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27/07/2012

Résumé des interventions lors du colloque "Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements" (hors contributions)

Pour compléter les actes du colloque « Surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements » (27-28 avril à la Faculté de médecine de Bobigny), dont la publication commence sur cette page, voici le résumé des principales interventions faites pendant les ateliers (lors de la discussion succédant aux contributions) et pendant les trois assemblées plénières.

Merci à François PESTY d’avoir pris des notes et de les avoir transcrites. J’ai rajouté quelques paragraphes. Une version moins complète de ce texte a été diffusée sous le titre « Verbatim des interventions ». Si d’autres intervenants souhaitent compléter ce texte, merci de m’adresser le résumé de leurs interventions lors des débats et plénières à pharmacritique@voila.fr.

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25/09/2009

Exposé de David Healy: les conséquences néfastes de l’influence des pharmas et des conflits d’intérêts sur une recherche médicale déformée pour occulter les effets secondaires

Le 25 mars, le professeur de psychiatrie à l’université de Cardiff, David Healy, a donné une conférence qui a pour point de départ la David Healy Harvard Square Library.jpgréforme de la santé aux Etats-Unis. L’intitulé était “Can Industrialized and Marketized Healthcare be Made Universally Available? (Un système de soins industrialisé et conforme au marché peut-il être rendu universellement acessible ?). On peut visionner cette conférence d’une heure et demi sur You Tube. David Healy y intervient à partir de la huitième minute.

La conférence s’achemine progressivement vers une critique des scories d’une médecine sous la coupe de l’industrie pharmaceutique, un contrôle facilité encore plus par un marché totalement dérégulé. (Comme nous l'aurons en France aussi; il se met en place peu à peu. A bon entendeur…).

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06/08/2009

Elsevier a édité neuf fausses revues médicales. Treize autres allaient sortir pour désinformer les généralistes dans plusieurs spécialités

Pharmacritique a rendu compte en détail du fait que Merck a payé l’éditeur Elsevier pour publier une fausse revue médicale comme s’il elsevier logo.gifs’agissait d’une vraie revue à comité de lecture (peer-reviewed journal). C’est l’un des moyens par lesquels l'industrie pharmaceutique va au-delà d'un marketing forcené, pour accomplir ce qu’il convient d’appeler ghost management : gestion fantôme, contrôle invisible mais omniprésent de toute la filière médicament et de l’information médicale, décrits en détail dans l'article cité ci-dessus.

Cette révélation faite par le journal The Scientist a été complétée le 7 mai, puis dernièrement le 4 juin dans l’article « Elsevier tweaks custom pub rules » (Elsevier tord le cou aux usages en matière de publicité pour ses clients), signé toujours par Bob Grant.

Il y a eu en tout neuf fausses revues fantôme éditées par Elsevier pour le compte de laboratoires que l’éditeur refuse de nommer, tout comme il refuse de dévoiler le montant des transactions. Et treize autres revues déjà enregistrées, mais pas publiées. Décidément, le monde médico-pharmaceutique est hanté...

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15/10/2008

OFCE : la taxation des malades est inefficace et inégalitaire. Il faut revaloriser la médecine générale et revoir la façon de prescrire

La lettre du 15 septembre de l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), intitulée Participation financière des patients et équilibre de l'assurance-maladie, vaut le détour. Elle remet en cause empty-pockets Pharmalot.jpgl’efficacité de la taxation des malades pour couvrir le déficit de la Sécurité sociale et épingle ces dispositifs pour leur caractère inéquitable, inégalitaire quant à l’accès aux soins et nuisible à la santé des usagers.

Le paiement d’un euro par consultation, le forfait de 18 euros pour certains actes et les les franchises médicales ont mené 32 % des personnes sans assurance complémentaire et 13 % de celles dotées d’une complémentaire à renoncer aux soins, surtout aux soins bucco-dentaires, à l’optique et aux consultations de spécialistes.

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05/09/2008

Enquête canadienne : des médecins généralistes évaluent la visite académique intégrée à leur formation continue

L’unité de formation continue de l’université de Dalhousie (Canada) a réalisé en 2006 une enquête détaillée sur les mérites et les 1090510561.jpginconvénients de la visite académique, du point de vue des médecins généralistes de la région. Les résultats ont été publiés en 2007 sous le titre "Family physicians' perceptions of academic detailing : a quantitative and qualitative study" ("Comment les médecins de famille perçoivent-ils la visite académique ? Une étude quantitative et qualitative").

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30/04/2008

Les généralistes suisses en pleine acrobatie entre les conflits d'intérêts dans la formation médicale continue (FMC)

La Société suisse de médecine générale (SSMG) a fait sienne la proposition faite par la revue médicale indépendante Pharma-Kritik sur le sponsoring (ou financement) indirect par l’industrie pharmaceutique, que nous avons évoquée dans cette note. L’argumentaire montre bien que légitimer une telle idée oblige les médecins et les organisations médicales à faire des acrobaties – périlleuses pour l’intégrité... Cette organisation chargée entre autres d’accréditer des manifestations de formation médicale continue (FMC) pense sautiller entre deux conflits d’intérêts pour finir par se retrouver en plein dans un troisième…

Voici deux extraits du Rapport annuel de la SSMG sur la formation médicale continue. Le premier contient les belles paroles, l’incantation d’une « transparence absolue » et d’une absence de conflits d’intérêts. L’ambiance est gâchée lorsqu’on avance dans la lecture et qu’on voit que les intérêts et les biais financiers sont bel et bien là, de façon juste un peu plus … biaisée, pourrait-on dire. A la fin, il y a un lien vers les directives de l’Académie suisse de médecine, codifiant ce sur quoi le public et les médecins suisses peuvent ou non fermer les yeux.

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26/04/2008

Sarkozy se soucie bien du pouvoir d'achat! On se le rappellera en payant le nouveau tarif du médecin généraliste

Le journal Les Echos vient de nous apprendre que le gouvernement se soucie quand même du pouvoir d’achat : celui des médecins en général, et des généralistes en l’occurrence. La consultation coûtait 16 euros en 1997, elle coûtera 23 euros encore en 2008. Pourquoi ne pas faire pareil pour toutes les catégories professionnelles ? Je lisais quelque part le commentaire d’un usager, écrit avant cette dernière hausse et qui n’était pas sans fondement : En quoi seule la médecine (générale) mériterait-elle une telle revalorisation ? D’autant plus qu’avec la tarification à l’acte, les tarifs augmentent et la durée de la consultation se réduit (16 minutes en moyenne, selon le Sénat). Et pourquoi l’augmentation des dépenses ne pose cette fois-ci aucun problème à la Sécurité sociale ? Dans les termes mêmes du gouvernement : les médecins ne doivent-ils pas être eux aussi « responsabilisés » ? Et participer à l’effort – vendu comme « national » - visant à combler le trou de la Sécu ? On va là encore vers le modèle anglo-saxon : des consultations médicales de plus en plus chères, une médecine privatisée de bout en bout, d’une part ; et des usagers de plus en plus pauvres, exclus des soins faute de pouvoir se les payer, d’autres part… Il s’agit d’une tentative supplémentaire de désolidariser complètement médecins et usagers, pour qu’ils aient des intérêts complètement antagonistes et ne puissent plus du tout se mettre d’accord dans la critique et l’action contre le démantèlement du système public de santé et de soins. La note précédente parlait du néolibéralisme ; la médecine libérale et la liberté qu’elle peut revendiquer grâce à un fort corporatisme ne reviendrait-elle pas de plus en plus à individualiser les profits et à mutualiser les pertes ? Sans se soucier du devenir des patients?

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16/01/2008

« Québec sur ordonnance ». La médecine fast food.

Citons d’emblée Paul Arcand, le réalisateur de «Québec sur ordonnance», ce documentaire sur les rouages de b0fb1dab710c4501c80013dd44ecbccf.jpgl'industrie du médicament au Québec, sorti en octobre : « Dans le fond, c'est quoi l'attitude des gouvernements face à la pauvreté? Ce qui est clair, actuellement, c'est que la médication est une des façons de répondre à ça. Quant à savoir si c'est une réponse qui a de l'allure, une réponse qui est permanente, moi j'ai un sérieux doute ». Et ailleurs : « De tous les médicaments vendus aux pauvres, ce sont les psychotropes qui arrivent en première place. Une pilule pour oublier, une pilule pour se geler les émotions, une pilule pour être au neutre ».

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