Avertir le modérateur

23/05/2008

L’Occident doit réviser sa politique de santé et arrêter le pillage des ressources médicales du tiers-monde. La revue The Lancet souligne les mérites de Cuba

La politique actuelle de santé crée du tiers-monde médical en France et dans les autres pays industrialisés et déleste les pays pauvres de leurs professionnels de santé.

Début mars a eu lieu à Kampala (Uganda) le premier Forum global des ressources humaines dans le domaine de la santé. Le journal médical The Lancet en rend compte dans cet article (qui n’a pas de résumé) : John S Yudkin et al, “Global health-worker crisis: the UK could learn from Cuba”. The Lancet, Volume 371, Issue 9622, 26 April 2008-2 May 2008, Pages 1397-1399. Nous le résumons puis ajoutons quelques autres références pour faire comprendre les enjeux pour la médecine occidentale comme celle du tiers-monde.

Yudkin et al. ne manquent pas de souligner que le Royaume-Uni contribue à la pénurie de professionnels de santé au tiers-monde par sa politique de recrutement ; celle-ci fait reposer tout le fonctionnement de son système public de santé sur les médecins et les infirmières qu’il amène du tiers-monde. Ce qui laisse les populations des pays d’origine sans aucun recours médical. Les pays occidentaux doivent trouver rapidement une solution à ce problème, par des partenariats, des programmes destinés à former des professionnels pour le tiers-monde (et les pays en développement) et des changements de politique. Et les auteurs de recommander aux autorités politico-sanitaires britanniques de prendre Cuba pour exemple.

Lire la suite

19/04/2008

La politique de santé publique face au lobby agro-alimentaire... La prévention de l'obésité infantile ne pèse pas lourd face aux intérêts privés

Prenons un extrait d'un article publié il y a un an par Marie Bénilde, Quand les lobbies (dé)font les lois, qui esquisse les enjeux et revient sur quelques étapes de la loi sur la santé publique:

« En ce mois de juillet 2004, le projet de loi sur la santé publique soumis au Parlement est loin d’imposer aux annonceurs de boissons, barres chocolatées ou biscuits des contraintes prohibitives en matière de communication publicitaire. Le nombre des jeunes de 6 à 15 ans victimes de surcharge pondérale et multipliant de ce fait leurs risques de maladies cardio-vasculaires a beau avoir triplé en un quart de siècle (pour atteindre 16 % de cette tranche d’âge), l’urgence ne semble pas s’imposer. Bien que le député (et médecin) Jean-Marie Le Guen (Parti socialiste, PS) alerte l’opinion sur un phénomène qu’il juge gravissime et qui touche un enfant de 8 ans sur cinq (…), le projet de loi présenté par le ministre de la santé de l’époque, M. Philippe Douste-Blazy, reste relativement modéré. Contrairement à la Suède ou au Québec, la France choisit en effet de ne pas interdire la publicité dans les programmes destinés aux moins de 12 ans. Le gouvernement s’est laissé gagner par les avocats de l’industrie alimentaire, qui mettent en balance leurs 140 milliards d’euros de chiffre d’affaires, leurs quatre cent vingt mille salariés et leur... 1,7 milliard d’euros bruts d’investissements publicitaires ».

Marie Bénilde parle de Douste-Blazy. Mais Xavier Bertrand n’a pas fait mieux lorsqu’il était ministre de la Santé, alors que des rapports officiels préconisaient l’interdiction pure et simple de la publicité encourageant les enfants à la consommation de sucreries. Cette séquence de l’émission de Canal+ « Faites passer l’info » montre Bertrand en train de se faire rappeler à l’ordre par le lobby agroalimentaire. Le ton de Jean-René Buisson (président de l’Association nationale des entreprises de l’agroalimentaire) oscille entre menace voilée et promesse de renvoi d’ascenseur. En tout cas, on n’a aucun mal à se rendre compte qui décide. Et, bien entendu, c'est l'intérêt privé des multinationales qui l'a emporté. La publicité se porte comme un charme - nous enfants un peu moins... - et le bandeau qui défile en bas pour dire qu'il faut bouger plus est en lettres tellement petites qu'il faudrait une loupe pour le voir...


Lobby agro
envoyé par lilalilou

Lire la suite

07/03/2008

Les dépassements d'honoraires médicaux. L'égalité s'est perdue en route... Rapport de l'IGAS 2007

Le rapport de l'IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales) sur les dépassements d’honoraires médicaux, sorti en avril 2007, a été curieusement moins médiatisé que celui sur l'information des médecins, dominée par l'industrie pharmaceutique... Et ce y compris par les groupes de médecins se disant progressistes et soucieux de l'éthique. Le texte parle de lui-même, pas besoin de longs commentaires. Egalité, équité, solidarité, fraternité, éthique - il n'en reste plus grand-chose dès que l'on analyse attentivement diverses dimensions constitutives du "meilleur système de santé au monde". Comme je le disais ailleurs, je crains que ce superlatif ne soit désormais là que pour nous faire avaler de plus en plus de pilules amères, comme les franchises dites médicales (signez la pétition), les déremboursements ou d'autres...

Les tarifs déraisonnables qui empêchent l'accès aux soins, le refus de la corporation médicale de donner une information transparente, l'arbitraire des dépassements qui ne sont nullement synonymes d'une meilleure qualité de soins - sont des preuves de la puissance des organisations médicales et de leur lobby face à des pouvoirs publics qui cèdent aux revendications corporatistes et entérinent ainsi le désert médical dans de larges territoires de la République, l'exclusion des plus pauvres du système de soins, le scandale des dépassements d'honoraires dans l'activité libérale à l'hôpital public (qui n'est malheureusement pas abordé en détail dans ce rapport), le refus d'une grande partie des praticiens d'accepter la CMU... 

Lire la suite

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu