Avertir le modérateur

05/08/2009

Chroniciser les maladies est plus rentable que les guérir. Les conflits d’intérêts assurent la prééminence du profit sur la santé, selon le prix Nobel Richard Roberts

[Mise à jour du 30 décembre 2016:

J'insère plusieurs paragraphes parce qu'il y a urgence. Il faut diffuser l'information sur ce qui se passe quant à l'endométriose avant que les autorités de santé se fassent avoir par des médecins qui ont d'énormes conflits d'intérêts. Certains ont été largement médiatisés grâce à l'argent des industriels dont ils cherchent à imposer des produits (médicaments et instruments chirurgicaux) inutiles - et dont les résultats peu convaincants ne sont pas médiatisés - dans des schémas de traitement qu'ils sont censés évaluer eux-mêmes (!) pour qu'ils soient adoubés et conseillés par les recommandations officielles de prise en charge de l'endométriose.

L'endométriose est un parfait exemple de chronicisation d'une maladie et de désinformation sur les avancées de la littérature médicale qui ont invalidé tous les préjugés justifiant la prescription de médicaments. Désinformation parce que si l'information venait à être largement diffusée, plus aucun médicament hormonal (agonistes de la GnRH, progestatifs sous diverses formes, contraceptifs en continu, ...) ne serait prescrit... L'endométriose touche une femme sur dix en âge de se reproduire. Les profits sont donc immenses si les femmes sont otages de ce complexe médico-pharmaceutique pendant des dizaines d'années...

Au lieu d'être guéries (à peu près 70% des cas), ou du moins très largement améliorées pendant des années, par une à deux interventions chirurgicales qui font l'exérèse complète de toutes les lésions, en dehors et à distance de tout traitement médicamenteux hormonal, ces femmes sont "traitées" jusqu'à la ménopause par une alternance de médicaments inutiles, mais avec beaucoup d'effets indésirables, qui seront "traités" par d'autres médicaments... C'est ce qu'on appelle la cascade de prescription.

Ces femmes sont aussi opérées par des chirurgiens non formés à l'aide de techniques d'ablation inappropriées et dont l'inefficacité à éradiquer l'endométriose a été largement prouvée par la littérature médicale. Ces techniques utilisent des instruments d'ablation soi-disant nouveaux, sous brevet, à la place d'anciens instruments d'exérèse qui ne rapportent rien. (Ce sont des me-too, dont j'explique la signification dans le texte). L'ablation - consistant la plupart du temps à tenter de brûler les lésions au lieu de les exciser - ne peut pas être complète, surtout si elle se fait sous traitement hormonal. J'explique pourquoi dans les textes donnés en lien. Les promoteurs de ces instruments et des médicaments proposent de "compléter" ou de compenser cette inefficacité par la prise d'autres médicaments en post-opératoire, avant d'autres interventions d'ablation... Un cercle vicieux infernal qui laisse la place aussi à tous les vendeurs de remèdes homéopathiques et naturels, à tous les guérisseurs, à tous les charlatans, etc.

Il y a urgence à informer d'abord les femmes concernées, à informer tout le monde de l'existence de conflits d'intérêt énormes et dont les plus importants n'ont pas été déclarés, notamment les "rémunérations personnelles" du Pr Horace Roman du CHU de Rouen, à l'origine de cette spectaculaire régression par rapport aux standards internationaux.

Urgence parce qu'en ce moment même, en France, les autorités de santé sous influence sont en train d'officialiser une régression à des stratégies de médicamentation à vie et de techniques d'ablation chirurgicale inefficaces et risquées.

De telles stratégies sont dépassées et rejetées dans d'autres pays. Elles traduisent l'immense campagne de communication d'industriels qui ont des instruments chirurgicaux (tels que le Plasma Jet soi-disant innovant) et des médicaments à placer (Bayer, Ipsen, Plasma Surgical, MSD...). Ces industriels ont su miser sur des médecins tels que le Pr Horace Roman et d'autres d'un groupement d'hôpitaux publics de Normandie appelé G4, qui proposent aux firmes d'acheter des formules tout-compris (one-stop shops), y compris la cohorte de centaines de femmes atteintes d'endométriose pour servir de cobayes. Ils se chargent de tout, jusqu'à la rédaction d'articles sur les produits auxquels il faut trouver un marché. C'est incroyable, et pourtant... C'est dit noir sur blanc, il suffisait de chercher.

J'expose cela dans ce texte qui fait plus de 60 pages: "Endométriose: exérèse curative vs marchandisation à vie. Critiques de l'ablation au Plasma Jet du Pr Horace Roman. Risques d'une chirurgie sous agonistes GnRH".

Quant à l'industrie de l'endométriose, sa chronicisation pour satisfaire tous les intérêts (sauf ceux des femmes malades), la mystification sur la nature même de la maladie, etc. - tout cela est exposé en détail dans cet article, qui comprend aussi la traduction d'un texte écrit par un chirurgien référence mondiale en la matière: "Redéfinir l'endométriose à l'âge moderne: Dr David Redwine sur l'endométriose et son traitement par exérèse complète conservant les organes".

Tous les articles sur l'endométriose et ses traitements sont accessibles en descendant sur cette page.  Merci de diffuser l'information! Fin de la mise à jour du 30 décembre 2016]

    *****

Richard J. Roberts, biochimiste et biologiste moléculaire britannique, est l'un des lauréats du prix Nobel de médecine 1993, pour ses travaux sur les introns ADN et l’épissage des gènes.

Dans le numéro du 27 juillet 2007 du journal catalan La Vanguardia paraissait une interview qu'il a accordée à Lluís Amiguet, sous le titre "El fármaco que cura del todo no es rentable" (Le médicament qui guérirait tout ne serait pas rentable). Après quelques explications de termes importants pour comprendre la stratégie et les moyens utilisés par le complexe médico-pharmaceutique dans la chronicisation des maladies, je vous propose une traduction de la partie de l'interview de Richard J. Roberts qui a trait aux sujets abordés sur Pharmacritique.

Lire la suite

14/06/2009

Grippe porcine: le député et animateur canadien André Arthur dénonce une manipulation médiatique et politique

Lire la suite

23/11/2008

Jörg Blech, "Les inventeurs de maladies" ou les mécanismes du pharmacommerce de la peur : disease mongering et fear mongering

On ne peut pas parler du façonnage des maladies / disease mongering sans recommander la lecture de l’ouvrage de Jörg Blech, Les Blech Babel.jpginventeurs de maladies. Manoeuvres et manipulations de l’industrie pharmaceutique, paru en 2005 chez Actes Sud et réédité cette année chez Babel.


Martin Winckler saluait "un livre salutaire" qui "explique comment l’industrie pharmaceutique a, entre autres : imposé la baisse arbitraire des normes de cholestérol pour que des gens parfaitement normaux aient l’air malade ; fait naître la terreur de l’ostéoporose chez les femmes ménopausées afin de favoriser la consommation de médicaments destinés à "prévenir les fractures" ; manipulé l’opinion afin d’élargir la consommation de médicaments destinés à "traiter l’impuissance masculine" ; surmédicalisé les femmes, les enfants et les personnes âgées, etc. "

Lire la suite

25/07/2008

"L’envers de la pilule" par Jean-Claude St-Onge. Le façonnage des maladies: principal moteur du commerce pharmaceutique

L’émission "Indicatif présent" de Radio Canada a réalisé en novembre 2004 une interview avec Jean-Claude St-Onge, auteur du livre 1672201482.jpgL'envers de la pilule. Les dessous de l'industrie pharmaceutique, paru en 2004 aux éditions Ecosociété. Le lien vers l’interview est à la fin de cette page.

Et voici une présentation du livre, avec des exemples de disease mongering. Ce procédé très lucratif consiste à inventer des maladies, par exemple en médicalisant des aspects physiologiques tels la ménopause. Ou en présentant des traits de personnalité tels la timidité comme des pathologies handicapantes. Quel parent résistera à une publicité disant que la timidité - érigée en "phobie sociale" ou "anxiété sociale" - risque de gâcher la vie de son enfant, alors que "des solutions existent" ?

Lire la suite

19/05/2008

Les façonneurs de maladies, héritiers du Dr Knock, ancêtre du disease mongering...

Les firmes pharmaceutiques et les médecins qui en soignent les finances en appliquant la stratégie marketing dont fait partie le disease mongering (façonnage ou invention de maladies) sont les dignes héritiers du Dr Knock (personnage de Jules Romains), passé maître dans l’art d’amener un patient en bonne santé à se découvrir une vraie maladie à la place d’un désagrément occasionnel ou d'une parfaite santé… L'exagération des facteurs de risque, l'abus de prévention auquel on assiste de nos jours, la surmédicalisation et surmédicamentation, la médicalisation et marchandisation des états d'âme, les recettes publicitaires, le pharmacommerce de la peur... tout y était déjà. A voir ou à revoir…

Le façonnage de maladies / disease mongering légitimé par le DSM: médicalisation et marchandisation des émotions, pour le profit des pharmas

1015167843.gifL’« enchevêtrement » d’intérêts financiers entre psychiatrie, DSM et industrie, dont j'ai parlé dans plusieurs notes, pose encore plus de problèmes que dans d’autres spécialités médicales, dans la mesure où la définition de beaucoup de « troubles » mentaux, dysfonctions ou troubles de la personnalité n’est que descriptive, floue et sans critères vérifiables. Ce qui laisse beaucoup de place à l’arbitraire, à l’invention ou au façonnage de maladies (disease mongering). Une telle affirmation ne peut paraître exagérée qu'aux personnes qui ne sont pas familiarisées avec les dernières trouvailles de la psychiatrie, dont on ne sait souvent pas si ce sont des gags, des parodies ou alors des états que des experts considèrent sérieusement comme pathologiques et nécessitant traitement...

Lire la suite

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu