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07/09/2008

Le lobby pharmaceutique fait la loi en Suisse, sur les médicaments comme sur les brevets illimités en biotechnologie

« L'industrie pharmaceutique surveille de près le parlement » suisse, qui est en train de céder au lobbying et d’adopter une nouvelle « lex 1379896667.jpgpharma ». Les conséquences proprement effrayantes des conflits d'intérêts qui motivent la lâcheté des politiques sont dénoncées par Fabio Lo Verso dans plusieurs articles du quotidien Le Courrier. Le plus récent est paru le 6 septembre sous le titre La confédération multiplie les cadeaux aux pharmas. Il est suivi de plusieurs articles explicatifs plus anciens. Le dossier vaut la peine d’être lu en entier.

Quelques extraits pour les plus pressés :

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19/05/2008

Financement par les firmes pharmaceutiques: conflits d'intérêts ou corruption? L'exemple des associations de patients et d'usagers

Voici un excellent texte sur une dimension taboue en France : les conflits d'intérêts et la corruption des associations et groupes de patients / malades / usagers / consommateurs par l’industrie pharmaceutique. Il existe même des associations ou groupes d'entraide créés de toutes pièces par les firmes pharmaceutiques pour servir de lobby et/ou de groupes de pression dans l'imposition de tel médicament, et en général pour influencer les politiques publiques au niveau national et européen. Les influencer au sens voulu par l'industrie. Très peu d'associations déclarent si elles ont ou non des intérêts financiers. Sans parler du fait que les membres des comités scientifiques des associations sont en général des leaders d'opinion fortement impliqués dans la promotion des médicaments, donc ayant des conflits d'intérêts.

Marcher à contre-pas : le mouvement pour la protection de la santé au Canada et le financement par l’industrie pharmaceutique. Par Sharon Batt (chercheure en santé, Action pour la protection de la santé des femmes, Canada, janvier 2005). Un fragment qui en dit long :

« L’éthicien Carl Elliott s’est penché sur la question des fonds investis par l’industrie pharmaceutique dans la communauté médicale66; il s’est demandé si la notion de « conflit d’intérêts » convenait pour en décrire les effets. Il craint, entre autres, que cette expression ne serve à individualiser un système de corruption généralisé des groupes censés servir le bien commun. (…) En ce qui concerne les groupes de pression [associations de malades et de défense des consommateurs qui acceptent de l’argent de l’industrie pharmaceutique], on peut affirmer que la manipulation dont ils font l’objet de la part des pharmaceutiques, dans le but ultime d’influencer les débats publics, appartient à la seconde catégorie [la corruption]. De manière plus générale, l’abondance des fonds versés par l’industrie pharmaceutique à la recherche médicale, aux revues scientifiques, à la formation des médecins, à la bioéthique, aux organismes de réglementation des médicaments et aux associations de défense des droits des patients crée un environnement axé sur le profit, peu propice à l’émergence d’un débat constructif sur les enjeux touchant les médicaments. Bien que notre propos concerne ici le financement des groupes de pression proprement dit, il importe de situer cette pratique dans le contexte élargi des stratégies de marketing adoptées par les [firmes] pharmaceutiques. Les groupes de pression ne sont qu’un acteur parmi d’autres. »

19/04/2008

Ces lobbies qui nous gouvernent à travers des "Députés sous influences". Un livre qui en dit long. Et l'exemple du lobby de la chimie

Hélène Constanty / Vincent Nouzille, "Députés sous influences. Le vrai pouvoir des lobbies à l’Assemblée nationale", cb0cf60c554d7290922552cf0401874b.jpgFayard, 2006. Nous avons parlé de ce livre - qui n'a rien perdu de son actualité - dans la note Politiques sous influence. Du lobby pharmaceutique au lobbying à l’Assembée et à l’Elysée.

Le blog des deux auteurs du livre, Lobbies en campagne, n’est plus à jour depuis juin 2007, mais reste tout aussi édifiant. Voici un extrait présentant l'ouvrage: "Laboratoires pharmaceutiques, industriels de l’armement et de l’agroalimentaire, filière nucléaire, chefs d’entreprise, médecins, viticulteurs, cafetiers, chasseurs : tous ont leurs défenseurs au Palais-Bourbon ! Le livre met au jour les méthodes controversées utilisées par certains lobbyistes pour faire passer leurs messages : trafic de badges d’accès, recrutement d’assistants parlementaires, interventions payantes lors de colloques, rédaction d’amendements «prêts à l’emploi», «groupes d’études » téléguidés, création de « clubs » thématiques, organisation de voyages et de missions parlementaires à l’étranger… (…) Plus rien n’échappe à ces jeux de pouvoirs occultes. Les lobbies sont à la manoeuvre et certains députés dépassent parfois la ligne blanche… ».

A lire aussi le dossier en ligne de l’Express, Pour qui roulent vos députés, et d’autres liens à partir de ces sites. Les lobbies n'ont officiellement pas le droit d'entrer et d'oeuvrer à l'Assemblée nationale. Le livre comme le dossier de l'Express montrent comment ils contournent tous les jours cet obstacle, par exemple à travers Les grupes d'études, faux nez des lobbies. L'exemple du lobby de la chimie, donné par l'Express dans cet article, est particulièrement intéressant quand on parle tellement d'incinérateurs, d'OGM, de pesticides et autres douceurs que nous consommons directement ou indirectement grâce à l'industrie agrochimique, pétrochimique, pharmaceutique et autres chimiques... On voit comment les divers intérêts politico-financiers superposés - grâce aux liens financiers qui donnent ces conflits d'intérêts qui étranglent la politéconomie française - réussissent à faire barrage à REACH, ambitieux projet européen de réglementation sanitaire des produits chimiques. La santé publique, les risques sanitaires, le principe de précaution - voilà des notions qui ne figurent que dans les cauchemars de ces élus qui ne représentent plus qu'une minorité de intérêts privés. Res publica? Euhhh... Vous pouvez épeler, SVP?

13/04/2008

Les incinérateurs de déchets responsables de cancers. Etude de l'Institut de veille sanitaire (résultats définitifs revus à la hausse)

Le 27 mars 2008, l’Institut de veille sanitaire (InVS) publiait sur son site un rapport auquel il n’a pas fait trop de 687cba5874301555908bbfb2561ec05e.jpgpublicité… Incidence des cancers à proximité des usines d’incinération d’ordures ménagères. Rapport d’étude et synthèse (PDF à télécharger à partir de cette page). Les résultats préliminaires de cette « étude écologique de type géographique, réalisée dans le cadre du Plan cancer 2003-2007 » avaient été publiés à l’automne 2006, suscitant une réaction immédiate du Centre national d'information indépendante sur les déchets (CNIID) intitulé Cancer : l’incinération coupable 

Les résultats qui viennent d’être publiés sont plus alarmants, même si l’Institut de veille sanitaire impute cette augmentation des taux de cancer (de la population vivant à proximité) uniquement aux incinérateurs de la vieille génération qui auraient rejeté des substances cancérogènes dans l’environnement. Le résumé indique qu’une « relation statistique significative est mise en évidence entre l’exposition aux panaches d’incinérateurs et l’incidence, chez la femme, des cancers toutes localisations réunies, du cancer du sein et des lymphomes malins non hodgkiniens. Un lien significatif est également retrouvé pour les lymphomes malins non hodgkiniens chez les deux sexes confondus et pour les myélomes multiples chez l’homme uniquement.

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