15.05.2008
Vioxx: Merck a dû payer 4,85 milliards de dollars. Articles édifiants et interview avec le lanceur d’alerte
La prise de position du Journal of the American Medical Association (JAMA), que nous avons traduite dans cette note, partait de l’affaire de
l’anti-inflammatoire Vioxx (rofécoxib). Les exploits prodigieux de ce médicament sont parfaitement résumés dans ce gag vidéo…
Répondant au JAMA, la firme Merck dit qu’elle « s’est toujours conformé[e] à des normes élevées d’intégrité scientifique et d’éthique »… Bon exemple de cynisme. Lors des procès mettant en cause le Vioxx (rofécoxib), il a été prouvé que la firme a fait des efforts pour minimiser les risques de morbidité et de mortalité cardiovasculaire. Elle a exercée son influence même au sein l’agence américaine du médicament (FDA), où l’épidémiologiste David Graham a subi de fortes pressions pour se taire. Mais c’est quand même lui qui a lancé l’alerte, et il est depuis sous la protection du sénateur Charles Grassley, le critique le plus avisé des dérapages de l’industrie pharmaceutique. (Rappelons que c’est le tandem Graham – Grassley qui a aussi lancé l’alerte publique à propos d’Avandia (rosiglitazone)).
Merck a payé début novembre 2007 4,85 milliards de dollars pour contenir les actions collectives en justice et dédommager les victimes qui avaient réussi à constituer à temps un dossier complet.
04:59 Publié dans Effets secondaires, iatrogénie, erreurs médicales | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : vioxx rofécoxib, désinformation pharmaceutique, recours collectif en justice, marketing pharma merck, lanceur d'alerte, prix galien, effets secondaires vioxx, crises cardiaques, manipulation de la recherche médicale, procès vioxx, dr david graham, décès vioxx, essais cliniques manipulés merck |
Facebook
06.05.2008
Editorial du JAMA pour limiter conflits d'intérêts, ghostwriting et manipulation de la recherche médicale par les laboratoires
Le Journal of the American Medical Association (JAMA) a publié dans son numéro du 16 avril deux articles qui reviennent sur certaines des méthodes employées par le laboratoire
Merck pour manipuler les recherches et les études médicales, bref, l’information médicale portant sur le Vioxx (rofécoxib, anti-inflammatoire responsable de dizaines de milliers d’attaques cardiaques et de décès). Cette expérience est particulièrement douloureuse pour le JAMA parce que la revue avait elle-même fait partie des toutes premières à publier une étude très favorables au Vioxx. Les articles parus dans les revues scientifiques étaient réécrits, arrangés, rendant compte d'essais cliniques dont les résultats avaient eux-mêmes été manipulés et pourvus de présentations écrites en bonne partie par des employés de Merck, non déclarés comme auteurs... C’est le problème connu sous le nom de "ghostwriting" ou encore "ghost authorship", désignant les auteurs fantôme, experts en rédaction publicitaire, pas en médecine. Les articles promotionnels qu'ils écrivent selon les directives du service marketing des firmes sont ornés de prête-noms pour faire passer la désinformation : il s'agit de médecins et/ou chercheurs très connus qui n’avaient pas – ou pas totalement – connaissance du dossier, mais qui ont accepté de figurer comme auteurs moyennant finances ou promesse de prestige. L'ampleur du problème est telle qu'on ne sait plus qui porte légitimement le nom d'"auteur". En plus des rédacteurs fantôme (ghost writers), il y a aussi les auteurs invités et autres auteurs dits "honoraires", qui offrent les garanties de respectabilité qu'apportent leurs noms et occultent la manipulation faite en coulisses par les auteurs fantôme et autres "nègres"...
22:45 Publié dans Initiatives pour limiter les conflits d'intérêts | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : conflits d'intérêts presse médicale, manipulation de la recherche médicale, ghostwriting médecine presse, auteurs honoraires auteurs invités, ghostwriters auteurs fantôme, ghostwriting ghost management, influence pharmaceutique médecine prescriptions, intégrité scientifique recherche médicale, comité de relecture presse médicale, évaluation des essais cliniques conflits d'intérêts, pratique clinique conflits d'intérêts, formation médicale continue conflits d'intérêts, catehrine de angelis jama conflits d'intérêts presse |
Facebook
21.04.2008
La médecine est une mixture de science, de sophismes, biais, illusions d'optique, preuves manipulées et autres croyances, disent Skrabanek et McCormick
Malgré ses dimensions modestes, le livre de Petr Skrabanek et James McCormick, "Idées folles, idées fausses en médecine" (O. Jacob, 1992, trad. Yves Morin) tient ses promesses d'être un "cours d’initiation au
jugement critique en médecine", rédigé dans un langage accessible à tous. Et la nécessité de la critique n’a pas diminué depuis la première édition du livre, bien au contraire… Les auteurs s’attaquent aux nombreux sophismes, erreurs de raisonnement, arguments fallacieux, fautes de logique, biais cognitifs, dissonances cognitives, illusions, manipulations des preuves et des statistiques qui ont cours en médecine et qui sont couverts - comme toutes les erreurs - par leurs auteurs eux-mêmes et par la corporation en général, afin de préserver le fondement même de l’autorité dont la médecine peut se prévaloir tant que les cadavres restent dans le placard. Le système se reproduit surtout grâce au sommet de la pyramide : ces pontes qui imposent leurs vues et ne travaillent plus que dans le sens de leur confirmation et de leur maintien. Grâce à leur position stratégique dominante dans le champ respectif, ils ont les moyens d'imposer leurs propres "principes de vision et de division", pour reprendre l'excellente formulation de Bourdieu. Autrement dit, ils décident de ce qui est un problème (maladie, symptôme, technique, etc.) ou non, tout comme de la manière de définir ce problème, de le conceptualiser, de tenter de le résoudre et ainsi de suite. Celui qui a la capacité de poser les termes du débat et de dire ce qui doit faire débat est celui qui a les moyens de rendre "vraies" ses propres hypothèses. C'est la "self-fulfilling prophecy", comme disent les auteurs anglo-saxons.
06:00 Publié dans Narcissisme pathologique des médecins? | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
| Tags : préjugé en médecine, sophisme, argument d'autorité, influence pharmaceutique, biais cognitif, conflits d'intérêts, dissonance cognitive, argument fallacieux, manipulation de la recherche médicale, statistiques médicales, faisceau de preuves |
Facebook












