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26/05/2009

Sanofi-Aventis obligé d'arrêter une campagne publicitaire louche pour le Plavix (Australie)

Le Baker IDI Heart & Diabetes Institute est l’une des plus grandes institutions australiennes de recherche dans les maladies cardiovasculaires, plavix.jpgle diabète et l’obésité. Son directeur annonçait dans un communiqué en date du 1er mai qu’il allait recevoir un financement « novateur » de Sanofi-Aventis : 25 cents pour chaque boîte de Plavix (clopidogrel, un anticoagulant) vendue dans les pharmacies. Il espérait une « donation » pouvant aller jusqu’à 500.000 dollars australiens (plus de 280.000 euros) pour l’année 2009. Sans se soucier le moins du monde de la pression et de l’influence sur les prescripteurs dont l’indépendance est compromise s’ils s’adaptent à de tels « accords » commerciaux, même s'ils sont soi-disant conclus après des « négociations prudentes et méticuleuses » entre Sanofi et l’institut Baker IDI. Celui-ci fait de facto de la publicité pour des intérêts privés tout en étant lui-même à but non lucratif, donc considéré comme une source fiable d'informations médicales non commerciales.

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22/05/2009

Farmacriticxs: association espagnole d'étudiants en médecine pour une relation éthique et transparente avec l’industrie pharmaceutique

farmacriticxs.jpg

Farmacriticxs a vu le jour lors des "journées pharmacritiques" qui ont eu lieu le 17 et le 18 avril à l’université de Saragosse, avec la participation de l’association médicale indépendante No Gracias!, présentée dans cette note de Pharmacritique.

Des étudiants de cette université, membres de l’IFMSA (Fédération internationale des associations d’étudiants en médecine), ont lancé une plateforme étendue à des étudiants en sciences de la santé de diverses universités espagnoles. Elle a pour objectifs l’accès aux médicaments essentiels ainsi que la promotion de l’éthique et de la transparence dans les relations entre médecine et industrie pharmaceutique. La mise en pratique de ces objectifs est une condition nécessaire de l’amélioration du système de soins dans son ensemble. L’association se propose aussi d’inventer des stratégies et des modèles novateurs de formation et de recherche médicales, pour remplacer ceux actuels, fortement teintés de conflits d’intérêts.

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07/05/2009

L'interdiction de la publicité directe pour les médicaments d'ordonnance doit être maintenue, nous rappelle Barbara Mintzes

Plusieurs notes accessibles à partir de cette page parlaient déjà des dangers d'une publicité directe (direct-to-consumer advertising) faite par TheBusinessOfHealth InsideIndianaBusiness.jpgles laboratoires pour les médicaments d'ordonnance et donnaient des liens pour approfondir la question.

A l'heure actuelle, les firmes sont en passe de gagner leur pari: elles ont toutes les chances de se voir reconnaître comme une source d'information médicale fiable, ce qui gommerait ou du moins camouflerait la nature commerciale des campagnes publicitaires directes ou indirectes. Des débats ont lieu au parlement européen en ce sens, dans le cadre du "paquet pharmaceutique" qui déroule le tapis rouge aux intérêts économiques des laboratoires pharmaceutiques. Car après un premier recul sur la question, la Commission européenne est revenue en force, main dans la main avec l'EFPIA (syndicat européen de l'industrie pharmaceutique). Ce qui montre que Pharmacritique n'était pas loin de la vérité en parlant d'une Commission acquise aux industriels et nuisible à la santé de ses citoyens... Et les alliances stratégiques des laboratoires avec des sociétés médicales savantes et des associations de patients financées au moins partiellement par les firmes favorisent ce projet.

Il n'est donc pas inutile de rappeler les enjeux de la question, et l'article intitulé "Le Canada devrait-il autoriser la publicité pour les médicaments d'ordonnance?", paru le 9 février dans Le Médecin de Famille Canadien, journal officiel de l'association canadienne des médecins généralistes, s'y prête fort bien. Il est signé par une spécialiste de la question, la Pre Barbara Mintzes de l'Université de la Colombie Britannique à Vancouver, que Pharmacritique cite assez régulièrement.

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16/01/2009

Publicité pharmaceutique: l’offensive française accompagne la directive européenne, nous dit le Collectif Europe et Médicament

Un communiqué du Collectif Europe et Médicament, en date du 15 janvier, nous avertit de ce qui se prépare en France aussi, en plus de la directive européenne sur l'information DTCA Cupe Canada.jpgdirecte des patients par les firmes, forme à peine camouflée de publicité directe aux consommateurs (voir cette catégorie et celle-ci).
Les projets sarkozystes de "réforme" du système de soins sont l'occasion de faire quelques cadeaux supplémentaires aux firmes pharmaceutiques, par exemple en autorisant d'autres formes, plus insidieuses, de publicité directe et de marketing en général, telles "l'éducation thérapeutique" ou les programmes "d'aide à l'observance". Les laboratoires auraient ainsi un accès direct aux patients, et ce ne serait certainement pas pour qu'ils leur disent que telle maladie peut être prévenue ou traitée par un régime alimentaire et de l'exercice physique... Pas non plus pour qu'ils vantent les mérites des génériques ou des médicaments anciens, mieux connus et plus sûrs, mais moins profitables que les pseudo-copies sous brevet...

Elena Pasca

Voici le texte du communiqué envoyé par la revue Prescrire :

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14/01/2009

La députée Anne Ferreira proteste contre la directive européenne autorisant l’information des patients par les firmes et appelle les députés à voter contre

Madame Anne Ferreira, député européenne de l’Ile de France nous a adressé un message, suivi aujourd’hui du texte de son intervention et Anne Ferreira.jpgdu communiqué de presse de la délégation socialiste française du Parlement européen. Hier, la Commission européenne a présenté au Parlement le "paquet pharma", "emballé par le commissaire en charge de l'industrie et des entreprises" :

"En confiant à Günter Verheugen, commissaire à l'industrie, la responsabilité du paquet pharmaceutique, la Commission a une fois de plus donné le ton. On pouvait penser que les médicaments relevaient des questions de santé ; la Commission européenne a choisi de les considérer comme n'importe quelle marchandise.

C'est donc une approche commerciale qui a prévalu dans la rédaction de cet ensemble de 4 textes :

  • 1- Une communication pour encourager la recherche et l'innovation pharmaceutique dans l'Union Européenne.
  • 2- Une proposition à la lutte contre la contrefaçon et la distribution illégale des médicaments.
  • 3- Des propositions relatives à l'information de qualité sur les médicaments délivrés uniquement sur ordonnance.
  • 4- Des propositions relatives à la pharmacovigilance.

Cette présentation dissimule très mal l'enjeu industriel et financier contenu dans la proposition sur l'information aux patients.

Anne Ferreira, lors du débat au Parlement européen le 13 janvier 2009, ne s'y est pas trompée : "une information fournie par l'industrie elle même, en dehors de l'étiquetage et des notices réglementaires, s'appelle une publicité et c'est sa répétition qui en fait un atout commercial concurrentiel". En proposant que cette promotion sur les médicaments puisse se faire via des média tels que la presse écrite et Internet, on ne met plus à disposition une information, on pousse clairement à la consommation, au grand bonheur de l'industrie pharmaceutique.

En proposant ce texte, la Commission cède surtout au lobby pharmaceutique qui souhaite promouvoir ses médicaments de prescription.

Le risque est grand de voir se déplacer des budgets initialement prévus pour la recherche et l'innovation vers le marketing. Aujourd'hui déjà, 23% du chiffre d'affaires est consacré aux activités de promotion contre seulement 17% aux activités de recherche.

"Les professionnels de la santé, les médecins doivent être au coeur du processus d'information concernant les produits pharmaceutiques", a conclu Anne Ferreira.

Aujourd'hui la balle est dans le camp des députés européens qui devront prochainement donner leur avis sur ces propositions. »

***

Voici le texte de son intervention que Madame Ferreira nous a fait parvenir :

« Anne Ferreira (PSE). – Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, chers collègues, je suis toujours étonnée quand des questions de santé sont traitées par la direction Entreprises et industrie. Mais à la lecture des propositions concernant l'information du patient, on comprend vite que le médicament y est traité à quelques nuances près comme un produit de consommation courante.

Concernant ce sujet, je soutiens qu'une information fournie par l'industrie elle‑même, en dehors de l'étiquetage et des notices réglementaires, s'appelle une publicité et c'est sa répétition qui en fait un atout commercial concurrentiel.

La Commission peut bien mettre en avant certaines dispositions qui devraient encadrer ses propositions, elle peut toujours nous dire que ce sont les associations de patients qui attendent avec impatience de telles dispositions. Nous sommes un certain nombre à ne pas être dupes de l'impact de cette directive "information du patient" et du non intérêt qu'elle représente au regard d'un véritable objectif d'amélioration de la santé des Européens.

Nous pouvons, d'ores et déjà, être assurés que si ce texte était adopté, le budget marketing de l'industrie pharmaceutique connaîtrait une forte augmentation, certainement au détriment de celui de la recherche. Aujourd'hui déjà, 23 % du chiffre d'affaires sont consacrés aux activités de promotion et seulement 17 % aux activités de recherche et si nous nous tournons vers les États‑Unis et la Nouvelle‑Zélande, qui permettent déjà cette information publicitaire, nous savons qu'elle a fait augmenter le volume des prescriptions ainsi que les dépenses de santé sans qu'on puisse observer une amélioration de la qualité des soins et de l'état de santé des Américains ou des Néo‑Zélandais. Que cette expérience nous soit utile.

Enfin, je conclurai en disant qu'une solution moderne serait de faire davantage confiance ou de mieux former les professionnels de la santé pour qu'ils fournissent des informations sur les traitements et médicaments de prescription. »

**

Elena Pasca

06/01/2009

Les firmes vont-elles s’emparer de l’enseignement de la thérapeutique et de la pharmacologie en Grande-Bretagne?

Une nouvelle publiée hier sur le site du British Medical Journal nous apprend comment les firmes pharmaceutiques investissent les facultés Loup mouton FunkyPix.jpgde médecine, non plus seulement à travers les visiteurs médicaux qui apportent des repas ou font des affaires avec les universitaires, mais carrément en dispensant des cours de pharmacologie… Cette spécialité médicale, dont l’enseignement est déjà très réduit, en France aussi, est une espèce menacée d’extinction. Triste constat, alors que l’information indépendante sur les médicaments, leur mode d’action, leurs effets secondaires, etc. devrait au contraire être une composante essentielle de la formation médicale initiale et continue. Surtout si l’on veut des praticiens dont l’exercice se conforme au principe exigeant d’abord de ne pas nuire…

On savait déjà que la formation médicale continue était dans les mains des firmes et que l’influence de celles-ci s’exerçait - par des chemins multiples et tortueux - aussi sur la formation initiale. Mais voici que l’industrie pharmaceutique est autorisée à enseigner la thérapeutique dans certaines facultés britanniques de médecine… Et demain en France ? Des économies de bouts de chandelle – puisque les firmes ne se font pas payer, du moins pas directement – qui seront payées par des dépenses ultérieures fortement augmentées, vu les mauvaises habitudes de prescription inculquées aux futurs médecins dès leur plus jeune âge… Là, les firmes n’y vont plus par quatre chemins, mais droit au but, profitant des défauts structurels du monde universitaire médical.

Pas besoin de gloser longuement… Remarquons juste que la lecture du texte donne des frissons aussi parce qu’on se rend compte que cette imposture ne date pas d’hier et qu’on se demande comment elle a pu s’implanter sans que les cercles médicaux indépendants protestent. Le pharmacologue interrogé ne semble pas non plus outré par les conflits d'intérêts évidents…

Pharmacritique vous propose une traduction rapide de l’article de Rebecca Coombes intitulé "Stepping into the therapeutics void" (Combler le vide thérapeutique, BMJ 2009;338:a3179). 

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29/12/2008

Ses débordements publicitaires pour le Cialis valent à Eli Lilly le titre de pire firme pharmaceutique de l’année

Décidément, la dysfonction érectile est à l’honneur ces temps-ci, comme on l’a vu avec la promotion du Viagra par la CIACialis McCain.jpg

On apprend que Consumers International, la fédération internationale d’associations de consommateurs, a décerné le prix Marketing Overdose à la firme Eli Lilly, pour avoir dépassé toutes les bornes dans le déluge publicitaire pour sa pilule Cialis (tadalafil), indiquée dans la dysfonction érectile. Les détails sont éloquents...

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Pfizer a des visiteurs médicaux d’un nouveau genre : les agents de la CIA, qui offrent du Viagra pour ériger des amitiés…

(Note d'hier, postée de nouveau à cause d'un souci technique. Je saurais gré à l'hébergeur de répondre enfin à mes demandes d'aide!!) Pub Viagra Pharmagossip.jpg

L’avenir de l'industrie pharmaceutique s'annonce radieux. Même la CIA se met à lui servir de VRP, c’est dire

Les tirs militaires seraient-ils remplacés par ceux symboliques ? ;-) Pas si simple...

Mais Pfizer pourra bientôt compléter la notice du Viagra par des allusions à ses vertus pacifiantes - faites l'amour, pas la guerre! - et d'incitation à la délation, pardon, à donner des informations sur ses amitiés traditionnelles, afin de s’en créer d’autres, plus intéressées. Avec de tels VRP, dont la capacité de persuasion est légendaire, on comprend mieux pourquoi la firme peut se permettre de tailler dans ses forces de vente habituelles…

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29/11/2008

Efficacité douteuse des antidépresseurs, à part dans les cas les plus sévères et l’échec des traitements alternatifs (PLoS)

Un article publié dans la revue médicale en libre accès PLoS (Public Library of Science) nous informe que les méta-analyses des divers Placebo.jpgétudes sur les antidépresseurs n’ont montré qu’une supériorité faible par rapport au placebo. Les auteurs précisent même que lorsque les résultats des essais non publiées sont inclus dans l’analyse, les bénéfices cliniques des antidépresseurs n’atteignent même plus le seuil d’une efficacité statistiquement significative.

Inutile de dire à quel point cette analyse diffère du marketing des laboratoires... Mais on sait bien que les essais cliniques des antidépresseurs sont parmi les plus réécrits par des agences de communication qui présentent les résultats sous une lumière favorable et occultent les données "gênantes", telles l'augmentation du risque suicidaire surtout chez les moins de 25 ans, les risques de dépendance et de syndromes de sevrage, etc. La manipulation des données liées au Deroxat/ Seroxat/ Paxil par GSK est représentative de ces méthodes des firmes dénoncées par Marcia Angell dans l'excellent texte que nous avons traduit dans cette note.

 

Cela dit, l’étude de PLoS montre ce que d’autres auteurs ont constaté, à savoir que l’efficacité semble dépendre de la sévérité de la dépression : plus une dépression est grave, plus les antidépresseurs ont des chances d’avoir un effet. MaisCet effet "semble dû à une réponse au placebo plus faible chez des patients souffrant de dépressions graves, plutôt qu’à un impact plus fort des médicaments administrés". Au vu de ces résultats, les chercheurs concluent que la prescription d’antidépresseurs de la nouvelle génération [ISRS : inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, pour la plupart] ne se justifie que chez les patients souffrant des dépressions les plus graves, sauf si les traitements alternatifs ont été inefficaces.

Je vous laisse découvrir les détails de la méta-analyse de Kirsch et al : "Initial Severity and Antidepressant Benefits: A Meta-Analysis of Data Submitted to the Food and Drug Administration" (Sévérité initiale de la dépression et efficacité des antidépresseurs : une méta-analyse des données soumises à la Food and Drug Administration [FDA : agence américaine du médicament]).

Illustration: L'effet placebo

 

Elena Pasca

14/11/2008

Gardasil, Cervarix: en Belgique, Le Vif dénonce le marketing et le lobbying agressifs des labos et rappelle les doutes sur l’utilité et l’efficacité des vaccins

(Merci à la personne qui m’a envoyé deux de ces liens) Vaccin Shutterstock Le Vif.jpg

Le premier hebdomadaire francophone belge, Le Vif / L’Express, publie sur son site deux articles critiques décortiquant les grandes lignes de ce « vaste matraquage » autour du Gardasil et du Cervarix et un entretien avec la ministre de la Santé.

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11/11/2008

Plus le placebo est cher, plus il est efficace ! Dan Ariely démontre ce que l’industrie pharmaceutique sait et exploite fort bien

Je disais en parlant de l’Avastin et des autres pseudo-traitements du cancer qui coûtent les yeux de la tête que le Ariely livre.gifprix semble jouer un rôle important dans la perception subjective de l'efficacité d’un médicament. Et je posais la question de l’effet placebo à la suite d’un article que j’avais vu passer sans garder les références. Après avoir parlé du prix des anticorps monoclonaux dans cette note, j’ai cherché l’article. Il a été publié en mars dans le JAMA et compare dans un essai clinique dûment randomisé l’efficacité d’un placebo cher à celle d’un placebo bon marché : Commercial Features of Placebo and Therapeutic Efficacy.

C’est une merveille de psychologie sociale ! Les patients pensent tester un vrai médicament anti-douleur ; les investigateurs disent à la moitié d’entre eux qu’il s’agit d’un médicament cher et à l’autre moitié que le prix de ce médicament vient de baisser, pour des raisons non indiquées. L’essai clinique, mené en 2006 par l’économiste comportementaliste Dan Ariely du  Massachusetts Institute of Technology (MIT), a reçu au mois de septembre le prix Ig Nobel, décerné par Harvard.

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31/10/2008

L’assurance-maladie allemande veut traîner Merck en justice, au nom des victimes du Vioxx. Retour sur un désastre annoncé

AOK (Allgemeine Ortskrankenkasse), la plus grande caisse publique d’assurance-maladie allemande a entamé des pourparlers avec la firme Vioxx.jpgMerck, afin d’obtenir 40 millions de dollars pour couvrir les dégâts infligés aux milliers de victimes allemandes du Vioxx assurées par les AOK. Mais la firme refuse, parce que la législation européenne, qui n’a que faire de la protection des usagers, ne l’oblige à rien… L’étape suivante pour AOK, c’est la justice, procédure récemment facilitée en Allemagne.

Nous revenons ici sur quelques étapes clé de ce désastre qui aurait pu être évité, parce que ce parcours en dit long sur les méthodes des firmes et qu’il y a de nombreux enseignements à en tirer. Ca devrait ouvrir même les yeux des plus indoctrinés parmi les inféodés aux pharmas, à condition qu'ils veuillent les ouvrir...

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26/10/2008

Report de la législation européenne sur le médicament, l’information santé et la pharmacovigilance. Une victoire du front critique ?

Le 24 octobre, la Commission européenne a annoncé que les mesures législatives qui devaient être adoptées cette semaine allaient être reportées. Aucune nouvelle date n’est prévue.

Les propositions devaient améliorer les disparités du marché pharmaceutique d’un pays à l’autre, revoir des questions de pharmacovigilance (dont une bonne partie devait être abandonnée aux firmes) et définir un cadre législatif pour l’information aux patients. Cette dernière mesure fait l’objet de multiples critiques et contestations, puisqu’elle permettrait une communication directe des laboratoires avec les patients, ce qui annihilerait de facto l’interdiction actuelle de la publicité directe aux consommateurs. C’est d’ailleurs la Direction Entreprises et Industrie et non celle de la Santé qui est à l’origine de ces mesures de soutien du commerce au mépris de la santé. Elles gomment les limites entre l’information sur le médicament et les stratégies marketing des firmes, ouvrant la porte à toutes les dérives ainsi légitimées, comme le soulignait The Lancet.

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05/09/2008

Enquête canadienne : des médecins généralistes évaluent la visite académique intégrée à leur formation continue

L’unité de formation continue de l’université de Dalhousie (Canada) a réalisé en 2006 une enquête détaillée sur les mérites et les 1090510561.jpginconvénients de la visite académique, du point de vue des médecins généralistes de la région. Les résultats ont été publiés en 2007 sous le titre "Family physicians' perceptions of academic detailing : a quantitative and qualitative study" ("Comment les médecins de famille perçoivent-ils la visite académique ? Une étude quantitative et qualitative").

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26/08/2008

"Repenser la formation médicale continue", sans firmes ni conflits d’intérêts (A. Pisacane, BMJ)

Cette note contient la traduction d’un article de Ray Moynihan paru dans un dossier du British Medical Journal sur la formation médicale FMC la une du BMJ 28 août.gifcontinue dominée par les firmes pharmaceutiques. Un autre article du dossier, paru le même jour sur le site et repris dans le numéro du 28 août, dont on voit ici la une, s’intitule Rethinking continuing medical education ("Repenser la formation médicale continue" ; BMJ 2008;337:a973). Son auteur est Alfredo Pisacane, directeur de l’unité de formation médicale continue de la faculté de médecine de l’université Federico II de Naples.

Pour contourner l’obstacle de l’accès restreint au texte complet, Pharmacritique vous propose une traduction.

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Le Guardian dénonce l’impact néfaste du financement industriel de la formation médicale sur la santé des patients

Healthy Skepticism signale un article intéressant paru le 23 août dans le journal britannique The Guardian : Drug giants accused over 1548256468.jpgdoctors' perks ("Les firmes pharmaceutiques se voient reprocher les à-côtés offerts aux médecins. Accepter des vols gratuits, des repas et des tickets pour des matchs peut nuire aux soins, disent les critiques").

"Les firmes pharmaceutiques dépensent chaque année des millions de livres sterling pour financer la participation des médecins et autres professionnels de santé à des conférences partout dans le monde. Ce sont des voyages tous frais payés, et le tout n’est qu’une application massive des stratégies promotionnelles de l’industrie pharmaceutique, sous les oripeaux de la formation médicale continue".

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21/06/2008

Et si le British Medical Journal balayait aussi devant sa porte?

Commentaires suite à l'article de Moynihan et à l'éditorial du dernier numéro du British Medical Journal. 

Ray Moynihan est une référence classique des pharma-critiques, sans aucun doute. Pas de doute sur son intégrité, même s'il peut être 1882688730.jpgconsidéré lui aussi comme un leader d'opinion. Mais le British Medical Journal est-il tout autant au-dessus de tout soupçon? Voilà qui n’est pas exempt de doutes… La question se pose lorsqu'on lit l'éditorial de Fiona Goodle qui dénonce des leaders d'opinion devenus vendeurs d'élite pour les firmes pharmaceutiques auxquelles ils sont inféodés. Editorial du dernier numéro du BMJ, abordé dans cette note.

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05/06/2008

« L’art de faire passer la pilule » : Un dossier bien fait sur l’influence de l’industrie pharmaceutique, son marketing, ses méthodes…

Un dossier de 8 pages paru en avril dans Le journal du SIDA, édité par ARCAT : L’art de faire passer la pilule. 871069189.jpg

Il y est question du façonnage de maladies, de la visite médicale et autres méthodes de publicité auprès des médecins, de la bataille européenne autour de la publicité directe aux patients, des rapports de l’IGAS, des études de l’UFC Que choisir, des programmes d’accompagnement/ d’observance, des conflits d’intérêts, des cobayes humains dans les pays pauvres… Ainsi que de l’alliance objective entre autorités sanitaires et firmes quant aux effets secondaires et à l’information donnée au public, autrement dit, dans les dimensions essentielles... Agences du médicament et autres "autorités" font système avec les firmes: un "système où la balance des pouvoirs penche en faveur des laboratoires pharmaceutiques au détriment de la santé publique." 

La désinformation organisée commence lors de la conception et du financement des essais cliniques, qui devraient évaluer aussi les risques. "[C]ette évaluation, essentielle pour le bien commun, est soumise à un fort conflit d’intérêt. Comment peut-on évaluer objectivement un produit de santé si l’on est en même temps chargé de le vendre et qu’on en espère des bénéfices ? (…) Or, face au contexte défavorable actuel, la pression des laboratoires pharmaceutiques se fait de plus en plus forte pour étendre leur emprise sur le système de surveillance. Ils ont d’abord tenté, au niveau européen, de réduire le temps imparti aux agences pour évaluer une demande d’AMM [autorisation de mise sur le marché]. Cette demande est, pour l’instant, rejetée. Ils essayent désormais de faire basculer une partie de l’évaluation du bénéfice/risque après l’obtention de l’AMM. « C’est tout à fait logique, du point de vue des firmes, puisqu’avant AMM, le médicament ne rapporte rien et qu’il rapporte, en revanche, après AMM, analyse Bruno Toussaint. C’est un pari : celui que le médicament est bon. Mais dans ce système qui paye les pots cassés ? Les patients »."

C'est ce que nous disait Shahram Ahari, qui a vendu du Zyprexa° pour Eli Lilly: le cynisme de firmes qui espèrent vendre un maximum avant que tel médicament qu'elles savent problématique ne soit retiré du marché. Si jamais quelqu'un réussit à prouver le lien de causalité...  Ce qui est loin d'être facile, surtout pour des victimes qui n'ont aucune voix au chapitre et aucune défense juridique. Et dans un pays qui manque complètement de cadre législatif et juridique qui rendrait possible la répression des dérapages des firmes pharmaceutiques et ceux des médecins inféodés. Dommage que le dossier n'en parle pas et n'explore pas les causes... Et qu'il atténue certaines affirmations critiques. On pourrait penser que donner systématiquement la parole aux représentants des firmes pour qu'ils répondent à ces critiques est un gage d'"objectivité". Mais il n'est pas sûr qu'on puisse justifier moralement une telle prétention à la neutralité... Parce que le combat ne se fait pas à armes égales et que le souci moral et éthique doit être justement d'essayer de compenser un peu ce déséquilibre. L'industrie pharmaceutique a des tas de journaux pour s'exprimer. Et il ne me semble pas qu'ils donnent la parole aux critiques...

L'image que nous avons choisi illustre la meilleure méthode pour "faire passer la pilule". Au moyen du solvant universel: l'argent qui "graisse les patins" (selon l'expression de Pharmalot) comme les pattes. Et au moyen de la chaîne de dépendances qu'il crée.

27/05/2008

Eli Lilly : cynisme et désinformation délibérés sur les effets indésirables du Zyprexa. Un visiteur médical parle

  C'est le témoignage de Shahram Ahari, un ancien visiteur médical d’Eli Lilly, qui a surtout fait la promotion de l’antipsychotique ZYPREXA° (olanzapine), utilisé principalement dans le traitement de la schizophrénie et des troubles bipolaires. Il raconte les « combines » pour influencer les médecins et témoigne du cynisme absolu d’Eli Lilly, qui a délibérément occulté les effets secondaires, pourtant connus, tels le diabète, l’obésité, etc. Pour ceux qui ne lisent pas l’anglais, voici les grandes lignes, suivies d'autres informations:

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25/05/2008

"Médecins sous perfusion" financière, manoeuvres promotionnelles des firmes... Le deuxième rapport de l'IGAS et des précisions de l'UFC Que choisir

Voici un article de Rouba Naaman, paru sur le site Novethic fin janvier. L’auteure commente l’étude et les communiqués de l'UFC-Que choisir et souligne certains aspects de l’étude sur les cinq classes de médicaments dont les prescriptions ont été passées au crible. Mais ce qui retient le plus l'attention, ce sont les commentaires de quelques dirigeants de l’association de défense des consommateurs ainsi que de certains représentants des firmes pharmaceutiques et de leur syndicat, le LEEM. C’est ironique… Il y a une grande solidarité entre les firmes et les médecins ayant des conflits d'intérêts dès que quelqu’un pointe un doigt accusateur… Il n’y a que des innocents… Que des professionnels de santé et de l'industrie pharmaceutique qui ne sont pas responsables. Doit-on comprendre qu'ils sont irresponsables?

Précision importante: Le deuxième rapport de l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales), dont il est question dans le texte, est resté confidentiel pendant quelque temps. Vous pouvez le lire sur cette page de la Documentation française, sous le titre « Encadrement des programmes d’accompagnement des patients, associés à un traitement médicamenteux, financés par les entreprises pharmaceutiques ».  L'IGAS n'est pas dupe. Les auteurs voient dans les projets de "programmes d'accompagnement" ou d'"observance" des manœuvres promotionnelles des firmes pharmaceutiques qui cherchent à avoir un accès direct aux patients pour mieux les influencer.

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L’irrationalité des prescriptions en France, conséquence de la désinformation par l’industrie pharmaceutique. Constat de l'UFC Que choisir et de l’IGAS

(Un problème technique a rendu les textes réunis sous la catégorie « Prescriptions irrationnelles au profit des firmes », datant de février/mars, inaccessibles par le bouton de recherche ou les catégories. La seule solution est de les reposter… Occasion de les (re)lire ;-) Cette note est parue d'abord sur cette page, sur laquelle on peut lire à la fin les commentaires critiques d'une visiteuse médicale, et c'est pourquoi on ne la supprime pas).

Le 15 janvier 2008, l’UFC Que choisir, association de défense des consommateurs, a publié les résultats de son étude intitulée « Prescriptions de médicaments : Des prescriptions irrationnelles, un constat confirmé par la Cour des Comptes ». L’association rappelle ses propres analyses tout en rendant compte de la parution de deux rapports alarmants sur les dérapages en matière de (dés)information médicale et de filière du médicament, les deux complètement dominées par l’industrie pharmaceutique : le rapport de la Cour des Comptes, paru en septembre 2007, et celui de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales), paru en octobre).

On peut aussi voir dans l’irrationalité des prescriptions - donc de la majeure partie du système de soins - l’un des symptômes de cette "liberté" sans limites du médecin que nous évoquions dans cette note, quoique sous un autre angle. Pour beaucoup de médecins, cette liberté justifie même leurs conflits d’intérêts, donc le consentement à la corruption pharmaceutique… Cette liberté-là est absolutisée au point de devenir de l'arbitraire pur, négation de la liberté des patients, qui en subissent les conséquences. Rappelons encore une fois qu'aucune firme n'a jamais obligé un professionnel de santé à accepter son argent, ses "honneurs" ou ses visiteurs médicaux... Non, la corruption se fait en toute "liberté"... Corruption d'une médecine qui comprend le mot "libéral" au sens d'"ultralibéral": profitons sans entraves...

Le marketing des firmes pharmaceutiques fait en sorte de contourner les génériques et incite les médecins – à l’aide de petits ou grands cadeaux – à prescrire des médicaments nouveaux, très chers, dont ni l’efficacité ni la sécurité d’emploi ne sont sûres et suffisamment testées. La médecine tend à devenir une activité commerciale comme une autre, organisée autour de la vénération du profit, et mettant en danger la santé des usagers par le recours trop rapide et irréfléchi à des « nouveautés » qui n’ont pas fait leurs preuves. Les usagers ont aussi à payer le coût du marketing des firmes pharmaceutiques, compris dans le prix des médicaments, par exemple. Et encore, si les médicaments récemment autorisés étaient de véritables nouveautés… Mais la plupart du temps, c’est loin d’être le cas. Cette note peut être lue en continuité avec la déclaration de l’ISDB (International Society of Drug Bulletins) sur le (très faible) progrès thérapeutique, dont nous avons résumé les grandes lignes.

Revenir à la raison, à un usage plus rationnel et raisonnable des médicaments, a pour condition nécessaire l'élimination pure et simple des conflits d’intérêts. Chaque médecin peut commencer par le refus de recevoir les visiteurs médicaux payés par les firmes. Il existe des délégués de l'assurance-maladie (DAM), par exemple, qui fournissent des informations sur les médicaments. 

Le texte de l'UFC Que choisir: Prescriptions de médicaments : Des prescriptions irrationnelles, un constat confirmé par la Cour des Comptes 

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24/05/2008

"Selling Sickness", documentaire sur le disease mongering ou façonnage de maladies. Médicaliser les bien-portants pour vendre plus de médicaments

Titre complet : “Selling Sickness. An Ill for Every Pill” (Vendre des maladies. Une maladie pour chaque médicament), 2005. Co-écrit par Ray Moynihan et inspiré du livre de Moynihan et Alan Cassels évoqué dans cette note.

Le documentaire peut être visionné sur cette page. A noter qu'une conférence internationale a eu lieu, sous le même titre (Selling Sickness), en avril 2006 à Newcastle (Australie). Les thèmes habituellement évoqués y ont été traités, c'est-à-dire des symptômes ou gênes divers vaguement définis comme des maladies ou des syndromes afin de vendre ou de recycler des médicaments ou des me-too - ou encore afin d'élargir la part de marché de telle classe de médicaments; il s'agit la plupart u temps d'antidépresseurs ou autres psychotropes.

Les maladies inventées en question sont telles que: dysfonction sexuelle féminine, trouble bipolaire (redéfinition d'une psychose maniaco-dépressive dont la vieille description ne faisait pas vendre et ne donnait pas envie de s'identifier aux symptômes...), mais aussi des entités controversées dont il n'est pas sûr qu'il s'agisse de maladies inventées: et je pense notamment au syndrome des jambes sans repos.

Les limites du concept sont visibles ici aussi, car si l'apport de cette critique de la médicalisation (surmédicalisation, surmédicamentation - surconsommation et consumérisme - marketing et conséquences de la recherche du profit à tout prix) est indéniable, il ne faudrait pas que le disease mongering / condition branding serve de prétexte pour ignorer ou rejeter des syndrômes ou des maladies que la médecine ne connaît pas bien ou ne peut pas suffisamment bien définir ni objectiver par l'imagerie ou la biologie médicale. 

A noter que la revue PLoS Medicine a publié les écrits de la conférence de 2006 à Newcastle, qui sont accessibles sur cette page.

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Dans le documentaire, il est question - à partir de la critique du « disease mongering » ou « condition branding » (« branding diseases »: inventer / fabriquer des maladies ou élargir la définition de celles existantes) - des méthodes sans scrupules de l’industrie pharmaceutique pour augmenter ses profits et de leurs conséquences. Les psychotropes, et surtout les antidépresseurs tels le Deroxat/ Seroxat/ Paxil de la firme GSK, sont les exemples les plus significatifs. La médicalisation de l’enfance aussi, quand on diagnostique des troubles de comportement partout…

Et comme le dit le psychiatre David Healy, tant que les données brutes - et non édulcorées - des essais cliniques ne seront pas accessibles, le marketing continuera son travail d’érosion de la science médicale. Parce que, contrairement à ce que pense le grand public, on ne peut pas séparer la publicité, qui serait du marketing pur, des essais cliniques qui, eux, seraient de la science pure. Non, on en est arrivé au point où les essais cliniques eux-mêmes, manipulés et réécrits, sont le principal outil de marketing, souligne Healy.

(On peut se référer au récent éditorial du JAMA, traduit par Pharmacritique, pour voir qui écrit les études médicales et comment la manipulation se fait de la rédaction jusqu'à la publication et aux commentaires dans la presse médicale, bien avant d'en arriver aux campagnes de publicité directe...) 

Et la question fondamentale que pose cette médicalisation, cette normalisation par les médicaments, est celle d’une véritable mutation anthropologique que risque d’entraîner l’industrie pharmaceutique à travers la médecine : un changement profond de la perception de ce qu’est un être humain, conclut Healy.

 

L’humanité, c’est une infinité de potentialités, de nuances psychiques, comportementales, relationnelles, biologiques, psychosociales… C’est l’unicité et la spécificité de chaque être humain qui risque de disparaître au profit d’individus permutables, interchangeables, taillés dans le même moule et identifiés à leurs rôles socio-économiques, comme je l’ai dit dans les notes réunies sous la catégorie Normalité, contrôle social, culture psy.

 

Voir aussi les notes de la catégorie "Disease mongering, façonnage de maladies, invention de maladies", accessibles à partir de cette page, ainsi que les notes sur la prévention et l'abus de prévention, sur la surmédicalisation et surmédicamentation, etc. 

 

Elena Pasca

20/05/2008

Associations et fondations de malades sous influence pharmaceutique. Exemples canadiens de conflits d'intérêts et de corruption associative

L'efficacité des médicaments anti-démence (inhibiteurs de la cholinestérase, mémantine et les innombrables nootropes et vasodilatateurs) 119615448.jpgutilisés entre autres dans l'Alzheimer, est extrêmement controversée. Il est d'autant plus indispensable pour leurs fabricants d'encourager la consommation à travers les associations de malades... Les firmes imposent leurs médicaments et/ou augmentent leurs chiffres de ventes en instrumentalisant les associations ou groupes de patients souffrant d'affections cardiovasculaires, d'arthrite, d'allergies ou d'autres maladies. Si on ajoute cette influence à l'emprise des laboratoires sur les médecins et les autorités sanitaires, il est certain qu'il ne reste plus grand-monde pour assurer une information médicale indépendante et transparente... L'influence des associations et groupes de patients sur ces derniers est énorme, vu leur position stratégique. Même la critique qui peut cibler les firmes et les médecins corrompus ne peut pas les atteindre, la plupart du temps, puisque l'image du bénévolat, de l'engagement désintéressé et sans limite pour la santé de leurs membres fait trop souvent barrage à la pensée critique. Il ne s'agit pas de contester leur engagement, mais de questionner certaines modalités qui le déforment et l'altèrent, selon le sens propre du mot "corruption"...

C'est un pari faustien que de penser rester indépendant tout en acceptant les grâces et autres charités soi-disant désintéressées... Le cadeau d'une firme à but lucratif est un investissement approuvé par les actionnaires qui attendent un retour sur investissement sous forme d'espèces sonnantes et trébuchantes, de plus-value sur les actions. Plus intéressé que ça, il n'y a pas... Plus conflictuel et plus corrupteur non plus.

Parlant d'Alzheimer, on ne peut qu'espérer que les franchises médicales ne serviront pas à augmenter les bénéfices des Pfizer et autres fabricants de ces médicaments inefficaces par un effet de levier sur le nombre de prescriptions et donc de remboursements...

Un article signé Baptiste Ricard-Châtelain, paru le 12 avril 2008 dans le journal canadien Le Soleil, donne plusieurs exemples de grandes associations canadiennes de patients financées par l’industrie pharmaceutique… Fondations sous influence : quand Pfizer finance la Société Alzheimer:

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19/05/2008

Financement par les firmes pharmaceutiques: conflits d'intérêts ou corruption? L'exemple des associations de patients et d'usagers

Voici un excellent texte sur une dimension taboue en France : les conflits d'intérêts et la corruption des associations et groupes de patients / malades / usagers / consommateurs par l’industrie pharmaceutique. Il existe même des associations ou groupes d'entraide créés de toutes pièces par les firmes pharmaceutiques pour servir de lobby et/ou de groupes de pression dans l'imposition de tel médicament, et en général pour influencer les politiques publiques au niveau national et européen. Les influencer au sens voulu par l'industrie. Très peu d'associations déclarent si elles ont ou non des intérêts financiers. Sans parler du fait que les membres des comités scientifiques des associations sont en général des leaders d'opinion fortement impliqués dans la promotion des médicaments, donc ayant des conflits d'intérêts.

Marcher à contre-pas : le mouvement pour la protection de la santé au Canada et le financement par l’industrie pharmaceutique. Par Sharon Batt (chercheure en santé, Action pour la protection de la santé des femmes, Canada, janvier 2005). Un fragment qui en dit long :

« L’éthicien Carl Elliott s’est penché sur la question des fonds investis par l’industrie pharmaceutique dans la communauté médicale66; il s’est demandé si la notion de « conflit d’intérêts » convenait pour en décrire les effets. Il craint, entre autres, que cette expression ne serve à individualiser un système de corruption généralisé des groupes censés servir le bien commun. (…) En ce qui concerne les groupes de pression [associations de malades et de défense des consommateurs qui acceptent de l’argent de l’industrie pharmaceutique], on peut affirmer que la manipulation dont ils font l’objet de la part des pharmaceutiques, dans le but ultime d’influencer les débats publics, appartient à la seconde catégorie [la corruption]. De manière plus générale, l’abondance des fonds versés par l’industrie pharmaceutique à la recherche médicale, aux revues scientifiques, à la formation des médecins, à la bioéthique, aux organismes de réglementation des médicaments et aux associations de défense des droits des patients crée un environnement axé sur le profit, peu propice à l’émergence d’un débat constructif sur les enjeux touchant les médicaments. Bien que notre propos concerne ici le financement des groupes de pression proprement dit, il importe de situer cette pratique dans le contexte élargi des stratégies de marketing adoptées par les [firmes] pharmaceutiques. Les groupes de pression ne sont qu’un acteur parmi d’autres. »

La marchandisation de la dépression (II). Médicalisation des humeurs, invention de nouveaux troubles, emprise financière de l’industrie sur la recherche et les soins…

Cette partie du texte de Janet Currie, La marchandisation de la dépression, illustre parfaitement les méthodes de l’industrie pharmaceutique : invention de nouvelles maladies ou redéfinition des anciennes pour englober plus de monde (disease mongering), des stratégies publicitaires qui médicalisent des aspects physiologiques ou des émotions justifiées et temporaires, des « tests » de dépistage à questions très floues et vagues pour que tout le monde se sente concerné… L’industrie pharmaceutique finance les associations de patients et les groupes d’entraide existants ou en crée d’autres pour les instrumentaliser dans la promotion de tel médicament. 85% des dépenses promotionnelles concernent les financements et autres cadeaux faits aux médecins, au moyen de la visite médicale, des voyages, cadeaux, rémunérations pour activités publicitaires, financements de leurs recherches… Enfin, les autorités sanitaires ne font rien pour limiter ces dérapages extrêmes et pour que médecins et patients aient une information médicale transparente. Elles devraient exiger que tous les résultats des essais cliniques et des recherches soient publiés, et pas seulement ceux positifs. Réglementer les campagnes "d’information" sur les maladies (qui sont en fait de la pub), assurer une information des médecins par des moyens autres que la visite médicale payée par les firmes, etc. Les agences du médicament devraient exiger une bonne information sur les risques et effets secondaires et réagir au moindre problème. Or seul 1% des médecins signalent des effets indésirables…

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La marchandisation d’une dépression redéfinie à des fins commerciales. Silence des firmes sur les risques de dépendance, d’effets secondaires graves, de syndrome de sevrage… Texte de Janet Currie (I)

Merci au médecin qui m'a signalé cet excellent texte! Il vaut la peine d'être lu en entier, et pas seulement par les femmes. Si elles sont une cible privilégiée pour des raisons que l’auteure nous explique, la problématique abordée ne leur est en rien spécifique. Il s’agit d’un regard lucide sur les méthodes douteuses de marketing des firmes pharmaceutiques, illustrées ici par la dépression, mais qui sont tendanciellement  les mêmes quels que soient les maladies et les médicaments. Sauf que le flou dans la définition des troubles mentaux, le fait que les psychiatres sont les spécialistes les plus payés par l’industrie et qu’ils disposent d’un outil mondialement accepté de définition des maladies (le DSM) font que les troubles psychiques sont la cible idéale des marchands : le domaine où la globalisation d’un traitement médicamenteux uniformisé est la plus facile à mettre en pratique.

La marchandisation de la dépression : la prescription des ISRS aux femmes.  Par Janet Currie (Action pour la protection de la santé des femmes, mai 2005).

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17/05/2008

"Marché des psychotropes: construction historique d'une dérive". Par la psychiatre Monique Debauche

Voici le texte d’une conférence de 17 janvier 2008, organisée par la revue Prescrire, donnée par Monique DEBAUCHE, psychiatre à la Free-surconso médocs photo 3 SAT.jpgClinic Bruxelles, membre du Groupe de Recherche et d’Action pour la Santé (Belgique). Elle aborde certains des facteurs essentiels qui nous ont amenés dans la situation catastrophique de surconsommation d’antidépresseurs et de marasme d’une psychiatrie dominée, à travers le DSM, par l’industrie pharmaceutique. Une psychiatrie devenue une technique de contrôle social et de normalisation de comportements et/ou tempéraments conçus comme déviants par rapport aux standards économiques néolibéraux en vigueur et aux représentations sociétales qu’il détermine. M. Debauche analyse aussi l’invention de maladies ("façonnage" ou disease mongering) pour écouler un médicament ; la production de « preuves » par la recherche médicale, à travers des études randomisées facilement manipulables pour donner les résultats attendus et permettre les ventes ; l’écriture des articles "scientifiques" par des "ghostwriters" (auteurs fantôme) ; un contrôle quasiment inexistant par les agences du médicament ; le déclin de la psychiatrie en faveur d’entretiens directifs se soldant par la prescription de psychotropes, etc.

Marché des médicaments psychotropes : construction historique d’une dérive

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Les antidépresseurs sont-ils réellement efficaces ? Où est-ce plutôt la publicité des firmes, la suggestion et la pression conformiste qui font de l'effet ?

Il s’agit d’un bon résumé paru dans le Figaro et qui a deux sources principales :

Le pouvoir des antidépresseurs remis en cause, par Catherine Petitnicolas, Le Figaro, 21 Janvier 2008

A lire aussi l’article du Nouvel Obs : Antidépresseurs : peu efficaces et dangereux. Les ISRS, comme le Prozac, ne seraient pas plus efficaces qu’un placebo, qui rend compte d'une autre méta-analyse: Initial Severity and Antidepressant Benefits: A Meta-Analysis of Data Submitted to the Food and Drug Administration. [Sévérité initiale de la dépression et bénéfices des antidépresseurs]. Kirsch I, Deacon B. et al., PLoS Medicine 2008, 5(2): e45, 26.02. 2008. Avec plein de références à la fin.

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13/05/2008

Une publicité tapageuse de GSK pour le Cervarix entraîne une remise en cause des campagnes « éducatives » des firmes à destination du grand public

732727288.jpgNe rêvons pas, cela se passe à Singapour…

Le blog Marketing Overdose nous apprend que la firme GSK s’est fait taper sur les doigts pour une publicité effrayante pour son vaccin Cervarix, censé protéger contre le cancer du col de l’utérus. (Il s’agit en fait d’une possible protection contre l’infection par deux souches de papillomavirus). La pub met en scène un père et sa fille adolescente, regardant tristement une carte d’anniversaire posée sur la table devant eux. Le texte écrit est : « Chérie, tu nous manques tous les jours. Bon anniversaire ! ». Entre les lignes on doit lire que la mère est morte d’un cancer du col de l’utérus parce que le vaccin Cervarix n’existait pas encore… Les commentaires en bas de la page disent qu’à Singapour, « plus d’une femme meurt tous les 5 jours » d’un tel cancer… Puis vient le slogan incitant le père à protéger sa fille (« Protect her world »), pour qu’elle ne connaisse pas le même sort…

C’était la publicité de trop qui a poussé les autorités sanitaires à réagir. Elles ont reproché à GSK de faire peur pour vendre, et ce dans une annonce purement commerciale, sans aucun contenu factuel, sans aucune vertu informative sur le cancer du col de l’utérus.

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04/04/2008

Le Conseil canadien de la santé maintient son avis négatif sur la publicité directe pour les médicaments (2006).

Pour plus de détails sur les enjeux de la publicité directe sur les médicaments, voici un rapport rendu en 2006 par des chercheurs du Centre de recherche sur les politiques et les services de santé de l’Université de Colombie Britannique au Canada. Rapport demandé et financé par des fonds publics venant du Conseil canadien de la santé, structure créée par le ministère canadien de la santé pour éclairer les choix stratégiques en la matière. Il analyse la situation au Canada ainsi que dans les deux pays où la publicité directe aux consommateurs (PDC ou DTCA: "direct-to-consumer advertising") est autorisée, à savoir les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande. Les recommandations préconisent le maintien de l’interdiction de cette publicité, qui n'est qu'un outil commercial, sans aucun bénéfice éducatif ou autre, et le durcissement des réglementations actuelles sur certains aspects.  

Publicité directe aux consommateurs des médicaments d’ordonnance au Canada. Quelles en sont les conséquences sur la santé publique ?

Le rapport fait 47 pages. Voici quelques extraits pour ceux qui n’ont pas le temps de tout lire:

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