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30/12/2008

Les psychiatres qui préparent le DSM V seront tenus par une clause de confidentialité. Un boulevard pour les conflits d’intérêts

Pharmacritique a rendu compte dans cette note des conflits d’intérêts de l’équipe de psychiatres chargés par l’American Psychiatric DSM Bonkers Institute.gifAssociation (APA) d’entreprendre la cinquième révision de leur bible, à savoir le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux). De plus, nous avons épinglé à plusieurs reprises la psychiatrie – surtout américaine – parce qu’elle se révèle être la discipline médicale la plus corrompue (voir la catégorie "Conflits d’intérêts en psychiatrie ; DSM").

L’APA avait lancé une campagne de communication encensant les changements dans le sens de la transparence et de l’ouverture qui devaient guider le travail des experts… Quelques mois plus tard, il n’en reste rien.

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20/05/2008

« La Santé totalitaire » de Gori et Del Volgo : La médicalisation infinie au service de l’idéologie et des industries néolibérales

1506080345.jpgRoland Gori, Marie-José Del Volgo, « La Santé totalitaire : Essai sur la médicalisation de l'existence », Denoël 2005, 22 euros.

« (…) Devenue technico-scientifique, la médecine occidentale redouble cette expropriation du corps [déjà opérée par la maladie], puisque « c’est en tant qu’objet que le corps du malade se trouve pris en charge », la subjectivité du malade étant tenue à l’écart : ce que Foucault appelait la médicalisation des conduites. Il s’agit en fait, dune véritable idéologie médicale dont le but est de prescrire des comportements sains, grâce auxquels nous serions responsables de notre état de santé, et donc coupables de nos maladies, jusqu’à l’intériorisation de ces normes. Tout en étant dessaisis de nous-mêmes en cas de traitement : voilà l’hypocrisie et le paradoxe que pointent les auteurs. (…) La psychiatrie nord-américaine est en passe d’imposer une approche exclusivement médicamenteuse de la souffrance psychique : « La maladie psychique devient ce que la molécule soulage. » Ainsi, tout en prétendant discréditer la psychanalyse, cette psychiatrie répond aux demandes d’industries pharmaceutiques particulièrement rentables. Les conséquences de ce « technico-puritanisme états-unien » ? Une santé présentée comme produit de consommation, budgétée et progressivement privatisée, des hôpitaux classés, une soumission aux lobbies pharmaceutiques, une psychiatrie réduite à l’usage de psychotropes pour limiter les « déviances » et autres « troubles du comportement ».

L’intégralité du compte-rendu par Nicolas Mathey est dans l’Humanité du 16 avril 2005.

18/05/2008

Frères siamois : la psychiatrie et les firmes pharmaceutiques, cimentés par le DSM et l'argent

Cette caricature de Mike Adams illustre parfaitement les liens (financiers et autres) inextricables qui existent entre psychiatrie et industrie pharmaceutique. Et ce dédoublement (pathologique selon le DSM, donc à traiter…) n’est pas franchement dans l’intérêt de la santé du patient… Par contre, les deux frères se nourrissent du même argent, grandissent et fleurissent ensemble. La psychiatrie a perdu son âme depuis qu'elle est rentrée dans la peau de l'industrie.

Dans la caricature, le médecin dit sur un ton dubitatif : « Nous pourrions tenter une séparation chirurgicale, mais il est peu probable que l’un de vous puisse survivre sans l’autre ». 

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17/05/2008

"Marché des psychotropes: construction historique d'une dérive". Par la psychiatre Monique Debauche

Voici le texte d’une conférence de 17 janvier 2008, organisée par la revue Prescrire, donnée par Monique DEBAUCHE, psychiatre à la Free-surconso médocs photo 3 SAT.jpgClinic Bruxelles, membre du Groupe de Recherche et d’Action pour la Santé (Belgique). Elle aborde certains des facteurs essentiels qui nous ont amenés dans la situation catastrophique de surconsommation d’antidépresseurs et de marasme d’une psychiatrie dominée, à travers le DSM, par l’industrie pharmaceutique. Une psychiatrie devenue une technique de contrôle social et de normalisation de comportements et/ou tempéraments conçus comme déviants par rapport aux standards économiques néolibéraux en vigueur et aux représentations sociétales qu’il détermine. M. Debauche analyse aussi l’invention de maladies ("façonnage" ou disease mongering) pour écouler un médicament ; la production de « preuves » par la recherche médicale, à travers des études randomisées facilement manipulables pour donner les résultats attendus et permettre les ventes ; l’écriture des articles "scientifiques" par des "ghostwriters" (auteurs fantôme) ; un contrôle quasiment inexistant par les agences du médicament ; le déclin de la psychiatrie en faveur d’entretiens directifs se soldant par la prescription de psychotropes, etc.

Marché des médicaments psychotropes : construction historique d’une dérive

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13/05/2008

Conflits d'intérêts: Les leçons du cas Daniel Carlat, psychiatre VRP des laboratoires pharmaceutiques pour les psychotropes

Un exemple de conflits d’intérêts dont les effets 1578371214.jpgont été longtemps ignorés par l’intéressé est le psychiatre américain Daniel Carlat, professeur à la réputée Tufts School of Medicine de Boston.

Il a longtemps servi la firme pharmaceutique Wyeth qui l’a payé pour diverses activités promotionnelles déguisées visant à convaincre ses collègues de prescrire l’Effexor plutôt qu’un autre antidépresseur. Carlat a lui aussi été épinglé par la blogosphère et rattrapé par l’éthique et la mauvaise conscience… au point de se repentir et de passer dans le camp des anti-corruption et dénonciateurs des combines par lesquelles les firmes influencent les médecins et en font des pantins du marketing.

Il a raconté son parcours vers le repentir dans un long article paru le 25 novembre dans le New York Times sous le titre Dr Drug Rep (Le Dr VRP des firmes). L’article Psychiatre ou représentant de commerce ? sur le site « Œdipe » en rend compte en français.

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Le DSM V en préparation regorge de conflits d'intérêts des experts psychiatres. Et l'APA fait de la com' pour noyer le poisson

Qu’on veuille ou non le reconnaître, l’APA (Association Américaine de Psychiatrie) tient les rênes de la psychiatrie mondiale parce que c’est elle qui a le pouvoir de définir les termes, de poser « les principes de vision et de division » (Bourdieu) en fonction desquels se fait la distinction / division entre le normal et le pathologique en termes de santé mentale. C’est un immense pouvoir que de définir la "normalité" et de décider de ce qui est ou non un trouble psychique qui entrera dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM), édité et révisé par l’APA. Pouvoir d'abord idéologique. Et puisque nous vivons dans une idéologie néolibérale triomphante selon laquelle rien ne doit s'opposer à la maximisation des profits, force est de constater que ce pouvoir est entre les mains des marchands des diverses multinationales. 


Nous parlions dans cette note du fait que les psychiatres sont les médecins les plus financés par l’industrie pharmaceutique. Les conflits d’intérêts n’ont pas contourné le DSM, loin de là, ce qui a valu beaucoup de critiques à l’APA. La vague de protestations recommence, puisqu’un communiqué de presse de l’organisation a rendu publics début mai les noms des 28 psychiatres superviseurs et des 120 membres des groupes de travail chargés de préparer la 5ème édition du DSM, à paraître en 2012. Comme avant, 16 des 28 superviseurs ont de très forts liens financiers avec l’industrie pharmaceutique pour diverses activités promotionnelles.

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05/04/2008

La psychiatrie, outil de contrôle social et de mise au pas. Action Autonomie Québec dénonce des violations des droits de l'homme

Un audit réalisé par Action Autonomie (Collectif pour la défense des droits en santé mentale du Québec) sur la Loi canadienne c-75 (ou "Loi sur la protection des personnes dont l'état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui") met en évidence l’existence et la persistance d’abus, de traitements humiliants et dégradants, de non respect des droits de l’homme en général dans les établissements psychiatriques. Le texte – comme la loi – porte sur les situations où la personne concernée refuse l’internement en institution psychiatrique et est internée (quel mot !) contre son gré. En France, cela s’appelle "hospitalisation à la demande d’un tiers" (HDT). Les auteurs questionnent entre autres le flou qui entoure la notion de "dangerosité", qui seule pourrait justifier une telle hospitalisation psychiatrique. Dans les faits, la dangerosité peut être comprise de façon totalement arbitraire, dans le sens d’une « inadaptation » sociale, de marginalité, de non conformité avec ce que les préjugés de la société considèrent comme « normal ». Lors de ses recherches et entretiens avec des anciens patients hospitalisés de force, le collectif Action Autonomie a pu ainsi constater que des personnes "ont été privées de leur liberté pour des raisons autres que la dangerosité telles que : refus de suivre les traitements du psychiatre (médicaments), difficultés ponctuelles dans leur vie, difficultés familiales, besoin d’écoute, affirmation de leurs droits, etc." 

Le texte entier est édifiant et livre aussi des éléments historiques sur la réglementation juridique de la question au Québec : Pour la santé mentale : Une loi de contrôle social.

Et voici un communiqué d’Action Autonomie appelé "Une médecine à deux dignités ?", dénonçant l'existence d'un enclos soi-disant "médical" digne du Moyen âge: "la salle de débordement".

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