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28/11/2008

Jean-Pierre Escaffre: Désorganisation technocratique en vue de la privatisation de l'Université, de l’hôpital public, de tous les services publics. Adieu la protection sociale!

Voici un texte de Jean-Pierre Escaffre, enseignant à l’Université de Rennes I, chercheur au CREREG (Centre de recherche rennois en Propriété privée.jpgéconomie et gestion), intitulé "Hôpital public et Université, le même processus à l’œuvre". L’article est paru dans la lettre de l’UFAL (Union des familles laïques) du 27 novembre. 

La conférence donnée en avril 2007 dans le cadre d’Attac Bretagne, consacrée à la protection sociale, vaut elle aussi le détour.

Extrait : "Les « réformes » (...) ressortent toutes de la même technique : technocratisation / privatisation, le premier terme facilitant le second. (…) Les réformes Fillon et suivants sont la copie conforme des recommandations du MEDEF. Désormais, c’est le ministère de la santé qui détient tous les leviers : nomination directe de tous les postes stratégiques, directeur de la Haute Autorité en Santé « qui peut être consulté », directeur de l’UNCAM, directeurs des Agences Régionales de l’Hospitalisation (plus puissants qu’un préfet dans le domaine sanitaire)…

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28/10/2008

Augmentation constante du coût de l’assurance-maladie aux Etats-Unis, par rapport aux revenus des classes moyennes inférieures

La réalité n’est pas celle des beaux discours présidentiels, nous dit Mike Mitka dans un article de 22 octobre du JAMA : Health Insurance Costs Remain a Burden for Employers and Working Families (Le prix de l’assurance-maladie reste très lourd pour les employeurs et les familles ayant un emploi). De moins en moins d’employeurs proposent une couverture maladie, et ceux qui le font demandent une participation plus importante des employés. De plus en plus de personnes, y compris parmi celles ayant une assurance-maladie, doivent s’endetter pour payer leurs frais médicaux. Le tableau illustre l’augmentation progressive du coût de l’assurance par rapport aux revenus.

Assurance chère JAMA.jpg

 

Résultats de la privatisation de la santé et de l’assurance-maladie : 18 millions d’enfants états-uniens sans accès aux soins au moins pendant une période de l’année!

Dans un communiqué de presse, l’Observatoire états-unien de la qualité et de la recherche en santé (Agency for Pleurer.gifHealthcare Research and Quality) rend publics les résultats d’une étude qu’elle a commandité. Elle est parue dans le JAMA du 22 octobre et Pharmacritique vous propose quelques extraits.

Voici de quoi faire réfléchir tout pays qui s’engage sur la voie de la dérégulation des structures étatiques de soin et d’assurance-maladie : 9 millions d’enfants n’ont aucune couverture maladie aux Etats-Unis ! Si l’on compte ceux qui ont des assurances ne couvrant pas toute l’année, on arrive à 18 millions d’enfants qui n’ont pas accès aux soins, avec toutes les conséquences imaginables en termes de santé !!

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29/08/2008

"En finir avec l’abus de psychotropes" : appel à un usage raisonnable et à la limitation de l’emprise pharmaceutique

Il s’agit d’un appel lancé par 15 médecins, qui constitue le point de départ d’un dossier paru le 24 août dans le Journal du Dimanche. On y 624816175.jpgapprend que 130.000 hospitalisations par an sont dues à la prise de médicaments, et que les psychotropes y sont pour beaucoup. Cet appel dénonce la fausse route d’une société qui traite ses maladies culturelles et socioéconomiques par des tranquillisants, antidépresseurs, stimulants, hypnotiques... Il met aussi en cause la toute-puissance des laboratoires pharmaceutiques, mise en pratique avec la complicité de la plupart des médecins dont la formation est centrée sur l’usage des médicaments - et qui sont aussi l’objet de toutes les "attentions" des firmes.

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15/08/2008

Un arrêt de travail pour Sarko, Fillon et Cie – pétition de la revue Pratiques pour défendre les arrêts de travail

Comment forcer les gens à travailler, même quand ils sont malades ? Comment pousser encore plus loin le soupçon généralisé de fraude et la 849865111.jpgméfiance des employeurs envers les malades? Comment faire un pas de plus sur le chemin de désolidarisation entre malades et médecins ? Vous voulez faire un apprentissage accéléré de l’ignominie ? L’un des nombreux exemples qui pourraient vous inspirer est une mesure figurant dans l’article 103 de la loi de financement de la Sécurité Sociale pour 2008, qui prévoit la possibilité d’invalider les arrêts maladie "par des médecins désormais directement rémunérés par l’employeur du sujet, avec suspension totale des indemnités correspondantes".

Lisez et signez la pétition lancée par la revue Pratiques, intitulée Un arrêt de travail pour Sarko et son gouvernement.

 

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10/07/2008

La croisade contre le tabac et autres comportements : répression des habitudes individuelles au nom des… droits individuels

Il ne s'agit pas de défendre le tabagisme. Mais d'inciter à réfléchir au pourquoi et au comment de l'interdiction étatique de certains comportements 360445286.jpgindividuels. Réfléchir aussi au nouveau rôle que joue la médecine - celui d'outil de contrôle social dans la biopolitique de normalisation des individus, dont nous avons parlé dans plusieurs notes. Et se demander aussi à qui profite cette biopolitique: au néolibéralisme parce qu'elle accentue la culpabilisation générale de l'individu pour ce qui lui arrive; aux firmes fabriquant le Champix, le Zyban, les substituts nicotiniques, etc. Il faut comprendre que nous sommes toujours les dindons de la farce biopolitique néolibérale, qui ne fait que remplacer un profit économique par un autre, un aveuglement par un autre...

Dans son numéro de la fin mars 2008, le Courrier international publie des extraits d’un article de Filippo Facci, écrit au lendemain du vote de la loi anti-tabac en Italie (2004). Le papier s’intitule « Poudre aux yeux : les croisades contre le tabac et les autres plaisirs de la vie ». Nous recopions les fragments.

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20/06/2008

L’Europe cherche un moyen de censurer la blogosphère. Ca tombe bien, la France aussi! Les lobbies auraient-ils peur?

Question rhétorique… Les sites et blogs restent le dernier espace d’expression libre, allant très souvent à contre-courant du « mainstream », 1530481473.jpgde la pensée unique qui domine les autres media. La Commission européenne, truffée de lobbies dont elle représente les intérêts, n’a pas encore réussi à mettre au pas la blogosphère, de façon à l'emprisonner dans le chœur de perroquets en cage qui reprennent inlassablement les dogmes bruxellois et autres vérités néolibérales. Ce rapport pourrait bien être le début de la fin pour les grandes gueules. Et surtout pour celles françaises, puisque Nicolas Sarkozy a déjà mis en route un chantier en ce sens...

Voici d'abord un article traduit par le Courrier international et paru aujourd’hui sur son site. (La photo de Dario Castillejos est tirée d'un numéro plus ancien du Courrier).  

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12/06/2008

Inégalités socioéconomiques en santé, pauvreté, exclusion sociale... Quelques conseils de lecture

A lire en continuité avec la note parlant de l’étude comparative des inégalités en santé dans 22 pays européens (parue récemment dans le New England Journal of Medicine), et celle parlant plus en détail des facteurs socioéconomiques à l’origine des inégalités en santé, de l’idéologie qui nous empêche de regarder la réalité en face et de la nécessaire articulation de la politique de santé avec une politique sociale et économique...

Voici quelques textes supplémentaires pour ceux qui veulent approfondir le sujet. Et tous les médecins devraient le faire. Sans parler de tous ceux – professionnels de santé ou non – qui ont des préjugés sur les pauvres et/ou pensent qu’on ne peut plus parler en termes de classes sociales… Que tous les pauvres seraient des fraudeurs, des paresseux qui « ne veulent pas se lever tôt » et « ne savent pas se vendre »… Et que c’est bien fait pour eux…

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08/06/2008

Une analyse économique des coûts cachés des réseaux interactifs ou "web 2.0" : on est loin de la gratuité et de la démocratisation…

Le web 2.0 (Wikipédia et d’autres sites interactifs, contributifs) suscite beaucoup d’engouement et une illusion de démocratisation des contenus, du savoir et du savoir-faire. Cette mise en commun égalitaire, non hiérarchique et désintéressée briserait le modèle pyramidal de transmission du savoir et éliminerait les nombreux intermédiaires dans cette transmission et dans le partage des connaissances (professeurs, journalistes, références qui font « autorité », etc.). Avec les intermédiaires disparaîtraient aussi les conflits d'intérêts.

Des applications sont tentées en médecine aussi (médecine 2.0, Health 2.0), pour contourner la mainmise d’un petit cercle de pontes et autres « autorités » sur l’opinion et sur la formation/ transmission du savoir médical. Ainsi que pour essayer d'assainir le terreau nourricier des conflits d'intérêts et de se débarrasser de certains problèmes que pose la evidence-based medicine (EBM).

Il est certain que la circularité des références, l’argument d’autorité et les autres scories qui résultent de la forte structuration hiérarchique de la médecine finissent par discréditer celle-ci et l’entraîner dans l’irrationalité, comme l’avaient bien vu McCormick et Skrabanek (cf. notre note). Mais la médecine 2.0 est-elle plus démocratique, plus transparente, moins soumise au diktat du profit ?

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02/06/2008

Leçons du livre "Le système des inégalités": une société structurée par ses divisions et ses hiérarchies socio-économiques

Alain Bihr et Roland Pfefferkorn. Le système des inégalités, Ed. La Découverte (collection Repères), 2008, 128 pages, 8,50 euros.  1936865541.gif

Une analyse systémique des inégalités qui permet de montrer qu'elles ne sont pas des épiphénomènes, mais résultent des structures portantes de la société française, qu'elles contribuent à reproduire. L'analyse met en évidence à quel point une inégalité entraîne l’autre, qu'elles sont non seulement cumulatives, mais se renforcent, se potentialisent mutuellement. Et se reproduisent de génération en génération. De quoi ouvrir les yeux de ceux qui pensent en termes de "tissu social", comme si la trame avait jamais existé ailleurs que dans l'idéologie. Rappelons que Pierre Bourdieu n’avait pas cessé de dénoncer les écrans de fumée. Il a été soit attaqué soit snobé pour avoir osé douter de l’ascenseur social et parler en termes de classe et de reproduction…

Je me demande bien ce que peuvent avoir en commun le patron de multinationale et la caissière ou l'ouvrier auxquels le principe de productivité/rentabilité/compétitivité interdisent la pause pipi. Cette interdiction étant le dernier cri en termes de "gestion" des "ressources" humaines, applaudi d'ailleurs par l'industrie pharmaceutique: le lean management dont nous avons parlé dans cette note. D'autres dimensions de la même problématique dans la note "La fonction sociale de la pauvreté et du chômage dans le néolibéralisme. Conseils de lecture".

Voici un extrait du Système des inégalités. Quelques autres sont acessibles sur le site de l’Observatoire des inégalités, qui contient d'autres textes pertinents.

"En définitive, la représentation de la société française qu’autorisent les résultats de notre analyse du système des inégalités est bien celle d’une société à la fois segmentée, hiérarchisée et conflictuelle. Les divisions, inégalités et conflits qui la traversent opposent non pas des individus en tant que tels mais bien des groupements d’individus partageant précisément une commune position (à la fois objective et subjective) dans la société. Cette position commande leurs possibilités (inégales) de s’approprier, ou pas, avoir, pouvoir et savoir, conduisant à une accumulation d’avantages à un pôle et une accumulation de handicaps à l’autre pôle, processus sur la base desquels ces différents groupes entrent en lutte les uns contre les autres en s’organisant (plus ou moins) à cette fin. Dans ces conditions, les concepts de classes, de rapports de classes et de luttes des classes nous paraissent conserver toute leur pertinence pour l’explication et la compréhension de la persistance des phénomènes de segmentation, de hiérarchisation et de conflictualité au sein de la société française actuelle, comme plus largement dans l’ensemble des sociétés contemporaines."

20/05/2008

« La Santé totalitaire » de Gori et Del Volgo : La médicalisation infinie au service de l’idéologie et des industries néolibérales

1506080345.jpgRoland Gori, Marie-José Del Volgo, « La Santé totalitaire : Essai sur la médicalisation de l'existence », Denoël 2005, 22 euros.

« (…) Devenue technico-scientifique, la médecine occidentale redouble cette expropriation du corps [déjà opérée par la maladie], puisque « c’est en tant qu’objet que le corps du malade se trouve pris en charge », la subjectivité du malade étant tenue à l’écart : ce que Foucault appelait la médicalisation des conduites. Il s’agit en fait, dune véritable idéologie médicale dont le but est de prescrire des comportements sains, grâce auxquels nous serions responsables de notre état de santé, et donc coupables de nos maladies, jusqu’à l’intériorisation de ces normes. Tout en étant dessaisis de nous-mêmes en cas de traitement : voilà l’hypocrisie et le paradoxe que pointent les auteurs. (…) La psychiatrie nord-américaine est en passe d’imposer une approche exclusivement médicamenteuse de la souffrance psychique : « La maladie psychique devient ce que la molécule soulage. » Ainsi, tout en prétendant discréditer la psychanalyse, cette psychiatrie répond aux demandes d’industries pharmaceutiques particulièrement rentables. Les conséquences de ce « technico-puritanisme états-unien » ? Une santé présentée comme produit de consommation, budgétée et progressivement privatisée, des hôpitaux classés, une soumission aux lobbies pharmaceutiques, une psychiatrie réduite à l’usage de psychotropes pour limiter les « déviances » et autres « troubles du comportement ».

L’intégralité du compte-rendu par Nicolas Mathey est dans l’Humanité du 16 avril 2005.

16/05/2008

La médecine comme forme de bio-pouvoir, technique de contrôle social et de normalisation selon Foucault

Quel dommage que Foucault n’ait pas pris en compte l’industrie pharmaceutique, l'un des bras armé du bio-pouvoir capitaliste… Mais nul 1604051361.2.jpgdoute que les lecteurs sauront imaginer les coulisses intégrales d’une scène sur laquelle les médecins sont au premier plan, puisqu'ils sont les exécutants, conscients ou non, du "phénomène de médicalisation infinie".

Voici deux extraits portant sur la médecine, tirés d’un exposé trouvé sur le site « 1Libertaire » : Des formes de pouvoir chez Foucault, et notamment du bio-pouvoir

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Techniques de contrôle social: du DSM et des psychotropes à la "médicalisation infinie" (Foucault) du social

126388916.gifNous le disions dans la note sur les conflits d’intérêts en psychiatrie : le premier DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) est paru en 1952, comme un essai de mettre de l’ordre dans la psychiatrie en catégorisant les pathologies. Les éditions suivantes ont surtout suivi les changements dans la psychopharmacologie, ce qui fait que le nombre de troubles psychiques a augmenté avec l’apparition de nouveaux médicaments… passant de 112 à 374 troubles mentaux en 2000. Le DSM introduit une approche statistique dans la psychiatrie et c’est elle qui permet ce cercle vicieux de nouveaux traitements – nouveaux "troubles". Parce que les firmes pharmaceutiques se sont engouffrées dans la brèche et font de la publicité d’abord pour des « troubles » mentaux présentés en termes très vagues, pour permettre à tout le monde de s’y retrouver. Mais elles sensibilisent au "trouble" en question pour vendre le médicament qui a permis l'invention du trouble (disease mongering). Le DSM a savonné la planche de la psychiatrie pour en arriver là, puisqu'il propose d’identifier tel « trouble » à l’aide d’une liste de symptômes, ce qui revient à diagnostiquer une maladie en cochant des cases. Plus besoin de psychiatre, plus besoin de parole. Un enseignant, un employé de l’ANPE ou un policier sont désormais capables de poser un tel diagnostic à QCM ; ce qui a des traductions sociales réelles, notamment dans des techniques de contrôle social et de normalisation, telles que les décrivait Foucault en parlant d'un bio-pouvoir dont la "médicalisation infinie" est une modalité essentielle d'action.

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10/05/2008

Lettre ouverte dénonçant l’ignominie des politiques et autres responsables de la misère et l'exclusion des handicapés, pauvres, malades...

Lettre ouverte de Janine Thombrau, à l'esprit et à la lettre de laquelle Pharmacritique adhère complètement. 

"HANDICAP … EN TOUTE FRANCHISE … JE 1482972021.jpgDENONCE

Moi, Janine Thombrau, rongée par une Sclérose En Plaques, n’ayant pas choisi d’être handicapée ni de ne pouvoir travailler, en mon nom et celui de milliers d’autres exclus, malades, travailleurs précaires, citoyens sans toit….
JE DENONCE…
- Je dénonce le pouvoir de notre pays incapable d’assurer la protection de ses citoyens les plus fragiles.
- Je dénonce le pouvoir législatif, Députés et Sénateurs, qui, malgré leurs belles paroles tricotées de condescendance et de compassion de théâtre, ignorent totalement le vécu d’une grande part de leurs concitoyens.
- Je dénonce le pouvoir exécutif qui, avec la complicité des deux assemblées, prend aux plus pauvres pour donner aux plus riches…. Et ce même pouvoir de n’être rien de plus qu’un pantin au service des plus riches.
- Je dénonce les dirigeants d’un pays qui dans quelques jours sera à la présidence de l’Union Européenne et j’ai honte pour nous quand ces mêmes osent dire que le handicap sera une de leurs priorités.

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03/05/2008

Bientôt les sondes urinaires pour ne pas interrompre le travail ? Le "lean management", cher à l'industrie pharmaceutique

Dans un article du numéro de février 2008 de PHARMAnetwork, Sylvie Ouziel, Directeur Général de l'Activité Management Consulting France 717039920.jpget Benelux, pose la question stratégique cruciale pour l’industrie pharmaceutique : "Laboratoires : comment réamorcer la machine à créer de la valeur?". Je pense que personne ne se trompe sur le sens du mot "valeur" : valeur d’échange, pas valeur d’usage. Valeur marchande, profit, valeur de l'action, etc. Tout cela compris comme une "machine". Je le souligne au cas où il y aurait encore des personnes qui se feraient des illusions sur la nature de l'activité des multinationales pharmaceutiques et leur prêterait des intentions philanthropiques...

L’une des réponses est le "lean management", dont le site Logistique Conseil donne la définition suivante : "Ensemble de techniques visant à l’élimination de toutes les activités à non valeur ajoutée. "Lean" en français signifie "Moindre"". Autrement dit, le principe du rendement et d’automatisation par élimination de toute humanité. PHARMAnetwork dit cyniquement que l’industrie pharmaceutique fait sienne cette orientation (et on verra où elle mène) : "Dans la tourmente des enjeux économiques et à la recherche constante de la maîtrise des coûts, les hommes et femmes de terrain ne restent pas inactifs. Pratique issue de l'aéronautique et de l'industrie automobile, le Lean management entre depuis quelques années dans nos entreprises et permet aux laboratoires d'être plus souples, d'accélérer les processus, de disposer de plus de capacité et d'optimiser la performance. Deux témoignages nous expliquent les enjeux de ces méthodes ou l'atout le plus précieux de l'entreprise : les hommes sont au coeur de cette nouvelle culture."

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01/05/2008

La fonction sociale de la pauvreté et du chômage dans le néolibéralisme. Conseils de lecture

Pas de pitié pour les gueux ! Sur les théories 1474208639.jpgéconomiques du chômage, par Laurent Cordonnier. Ed. Raison d’agir 2000, 124 pages, 5,70 euros. Présentation par Denis Gombert : « Le mal du siècle économique, c'est le chômage. Voilà une opinion partagée par le plus grand nombre. D'une certaine façon, des générations d'économistes nous ont appris à penser comme ça. (...) On voudrait nous faire croire que "le chômage est le produit de la paresse des travailleurs". Allons même plus loin, qu'"il existe des chômeurs par choix rationnel". Dans Pas de pitié pour les gueux, Laurent Cordonnier montre les crocs et gronde. Contre l'idée reçue que l'existence du chômage serait la faute des salariés. Très sceptique sur le prétendu équilibre rationnel de la loi du marché, l'auteur cherche à savoir à qui profite [le chômage]. Dans son essai économique très contestataire sur les mécanismes complexes du chômage, Laurent Cordonnier remarque que le stock des chômeurs est, comme par hasard, juste suffisant pour protéger les intérêts capitalistes... On en revient à la question première : à qui profite le crime ? Peut-on sérieusement soupçonner les chômeurs de tirer avantageusement parti des imperfections du marché du travail et leur faire porter si facilement le chapeau du chômage ? »

La question fondamentale est: quelle est la fonction sociale de la « pauvreté » ? Réponse à partir de l'analyse de Georg Simmel, fondateur de la sociologie de la pauvreté.

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26/04/2008

Les mensonges du néolibéralisme ou La marchécratie à son oeuvre de prédilection: la casse sociale

076a0a3af2e4c1447208c3039bb313f0.jpgA première vue, le rapport de ce livre avec notre thématique habituelle n’est pas évident. Il est majeur, parce que quand on veut critiquer une situation factuelle, et ce au nom de ce qui devrait être, il faut que la critique puisse dévoiler l’idéologie qui est derrière ce qui se présente comme réalisme ou pragmatisme économique, s’agissant par exemple des franchises médicales, des privatisations et autres coups portés à la protection sociale. La critique radicale n’est-elle par celle qui s’attaque à la racine et la met à nu ? L’idéologie néolibérale - qui a les moyens de s’imposer, donc de se rendre vraie, puisque sa position dominante lui permet d’exclure d’emblée toute alternative, même sur des détails - déforme la réalité pour présenter ses régressions programmatiques comme incontournables et salvatrices, faute de quoi le pays entier serait menacé… Au plus tard à ce moment, vous, lecteur, avez déjà fait le parallèle avec la façon de faire de l’industrie pharmaceutique : sans nous, sans ce médicament, c’est la fin, le chaos, la mort… Chaque domaine – l’industrie chimique, agroalimentaire, pétrolière, militaire, etc. – applique l’idéologie qui les porte tous en idéalisant le profit comme moteur et fin de l’économie. Or celle-ci doit être descendue de son piédestal ; elle est un moyen pour autre chose, pour des fins définies par la société, et non pas une fin en elle-même ! Mais chut ! Il ne faut pas le dire. A la médecine et à l’industrie pharmaceutique non plus… Certains auraient du mal à supporter l'idée que les patients ne sont pas là pour eux (et leur business), mais l'inverse... L'horreur...

Voici le compte-rendu fait par Elena Pasca de l’excellent livre de l’économiste Michaël Lainé, Les trente-cinq mensonges du libéralisme ou comment réfuter les idées reçues de l’économiquement correct. (Albin Michel 2002).

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11/04/2008

Les franchises: régression sociale aux effets économiques contre-productifs (inflation des coûts, privatisation anarchique, inégalité d'accès aux soins, illisibilité du système...)

Voici plusieurs analyses et décryptages des effets des franchises sur les soins, des objectifs cachés qui motivent le aba841728e29b8519225f4f4dd1bd321.jpgrecours à ce véritable impôt sur la maladie et de l'idéologie néolibérale qui cherche à les présenter comme incontournables. Tout comme elle cherche à nous faire gober l'idée que le démantèlement pas à pas de toutes les institutions et dispositifs sociaux qui forment notre système de protection sociale serait motivé par la volonté politique de sauver celui-ci... On détruit et privatise tout pour préserver... acquis sociaux et services publiques. Et "reponsabiliser" les personnes coupables d'une érosion de ceux-ci... Ecran de fumée? Non! Cynisme, mensonge et volonté de diviser et de stigmatiser, comme le dit parfaitement ActUp Paris:

« Affirmer qu’il faut « responsabiliser » les malades, c’est faire croire que ces derniers, comme les handicapés, consomment de façon irresponsable des médicaments que la société leur permettrait d’avoir gratuitement. Leur « irresponsabilité » coûterait trop cher à la société. Or une telle vision est fausse. Comme le montrent les rapports successifs du Haut Conseil pour l’Avenir de l’Assurance Maladie, les personnes les plus gravement malades sont celles qui ont le reste à charge le plus élevé, c’est-à-dire celles qui doivent le plus payer pour leur santé. Notre société, bien loin de se montrer solidaire, met donc déjà particulièrement à contribution les malades et les handicapéEs ».

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