier vers le profit, vers la satisfaction d’intérêts financiers privés, des firmes comme de bon nombre de médecins et pharmaciens. Et ce au mépris des seuls intérêts qui devraient compter : celui collectif de la santé publique et celui individuel de la santé de chaque patient. Les deux étant deux facettes du même intérêt général, principe républicain qui n’aura bientôt plus aucune traduction pratique, ni en médecine ni ailleurs...

Le verrouillage de toutes les articulations du système de soins par l’industrie pharmaceutique et par ceux qu’elle paie donne cette désinformation organisée que nous avons dénoncée  en reprenant deux déclarations de l’ISDB (International Society of Drug Bulletins): celle sur l'absence de progrès thérapeutique et celle sur la minimisation des effets secondaires des médicaments.

L'ISDB est représentée en France par la seule revue Prescrire et en Allemagne par quatre revues dont l’excellente Arznei-Telegramm (« Télégramme du Médicament »), qui fêtera ses 40 ans en 2009. L’article en question :

"Pour une autre politique du médicament"

par Jean-Pierre DAVANT, président de la Mutualité Française

Un extrait : « Aujourd'hui, les laboratoires pharmaceutiques maîtrisent l'information des médecins. Il y a trente-cinq fois plus de visiteurs médicaux que de délégués de l'assurance-maladie. Selon l'Inspection générale des affaires sociales, les médecins généralistes reçoivent en moyenne 330 visites médicales par an. Chaque année, ces visites coûtent à la collectivité 25.000 euros par médecin généraliste. Ajoutons à cela que l'industrie pharmaceutique invente régulièrement de nouvelles pathologies à des fins de marketing pour lancer de nouveaux médicaments : phobie sociale, côlon irritable, jambes sans repos... Enfin, les laboratoires pharmaceutiques rémunèrent des experts et des spécialistes du lobbying pour porter un discours publicitaire. Y compris dans la presse scientifique. La déclaration par les experts de leurs conflits d'intérêts avant toute expression publique sur un médicament était prévue par la loi Kouchner. Mais cette disposition [l'article 26] n'est toujours pas appliquée.

La promotion du bon usage du médicament ainsi que l'élaboration et la mise en oeuvre des programmes d'observance devraient relever des autorités sanitaires, et non pas d'intérêts commerciaux. En aucune manière, l'industrie pharmaceutique ne devrait pouvoir s'ingérer dans la formation initiale et continue des professionnels de santé. Cette mainmise sur l'information des médecins est une des caractéristiques françaises, qui explique pour partie le haut niveau qu'atteignent les prescriptions médicamenteuses dans notre pays. Ce sont là des liaisons dangereuses qui entachent singulièrement la liberté du choix de prescrire à laquelle nos médecins nous disent être attachés.

Priorité à la recherche et à l'innovation, baisse et transparence des prix, modernisation des circuits de distribution, valorisation du métier de pharmacien, indépendance de l'information : une autre politique du médicament est possible. Le médicament est utile. Ne gâchons pas nos ressources en entretenant des pratiques plus mercantiles que sanitaires, car au bout du compte elles freinent les innovations qui sauveront demain des vies. »

Commentaires de Pharmacritique:

On peut critiquer certains des exemples donnés, et je pense notamment au côlon irritable et au syndrome des jambes sans repos. Il faut se garder de stigmatiser les patients qui en souffrent, sachant que la médecine a fait beaucoup d'erreurs de ce type par le passé. Il est fort possible que la recherche découvre à l'avenir une ou plusieurs causes qui peuvent provoquer de tels syndromes.

Photo: Zoll.de

Elena Pasca

 
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