25.09.2009
Exposé de David Healy: les conséquences néfastes de l’influence des pharmas et des conflits d’intérêts sur une recherche médicale déformée pour occulter les effets secondaires
Le 25 mars, le professeur de psychiatrie à l’université de Cardiff, David Healy, a donné une conférence qui a pour point de départ la
réforme de la santé aux Etats-Unis. L’intitulé était “Can Industrialized and Marketized Healthcare be Made Universally Available?” (Un système de soins industrialisé et conforme au marché peut-il être rendu universellement acessible ?). On peut visionner cette conférence d’une heure et demi sur You Tube. David Healy y intervient à partir de la huitième minute.
La conférence s’achemine progressivement vers une critique des scories d’une médecine sous la coupe de l’industrie pharmaceutique, un contrôle facilité encore plus par un marché totalement dérégulé. (Comme nous l'aurons en France aussi; il se met en place peu à peu. A bon entendeur…).
07:13 Publié dans Figures de la résistance à l'influence des pharmas | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : david healy, conflits d'intérêts en psychiatrie, recherche médicale financée par l'industrie, effets secondaires psychotropes, antidépresseurs et suicide, transparence de l'information médicale, marcia angell, arnold relman, médecine déshumanisée, médecine générale, marketing pharmaceutique, ghostwriting, paiement des médecins à l'acte |
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06.07.2009
Selon Arznei-Telegramm, Sanofi-Aventis désinforme sur la sécurité du Lantus, lié à un risque accru de cancers
Cette note est à lire à la suite de celle-ci : "Lantus / insuline glargine et risque de cancers. Trois études renforcent les vieux soupçons.
Arznei-Telegramm demande le retrait du marché".
Il s’agit d’une étude de grande ampleur faite par l’Institut d’évaluation de la qualité et du rapport coût/efficacité des médicaments (IQWiG, institut indépendant, cauchemar de l'industrie pharmaceutique allemande). Les résultats de deux autres études observationnelles vont dans le même sens d'une augmentation du risque de cancers sous Lantus. Il faut lire la note citée pour comprendre les résultats, ainsi que les tenants et aboutissants.
La revue médicale allemande indépendante Arznei-Telegramm (Télégramme du médicament) persiste et signe. Après la demande de retrait sur le marché, motivée dans le texte traduit par Pharmacritique dans la note déjà mentionnée, elle a envoyé le 3 juillet une autre alerte à son réseau, mettant en garde tout le monde contre la stratégie de défense adoptée par Sanofi-Aventis. En plus de dire que l’IQWiG sèmerait des peurs injustifiées, la firme tente de désinformer quant au risque de cancer sous Lantus en brandissant une étude qui n’a pourtant pas de pertinence en la matière. Par contre, elle est très pertinente s'agissant d'illustrer les énormes conflits d'intérêts des auteurs et le fait que Sanofi-Aventis a fait tout le travail: du financement à l'évaluation des données et à la rédaction du texte (détails à la fin de la note). Quant au parle du ghost management... Cette gestion et ce contrôle invisibles, mais omniprésents de toute la recherche et de tout le circuit de l'information sur le médicament que nous avons illustrés en parlant de Merck.
Pharmacritique vous propose une traduction intégrale de cette dernière alerte d'Arznei-Telegramm.
03:33 Publié dans Diabète, insuline, Avandia, Actos, Lantus... | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
| Tags : désinformation médicale, lantus, lantus solostar, insuline glargine, risque de cancers, effet cancérigène, sanofi-aventis, marketing pharmaceutique, diabète de type ii, diabète insulinodépendant, effets secondaires, conflits d'intérêts, ghostwriting |
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10.05.2009
Merck et Elsevier ont édité une fausse revue médicale: outil marketing pour Fosamax et Vioxx. Ghost management révélé lors du procès Vioxx
Le numéro du 30 avril du journal The Scientist révèle dans l’article intitulé "Merck Published Fake Journal" que la firme Merck a payé un
montant tenu secret à Elsevier, l’une des plus grandes maisons d’édition scientifiques au monde, pour que la société Excerpta Medica qu'il détient édite une fausse revue médicale intitulée The Australasian Journal of Bone and Joint Medicine. La présentation faisait penser à une revue à comité de lecture (peer-reviewed journal), mais n’était en fait qu’un outil publicitaire pour les médicaments de la firme.
Le British Medical Journal en a rendu compte dans un article paru le 28 avril, mais en insistant sur certaines preuves produites par la défense des victimes du Vioxx et sur la réponse de la firme: "Merck disguised "marketing publication" as medical journal to help promote Vioxx, court hears" (Merck a fait passer une "publication publicitaire" pour une revue médicale, afin de consolider la promotion du Vioxx).
The Scientist s’est procuré les deux premiers deux numéros, parus en 2003 (voir les PDF ici et ici). Outre les éditoriaux non signés, ils ne contenaient qu'une sélection d'anciens articles reproduits ou des résumés, à des fins de marketing et sans aucune déclaration des conflits d’intérêts et du fait que la revue était financée par Merck. La désinformation est d’autant plus criante qu’il n’y avait d’annonces publicitaires explicites que pour le Fosamax (acide alendronique) et pour le Vioxx (rofécoxib). Tout le reste avait l’air d'une vraie revue à comité de lecture.
Cette fausse revue a permis au laboratoire d’influencer les médecins en matière de dépistage et de traitement de l’ostéoporose et d’endormir leur vigilance quant aux risques du Vioxx. Même ceux qui prennent la peine de demander aux visiteurs médicaux ou dans les réunions de formation médicale continue autre chose que de la publicité directe ont pu être bernés.
Nous avons déjà parlé des ghostwriters (auteurs fantôme). Voici maintenant la revue fantôme… Elle parfait la stratégie habituelle de ghost management de l’industrie pharmaceutique (gestion, influence et contrôle invisibles de tous les aspects de la recherche et de l’information médicales, depuis la production jusqu’à la diffusion).
17.05.2008
"Marché des psychotropes: construction historique d'une dérive". Par la psychiatre Monique Debauche
Voici le texte d’une conférence de 17 janvier 2008, organisée par la revue Prescrire, donnée par Monique DEBAUCHE, psychiatre à la Free-
Clinic Bruxelles, membre du Groupe de Recherche et d’Action pour la Santé (Belgique). Elle aborde certains des facteurs essentiels qui nous ont amenés dans la situation catastrophique de surconsommation d’antidépresseurs et de marasme d’une psychiatrie dominée, à travers le DSM, par l’industrie pharmaceutique. Une psychiatrie devenue une technique de contrôle social et de normalisation de comportements et/ou tempéraments conçus comme déviants par rapport aux standards économiques néolibéraux en vigueur et aux représentations sociétales qu’il détermine. M. Debauche analyse aussi l’invention de maladies ("façonnage" ou disease mongering) pour écouler un médicament ; la production de « preuves » par la recherche médicale, à travers des études randomisées facilement manipulables pour donner les résultats attendus et permettre les ventes ; l’écriture des articles "scientifiques" par des "ghostwriters" (auteurs fantôme) ; un contrôle quasiment inexistant par les agences du médicament ; le déclin de la psychiatrie en faveur d’entretiens directifs se soldant par la prescription de psychotropes, etc.
Marché des médicaments psychotropes : construction historique d’une dérive
08:24 Publié dans Psychiatrie, psychotropes, culture psy, dérapages | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : psychotropes, ghostwriting, marketing, psychiatrie, antidépresseurs, recherche, surconsommation |
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15.05.2008
Retour sur l’éditorial du JAMA sur les conflits d’intérêts, à l’exemple du Vioxx. Merck se dit "intègre" et "éthique"
J’ai complété la note sur l’"Editorial du JAMA avec des propositions pour limiter conflits d'intérêts, manipulation, désinformation, influence des firmes pharmaceutiques..." – en incluant les références, ce qui facilitera la lecture. D’autre part, j’ai légèrement revu la traduction, faite à la va-vite… Elle est toujours loin d’être parfaite, mais il faudrait des énergies considérables pour tout faire dans la finesse…
Et voici le communiqué de presse (en français) par lequel Merck Canada répond aux articles du Journal of the American Medical Association (JAMA), dont il est question dans la note mentionnée ci-dessus et qui s'accompagne d'un éditorial assez véhément à l'égard des agissements de Merck dans l'affaire Vioxx. (Mais la perspective s'élargit par la suite à toute la recherche médicale et à la publication de ses résultats, etc.). Juste une citation édifiante du communiqué de la firme: « Merck & Co. Inc. a indiqué aujourd’hui [15 avril 2008] qu’elle se conforme (et s'est toujours conformée) à des normes élevées d’intégrité scientifique et d’éthique et est d’avis que bon nombre des commentaires exprimés dans un communiqué de presse du Journal of the American Medical Association (JAMA) ainsi que dans le numéro du JAMA du 16 avril 2008 sur le VIOXX sont faux, trompeurs ou exprimés hors contexte. (…) »
Sans commentaires... Je reviendrai sur l’affaire Vioxx dans la note suivante, parlant de l'amende de 4,85 milliards de dollars d'amende payés par Merck suite aux actions en justice et du rôle du Dr David Graham, lanceur d'alerte qui a dû se battre contre sa propre hiérarchie de la FDA (agence états-unienne du médicament).
04:28 Publié dans Initiatives pour limiter les conflits d'intérêts | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : manipulation, essais cliniques, vioxx, ghostwriting, auteurs fantôme, conflits d'intérêt |
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01.02.2008
Industrie pharmaceutique: du profit à tout prix. Le marketing des me-too cache l'absence d'innovation thérapeutique
Marc-André Gagnon est l’un des auteurs de la toute récente étude sur le marketing de l’industrie pharmaceutique, dont
nous rendions compte dans la note précédente.
Et voici un article publié hier où Gagnon se départit de la neutralité des chiffres et dénonce ! Preuve que tous les économistes ne sont pas (encore ?) adeptes des théories ultralibérales du profit à tout prix. Il y en a encore qui pensent en termes de raison. Ouf ! Tout n’est peut-être pas perdu ! Gagnon ne mâche pas ses mots sur les conséquences de la prédominance du marketing sur la production, qu’il mettait en évidence dans son étude.
Pour utiliser les termes de Marx, parfaitement appropriés en l’occurrence, l’industrie pharmaceutique est le parfait exemple de la tendance économique qui fait passer la valeur d’échange avant celle d’usage. Ce n’est pas l’utilité d’un médicament qui compte, mais ce qui vient se surimposer. Les firmes vendent une marque, un logo, une illusion, en jouant sur la tendance sociale au conformisme, y compris dans la consommation médicale. Elles vendent une promesse. Presque jamais tenue, puisque la valeur d’usage se révèle être nulle ou presque (médicament sans bénéfice thérapeutique ou qui n’apporte rien par rapport à ceux déjà existants). L'antidépresseur Zoloft et les anticholestérol (surtout Ezétrol et Inegy) sont pris pour exemple par Gagnon.
14:10 Publié dans Désinformation médicale et pharmaceutique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : marketing pharmaceutique, zoloft, inegy, ezétrol, conflits d'intérêts, désinformation médicale, médicaments me-too, ghostwriting, ghost management, innovation thérapeutique, recherche et développement, recherche médicale, visite médicale |
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