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30.07.2009

Les malades non rentables n'intéressent personne en dehors des catastrophes sanitaires médiatisées

hôpital public rentabilité Blog Sergio de Rosemont.jpg
Combien de catastrophes sanitaires passent inaperçues? Que sait-on des catastrophes quotidiennes, silencieuses, qui se déroulent derrière la porte à côté? Que sait-on des conditions de vie des handicapés, des difficultés des malades chroniques, des personnes âgées vivant dans la misère et sans aucune aide? Mais que sait-on en fait de toutes ces personnes qui ne sont pas télégéniques: les chômeurs, les RMIstes et autres êtres humains vivant dans des conditions extrêmes, qu'on désigne par des euphémismes ("disqualification sociale", "déclassement", "en dessous du seuil de pauvreté", "exclusion", etc. Et puis par ce comble d'hypocrisie: "les personnes défavorisées"...).

Passer à la télévision, c'est devenu synonyme d'exister, et bon nombre d'individus se prêtent au jeu. Mais ceux qui forment le public des émissions sont des jeunes standardisés ou des sans âge liftés par la médecine esthétique et conservés par une médecine dont la fonction principale ne semble plus être de soigner des maladies, mais de les empêcher à tout prix, y compris au prix de la santé. S'occuper des bien portants, figer dans leur trentaine lisse ces jeunes cadres dynamiques, semblables à leurs voisins et désespérément normaux, voilà ce que fait de plus en plus notre médecine, puisque c'est cela qui est "rentable". A condition que les patients soient solvables, bien entendu, et aux tarifs voulus. Qu'il faudrait accepter sans moufter, puisque la santé n'a pas de prix, comme le laissait entendre un commentateur dans une pitoyable tentative de rationalisation des dérives commerciales de bon nombre de médecins.

Ces jeunes qu'on voit dans les media n'ont rien à voir avec "le peuple réel": celui qui peuple les coins d'ombre et illustre le revers de la médaille. Pourtant, ce sont ces personnes-là qui devraient être les vrais patients d'une médecine qui ne serait pas en train de perdre son âme et tout repère moral à force de ne plus penser qu'en termes de rentabilité et de profits. La médecine comme les media ont tendance à oublier la réalité et à la mesurer à l'aune d'une normalité fictive qui n'est qu'une représentation idéologique. Et gare à ceux qui n'entrent pas dans les cases... ou dans la boîte! Ne pas faire la une veut dire crever en silence, dans une longue déchéance, un silence et une solitude qui font douter du sens du mot "humanité". Aussi ce dessin et cette photo vont-ils bien au-delà de l'exemple concret des malades parqués dans des services hospitaliers non rentables ou littéralement traités comme des déchets.
Janine.jpg
Image: Blog de Janine Thombrau Mots pour maux
Ces images nous donnent à voir non pas la déchéance de telle personne du fait de la maladie ou de la pauvreté, mais notre déchéance morale à nous tous. C'est un miroir qui nous est tendu à nous qui formons ce qui devrait être une collectivité républicaine. Que nous sommes hideux, derrière tous les vernis, les masques esthétiques et le bling bling, et derrière cette représentation de plus en plus anachronique de mission publique et humaniste de la médecine et des hôpitaux publics!

28.07.2009

Kuttner analyse les tares structurelles du système américain de santé. C'est notre avenir selon Sarkozy: un système marchand très coûteux, inégalitaire et inefficace

Suite aux nombreux plagiats et copies abusives sans mention de l'auteur, sans lien ni guillemets, etc., toute reproduction, même partielle, des textes de privatisation services publics.jpgPharmacritique ne peut se faire sans mon accord préalable.

Voici un article que j’ai traduit en 2008, mais qui garde son actualité vu la privatisation à grands pas de notre système de santé - et la réforme Obama. C’est en lisant les analyses critiques des défauts structurels et incorrigibles d’un système complètement privatisé tel celui des Etats-Unis et les plaidoyers pour un régime d’assurance-maladie publique, nationale, universelle que nous nous rendons compte de ce que nous sommes en train de perdre. Cet article, paru en février 2008 dans la revue New England Journal of Medicine sous le titre "Market-Based Failure - A Second Opinion on U.S. Health Care Costs" (Une faillite due au marché. Un deuxième avis sur les coûts du système états-unien de santé), est signé Robert Kuttner, l’un des dirigeants de l’organisation d’étude des politiques publiques Demos.

On se rend compte à quel point les clichés que le gouvernement nous sert à grand renfort médiatique pour justifier la casse de l’assurance-maladie publique et l’intervention de plus en plus importante des assureurs privés ne sont motivés que par l'idéologie et n'ont rien de pragmatique et de rationnel. Un système privatisé ne réduit pas les coûts des soins, au contraire, et cette augmentation va de pair avec une diminution de la qualité.

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28.01.2009

"Le chemin du privé en santé" ou la casse des services publics pour étendre le marché des profits privés. L'exemple du Québec

Entre autres textes fort édifiants à lire sur leurs sites respectifs, la Fédération interprofessionnelle de santé du Québec (FIQ) et le Secrétariat Privatisation Etat critique.jpgintersyndical des service publics (SISP) proposent "un document expliquant la façon dont s’opère le processus de privatisation dans le réseau de la santé et des services sociaux. Le "Chemin du privé en santé", sous forme de questions réponses, présente chronologiquement l’évolution de ce processus." Il faut, disent les auteurs à juste titre, commencer par "déconstruire le discours dominant", les écrans de fumée qui nous aveuglent, et se demander pourquoi ce sont les milieux d'affaires qui tiennent les discours les plus alarmistes?

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24.01.2009

Le monde de la santé mobilisé lui aussi le 29 janvier, jour de grève nationale. Occasion de dire ses quatre vérités à Sarkozy

Voici quelques fragments d'un article de Viva Presse, annonçant la mobilisation et détaillant les forces syndicales qui y appellent, suivis de Grève Gabaye Unblog.jpgplusieurs extraits du communiqué de la Confédération des praticiens hospitaliers (CPH). Ce dernier, bien plus détaillé, peut être téléchargé intégralement, à partir de cette page. Un diaporama et d'autres documents sont accessibles sur le même site et valent le détour. Ils permettent de comprendre les conséquences néfastes de bon nombre de dispositions du projet de loi Hôpital, santé, patients et territoires (HSPT).

"Un avant-goût de ce qui nous attend" est une compilation d'images et de caricatures faite par Janine Thombrau et Bruno. La réalité rattrape la caricature. Tuera-t-elle le rêve?

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12.06.2008

Le ministre de tutelle des CHU autrichiens reconnaît qu'il y a une médecine à deux vitesses… Cercle vicieux d’assurances privées et de corruption

L’Autriche est secouée depuis la fin de l’année dernière par un débat sur le rôle de plus en plus décisif de l’argent des patients en santé et sur 1767351289.jpgla privatisation rampante de celle-ci. La ministre de la santé, Andrea Kdolsky, a récusé les accusations de « médecine à deux vitesses »  (« Zweiklassenmedizin » : littéralement « médecine à deux classes sociales »).

Et pourtant… Les discriminations sont bel et bien là… Elles ne se manifestent pas seulement à travers les assurances privées habituelles, supérieures à celles publiques et prenant en charge les dépassements d’honoraires. Non, il est carrément question de la solvabilité directe ou non des patients… En effet, une personne travaillant dans un hôpital autrichien rattaché à l’église a dévoilé dans un entretien à la radio,

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10.03.2008

Le business de la santé ou Les marchands du temple à l’hôpital public. Logique marchande versus éthique.

Le Pr André GRIMALDI (Hôpital Pitié-Salpétrière, Paris), signe en février 2007 un texte d’une rare lucidité sur la marchandisation de notre système de santé, sur la logique commerciale, de rentabilité, de profitabilité et de sélection (sur critères de solvabilité et de "pathologie rentable") qui se mettent en place peu à peu, tant du côté des soins que du côté de l'assurance-maladie. Depuis la « réforme » entreprise par Douste-Blazy et son euro par consultation, d’autres pas sont franchis progressivement pour démanteler tout le réseau de protection sociale et de service public, détruire la solidarité nationale, pénaliser financièrement les malades, exclure les pauvres et privatiser à tout va. Appelons un chat un chat: c'est du darwinisme social actualisé et vendu à la sauce financière franchouillarde, variante de celle qui sélectionne le (compte en banque le) plus fort, divise et tue à l'échelle planétaire. On appelle cela globalisation: tout converge vers un modèle économico-financier unique. Services publics et prestations privées convergent aussi. Quitte à piétiner quelques bouts de papiers obsolètes du genre Constitution, Déclaration des droits de l'homme, pacte républicain, code de déontologie...

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09.03.2008

L'hôpital public tué à petit feu par la privatisation. Vive le profit! (Article du "Monde diplomatique")

Nous reprenons ici le texte intégral d’un article du Monde diplomatique de février 2008, qui se passe de commentaires. La privatisation à pas feutrés, exigence de rendement, tarification à l'acte, exclusion de plus en plus marquée des pauvres puis des classes moyennes de certaines spécialités... En somme, on passe d'abord par la variante allemande, avec la mutitude de réformes qui se sont toutes cassées la gueule, pour arriver peu à peu à la variante ultralibérale américaine, avec la part du lion qui revient à l'industrie des assurances (privées), qui investit et récolte des profits, et à l'industrie pharmaceutique. Vous avez dit "santé?" "Patient?" "Etre humain?" Connais pas. (S)ont-ils des espèces solvables?

« Traitement de choc pour tuer l’hôpital public » 

Auteurs : André Grimaldi : Chef du service de diabétologie-métabolisme du groupe hospitalier de la Pitié-Salpêtrière (Paris) ; Thomas PAPO : Chef du service de médecine interne, coordinateur du pôle médecine de l’hôpital Bichat (Paris) ; Jean-Paul VERNANT : Chef de service d’hématologie, coordinateur du pôle d’onco-hématologie (Pitié-Salpêtrière).

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