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22/06/2010

La démocratie à l'épreuve du lobbying. Séminaire du réseau ETAL (22 juin à l'Assemblée nationale)

Voici l'annonce du premier des trois séminaires sur les questions liées au lobbying organisés par le réseau ETAL (voir plus bas) à l'Assemblée nationale. La Fondation Sciences Citoyennes est membre du comité d'animation du réseau ETAL. J'aurai le plaisir d'intervenir sur un thème qui me tient à cœur, à savoir les enjeux politiques plus « profonds » du lobbying : ses conséquences sur le modèle universaliste / républicain (la quasi synonymie des deux termes n'est malheureusement plus évidente) et les (auto)contradictions dans l'argumentaire associatif, y compris au sein des associations qui refusent de se dire lobbyistes. Je persiste à penser qu'il faudrait faire une analyse politique qui montre à quel point penser dans les termes imposés par les lobbyistes / les multinationales, se cantonner dans cet enclos terminologique ne peut pas aboutir à un raisonnement valide, et encore moins à des conclusions valides.

Il faudrait prendre le temps d'exposer le tout, de clarifier le champ sémantique, de casser quelques évidences, de débattre... Ce ne sera pas demain...

Une remarque : Je ne suis pas une « spécialiste » du lobbying et n'ai aucune envie de le devenir. Ce n'est pas non plus un thème habituel du courant de pensée auquel je me rattache : la Théorie critique (Ecole de Francfort). Par contre, pour le dire vite fait, je suis une républicaine de la vieille école, grâce en particulier à Heinz Wismann, qui m'a ouvert les yeux sur ces questions, en apparence bien éloignées de mes « intérêts » de connaissance. Mais l'hyperspécialisation crée elle-même des enclos d'une autre nature...

Mes excuses pour l'annonce très tardive du séminaire. L'inscription est terminée depuis une semaine.

Elena Pasca

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04/06/2010

"Sciences, lobbying et citoyens: un enjeu démocratique": débat le 5 juin à l'Institut de Silfiac

J'aurai le plaisir de représenter la Fondation Sciences Citoyennes à ce débat où j'évoquerai des aspects relevant des conflits d'intérêts dans le système actuel d'expertise scientifique et de régulation. Pour en savoir plus sur L'institut de Silfiac, lisez cette page.

Voici la présentation, le programme et les intervenants de cette journée.

Institut de Silfiac/Skol Uhel Silieg

Institut pour un développement durable et solidaire en Bretagne

Le 5 juin 2010, au bourg de Silfiac (et non à Crénihuel)

Sciences, lobbying et citoyens : un enjeu démocratique

"Avant et surtout depuis le sommet de Copenhague, les remises en cause incessantes des conclusions des scientifiques du GIEC par les climato-sceptiques ont réussi à entamer le début de mobilisation politique pour lutter contre les causes et conséquences du changement climatique, semant le doute chez de nombreux citoyens sur la nécessité de modifier leurs habitudes.

Comment ce revirement s’est-il opéré ? Quelles sont les méthodes utilisées ? Sous la pression de quels lobbies ? Quelles en sont les conséquences, politiques notamment ? Comment peut-on s’en défendre ?

Les mêmes remises en cause et dénigrements des scientifiques et de leurs travaux existent également en matière d’amiante, de pesticides, d’OGM ou de marées vertes, et là la Bretagne est plus directement ou spécifiquement concernée.

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05/01/2010

"La déontologie de l’expertise ne se limite pas à la transparence sur les conflits d’intérêts", rappelle la Fondation Sciences Citoyennes

Voici un communiqué de la Fondation Sciences Citoyennes et qui peut être lu en continuité avec l'article de Pharmacritique "Conflits d'intérêts, forme de conflits d'intérêts In these times.jpglobbying: une filiation dénoncée par le réseau ETAL et la Fondation Sciences Citoyennes". Parce que c'est la réunion de décembre 2009 à la Haute autorité de santé, évoquée dans l'article, qui m'a donné l'idée d'un communiqué pour critiquer ce "climat" de congratulation réciproque. L'illustration (modifiée par moi) est tirée du site In these times.

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"Le fiasco de la stratégie de lutte contre la grippe A, élaborée par des experts ayant des conflits d’intérêts, n’est qu’un exemple de plus des conséquences néfastes d’un système d’expertise publique dépendant des industriels. Face à l’inertie des autorités, c’est aux citoyens et aux associations de se mobiliser pour briser ce cercle vicieux.

La Fondation Sciences Citoyennes déplore que la table ronde « Expertise et conflits d’intérêts », organisée le 10 décembre par la Haute Autorité de Santé (HAS) en soit restée à des discours de congratulation réciproque, sans état des lieux critique ni propositions concrètes de changement. Or cette ambiguïté permanente entre intérêts privés et publics ne saurait cesser sans une loi pour définir et faire appliquer une véritable déontologie de l’expertise.

La HAS, le LEEM (organisation de l’industrie pharmaceutique), l’AFSSA (Agence de sécurité des aliments), un conseiller d’Etat ainsi que des leaders d’opinion prétendent que le système d’expertise et d’information s’est amélioré, parce qu’ils prononcent désormais ouvertement le terme « conflits d’intérêts » et qu’un rudiment de déclaration publique d’intérêts existe…

Ce satisfecit devrait alerter la société civile sur un danger majeur : la transparence (fort lacunaire) sur les liens des experts avec des industriels n’est qu’un alibi servant à légitimer les conflits d’intérêts et à désamorcer jusqu’à la question de l’opportunité d’une délibération citoyenne sur le système dans son ensemble. Accepter le lobbying, l’influence par les groupes d’intérêt ainsi que les conflits d’intérêts, pourvu qu’ils soient transparents, c’est une pente glissante qui peut mener à la disparition pure et simple de l’intérêt général, faute de groupes d’intérêts puissants pour le porter.

La transparence n’est pas un but en soi, mais une étape sur la voie de la limitation et de l’élimination des conflits d’intérêts. Cela est une ligne de force des propositions de la Fondation Sciences Citoyennes, avec la création d’une Haute autorité de l’expertise et de l’alerte indépendante. En tant qu’instance éthique, celle-ci doit poser les principes d’une déontologie de l’expertise, l’affirmant comme pluraliste et pluridisciplinaire, systématiquement contradictoire, transparente à tous les niveaux (données brutes, délibérations, critères de sélection des experts…) et faisant place à l’expertise citoyenne. Un droit de saisine associative et un fonds de financement devraient permettre la concrétisation de cette expertise. Cette Haute autorité définirait le statut des experts et affirmerait leur responsabilité ; elle exigerait des déclarations d’intérêts complètes et aurait un droit de contrôle et de sanction.

Elle définirait ce qui relève ou non de l’alerte, ainsi que le statut des lanceurs d’alerte. Ceux-ci sont les seuls à briser ce système d’expertise verrouillé par les conflits d’intérêts, et il faut qu’un cadre juridique les protège des représailles auxquelles ils s’exposent.

Les critiques et les questions que la Fondation Sciences Citoyennes a pu formuler lors de cette table ronde sont restées sans réponse.  L’enjeu est pourtant majeur : c’est notre santé à tous.Les citoyens doivent exiger une remise à plat du système actuel d’expertise et de prise de décisions politico-sanitaires. Ils doivent contrecarrer les tentatives de banalisation et de légitimation du lobbying, comme le fait la veille citoyenne mise en place par le réseau ETAL (Encadrement et Transparence des Activités de Lobbying)."

Contact : Elena Pasca  09 54 88 58 42

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Elena Pasca
 
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