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08/06/2010

Lobbying: significations et pratiques. Formation de la Fondation Sciences Citoyennes, le 9 juin

Les conflits d'intérêts (voir la présentation de la formation sur cette page) et le lobbying sont l'une des dimensions de plus en plus investies logo FSC.jpgpar la Fondation Sciences Citoyennes depuis 2009. Ce sont deux facettes du même phénomène, comme je l'ai souligné dans cet article présentant la position de la Fondation. Ils font l'objet de formations séparées simplement pour qu'on puisse leur consacrer plus de temps.

J'aurai le plaisir d'intervenir lors de cette session de formation sur le lobbying, qui s'inscrit dans le cycle de formations organisé par la Fondation Sciences Citoyennes entre le 14 avril et le 30 juin, pour ses adhérents et les adhérents des associations partenaires.

La description, le programme du cycle de formations et la liste des intervenants figurent à la fin de ce texte. L'entrée est libre. Informations et inscription: contact@sciencescitoyennes.org. Merci à Glen Millot, coordinateur de la Fondation, qui a tout mis en place.

A noter que les intervenants font partie du comité d'animation du réseau de veille et d'action citoyennes ETAL (Encadrement et Transparence des Activités de Lobbying), qui s'est construit autour de l'"Appel citoyen pour un encadrement et une transparence des activités de lobbying en direction des instances de décision publique". Le réseau organise une série de trois séminaires sur le lobbying, à l'Assemblée nationale et au Sénat. Le premier aura lieu le 22 juin à l'Assemblée nationale; la présentation et le bulletin d'inscription - à remplir au plus vite - figurent sur cette page.

Précision afin de dissiper toute confusion: Le réseau ETAL aura bientôt un site indépendant. En attendant, les activités du réseau ETAL se trouvent sur le site de l'association Adéquations, qui bénéficie d'un financement pour en assurer la coordination.

9 juin, de 19h à 21h30: LOBBYING: SIGNIFICATIONS  ET  PRATIQUES

Adresse: AGECA, 177 rue de Charonne – 75011 Paris. Accès : M° Alexandre Dumas (ligne 2) ou Charonne (ligne 9). Bus 76 (Charonne-Bagnolet).

Intervenants:

  • Claude Layalle, ATTAC
  • Yveline Nicolas, Adéquations
  • Elena Pasca, Fondation Sciences Citoyennes

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23/11/2009

La Pologne refuse les vaccins mal testés contre la grippe A et l’exigence d’immunité juridique des laboratoires. Pressions sur la ministre de la santé

C’est la radio publique polonaise qui donnait la nouvelle dans un article du 13 novembre intitulé « Health minister to be sued over swine flu Ewa Kopacz Radio polonaise.jpgjab? » (Action en justice contre la ministre de la santé [à cause de son opposition] aux vaccins contre la grippe A ?)

Le médiateur chargé de veiller aux droits des citoyens a donné un ultimatum à la ministre, la Dre Ewa Kopacz (photo: radio polonaise), la menaçant de poursuites pénales si elle n’achetait pas des vaccins contre la grippe A dans les jours à venir (voir son intervention sur YouTube). Selon Janusz Kochanowski, la ministre "joue" avec la santé de la population. Il menace même de saisir les instances européennes pour pallier au déficit de responsabilité des décideurs de son pays… Or la Commission européenne tente déjà de faire pression sur le gouvernement polonais, qui ne veut pas acheter de vaccins sans études sérieuses démontrant leur sécurité et leur rapport bénéfices - risques. Début novembre, le premier ministre Donald Tusk avait critiqué ouvertement l’absence d’évaluation sérieuse des vaccins ainsi que le refus des laboratoires pharmaceutiques d’assumer leurs responsabilités en cas d’effets secondaires graves et/ou autres défauts des vaccins pandémiques. La ministre de la santé en a rajouté plusieurs couches en critiquant vertement les contrats douteux proposés par les laboratoires. Pour les autorités polonaises, en l’état actuel, les vaccins ne servent que les intérêts financiers des laboratoires qui les commercialisent. Les administrer massivement, c’est cela qui serait jouer avec la santé de la population.

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19/10/2009

"Grippe A, un virus fait débat"... et permet des affaires juteuses... Documentaire diffusé sur ARTE le mardi 20 octobre à 20:45

Le mardi 20 octobre à 20:45 sera diffusé sur ARTE le documentaire "Grippe A, un virus fait débat" (NDR 2009, 52mn), réalisé par Jutta Grippe A NDR.jpgPinzler. Le titre allemand est plus significatif: "Profiteure der Angst. Das Geschäft mit der Schweinegrippe" (Qui profite de la peur? Grippe A H1N1: une affaire juteuse). Notons qu'il y aura aussi des voix critiques françaises, même si elles sont de fait plus rares que celles allemandes... Marc Girard interviendra, entre autres. Quant à Wolfgang Becker-Brüser, nommé dans la présentation ci-après, il s'agit du directeur de l'excellente revue médicale indépendante Arznei-Telegramm, dont j'ai traduit plusieurs prises de position. Selon mes informations, le professeur de pharmacologie Peter Schönhöfer, représentant de la même revue, dira lui aussi ce qu'il pense de cet immense business...

Enfin un documentaire qui met le doigt sur le nerf de la guerre: l'argent et sa traduction concrète dans les conflits d'intérêts déterminants dans l'approche de la grippe A depuis l'OMS jusqu'aux experts et aux politiques de chaque pays.

Mise à jour: Le documentaire peut être visionné en intégralité sur cette page.

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13/07/2009

Lettre ouverte à José Manuel Barroso: La Commission européenne doit cesser de subordonner la santé et les intérêts des consommateurs aux intérêts industriels!

Le 17 juin 2009, trois associations qui représentent à elles seules près de 150 associations et 42 fédérations mutualistes ont adressé une barroso-verheugen vigitox.jpglettre ouverte au président de la Commission Européenne José Manuel Barroso. Il s’agit de l’EPHA (European Public Health Alliance), de l’AIM (Association internationale de la mutualité, qui est aussi membre du Collectif Europe et Médicament) et du BEUC (European Consumer's Organisation). Elles demandent un transfert de compétences, pour que cesse enfin cette aberration dénoncée à plusieurs reprises par Pharmacritique aussi : les décisions et réglementations concernant l’industrie pharmaceutique relèvent actuellement non pas de la Direction générale de Santé et protection des consommateurs (DG SANCO), mais de la Direction générale entreprises et industrie. Celle-ci est dirigée par le vice-président de la Commission européenne, le vénérable Günter Verheugen, dont nous avons dénoncé à plusieurs reprises les accointances avec les laboratoires pharmaceutiques.

Cette subordination est à elle seule édifiante quant à la quantité négligeable qu’est la santé individuelle et publique par rapport aux intérêts économiques et aux profits privés auxquels elle est soumise.

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22/06/2009

Le patron de l'industrie pharmaceutique, Christian Lajoux, défend les laboratoires, les autorités sanitaires, la visite médicale...

Dans le numéro du 16 juin du journal Le Quotidien du Médecin, Christian Lajoux, président de l'organisation patronale de l'industrie LEEM euros.jpgpharmaceutique (LEEM: Les entreprises du médicament) et président de Sanofi-Aventis France, se livre à une charge virulente contre les critiques des dérapages de l'industrie pharmaceutique. Il parle d'un "procès en sorcellerie d'un autre temps" (lire le résumé). Signe que les critiques commencent à déranger?

Selon le journal, le président du LEEM "affronte la critique", et ce en répondant à cinq questions dont l'élaboration a nécessité l'effort conjoint de deux journalistes. Questions qui n'ont, elles, rien de critique. Les deux côtés sont héroïques, en effet... Mais y a-t-il encore des gens assez naïfs pour attendre une information équilibrée de ce type de journal, gratuit, plein de publicités et sans aucune déclaration de conflits d'intérêts (voir cette note)?

Voici les extraits les plus édifiants de l'interview et un résumé du reste. Lajoux défend tellement bien tous les médecins et experts qui ont des conflits d'intérêts, ainsi que les autorités sanitaires et la visite médicale, que cette défense elle-même devrait suffire à éveiller les soupçons des usagers. En effet, si le patron des patrons des industriels est tellement satisfait du système dans son ensemble, si des intérêts privés du genre de ceux de l'industrie pharmaceutique sont à ce point satisfaits, on peut avoir quelques doutes sur l'état de l'intérêt général... Et puis on apprend que le LEEM a quelques intentions belliqueuses.

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16/06/2009

Conflits d’intérêts des sénateurs engagés dans la réforme du système de santé américain. Où sont les déclarations d’intérêts des politiques français?

Les déclarations d’intérêts d’un certain nombre de sénateurs des Etats-Unis ont suscité un grand émoi dans la presse américaine, qui a Conflits d'intérêts Blog bioethics.net.jpglargement repris la dépêche d’Associated Press "Key Health Care Senators Have Industry Ties". On y apprend que des sénateurs ayant un rôle essentiel dans l’élaboration de la réforme du système de santé et de soins ont des conflits d’intérêts par leurs relations financières directes ou familiales avec des sociétés prestataires de soins, des laboratoires pharmaceutiques ou d’autres intervenants commerciaux dans le système de santé.

Ces révélations feront-elle le jeu de la campagne de discrédit engagée par les industriels contre la réforme d’Obama ?

A la fin de la note, plusieurs liens parlent de la situation française, bien pire, compte tenu de l’absence de transparence sur les liens entre les divers lobbies et nos hommes politiques. Des exemples concrets illustrent les conflits d’intérêts et les influences à l’œuvre dans notre république bananière. (Ou monarchie? Difficile à dire, avec Sarkozy 1er et les grandes familles (Sarkozy, Kouchner, Kosciusko-Morizet...) qui remplacent la noblesse de l'Ancien régime et imposent leurs intérêts privés partout).

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07/06/2009

"Les Médicamenteurs", enquête sur l’influence du lobby pharmaceutique et ses méthodes: marketing acharné, désinformation, conflits d’intérêts…

Le mardi 9 juin 2009 à 20 h 35 sera diffusé sur France 5 le documentaire "Les Médicamenteurs". L'extrait est tiré de cette page de Télérama, où il accompagne la présentation de Samuel Gontier. "Cette enquête, conduite par Brigitte Rossigneux, journaliste au Canard enchaîné, et coréalisée par Stéphane Horel et Annick Redolfi, dévoile les secrets de l'industrie pharmaceutique en suivant les pérégrinations des médicaments, depuis leur conception jusqu'à leur exploitation commerciale."

Lire aussi les commentaires de Pharmacritique, contenant des liens pour approfondir et/ou compléter les questions évoquées dans le documentaire.

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04/06/2009

L'Express: conflits d'intérêts et corruption des médecins par le lobby pharmaceutique, qui contrôle toute l'information sur les médicaments

L’Express d’hier (3 juin) a publié sur son site un dossier qui fait la une cette semaine : "Tout ce que l’on ne vous dit pas sur les Express médicaments.jpgmédicaments". Il contient des extraits du livre du Dr Sauveur Boukris intitulé "Ces médicaments qui nous rendent malades" (Le Cherche Midi), à paraître aujourd’hui.

Sont abordés entre autres : "les effets secondaires gravissimes de médicaments consommés couramment; l'ignorance crasse de médecins formés, le plus souvent, à la seule école de l'industrie pharmaceutique; l'invention de maladies imaginaires pour l'unique profit d'entreprises florissantes; la partialité des experts; le laxisme d'autorités sanitaires bienveillantes; la force d'un lobby mieux organisé que jamais...", les interactions médicamenteuses, le nombre colossal d’hospitalisations et de décès dus aux effets secondaires, l’absence d’innovation thérapeutique, les risques de l’automédication, "les médecins téléguidés" par les laboratoires par le biais des visiteurs médicaux et autres financements créant des conflits d’intérêts...

La préface du livre est signée par le Pr Philippe Even, et le dossier contient un entretien avec lui, intitulé "Certains représentants de l’Etat sont corrompus". C’est sur celui-ci que je voudrais mettre l’accent dans cette note, parce que je pense qu’il a raison en disant qu’en France, le véritable changement ne peut venir que des patients, d’une prise de conscience qui pourrait faire suite aux scandales provoqués par les effets secondaires des médicaments et qui les poussera à taper du poing sur la table.

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22/05/2009

Farmacriticxs: association espagnole d'étudiants en médecine pour une relation éthique et transparente avec l’industrie pharmaceutique

farmacriticxs.jpg

Farmacriticxs a vu le jour lors des "journées pharmacritiques" qui ont eu lieu le 17 et le 18 avril à l’université de Saragosse, avec la participation de l’association médicale indépendante No Gracias!, présentée dans cette note de Pharmacritique.

Des étudiants de cette université, membres de l’IFMSA (Fédération internationale des associations d’étudiants en médecine), ont lancé une plateforme étendue à des étudiants en sciences de la santé de diverses universités espagnoles. Elle a pour objectifs l’accès aux médicaments essentiels ainsi que la promotion de l’éthique et de la transparence dans les relations entre médecine et industrie pharmaceutique. La mise en pratique de ces objectifs est une condition nécessaire de l’amélioration du système de soins dans son ensemble. L’association se propose aussi d’inventer des stratégies et des modèles novateurs de formation et de recherche médicales, pour remplacer ceux actuels, fortement teintés de conflits d’intérêts.

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15/05/2009

Jean-Luc Hees à Radio France: retour sur ses ménages pour l’industrie pharmaceutique et l’éviction de Martin Winckler

Jean-Luc Hees, qui a fait au moins un "ménage" pour l'industrie pharmaceutique et a répondu illico presto à la demande de celle-ci de faire taire Martin Winckler, nous est présenté comme un "indépendant"… Le sens de ce mot a décidément pas mal involué sous le règne de Censure.jpgSarkozy 1er et de sa valetaille médiatique. Les industriels peuvent se frotter les mains : les intérêts privés seront bien défendus par les obligés du monarque, lui-même lié à ce petit monde, comme nous l'avons vu en regardant ses liens avec Sanofi (ici et surtout ici). Si l'on veut que cela change, il faudra attendre un changement de régime, car l’intérêt général ne fait pas partie du vocabulaire de la cour.

Mais restons-en à ce qui s'est passé en 2003, lorsque Hees à viré Winckler de France Inter. C'est une "affaire" qui en dit long sur les rapports de nos media, de nos journalistes avec le pouvoir politique et économique. Deux séquences vidéo et des extraits du site de Martin Winckler nous font comprendre, par-delà ce cas concret, comment les journalistes contribuent à la désinformation médicale, en tant que rouages du ghost management (gestion ubiquitaire et invisible) des laboratoires.

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14/05/2009

Conflits d’intérêts et financement industriel influencent les résultats de la recherche sur le cancer, selon une analyse de 1.534 essais cliniques

Les résultats des études et essais cliniques sur les divers traitements du cancer sont directement dépendants des conflits d’intéCorruption conflits d'intérêts Vienna;at.jpgrêts des chercheurs (liens financiers personnels ou institutionnels) et/ou du financement des recherches par les laboratoires qui produisent les médicaments testés dans ces essais. Les études biaisées par les conflits d’intérêts ont au moins deux fois plus de résultats plus favorables aux médicaments et autres procédures testés que celles indépendantes. Le taux de survie attribué aux mêmes "interventions" - terme utilisé dans le texte original - serait significativement exagéré par les auteurs ayant des conflits d’intérêts, par rapport aux indépendants.

Ce qui veut dire en pratique que des médicaments estimés efficaces et censés réduire nettement le taux de mortalité ont en fait un bénéfice largement surévalué. Donc un nombre potentiellement important de patients sont traités par des moyens qui ne sont pas plus efficaces que l’absence de traitement ou les méthodes moins invasives. C’est ce que montre une analyse de 1.534 essais cliniques publiés en 2006 dans 8 grandes revues internationales (voir plus bas). Analyse faite par Reshma Jagsi et al. de l’université du Michigan et parue le 11 mai sur le site de la revue Cancer, sous le titre "Frequency, nature, effects, and correlates of conflicts of interest in published clinical cancer research" (Fréquence, nature, effets et corrélations des conflits d’intérêts présents dans la recherche sur le cancer ayant fait l’objet de publications. Cancer 2009; DOI: 10.1002/cncr.24315).

Il faut dire d’emblée que les chiffres doivent être relativisés, parce que, comme le précisent les auteurs eux-mêmes dans le texte complet (réservé aux abonnés), ils ne se basent que sur les déclarations de conflits d’intérêts et de financement industriel. Or on sait que ces déclarations sont bien loin d’être complètes. La situation réelle est donc probablement pire que l'image qui se dégage de cette analyse.

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14/01/2009

La députée Anne Ferreira proteste contre la directive européenne autorisant l’information des patients par les firmes et appelle les députés à voter contre

Madame Anne Ferreira, député européenne de l’Ile de France nous a adressé un message, suivi aujourd’hui du texte de son intervention et Anne Ferreira.jpgdu communiqué de presse de la délégation socialiste française du Parlement européen. Hier, la Commission européenne a présenté au Parlement le "paquet pharma", "emballé par le commissaire en charge de l'industrie et des entreprises" :

"En confiant à Günter Verheugen, commissaire à l'industrie, la responsabilité du paquet pharmaceutique, la Commission a une fois de plus donné le ton. On pouvait penser que les médicaments relevaient des questions de santé ; la Commission européenne a choisi de les considérer comme n'importe quelle marchandise.

C'est donc une approche commerciale qui a prévalu dans la rédaction de cet ensemble de 4 textes :

  • 1- Une communication pour encourager la recherche et l'innovation pharmaceutique dans l'Union Européenne.
  • 2- Une proposition à la lutte contre la contrefaçon et la distribution illégale des médicaments.
  • 3- Des propositions relatives à l'information de qualité sur les médicaments délivrés uniquement sur ordonnance.
  • 4- Des propositions relatives à la pharmacovigilance.

Cette présentation dissimule très mal l'enjeu industriel et financier contenu dans la proposition sur l'information aux patients.

Anne Ferreira, lors du débat au Parlement européen le 13 janvier 2009, ne s'y est pas trompée : "une information fournie par l'industrie elle même, en dehors de l'étiquetage et des notices réglementaires, s'appelle une publicité et c'est sa répétition qui en fait un atout commercial concurrentiel". En proposant que cette promotion sur les médicaments puisse se faire via des média tels que la presse écrite et Internet, on ne met plus à disposition une information, on pousse clairement à la consommation, au grand bonheur de l'industrie pharmaceutique.

En proposant ce texte, la Commission cède surtout au lobby pharmaceutique qui souhaite promouvoir ses médicaments de prescription.

Le risque est grand de voir se déplacer des budgets initialement prévus pour la recherche et l'innovation vers le marketing. Aujourd'hui déjà, 23% du chiffre d'affaires est consacré aux activités de promotion contre seulement 17% aux activités de recherche.

"Les professionnels de la santé, les médecins doivent être au coeur du processus d'information concernant les produits pharmaceutiques", a conclu Anne Ferreira.

Aujourd'hui la balle est dans le camp des députés européens qui devront prochainement donner leur avis sur ces propositions. »

***

Voici le texte de son intervention que Madame Ferreira nous a fait parvenir :

« Anne Ferreira (PSE). – Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, je suis toujours étonnée quand des questions de santé sont traitées par la direction Entreprises et industrie. Mais à la lecture des propositions concernant l'information du patient, on comprend vite que le médicament y est traité à quelques nuances près comme un produit de consommation courante.

Concernant ce sujet, je soutiens qu'une information fournie par l'industrie elle‑même, en dehors de l'étiquetage et des notices réglementaires, s'appelle une publicité et c'est sa répétition qui en fait un atout commercial concurrentiel.

La Commission peut bien mettre en avant certaines dispositions qui devraient encadrer ses propositions, elle peut toujours nous dire que ce sont les associations de patients qui attendent avec impatience de telles dispositions. Nous sommes un certain nombre à ne pas être dupes de l'impact de cette directive "information du patient" et du non intérêt qu'elle représente au regard d'un véritable objectif d'amélioration de la santé des Européens.

Nous pouvons, d'ores et déjà, être assurés que si ce texte était adopté, le budget marketing de l'industrie pharmaceutique connaîtrait une forte augmentation, certainement au détriment de celui de la recherche. Aujourd'hui déjà, 23 % du chiffre d'affaires sont consacrés aux activités de promotion et seulement 17 % aux activités de recherche et si nous nous tournons vers les États‑Unis et la Nouvelle‑Zélande, qui permettent déjà cette information publicitaire, nous savons qu'elle a fait augmenter le volume des prescriptions ainsi que les dépenses de santé sans qu'on puisse observer une amélioration de la qualité des soins et de l'état de santé des Américains ou des Néo‑Zélandais. Que cette expérience nous soit utile.

Enfin, je conclurai en disant qu'une solution moderne serait de faire davantage confiance ou de mieux former les professionnels de la santé pour qu'ils fournissent des informations sur les traitements et médicaments de prescription. »

**

Elena Pasca

25/11/2008

Urgent! Exigeons de nos élus qu’ils adoptent l’amendement 430 du sénateur Autain sur la transparence des liens financiers entre médecins et lobby pharmaceutique

(Merci au médecin qui m’a envoyé l’info, parce qu’il faut agir d’urgence) François Autain.jpg

 

Vous ne savez pas qui est votre député ou sénateur ? C’est le moment de l’apprendre, et c’est urgent, parce qu’il faut que nos messages leur parviennent avant le jeudi 26 novembre, date à laquelle se décidera le sort de l’amendement 430, proposé par le sénateur François Autain, qui prévoit que les contrats et conventions entre les médecins et les firmes pharmaceutiques (et autres industries) soient rendus publics.

 

Ce serait un très grand progrès, et même le premier du genre dans notre pays où jamais personne ne vient troubler le business entre médecins et laboratoires (conflits d’intérêts, corruption, désinformation, appelez-le comme vous voulez) ! Il faut que l’on sache si tel médecin parle de tel médicament dans les media et nous le prescrit parce qu’il est bon pour notre santé ou alors s’il le fait parce qu’il est payé par le laboratoire pour augmenter le chiffre d’affaires de celui-ci…

 

La loi qui existe actuellement (L-4113-13, article 26) et qui veut que les médecins déclarent leurs conflits d’intérêts/liens financiers avec les firmes n’est pas appliquée. Il vous suffit d’ouvrir n’importe quel journal médical pour vous en convaincre. Aucun médecin ne respecte la loi et le conseil de l’ordre s’en fout royalement, puisque aucune sanction ou rappel à l’ordre – ou même une circulaire de rien du tout – n’ont jamais été émis.

 

Pour trouver les coordonnées de votre député et votre sénateur et leur demander de soutenir cet amendement, cliquez ici :

 

Députés : http://www.assemblee-nationale.fr/13/qui/circonscriptions/

Sénateurs : http://www.senat.fr/elus.html

 

Bombardons-les de messages, pour qu’ils se rappellent qu’ils sont là pour nous représenter, représenter l’intérêt général, celui de nous autres patients qui payons les pots cassés de ce business contraire à toute morale et à la déontologie médicale ! Ils ne sont pas là pour soigner la santé financière des lobbies pharmaceutiques !

 

Pour comprendre de quoi il s’agit, voici le message qu’on m’a fait parvenir, repris aussi sur le forum professionnel Atoute :

« Le 19 novembre 2008 lors de la discussion au Sénat du Plan de Financement de la Sécurité Sociale [PLFSS] pour 2009, un amendement sénatorial est adopté malgré l'opposition de la Commission des affaires sociales pour les équilibres financiers généraux et l'assurance maladie et celle du Ministre de la Santé Roselyne Bachelot.

Un progrès dans la transparence :
Les conventions conclues entre les membres des professions médicales et les entreprises ou établissements produisant ou exploitant des produits de santé ou des organismes de conseil intervenant sur ces produits, doivent dorénavant être rendues publiques. (…)


Amendement n°430, présenté par M. Autain et les membres du groupe CRC :

« Après l'article 33, insérer un article additionnel ainsi rédigé : Après le premier alinéa de l'article L. 4113-13 du code de la santé publique, il est inséré un alinéa ainsi rédigé : «
Les conventions conclues entre les membres des professions médicales et les entreprises ou établissements mentionnés au premier alinéa doivent être rendues publiques. Les conditions d'application du présent article sont fixées par décret en Conseil d'État. »

 

Article actuel :
« Article L4113-13 créé par Loi n°2002-303 du 4 mars 2002 - art. 26 JORF 5 mars 2002
Les membres des professions médicales qui ont des liens avec des entreprises et établissements produisant ou exploitant des produits de santé ou des organismes de conseil intervenant sur ces produits sont tenus de les faire connaître au public lorsqu'ils s'expriment lors d'une manifestation publique ou dans la presse écrite ou audiovisuelle sur de tels produits. Les conditions d'application du présent article sont fixées par décret en Conseil d'Etat.
Les manquements aux règles mentionnées à l'alinéa ci-dessus sont punis de sanctions prononcées par l'ordre professionnel compétent. »

[Sauf que l’ordre professionnel s’en fout et qu’il ne sanctionne jamais…]

 

Extraits du débat au Sénat:

« Mme Isabelle Pasquet : Depuis le décret du 25 mars 2007, l'article 26 de la loi sur le droit des malades est enfin applicable. Il prévoit que tout professionnel de santé doit déclarer ses liens d'intérêts avec les entreprises commercialisant ou fabriquant un produit de santé. Cette obligation s'applique aux interventions professionnelles et dans les médias.
Il est essentiel d'imposer l'indépendance et la transparence pour garantir des soins de bonne qualité et pour réduire les dépenses de sécurité sociale. Souvenez-vous de l'affaire du Vioxx en 2004 ! Une étude réalisée en 2008 par le Congrès des États-Unis montre qu'une économie de 35 % pourrait être réalisée chaque année sur les dépenses de santé si patients et professionnels de santé disposaient de données non biaisées sur l'efficacité des traitements médicaux. Or cette loi n'est pas appliquée, non plus d'ailleurs que l'article R.161-85 du code de la sécurité sociale, puisque la Haute autorité de santé n'a toujours pas rendu possible à ce jour la déclaration publique d'intérêts des membres de la commission de transparence pour la période 2004-2006.

Les ordres professionnels n'assurent pas leur mission de contrôle et de sanction. Dépositaires des conventions et contrats liant le professionnel avec une entreprise, ils sont pourtant les seuls à pouvoir dire qu'un médecin n'a pas déclaré de lien d'intérêt avec une entreprise. Bien entendu, cette obligation de rendre publiques les conventions passées avec des entreprises ne doit pas porter sur l'ensemble des éléments inscrits dans ces conventions, qui doivent rester dans le domaine de la propriété industrielle, mais uniquement sur le fait que ce professionnel a un rapport de dépendance financière vis-à-vis de l'entreprise. Pour aider les ordres professionnels dans cette tache difficile, je propose que les conventions soient rendues publiques.

Alain Vasselle, rapporteur de la commission des affaires sociales pour les équilibres financiers généraux et l'assurance maladie : Défavorable.

Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre : Je comprends ce souci de transparence mais il y a déjà transmission de ces informations. Elles sont vérifiées par l'Ordre. S'il les rendait publiques, ce serait une grave atteinte à la vie privée ; c'est pourquoi je tiens que cette transparence ne doit se faire qu'à l'intérieur des instances ordinales.

Après une épreuve à main levée déclarée douteuse, l'amendement n°430, mis aux voix par assis et levé, est adopté et devient un article additionnel. (Applaudissements à gauche) »

 

Commentaires de Pharmacritique sur les suites

 

Or cet amendement provisoirement adopté doit encore passer devant la Commission mixte paritaire, qui le recalera comme elle fait d’habitude avec tout ce qui ne convient pas aux lobbies…Et en fin de compte, c’est l’Assemblée nationale qui décidera, Assemblée lourdement infiltrée par les lobbies (cf. le documentaire repris dans cette note), où cet amendement n’a pratiquement aucune chance d’être adopté… A moins qu’une mobilisation très forte porte ses fruits.

 

Et il faut se mobiliser, parce que même si l’amendement 430 du sénateur Autain n’est pas adopté cette fois-ci, on aura clairement dit à nos députés et à nos sénateurs que nous voulons que cesse cette emprise tentaculaire du lobby pharmaceutique sur la médecine comme sur la politique, que cessent la corruption et le business, que cessent les conflits d’intérêts aux conséquences dévastatrices pour notre santé !

Qu’il y ait un peu plus de transparence sur les conflits d’intérêts, première étape dans leur élimination !

 

Le message adressé à nos élus est une étape nécessaire pour faire comprendre à nos hommes politiques qu’il nous faut des lois qui nous protègent, nous citoyens, et protègent l’intérêt général et la chose publique (res publica). C’est la définition même de la République, qui a été instaurée, souvenons-nous de notre propre histoire, pour mettre fin aux privilèges et aux monopoles de toute sorte. Donc aussi à ce qu’à l’époque on n’appelait pas encore « lobby ». L’influence actuelle des lobbies dans tous les domaines de la vie de notre société - de la santé à la politique - signifie qu’on piétine tous les jours la République et ses principes !

 

PS : Si vous n’avez pas de meilleures formules pour le message aux députés et sénateurs, vous pouvez copier des extraits de ce texte-ci, où l’essentiel est dit : il faut qu’il fassent tout ce qu’ils peuvent pour que cet amendement 430 soit voté dans toutes les instances !!

 

Voici le courriel que j'ai envoyé aux députés puis aux sénateurs de mon département:

 

Mesdames les Sénatrices, Messieurs les Sénateurs,

En tant qu'électrice représentée par vous - qui devez représenter l'intérêt général et non pas celui des firmes pharmaceutiques -, je vous demande de ne pas vous laisser influencer par le lobby pharmaceutique et de voter l’amendement 430, proposé par le sénateur François Autain, qui prévoit que les contrats et conventions entre les médecins et les firmes pharmaceutiques (et autres industries) soient rendues publiques.

 

Il faut en finir avec l'opacité contraire à la démocratie qui laisse prospérer les conflits d'intérêts et même la corruption de l'ensemble du système de soins par l'industrie pharmaceutique, avec des conséquences désastreuses pour les usagers, qui, faut-il le rappeler, n'auront même pas le droit de demander réparation ni même des informations, puisque nous n'avons à ce jour aucune véritable loi de protection des usagers, aucune loi de liberté d'information (sur le modèle du Freedom of Information Act), aucune possibilité d'intenter un recours collectif - ou individuel - en justice. Quant à l'Etat, il ne demande jamais de comptes aux laboratoires pharmaceutiques et n'exige pas non plus qu'ils donnent des informations détaillées sur leurs médicaments et autres produits, comme c'est pourtant le cas dans d'autres pays médicalement avancés.

La situation est honteuse et digne d'une "république" bananière, où le plus fort (financièrement) propose et dispose. Le temps n'est-il pas enfin venu d'en finir avec cela?

J'espère, Mesdames et Messieurs, que vous veillerez à ce que les principes républicains ne soient pas piétinés encore une fois au nom des intérêts financiers des multinationales pharmaceutiques.
Avec mes salutations respectueuses,

 

Elena Pasca

14/09/2008

Code d'éthique et de bonne conduite de l'industrie pharmaceutique (LEEM, EFPIA, PhRMA) - vue pragmatique...

Code d'éthique LEEM.jpg
L'image est tirée du site Corpwatch, modifiée pour ajouter le texte suivant: Rien contre un code de conduite de l'industrie pharmaceutique, tant qu'il reste volontaire et qu'on peut en faire ce qu'on veut...
Pour mieux comprendre la signification bien particulière que le L€€M a de l'"éthique", vous pouvez lire les notes réunies sous la catégorie Ethique et pharma: firmes et LEEM. C'est le début d'une nouvelle ère dans la philosophie morale; Kant n'a qu'à bien se tenir... Le code d'éthique / code de déontologie / code de bonne conduite est de la poudre aux yeux tant qu'il reste volontaire et non contraignant. Qui peut croire que l'industrie pharmaceutique s'autorégulerait? Et les médecins aussi s'autorégulent... Il y a aussi une charte de la visite médicale, comme si quelqu'un pouvait encore croire aux contes de fées de la philanthropie de l'industrie pharmaceutique, qui enverrait les visiteurs médicaux (voir les articles qui parlent de leurs activités, formation, dérapages, au moyen de témoignages accessibles à partir de cette page) informer les médecins juste pour faire avancer les connaissances, et non pas pour vendre leurs produits...
Cette "autorégulation" est le signe patent de la faillite des puissances publiques, qui ne veulent mettre aucun obstacle sur la voie des affaires. Le candidat Nicolas Sarkozy, avocat d'affaires de Servier, ne disait-il pas que le droit des affaires est trop compliqué, trop lourd et qu'il fallait le réformer et le simplifier pour ne pas empêcher les entreprises de prospérer?
Les conséquences de cette absence de dispositifs législatifs et juridiques qui permettraient de réprimer - et de dissuader - les abus, les fraudes, la mise sur le marché de médicaments défectueux, la corruption, ces conséquences se comptent en vies humaines détruites par des médicaments et des dispositifs médicaux qui n'auraient jamais dû obtenir une autorisation de mise sur le marché. Des Vioxx et autres Distilbène, Bextra, Cholstat, thalidomide, il y en a plein. Mais l'absence de dispositifs légaux fait qu'on n'entend pas parler de ces médicaments et de leurs victimes.
Elena Pasca

Son éthique oblige Novartis à choyer des hommes politiques qui risqueraient de mourir de faim et d’ennui sans cette aide désintéressée

Un récent article du journal News & Observer nous en dit long sur la qualité des soins dispensés par les laboratoires Novartis. On voit Tourisme Novartis (Côte d'or).gifcomment les firmes pharmaceutiques respectent le code d’éthique récemment édicté par leur syndicat états-unien (PhRMA), qui n’avait pas oublié de préciser que ses dispositions sont "volontaires"… En l’occurrence, il ne s’agit pas de cadeaux et autres à-côtés offerts aux médecins, mais de l’hospitalité (sic) offerte à tous les politiques délégués de l’Etat de Caroline du Nord participant à la convention républicaine : repas en dehors de la ville, dans un cadre bucolique avec vue sur l’eau, voyage-détente en bateau…

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06/07/2008

Un think tank financé par les multinationales promeut la préemption fédérale, donc l'immunité des multinationales, y compris des pharmas

Les Etats-Unis regorgent de "think tanks", organisations créées pour fabriquer les grandes lignes de la politique dans un certain domaine, 1972856969.jpgpuis pour décider de la propagande qui va avec, et ce pour le parti auquel le think tank respectif est affilié. En gros, ils dessinent les lignes de force qui seront défendues par la suite par les lobbyistes spécialisés. Comme l'Institut Montaigne en France, par exemple.

Le American Entreprise Institute est la façade pensante (sic) des multinationales américaines. On apprend que ce think tank, bien ancré à droite et financé aussi par l'industrie pharmaceutique, s'est fendu d'un amicus curiae ("Amicus brief"), à savoir d'une contribution spontanée versée au débat juridique que la Cour suprême aura à trancher bientôt pour accorder ou non la préemption dans le procès contre les laboratoires Wyeth.

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01/06/2008

Soutien au projet de loi de transparence sur les conflits d'intérêts des médecins: Physician Payments Sunshine Act

En débat actuellement aux Etats-Unis: un projet de loi qui amende certaines dispositions de la Sécurité sociale américaine. Il fait partie des « sunshine laws » (lois de transparence), appliquées dans divers domaines, mais pas encore dans la santé au niveau fédéral. Il est inspiré par les lois de plusieurs Etats tels le Minnesota, le Vermont, le Maine, etc. dont nous avons parlé dans cette note.

Le projet d’amendement s’appelle "The Physician Payments Sunshine Act" (avec une version "Physician Payments Sunshine Provisions") et veut faire la lumière sur les liens financiers entre médecins et firmes ; la transparence permettant l’action et la réaction associative, étatique et médiatique. Le projet a été initié au Sénat par le républicain Charles Grassley et par cinq démocrates. Pour mémoire, Grassley est la principale épine dans le pied des industriels et de l’agence américaine du médicament (FDA), et ce malgré son appartenance républicaine (droite américaine). Plus récemment, des députés démocrates ont eux aussi élaboré un texte qui devra être voté bientôt à la Chambre des députés, et qui va un peu plus loin que le projet sénatorial.

Une « coalition nationale pour une prescription rationnelle » réunit plusieurs associations médicales et de consommateurs qui soutiennent ces projets. Elles ont lancé une pétition que tout le monde peut signer : « Shine a Light on Drug Industry Influence » (Faisons la lumière sur l’influence de l’industrie pharmaceutique).

Suivent les détails de l’amendement et des liens supplémentaires :

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03/05/2008

Roselyne Bachelot prône une certaine transparence sur la visite médicale tout en revisitant son CV. Edulcorer la vérité: une règle du métier d'homme politique et de visiteur médical?

Dans la note concernant le rapport de Catherine Lemorton, je mentionnais le fait, relevé par le Figaro, qu’elle est pharmacienne et ménage sa Bachelot Pharmanetwork.gifcorporation. Source de conflits d’intérêts. Mais nous avons un exemple bien plus parlant et plus révélateur de la représentation de l’intérêt général et des intérêts privés… Remarquez au passage que les media de pub de l’industrie pharmaceutique savent à qui s’adresser pour parler de la visite médicale… Que trouve-t-on dans le numéro de février 2008 du journal PHARMAnetwork ? Un entretien avec Roselyne Bachelot, intitulé "Le métier de visiteur médical doit évoluer." Dit comme ça…

Mais que lit-on sous la plume de certains méchants détracteurs ? Ainsi dans cette note de 2002 du site Dissident Media : « La vie de Roselyne Bachelot ressemble parfois à une jolie légende. Née le 24 décembre 1946 "à minuit", à Angers, fille de chirurgiens-dentistes, elle fait des études de médecine, se marie, interrompt ses études, devient visiteuse médicale. Entrée au RPR dès sa création, en 1976, elle démarre sa carrière politique à l’âge de 30 ans, sous l’il de son père, l’ancien député gaulliste Jean Narquin. Ses ennemis politiques critiqueront dès lors la "fille à papa". La pharmacienne est élue conseillère générale en 1982. Battue aux municipales à Angers, en 1995, elle est élue députée en 1988 grâce à son père qui se désiste en sa faveur, au dernier moment. (…)

Ou encore sur le site Atoute, où l’on peut admirer les talents de Mme Bachelot en matière de retouches. De son CV et de son prénom (Roseline), par exemple. L’ancienne version, désormais démodée, indique ceci : « Déléguée à l’information médicale, laboratoire Ici Pharma – de 1969 à 1976. Chargée des relations publiques – Soguipharm – de 1984 à 1989. Titulaire d’une pharmacie de 1984 à 1991 ».

Toute trace de ces activités disparaît de son nouveau CV, repris sur la même page d'Atoute. Il faut bien savoir "se vendre", non ? N’est-ce pas ce que l’on sérine à longueur de journée à M. et Mme tout le monde ? En un sens, la ministre est exemplaire, donne l’exemple. Je parle de s’adapter en modifiant son CV, bien entendu.

Ce serait intéressant de savoir ce que pensent les visiteurs médicaux de cette façon inédite de valoriser leur travail, en niant jusqu'à son existence... Serait-il honteux? Incompatible avec l'image d'une élue censée représenter l'intérêt général, trop souvent malmenée par les firmes pharmaceutiques?

19/04/2008

Politiques sous influence. Du lobby pharmaceutique au lobbying à l’Assemblée nationale et à l’Elysée. Extraits vidéo.

« Les lobbies. L’Elysée sous influence ? » est le titre du reportage diffusé en mai 2007 par "Questions à la une", le magazine d'information de la RTBF (télévision belge francophone de service public). Vous verrez pourquoi un tel reportage ne pourrait pas passer sur une chaîne française... Nous avons repris de Dailymotion cinq extraits vidéo de l'émission, et fait un petit exercice qui décuple leur impact: les regarder en les croisant avec des fragments d’un article de Marie Bénilde, Quand les lobbies (dé)font les lois. Parlementaires français et européens sous pression, (Monde diplomatique, mars 2007). On dirait que lorsque les trop rares journalistes d’investigation se mettent au travail, ils arrivent à des résultats similaires…

La première séquence vidéo de l’émission belge parle de l’université d’été de Pharmaceutiques, qui est la revue mensuelle de référence « des cadres de l'industrie et des décideurs institutionnels du monde de la santé », selon la présentation officielle. Celle-ci ne laisse pas planer les doutes sur le principal centre d’intérêt : « résultats financiers, bilans et perspectives ». Le numéro de janvier contient un bilan de l’année 2007, réalisé par le LEEM (syndicat de l’industrie pharmaceutique), non disponible en ligne, à mon grand regret… Mais on apprend que le bilan financier de l’année passée était stable – ouf !!

Cette université d’été de « Pharmaceutiques », fermée au public et aux media, a eu lieu dans un château du Lubéron, où le super lobbyiste de l’industrie pharmaceutique, Daniel Vial, a réuni à la fois des PDG de grandes firmes pharmaceutiques et des politiques tels Bernard Kouchner, Michèle Barzach, Claude Evin… Avec la présence, en mission officielle, semble-t-il, du ministre délégué à la Sécurité sociale, Philippe Bas... Notre porte-monnaie en est de plus en malade... Et plus il souffre, plus on risque de souffrir longuement en cas de maladie...

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08/01/2008

L'industrie pharmaceutique: maître du système de soins au moyen des conflits d'intérêts

Un article paru aujourd’hui sur le site du journal Les Echos mérite d’être signalé, tant les analyses de ce type sont rares en Argent Zoll.de.jpgFrance…

Il rappelle le contrôle de l’industrie pharmaceutique sur toute la filière du médicament, y compris sur l’information des médecins – et des usagers, forcément…, puisque ces derniers sont les cobayes et les victimes par excellence d’un système de soins orienté tout entier vers le profit, vers la satisfaction d’intérêts financiers privés, des firmes comme de bon nombre de médecins et pharmaciens. Et ce au mépris des seuls intérêts qui devraient compter : celui collectif de la santé publique et celui individuel de la santé de chaque patient. Les deux étant deux facettes du même intérêt général, principe républicain qui n’aura bientôt plus aucune traduction pratique, ni en médecine ni ailleurs...

Le verrouillage de toutes les articulations du système de soins par l’industrie pharmaceutique et par ceux qu’elle paie donne cette désinformation organisée que nous avons dénoncée  en reprenant deux déclarations de l’ISDB (International Society of Drug Bulletins): celle sur l'absence de progrès thérapeutique et celle sur la minimisation des effets secondaires des médicaments.

L'ISDB est représentée en France par la seule revue Prescrire et en Allemagne par quatre revues dont l’excellente Arznei-Telegramm (« Télégramme du Médicament »), qui fêtera ses 40 ans en 2009. L’article en question :

"Pour une autre politique du médicament"

par Jean-Pierre DAVANT, président de la Mutualité Française

Un extrait : « Aujourd'hui, les laboratoires pharmaceutiques maîtrisent l'information des médecins. Il y a trente-cinq fois plus de visiteurs médicaux que de délégués de l'assurance-maladie. Selon l'Inspection générale des affaires sociales, les médecins généralistes reçoivent en moyenne 330 visites médicales par an. Chaque année, ces visites coûtent à la collectivité 25.000 euros par médecin généraliste. Ajoutons à cela que l'industrie pharmaceutique invente régulièrement de nouvelles pathologies à des fins de marketing pour lancer de nouveaux médicaments : phobie sociale, côlon irritable, jambes sans repos... Enfin, les laboratoires pharmaceutiques rémunèrent des experts et des spécialistes du lobbying pour porter un discours publicitaire. Y compris dans la presse scientifique. La déclaration par les experts de leurs conflits d'intérêts avant toute expression publique sur un médicament était prévue par la loi Kouchner. Mais cette disposition [l'article 26] n'est toujours pas appliquée.

La promotion du bon usage du médicament ainsi que l'élaboration et la mise en oeuvre des programmes d'observance devraient relever des autorités sanitaires, et non pas d'intérêts commerciaux. En aucune manière, l'industrie pharmaceutique ne devrait pouvoir s'ingérer dans la formation initiale et continue des professionnels de santé. Cette mainmise sur l'information des médecins est une des caractéristiques françaises, qui explique pour partie le haut niveau qu'atteignent les prescriptions médicamenteuses dans notre pays. Ce sont là des liaisons dangereuses qui entachent singulièrement la liberté du choix de prescrire à laquelle nos médecins nous disent être attachés.

Priorité à la recherche et à l'innovation, baisse et transparence des prix, modernisation des circuits de distribution, valorisation du métier de pharmacien, indépendance de l'information : une autre politique du médicament est possible. Le médicament est utile. Ne gâchons pas nos ressources en entretenant des pratiques plus mercantiles que sanitaires, car au bout du compte elles freinent les innovations qui sauveront demain des vies. »

Commentaires de Pharmacritique:

On peut critiquer certains des exemples donnés, et je pense notamment au côlon irritable et au syndrome des jambes sans repos. Il faut se garder de stigmatiser les patients qui en souffrent, sachant que la médecine a fait beaucoup d'erreurs de ce type par le passé. Il est fort possible que la recherche découvre à l'avenir une ou plusieurs causes qui peuvent provoquer de tels syndromes.

Photo: Zoll.de

Elena Pasca

 
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