09.07.2008
"Money Talks. Le profit avant la sécurité des patients". Documentaire sur l'emprise des firmes pharmaceutiques
Des extraits d'un documentaire de 2008, écrit et réalisé par Kathleen Slattery-Moschkau, ancienne visiteuse médicale aux Etats-Unis. Elle a aussi produit un film appelé "Side effects". Détails sur le site Money Talks.
19.06.2008
Pharmacritique a six mois et toutes ses dents...
Bébé Pharmacritique a désormais l’âge respectable de six mois !! Précoce pour son âge, surtout qu'il a déjà toutes ses dents (disent les parents fiers de leur progéniture ;-)). Pour illustrer de façon imagée ses activités préférées, voici une vidéo qui montre un bébé mort de rire lorsqu’il déchire des revues et des journaux… (Il n'a bien entendu rien à voir avec le blog). Mais imaginez le bébé Pharmacritique en train de réduire en charpie les publicités des firmes pharmaceutiques, les revues et journaux qu’elles financent pour faire passer leur marketing pour de l’information médicale… Et puis le même bébé déchirer joyeusement les études médicales – celles financées par l’industrie pour qu’elles disent ce que veut cette dernière – ainsi que les articles des leaders d’opinion qui vantent les mérites du dernier médicament de confort ou du tout nouveau « me too » dont l’efficacité se perd dans les chaussettes mais dont le prix se perd dans les nuages…
Bébé Pharmacritique a appris à déchirer grâce aux cercles critiques anglo-saxons (médecins et chiens de garde) et à la revue allemande indépendante Arznei-Telegramm. Tirer sur une maille pour défaire l’ensemble, ça, un bébé le capte tout de suite ;-) Facile de faire des confettis à partir des sophismes et autres scories de médi-pharma… Et de cette médecine un peu trop fixée sur ce qui lui est présenté par les visiteurs médicaux sur du papier glacé, qu’il s’agisse de publicités directes pour des médicaments ou pour la dernière maladie inventée. Ou encore de publicités pour le prochain congrès dans tel palace luxueux au soleil…
Bébé Pharmacritique essaie à sa façon de déchirer, rompre, briser, casser, tacher, jeter, décrier tout ce qui sert de support aux conflits d’intérêts, autrement dit à la corruption… Avec l’innocence de celui qui peut dire qu’il n’a jamais rien reçu de l’industrie et n’a donc pas été corrompu… C’est très rare de nos jours… Et puis la joie, la rigolade, l’ironie et le sarcasme contrecarrent parfaitement le pharmacommerce de la peur que l’industrie nous sert en s’adressant à nos tripes. C’est tellement cousu de fil blanc que même un bébé peut comprendre… A fortiori bébé Pharmacritique, qui a toutes ses dents pour mordre et des griffes pour bien saisir et faire des trous… ;-))) Y compris les griffes du concept, au sens étymologique du terme...
17:45 Publié dans Inclassables | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
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23.05.2008
Les acrobaties de l’agence canadienne du médicament (ACMTS) avec les conflits d’intérêts. Ne surtout pas oser, voilà la ligne politique...
Nous parlions récemment des acrobaties suisses avec les conflits d’intérêts dans la formation médicale continue (FMC) puis – thème encore plus proche de celui de cette note - des acrobaties de l’Agence française de sécurité sanitaire (Afssaps) avec les mêmes conflits d’intérêts…
Prenons aussi l’exemple canadien, à travers les directives de 2006 de l’ACMTS (Agence canadienne des médicaments et des technologies de la santé) ayant pour but de « gérer » (et non pas d’éliminer) les liens financiers et les conflits d’intérêts des médecins qui interviendront en tant qu’experts. Il y a les belles phrases, bien sûr, puis viennent les exceptions et l’on comprend qu’il y a beaucoup de poudre aux yeux au Canada aussi… Par exemple, le fait qu’un expert possède des actions de telle firme pharmaceutique pour une valeur ne dépassant pas les 10.000 dollars n’est pas considéré comme un conflit d’intérêt majeur… Comme s’il y avait des conflits mineurs et majeurs… L'expert qui reçoit directement 9.999 dollars (et bien plus à travers les financements des activités liées à la recherche), n'est qu'un peu corrompu, pas beaucoup...
Un "peu" de corruption (sic), beaucoup d'acrobaties pour la justifier... Et, à votre avis, qui est-ce qui se casse la gueule à cause de ces acrobaties? Il n'y a qu'une réponse possible: nous autres, usagers, qui n'avons aucun filet de sécurité lorsque nous gobons que ce que nous prescrivent les multinationales pharmaceutiques, sans aucune médiation critique de médecins dont la jugeotte est paralysée par plus ou moins de 10.000 dollars, qu'importe. L'intégrité de certains coûte cher; d'autres se laissent acheter pour un rien... Qu'est-ce que ça change, à l'arrivée?
01:04 Publié dans Conflits d'intérêts / corruption | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : conflits d'intérêts, influence, pharmaceutique, sécurité sanitaire, experts, agence du médicament |
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20.05.2008
"Les exilés de l'intime": Normalisation médicale des comportements au profit de l'économie et de ses logiques sociétales
Roland Gori, Marie-José Del Volgo, « Exilés de l'intime : la médecine et la psychiatrie au service du nouvel ordre économique ». Denoël, 344 pages, 22 euros.
Pour illustrer les propos du livre, voici un entretien avec Roland Gori, psychanalyste et professeur de psychopathologie, intitulé Norme
psychiatrique en vue. Suivi d’une tribune libre par le psychiatre Hervé Hubert, de la présentation du livre par l’éditeur et des commentaires sur un site de psychologues. Ces écrits illustrent ce dont on a souvent parlé dans ces pages : la tendance à faire de la psychiatrie un outil de contrôle social qui cherche à abraser chimiquement – par psychotropes – la subjectivité, les émotions, l’idiosyncrasie, les comportements et tempéraments ne se conformant pas à la moyenne, et ce au profit d’une « normalité » artificielle comprise comme une adaptation parfaite de l’individu aux rôles socio-économiques qu’impose le néolibéralisme. Le DSM est le levier parfait par lequel s’opère cet ajustement d’abord théorique, puis mis en pratique par des psychiatres asservis aux industriels, en conformité avec la tendance socio-historique...
03:44 Publié dans Normalité,contrôle social, culture psy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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03.05.2008
Bientôt les sondes urinaires pour ne pas interrompre le travail ? Le "lean management", cher à l'industrie pharmaceutique
Dans un article du numéro de février 2008 de PHARMAnetwork, Sylvie Ouziel, Directeur Général de l'Activité Management Consulting France
et Benelux, pose la question stratégique cruciale pour l’industrie pharmaceutique : "Laboratoires : comment réamorcer la machine à créer de la valeur?". Je pense que personne ne se trompe sur le sens du mot "valeur" : valeur d’échange, pas valeur d’usage. Valeur marchande, profit, valeur de l'action, etc. Tout cela compris comme une "machine". Je le souligne au cas où il y aurait encore des personnes qui se feraient des illusions sur la nature de l'activité des multinationales pharmaceutiques et leur prêterait des intentions philanthropiques...
L’une des réponses est le "lean management", dont le site Logistique Conseil donne la définition suivante : "Ensemble de techniques visant à l’élimination de toutes les activités à non valeur ajoutée. "Lean" en français signifie "Moindre"". Autrement dit, le principe du rendement et d’automatisation par élimination de toute humanité. PHARMAnetwork dit cyniquement que l’industrie pharmaceutique fait sienne cette orientation (et on verra où elle mène) : "Dans la tourmente des enjeux économiques et à la recherche constante de la maîtrise des coûts, les hommes et femmes de terrain ne restent pas inactifs. Pratique issue de l'aéronautique et de l'industrie automobile, le Lean management entre depuis quelques années dans nos entreprises et permet aux laboratoires d'être plus souples, d'accélérer les processus, de disposer de plus de capacité et d'optimiser la performance. Deux témoignages nous expliquent les enjeux de ces méthodes ou l'atout le plus précieux de l'entreprise : les hommes sont au coeur de cette nouvelle culture."
06:14 Publié dans Néolibéralisme, l'idéologie qui vous veut du bien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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La députée Catherine Lemorton estime la hausse des franchises médicales probable. Que penser de sa proposition d’une « tutelle » des médecins par l’assurance-maladie et la HAS ?
Ce rapport me laisse sceptique, je dirai pourquoi. Mais dans l'interview, il y a une remarque de Catherine Lemorton sur les franchises soi-disant « médicales ». C’est ce qu’on pouvait craindre dès le départ : une fois le « principe » des franchises médicales avalisé et mis en œuvre, elles ne peuvent logiquement qu’augmenter.
03:22 Publié dans Protection sociale sécurité sociale en danger | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
| Tags : franchises, conflits d'intérêts, surmédicalisation, pharmaceutique, has, assurance-maladie |
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30.04.2008
Les généralistes suisses en pleine acrobatie entre les conflits d'intérêts dans la formation médicale continue (FMC)
La Société suisse de médecine générale (SSMG) a fait sienne la proposition faite par la revue médicale indépendante Pharma-Kritik sur le sponsoring (ou financement) indirect par l’industrie pharmaceutique, que nous avons évoquée dans cette note. L’argumentaire montre bien que légitimer une telle idée oblige les médecins et les organisations médicales à faire des acrobaties – périlleuses pour l’intégrité... Cette organisation chargée entre autres d’accréditer des manifestations de formation médicale continue (FMC) pense sautiller entre deux conflits d’intérêts pour finir par se retrouver en plein dans un troisième…
Voici deux extraits du Rapport annuel de la SSMG sur la formation médicale continue. Le premier contient les belles paroles, l’incantation d’une « transparence absolue » et d’une absence de conflits d’intérêts. L’ambiance est gâchée lorsqu’on avance dans la lecture et qu’on voit que les intérêts et les biais financiers sont bel et bien là, de façon juste un peu plus … biaisée, pourrait-on dire. A la fin, il y a un lien vers les directives de l’Académie suisse de médecine, codifiant ce sur quoi le public et les médecins suisses peuvent ou non fermer les yeux.
02:40 Publié dans Formation médicale continue... par les firmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : conflits d'intérêts, fmc, pharmaceutique, médecine générale, formation médicale continue |
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La revue suisse "Pharma-Kritik" accrédite l'idée d'un possible financement "indirect" par l'industrie pharmaceutique
Voici des extraits, traduits de l’allemand, de l’article signé par Etzel Gysling.
02:04 Publié dans Formation médicale continue... par les firmes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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28.04.2008
Remède révolutionnaire du trouble anxiété sociale! La timidité, c'est fini!
Une fois n’est pas coutume… Sur ce blog qui parle du social sous divers angles, je me permets de faire de la publicité pour un lubrifiant social – effet très important, comme nos amis de l’industrie pharmaceutique le savent très bien. Il s’agit d'un médicament hautement efficace dans le traitement de l’anxiété sociale, de l’anxiété généralisée, agoraphobie et autres timidités. La preuve par l’image et le texte, reprenant exactement les questions ciblées posées dans la pub télé américaine. « Avez-vous le sentiment de ne pas être à votre place ? Souffrez-vous de timidité ? Vous arrive-t-il parfois de vous dire que vous n’êtes pas assez pugnace ? » (Si quelqu’un répond "non", merci de prendre rapidement un RV avec un psychiatre). Si vous répondez "oui" à l’une des ces questions, allez donc demander à votre médecin de jeter ses psychotropes à la poubelle et de partager avec vous une dose de ce remède miraculeux et aux effets connus depuis des siècles… Qu’attendez-vous ? Arretez de vous cacher et commencez enfin à vivre ! Grâce à un remède 100% naturel!
03:15 Publié dans Méthodes publicitaires, marketing; exemples | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
| Tags : anxiété sociale, phobie, timidité, agoraphobie, pharmaceutique, naturopathie |
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20.04.2008
Antidépresseurs, tranquillisants, psychotropes en général : surmédicalisation et toxicomanie médicamenteuse
Un extrait de l’émission de Canal+ « Lundi investigation », mars 2008 : « Tranquillisants : l’overdose ? » Il y est question de ces patients drogués avec les « drogues du pauvre », comme le dit spontanément une femme traitée depuis une dizaine d’années par des quantités ahurissantes de plusieurs types de psychotropes à la fois. C’est le même constat que faisait Paul Arcand dans son documentaire « Québec sur ordonnance », dont nous avons rendu compte dans cette note. Certains patients passent d’un comprimé au « millefeuille thérapeutique », puis à la « défonce toxicomaniaque »… Mais dire, comme le fait un médecin interviewé, que les médecins sont conscients mais ne peuvent pas résister à la pression des patients est bien trop léger… Les médecins seraient, paraît-il, trop gentils et n’auraient pas appris à dire non… Plus raisonnable semble l’explication du directeur de la revue Prescrire et celle de Philippe Pignarre qui mettent en cause le marketing de l’industrie pharmaceutique, y compris la publicité déguisée en « campagnes d’information », qui atteint à la fois les médecins et les patients.
09:25 Publié dans surmédicalisation, surmédicamentation, surconsomma | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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31.03.2008
Pharmaceutiques et tiers-monde. La collusion entre politique et multinationales mène à un "génocide par abandon" (John le Carré)
« Une fois que je suis rentré dans le monde des multinationales pharmaceutiques, il m’a pris à la gorge et ne m’a plus lâché. Big Pharma, comme on l’appelle, peut tout offrir: les espoirs et les rêves qu’elle peut susciter ; son immense potentiel à faire le bien, partiellement réalisé ; et ses souterrains les plus obscurs, entretenus par son énorme richesse, sa propension pathologique au secret, sa corruption et sa cupidité », dit John le Carré dans une interview accordée au journal britannique The Guardian, en parlant de son roman "La Constance du jardinier" et de son adaptation cinématographique qui garde le titre original, "The Constant Gardener".
02:55 Publié dans Nord - Sud: cobayes, corruption, humanitaire... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : pharmaceutique, multinationales, néo-colonialisme, génocide, profit, sida, Le Carré |
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30.03.2008
Les essais cliniques des firmes pharmaceutiques en Afrique. La Constance du jardinier, roman quasi-documentaire de ces agissements couverts par l’Occident
Dans cette note, nous avions présenté Sonia Shah, journaliste canadienne d’investigation, et son livre Cobayes
humains, dévoilant les conditions de déroulement de certains essais cliniques au tiers-monde. Le livre de Shah est d’ailleurs préfacé par John le Carré. Et celui-ci nous donne une parfaite illustration des activités des firmes pharmaceutiques là où personne ne peut le contrôler faute de législation adéquate et faute d’intérêt des « élites » corrompues, qui ne vont quand même pas tuer la poule aux œufs d’or pour la santé de quelques gueux... Activités telles que les perçoit John le Carré, par le prisme de la fiction, pourrait-on dire. Mais les frontières entre « fictum » et « factum » sont on ne peut plus floues…
18:35 Publié dans Nord - Sud: cobayes, corruption, humanitaire... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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04.03.2008
L’argent des firmes crée conflits d'intérêts et irrationalité des soins. Constat d'UFC Que choisir sur la médecine-commerce
Le 15 janvier 2008, l’UFC Que choisir, association de défense des consommateurs, a publié les résultats de son étude intitulée « Prescriptions de médicaments : Des prescriptions irrationnelles, un constat confirmé par la Cour des Comptes », dont nous reprenons le texte intégral. L’association rappelle ses propres analyses tout en rendant compte de la parution de deux rapports alarmants en matière d’information médicale et de filière du médicament, les deux complètement dominées par l’industrie pharmaceutique : le rapport de la Cour des Comptes, paru en septembre 2007, et celui de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales), paru en octobre). On peut voir dans l’irrationalité des prescriptions - donc d’une bonne partie des soins - l’un des symptômes de cette liberté sans limites du médecin que nous évoquions dans la note précédente. Sans parler des conflits d’intérêts, véritable coeur du problème…
23:55 | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
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