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24/08/2011

La pharmaco-prévention dans les unités de soins de longue durée: un acharnement à dénoncer

Par le Pr Pierre BIRON pierre biron pharmacologie,prévention abus de prévention,médicalisation surmédicalisation surmédicamentation,unité de soins de longue durée personnes âgées,vieillissement soins hôpital,personne âgée médicaments effets indésirables,statines personnes âgées,alzheimer médicament anticholinestérasiques effets indésirables,calcium suppléments densité osseuse,bisphosphonates effets indésirables,preventive hounding prévention,acharnement thérapeutique personnes âgées,usld soins qualité de vie,viellissement qualité de vie soins long séjour,centre soins long séjour,personnes âgées dépendance autonomie,personnes âgées médicaments coûtefficacité

[Professeur honoraire de pharmacologie à l’Université de Montréal, engagé sur toutes les questions de pharmacologie sociale, Pierre Biron est un observateur critique de la scène médico-pharmaceutique, auteur et co-auteur de nombreux articles et chapitres de livres sur l’influence de l’industrie pharmaceutique sur la médecine, l’abus de prévention, la surmédicalisation et surmédicamentation, les formes de disease mongering (façonnage de maladies), les politiques du médicament… 

Pierre Biron vient de publier un dictionnaire engagé, critique et évolutif, anglais/français, de la médecine dans ses rapports à l’industrie pharmaceutique, qui peut être téléchargé gratuitement sur cette page de l’Encyclopédie de l’Agora (site incontournable fondé et animé par le philosophe Jacques Dufresne).

Sur Pharmacritique, Pierre Biron a publié l’article « Entrevue virtuelle avec Jean Peneff: "La France malade de ses médecins" ». (Photo: revue Protégez-vous)]

 

La pharmaco-prévention dans les unités de soins de longue durée: un acharnement à dénoncer

Chaque jour il peut se consommer – disons huit pour la présente discussion - pilules ordonnancées par lit d’Unités de soins de longue durée (dits Centres hospitaliers de soins de longue durée ou CHSLD, au Québec) et parfois plus. Avec plus de 45 700 de ces lits en mars 2010, cela ferait 133 400 000 de prises annuelles auxquelles seraient exposés nos aînés non autonomes au Québec. On peut refaire de tels calculs en France, en Suisse, en Belgique. Autant d’aînés exposés aux effets indésirables, dont le risque augmente exponentiellement avec le nombre de produits consommés quotidiennement. Exposés le sont aussi les porte-monnaie des contribuables et des payeurs de primes de mutuelles et complémentaires santé.

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09/07/2011

Surdiagnostic des cancers: entre dépistage obligatoire en Pologne et surdépistage imposé en douce en France sous pressions diverses

J’ai déjà évoqué dans ces pages la surmédicalisation – cette médicalisation infinie de la vie dont parlait Foucault en tant que forme de dépistage cancers Turcotte Welch.jpgbiopouvoir et moyen de contrôle social, en abordant certaines de ses formes, dont l’abus de prévention. Le surdépistage des cancers en est une facette particulièrement grave, compte tenu des conséquences extrêmes qu’elle peut induire (procédures inutiles et risquées, médicamentation très lourde qui peut être mortelle (un analogue agoniste GnRH (Enantone/Eligard/Viadur, Décapeptyl, Zoladex…) chez un homme de plus de 70 ans ayant des facteurs de risque cardiovasculaires risque beaucoup plus de le tuer qu’un cancer de la prostate - avant ou après lui avoir rendue la vie très pénible).

Certes, le dépistage d’une dysplasie de haut grade par un frottis cervico-vaginal n’entre pas dans la même catégorie, puisqu’il n’a pas le même risque qu’une biopsie de la prostate ou que des mammographies cumulées. Mais d’ici à le rendre obligatoire…

Je voudrais signaler cette nouvelle inquiétante venue de Pologne, tout en rappelant que la situation n’est pas meilleure en France et ailleurs. Chez nous, c’est peut-être plus grave, parce que l’obligation n’est pas perceptible comme telle. L’industrie pharmaceutique et les autres industriels qui ont intérêt à développer ces pratiques de surmédicalisation, de concert avec les médecins qui se prêtent au jeu, du fait des conflits d’intérêts ou de la désinformation – amènent les usagers à se soumettre librement. C’est une façon beaucoup plus efficace, parce que ces derniers pensent que c’est dans l’intérêt de leur santé de se soumettre à ces dépistages, voir même que c’est leur liberté de les demander et de les avoir.

Je rappelle plus bas qu’il y certains décideurs politiques, certains médecins et réseaux de médecins qui s’opposent à cela – et peuvent le payer très cher. Enfin, j’évoque la manipulation par la peur et divers moyens de pression qui interviennent dans l’autorisation des médicaments et procédures ayant trait de près ou de loin aux cancers, dans les extensions d’indication, dans le refus d’évaluation ou réévaluation de moyens thérapeutiques d’efficacité douteuse, etc.

Je donne un certain nombre de liens et de références d'articles et livres sur les dangers et les conséquences du dépistage organisé (surdépistage) et du surdiagnostic qui en résulte et mène à des traitements inutiles et risqués.

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05/08/2009

Chroniciser les maladies est plus rentable que les guérir. Les conflits d’intérêts assurent la prééminence du profit sur la santé, selon le prix Nobel Richard Roberts

Richard J. Roberts, biochimiste et biologiste moléculaire britannique, est l'un des lauréats du prix Nobel de médecine 1993, pour ses travaux sur les introns ADN et l’épissage des gènes.

Dans le numéro du 27 juillet 2007 du journal catalan La Vanguardia paraissait une interview qu'il a accordée à Lluís Amiguet, sous le titre "El fármaco que cura del todo no es rentable" (Le médicament qui guérirait tout ne serait pas rentable). Pharmacritique vous propose une traduction de la partie du texte qui a trait aux sujets abordés dans ces pages.

On pourrait voir dans la chronicisation des maladies une autre forme de disease mongering - qui ne signifie pas seulement façonnage ou invention de maladies -, et je donnerai bientôt un exemple édifiant. De tels abus ne sauraient durer sans la complicité du monde médical et du monde politique, qui permettent et légitiment une telle dérive des recherches médicales et pharmacologiques vers des applications choisies uniquement en fonction des profits immédiats qu’elles peuvent apporter. Or un patient guéri n’est plus rentable. Par contre, les malades chroniques sont des sources de profits inépuisables. Les départements R&D (recherche et développement) des laboratoires semblent avoir orienté leur activité uniquement dans cette direction.

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30/09/2008

Même en bonne santé, les fumeurs sont des malades, dit l’ordre allemand des médecins. Cherchez l'argent...

Encore un pas vers le dévoiement de la médecine en un outil de normalisation et de contrôle social par la médicalisation de l’existence dans son Fumer DPAgentur.jpgensemble; par la médicalisation des modes de vie, en l’occurrence…

Je n’ai pas eu le temps de creuser les conflits d’intérêts qui se cachent à coup sûr derrière l’exigence de l’ordre fédéral des médecins allemands, formulée le 15 septembre devant un comité parlementaire : il faudrait "reconnaître" les fumeurs comme des malades comme les autres, dans la catégorie des addictions. Cette demande est contestée par les caisses d’assurance-maladie et fait débat au sein de la profession et au-delà.

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