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11/08/2008

L'ordre des médecins et l'industrie pharmaceutique: frères siamois et relations incestueuses...

Qui disait que le mariage par intérêt ne donne pas d'union solide ? Et une progéniture qui fait bloc. Ou monopole. Ou encore cartel, selon les reproches que l'Office allemand antitrust fait à l'ordre des médecins pour avoir promu les intérêts de son frère siamois (l'industrie pharmaceutique), en bourrant le crâne des médecins de publicités en guise de formation médicale continue. Et l'ordre médico-pharmaceutique de France et de Navarre? Il se porte comment, lui, dont aucun office antitrust et aucune loi ne viennent troubler la quiétude ?

Le Conseil national de l'Ordre des médecins (CNOM) et co-responsable de la situation actuelle de corruption, de conflits d'intérêts généralisés. C'est lui qui a permis le contrôle total de l'industrie pharmaceutique et des fabricants de dispositifs médicaux sur l'ensemble de notre pseudo-système de santé, sur toute la recherche médicale, sans oublier la formation médicale initiale et continue et les moyens d'information (de désinformation) des professionnels de santé comme des usagers. Les victimes d'effets indésirables de médicaments devraient porter plainte systématiquement contre les médecins prescripteurs, mais aussi contre le CNOM.

Car c'est l'Ordre des médecins qui gère les relations des médecins avec l'industrie pharmaceutique; chaque médecin qui signe un contrat doit le soumettre à l'Ordre départemental des médecins, qui le valide selon un barème tenu secret. Or on aimerait bien savoir quel est le prix de l'intégrité et de l'indépendance d'un médecin, selon le CNOM et pour quelles activités...

L'existence même d'un ordre des médecins est contraire à l'esprit et à la loi de la République, puisque la Révolution était censée mettre un terme aux ordres et aux privilèges qui vont avec, afin qu'aucun corps professionnel intermédiaire ne s'interpose entre les citoyens et la loi et que tous les citoyens soient égaux devant la loi commune. Or les velléités d'autorégulation (sic) et d'autodiscipline (sic) de l'ordre des médecins font que les assujettis à cet organisme qui rassemble les positions les plus réactionnaires échappent à la loi commune, échappent au Code pénal. Il faut dissoudre tous les ordres professionnels, il faut appliquer la loi Le Chapelier de 1791 et garantir la généralité de la loi. Interdire les intérêts corporatistes que l'on voit fleurir partout, se traduisant dans des sous-systèmes de vassalité quasi-féodale autour des firmes et des leaders d'opinion qui verrouillent le système pour le profit des industriels qui les paient et leur permettent de faire carrière (l'argent industriel finance des essais cliniques et les moyens d'en parler, finance aussi les grandes campagnes de communication dans la presse médicale et les sociétés savantes (elles-mêmes financées) ainsi que dans les media généralistes, qui font que la cote des leaders d'opinion augmente, qu'ils sont promus experts auprès des instances de régulation car ayant écrit sur le sujet (grâce aux industriels...). Et ainsi de suite, dans un cercle vicieux infini. 

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L’Ordre des médecins allemand critiqué par l’Office antitrust pour des publicités en guise de formation médicale continue

Voici un article du journal Süddeutsche Zeitung (à peu près l’équivalent de notre Libération), en loi antitrust pharmaceutique,monopole pharmaceutique,concurrence industrie pharmaceutique,formation médicale continue prestataires,marketing pharmaceutique,office antitrust industrie pharmaceutique,formation médicale continue allemagne,formation médicale industrie pharmaceutique,ordre des médecins conflits d'intérêts,ordre des médecins formation médicale continue,ordre des médecins allemagne,ordre des médecins industrie pharmaceutique,conflits d'intérêts formation médicale continue,facultés de médecine industrie pharmaceutique,corruption médecins,publicité pharmaceutique,conseil de l'ordre des médecins conflits d'intérêts,formation médciale continue en ligne,e-learning médecine,ordre des médecins critiquedate du 2 juillet 2008 : Werbung in Schulungen (« Des publicités dans les programmes de formation »).

 

Je traduis le texte de Kristina Läsker, qui a été cité par la revue médicale indépendante Arznei-Telegramm dans un article mettant l’accent sur les conséquences de cette désinformation publicitaire pour l’ensemble de l’information-santé : La formation médicale continue accréditée par l’ordre des médecins : foire publicitaire et capitulation devant les firmes.

 

Pas besoin de commentaires détaillés. Si ce n'est pour souligner l'évidence: la situation est la même en France, parce que l'ordre des médecins (le CNOM: Conseil national de l'Ordre des médecins) est le garant des relations des médecins avec les laboratoires pharmaceutiques. Tout médecin qui signe une convention avec une firme pharmaceutique - pour être consultant, recevoir de l'argent pour intervenir lors d'une formation médicale continue, lors d'un congrès, etc. - doit soumettre cette convention au conseil départemental de l'Ordre des médecins. Qui est totalement libre de refuser. Mais qui ne refuse jamais, dans les faits...

 

Les médecins ne sont pas des victimes des industriels.

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