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22/06/2008

Le Medec nous dit quel labo paie le mieux, fait la meilleure pub ou la meilleure formation continue... Les intéressés sauront à qui s’adresser

Un communiqué de presse en date du 20 juin annonce « les lauréats » du Medec 2008. Je lis cela avec les yeux d’un usager et à partir des CRO pharma dependant.jpg« partenariats » de cette foire industrielle.

17.000 généralistes qui votent pour faire de la publicité aux laboratoires, ça la fiche très mal… Et une affirmation du genre « GlaxoSmithKline a été récompensé pour son implication efficace auprès des médecins dans leur pratique quotidienne : il a été élu laboratoire de l'année » en dit bien plus long que les dénonciations de Prescrire

Cujus regio, ejus religio. En traduction libre : on voit qui c’est qui paie le mieux et a de fait le pouvoir de décider et de se faire encenser publiquement. Il y avait une définition qualifiant l’acte consistant à gratifier quelqu’un de ses charmes moyennant finances. Il me semble que la signification n’a pas changé. Par contre, la contrainte matérielle poussant à ces activités est légèrement différente…

Sanofi-Aventis est encensé pour… la formation médicale continue. Punaises ! Ca, c’est ce qu’on appelle de la transparence ! Reconnaître ouvertement que les vendeurs forment les médecins. Pareil lorsque ces derniers disent leur enthousiasme pour la « communication » de Sanofi Pasteur concernant le Gardasil°…

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26/05/2008

"La pharmas-co-dépendance montrée du doigt": les tares d'un complexe médico-pharmaceutique en panne d'innovation thérapeutique

Merci au médecin qui m’a signalé ce texte. Il s’agit d’un article paru dans le journal Canadian Family Physician en octobre 2007 sous la plume de Pierre Biron, Martin Plaisance et Paul Lévesque.

Juste une remarque : je suis beaucoup moins optimiste quant aux possibilités que l’industrie pharmaceutique entende le message et réfrène ses ardeurs: « L’industrie pharmaceutique doit être ramenée à l’ordre. Elle s’est déjà avérée suffisamment résiliente pour s’adapter au changement si la société insiste. », disent les auteurs. Je pense qu’elle s’adapte en surface, adapte sa communication et son marketing, invente des stratégies nouvelles pour faire passer la pilule, dorée en fonction des modes qu’elle contribue largement à créer… Mais elle ne changera jamais profondément. Ce qui ne veut pas dire qu’il faut baisser les bras, bien au contraire. La société doit insister et imposer des limites très strictes aux firmes, qu’elles le veuillent ou non! La décision ne doit pas leur appartenir. Les industries comme les technosciences sont des moyens, et elles n’ont pas leur mot à dire sur la question morale des « fins », de ce à quoi elles doivent servir. La déontologie et les applications éthiques doivent (ou plutôt devraient…) les encadrer de l’extérieur, puisque la dimension de la normativité ne leur est pas accessible. C’est cette vérité élémentaire qu’il faut rappeler à chaque fois qu’une industrie / technique / technologie / science dite exacte a des prétentions illégitimes.

Je pense aussi qu'un conflit d'intérêts apparaît dès qu'un médecin collabore à des recherches financées par les firmes.

Mais ces remarques ne changent rien au fait que le texte identifie et nomme très bien bon nombre de structures portantes du problème, à commencer par le terme "pharmas-co-dépendance" ou l'"acharnement préventif"... Le texte entier est en libre accès ici; j'en reproduis les principaux fragments avec l'aimable autorisation de l'auteur : La pharmas-co-dépendance montrée du doigt. Le temps serait-il venu de dire «Non merci»? Et quelques réponses figurent sur cette page. [Elena Pasca]

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