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14/01/2009

La députée Anne Ferreira proteste contre la directive européenne autorisant l’information des patients par les firmes et appelle les députés à voter contre

Madame Anne Ferreira, député européenne de l’Ile de France nous a adressé un message, suivi aujourd’hui du texte de son intervention et Anne Ferreira.jpgdu communiqué de presse de la délégation socialiste française du Parlement européen. Hier, la Commission européenne a présenté au Parlement le "paquet pharma", "emballé par le commissaire en charge de l'industrie et des entreprises" :

"En confiant à Günter Verheugen, commissaire à l'industrie, la responsabilité du paquet pharmaceutique, la Commission a une fois de plus donné le ton. On pouvait penser que les médicaments relevaient des questions de santé ; la Commission européenne a choisi de les considérer comme n'importe quelle marchandise.

C'est donc une approche commerciale qui a prévalu dans la rédaction de cet ensemble de 4 textes :

  • 1- Une communication pour encourager la recherche et l'innovation pharmaceutique dans l'Union Européenne.
  • 2- Une proposition à la lutte contre la contrefaçon et la distribution illégale des médicaments.
  • 3- Des propositions relatives à l'information de qualité sur les médicaments délivrés uniquement sur ordonnance.
  • 4- Des propositions relatives à la pharmacovigilance.

Cette présentation dissimule très mal l'enjeu industriel et financier contenu dans la proposition sur l'information aux patients.

Anne Ferreira, lors du débat au Parlement européen le 13 janvier 2009, ne s'y est pas trompée : "une information fournie par l'industrie elle même, en dehors de l'étiquetage et des notices réglementaires, s'appelle une publicité et c'est sa répétition qui en fait un atout commercial concurrentiel". En proposant que cette promotion sur les médicaments puisse se faire via des média tels que la presse écrite et Internet, on ne met plus à disposition une information, on pousse clairement à la consommation, au grand bonheur de l'industrie pharmaceutique.

En proposant ce texte, la Commission cède surtout au lobby pharmaceutique qui souhaite promouvoir ses médicaments de prescription.

Le risque est grand de voir se déplacer des budgets initialement prévus pour la recherche et l'innovation vers le marketing. Aujourd'hui déjà, 23% du chiffre d'affaires est consacré aux activités de promotion contre seulement 17% aux activités de recherche.

"Les professionnels de la santé, les médecins doivent être au coeur du processus d'information concernant les produits pharmaceutiques", a conclu Anne Ferreira.

Aujourd'hui la balle est dans le camp des députés européens qui devront prochainement donner leur avis sur ces propositions. »

***

Voici le texte de son intervention que Madame Ferreira nous a fait parvenir :

« Anne Ferreira (PSE). – Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, je suis toujours étonnée quand des questions de santé sont traitées par la direction Entreprises et industrie. Mais à la lecture des propositions concernant l'information du patient, on comprend vite que le médicament y est traité à quelques nuances près comme un produit de consommation courante.

Concernant ce sujet, je soutiens qu'une information fournie par l'industrie elle‑même, en dehors de l'étiquetage et des notices réglementaires, s'appelle une publicité et c'est sa répétition qui en fait un atout commercial concurrentiel.

La Commission peut bien mettre en avant certaines dispositions qui devraient encadrer ses propositions, elle peut toujours nous dire que ce sont les associations de patients qui attendent avec impatience de telles dispositions. Nous sommes un certain nombre à ne pas être dupes de l'impact de cette directive "information du patient" et du non intérêt qu'elle représente au regard d'un véritable objectif d'amélioration de la santé des Européens.

Nous pouvons, d'ores et déjà, être assurés que si ce texte était adopté, le budget marketing de l'industrie pharmaceutique connaîtrait une forte augmentation, certainement au détriment de celui de la recherche. Aujourd'hui déjà, 23 % du chiffre d'affaires sont consacrés aux activités de promotion et seulement 17 % aux activités de recherche et si nous nous tournons vers les États‑Unis et la Nouvelle‑Zélande, qui permettent déjà cette information publicitaire, nous savons qu'elle a fait augmenter le volume des prescriptions ainsi que les dépenses de santé sans qu'on puisse observer une amélioration de la qualité des soins et de l'état de santé des Américains ou des Néo‑Zélandais. Que cette expérience nous soit utile.

Enfin, je conclurai en disant qu'une solution moderne serait de faire davantage confiance ou de mieux former les professionnels de la santé pour qu'ils fournissent des informations sur les traitements et médicaments de prescription. »

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Elena Pasca

04/01/2009

Que vaut l’"information" par les firmes ou "publicité directe aux consommateurs"? Rien pour les patients, tout pour l'industrie!

Commençons par le rapport rendu en 2006 par des chercheurs du Centre de recherche sur les politiques et les services de santé de l’université de Colombie Britannique (Canada), sous la direction de Barbara Mintzes, parce qu'il est fort instructif et balaie toutes les prétentions de l'industrie pharmaceutique à l'"information" et à l'"éducation" prétendument désintéressée... Le rapport a été commandité et financé par le Conseil canadien de la santé, structure créée par le ministère canadien de la santé pour éclairer les choix stratégiques en la matière. Il a l'immense mérite d'analyser et évaluer non seulement la situation canadienne, mais aussi celle des deux seuls pays dans lesquels la "publicité directe aux consommateurs" (PDC ou DTCA : direct-to-consumer advertising) est autorisée, à savoir les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande.

 

Les recommandations préconisent le maintien de l’interdiction de cette publicité et le durcissement des réglementations actuelles sur certains aspects. Elles se fondent sur les résultats clairement négatifs du rapport, qui nous apprend ce qu’on pensait déjà : les velléités informatives et éducatives revendiquées par l’industrie pharmaceutique ne sont que du vent. Leur poids ne se mesure qu’en termes de chiffres de vente fortement augmentés, pour les produits habituellement les plus chers et les moins testés, car à peine mis sur le marché. Selon un rapport officiel américain, un dollar investi dans la publicité directe peut rapporter jusqu'à 6 dollars de plus en termes de vente. Raison pour laquelle le budget marketing se concentre de plus en plus sur ce type d'investissement, appelé "marketing relationnel" ou "communication patient", au détriment des formes plus anciennes de promotion : "Des visiteurs médicaux aux pubs télévisées" est le slogan choisi comme titre pour la note de Pharmacritique rendant compte de cette tendance, soulignée en 2007 par le journal l'Expansion. Il est évident que l'industrie pharmaceutique n'a pas attendu l'onction de la Commission européenne pour aller dans ce sens. Elle se savait en terrain conquis...

 

Comme on peut le voir en lisant les différentes sources listées à la fin, la publicité directe aux consommateurs ne tient aucune de ses promesses, hormis celle de profiter aux firmes : elle n’améliore pas la qualité des soins, n'entraîne pas une meilleure observance (prise correcte des médicaments), n’amène pas les patients à rechercher les soins nécessaires plus tôt, n’offre pas de renseignements fiables sur les pharmacothérapies et les maladies, n’améliore pas les relations médecins – patients, né réduit pas les dépenses de santé, enfin, elle ne responsabilise et n’autonomise nullement les patients.

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28/06/2008

Open Medicine: revue médicale canadienne à comité de lecture et en libre accès, exemple de médecine 2.0

Open Medicine existe depuis 2007 et est indépendante, à l’instar de celle que nous connaissons déjà : PLoS (Public Library of Science). Sa 878383842.jpgraison d’être est définie en une phrase : “Open Medicine fait partie d’un mouvement social qui cherche à assurer une large diffusion du savoir scientifique et à faire en sorte que ce soit ce savoir qui guide la relation de soin médecin – patient. Les recherches médicales publiées informent la pratique clinique et les politiques de santé, raison pour laquelle elles devraient être accessibles à tous gratuitement ». C’est le savoir qui doit être déterminant et non pas ce que veulent les firmes pharmaceutiques. Et qu’elles obtiennent en finançant à gogo des campagnes promotionnelles pour tel ou tel médicament.

Cinq numéros d’Open Medicine ont déjà vu le jour, dont le premier contenait une critique de livre faite par Jerome Kassirer, ce qui est de bon augure… Comme la présence d'Alan Cassels ou Joel Lexchin. Chaque article contient un encadré très bien visible pour les déclarations d’intérêts. L’éditorial du premier numéro est signé par James Maskalyk, actif au Soudan, aux côtés de « Médecins sans frontières », et qui tient un blog sur ses expériences de terrain.

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19/03/2008

La Commission Européenne, acquise aux industriels, nuit gravement à la santé !

Voici un communiqué du Collectif Europe et Médicament critiquant les propositions faites par le Forum pharmaceutique européen et le manque de transparence de cette pseudo-institution. C'est en fait un écran de fumée érigé par les autorités européennes pour faire semblant de débattre démocratiquement, avec tous les acteurs impliqués, des questions essentielles concernant l’information médicale, l'intérêt thérapeutique des médicaments, leurs prix, l'accès direct ou non des industriels aux patients qu'ils aimeraient considérer comme des consommateurs comme les autres... Le texte se passe de commentaires, alors je me borne à le citer.

Vous trouverez des informations complémentaires dans ce dossier de la revue Prescrire : Mainmise des firmes pharmaceutiques sur l'information-santé en Europe. D'autres liens à la fin du communiqué cité ici.

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10/03/2008

Pétition à la Commission Européenne pour l’accès à la Cochrane Library en Europe. Urgent!

Attention : la pétition dure jusqu’au 21 mars seulement !! Il y a urgence ! 

La Cochrane Library est une base indépendante et transparente de données médicales. Elle n'est pas (et n'a jamais été) financée par l’industrie pharmaceutique. Cette "bibliothèque " médicale est produite par la Cochrane Collaboration, qui réunit 15.000 professionnels de santé volontaires partout dans le monde. L'objectif est d'offrir une information médicale systématisée, sélectionnée selon des critères de scientificité qui excluent le charlatanisme et l'improvisation. Des résumés en termes simples, évitant le jargon médical, accompagnent les textes et rendent les données compréhensibles pour le grand public. L’information porte sur des médicaments, des dispositifs médicaux, des procédures, interventions ou techniques médicales présentés dans diverses études, plus ou moins correctement menés. Il s'agit d'évaluer les différentes approches sur tel sujet et de dégager celle qui est la plus documentée, qui repose sur les bases scientifiques les plus solides, conformément à la "evidence-based médecine" (EBM: médecine basée sur des preuves). Et de critiquer les insuffisances, qu'elles soient méthodologiques ou autres. Pour ce faire, les spécialistes rassemblent toute la littérature médicale disponible sur tel sujet, choisissent les études qui correspondent à des critères scientifiques précis et soumettent ces études à des analyses systématiques et approfondies. A l’heure actuelle, il existe à peu près 3.000 analyses systématiques (« systematic reviews »). La Cochrane Library est une référence très respectée dans le monde médical, d'autant plus que ses analyses sont indépendantes et transparentes d'un bout à l'autre, comme les affiliations de leurs auteurs.

Pourquoi la pétition?

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