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30/10/2008

"Psychotropes : désintoxiquer la France" - c’est l’exigence de bon sens de la revue Prescrire

Un communiqué de presse du mois d’octobre de la revue Prescrire nous met en garde : « Des firmes pharmaceutiques n'ont de cesse de Surconso médocs CLAMP.jpgvouloir médicamenter l'existence avec des psychotropes. Soignants et patients doivent s'y opposer ».

 

« Dans son numéro d'octobre, Prescrire constate que l'imprégnation des patients par les médicaments psychotropes, sous l'influence de firmes pharmaceutiques, n'a pas de cesse. Même quand la balance bénéfices-risques est clairement défavorable. Même quand l'emploi d'un psychotrope est une erreur manifeste.

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09/10/2008

Crise de crédibilité de la pédopsychiatrie, due à la corruption par les firmes pharmaceutiques et à ses faibles bases scientifiques

Dans les notes des catégories Conflits d’intérêts en psychiatrie et Maladies inventées / disease mongering, nous avons montré que la Cerveau Süddeutsche.jpgpsychiatrie est la spécialité médicale la plus corrompue par l’industrie pharmaceutique, pour le compte de laquelle elle façonne des maladies et les « légitime » dans le DSM. Appliqué aux enfants, cet affairisme donne une augmentation exponentielle des diagnostics d’hyperactivité et de trouble bipolaire, en premier lieu, et une mise sous camisole chimique dès la moindre « déviation » par rapport à une « normalité » dont la seule chose qu’on puisse affirmer avec certitude, c’est qu’elle n’existe pas… (Mais ce n’est pas ce détail qui va arrêter le dévoiement de la médecine dans son ensemble en un outil de normalisation). La légitimité scientifique de la première prescription chez l’enfant est trop souvent douteuse. Qu’importe ! Un deuxième médicament est prescrit pour soi-disant atténuer les effets secondaires et compléter les effets du premier, puis un troisième…

Le peu de science et d’éthique qui fonde cette façon de faire (du commerce pour Big Pharma) est dénoncé par des cercles médicaux que personne ne peut soupçonner d’être antipsychiatrie ou antimédecine… L’éditorial du mois de septembre de la revue Nature Neuroscience (Nat Neurosci. 2008, Sep;11(9):983) s’intitule « Credibility crisis in pediatric psychiatry » (Crise de crédibilité de la psychiatrie pédiatrique). En voici une traduction rapide :

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29/08/2008

"En finir avec l’abus de psychotropes" : appel à un usage raisonnable et à la limitation de l’emprise pharmaceutique

Il s’agit d’un appel lancé par 15 médecins, qui constitue le point de départ d’un dossier paru le 24 août dans le Journal du Dimanche. On y 624816175.jpgapprend que 130.000 hospitalisations par an sont dues à la prise de médicaments, et que les psychotropes y sont pour beaucoup. Cet appel dénonce la fausse route d’une société qui traite ses maladies culturelles et socioéconomiques par des tranquillisants, antidépresseurs, stimulants, hypnotiques... Il met aussi en cause la toute-puissance des laboratoires pharmaceutiques, mise en pratique avec la complicité de la plupart des médecins dont la formation est centrée sur l’usage des médicaments - et qui sont aussi l’objet de toutes les "attentions" des firmes.

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18/05/2008

Frères siamois : la psychiatrie et les firmes pharmaceutiques, cimentés par le DSM et l'argent

Cette caricature de Mike Adams illustre parfaitement les liens (financiers et autres) inextricables qui existent entre psychiatrie et industrie pharmaceutique. Et ce dédoublement (pathologique selon le DSM, donc à traiter…) n’est pas franchement dans l’intérêt de la santé du patient… Par contre, les deux frères se nourrissent du même argent, grandissent et fleurissent ensemble. La psychiatrie a perdu son âme depuis qu'elle est rentrée dans la peau de l'industrie.

Dans la caricature, le médecin dit sur un ton dubitatif : « Nous pourrions tenter une séparation chirurgicale, mais il est peu probable que l’un de vous puisse survivre sans l’autre ». 

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17/05/2008

"Marché des psychotropes: construction historique d'une dérive". Par la psychiatre Monique Debauche

Voici le texte d’une conférence de 17 janvier 2008, organisée par la revue Prescrire, donnée par Monique DEBAUCHE, psychiatre à la Free-surconso médocs photo 3 SAT.jpgClinic Bruxelles, membre du Groupe de Recherche et d’Action pour la Santé (Belgique). Elle aborde certains des facteurs essentiels qui nous ont amenés dans la situation catastrophique de surconsommation d’antidépresseurs et de marasme d’une psychiatrie dominée, à travers le DSM, par l’industrie pharmaceutique. Une psychiatrie devenue une technique de contrôle social et de normalisation de comportements et/ou tempéraments conçus comme déviants par rapport aux standards économiques néolibéraux en vigueur et aux représentations sociétales qu’il détermine. M. Debauche analyse aussi l’invention de maladies ("façonnage" ou disease mongering) pour écouler un médicament ; la production de « preuves » par la recherche médicale, à travers des études randomisées facilement manipulables pour donner les résultats attendus et permettre les ventes ; l’écriture des articles "scientifiques" par des "ghostwriters" (auteurs fantôme) ; un contrôle quasiment inexistant par les agences du médicament ; le déclin de la psychiatrie en faveur d’entretiens directifs se soldant par la prescription de psychotropes, etc.

Marché des médicaments psychotropes : construction historique d’une dérive

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Les antidépresseurs sont-ils réellement efficaces ? Où est-ce plutôt la publicité des firmes, la suggestion et la pression conformiste qui font de l'effet ?

Il s’agit d’un bon résumé paru dans le Figaro et qui a deux sources principales :

Le pouvoir des antidépresseurs remis en cause, par Catherine Petitnicolas, Le Figaro, 21 Janvier 2008

A lire aussi l’article du Nouvel Obs : Antidépresseurs : peu efficaces et dangereux. Les ISRS, comme le Prozac, ne seraient pas plus efficaces qu’un placebo, qui rend compte d'une autre méta-analyse: Initial Severity and Antidepressant Benefits: A Meta-Analysis of Data Submitted to the Food and Drug Administration. [Sévérité initiale de la dépression et bénéfices des antidépresseurs]. Kirsch I, Deacon B. et al., PLoS Medicine 2008, 5(2): e45, 26.02. 2008. Avec plein de références à la fin.

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Critiques du DSM. Des textes pour la réflexion, à la suite des notes sur les conflits d'intérêts et sur le standard de « normalité » d'une psychiatrie aux ordres de l’industrie

1939368365.pngLe livre de Stuart Kirk et Herb Kutchins, « Aimez-vous le DSM ? Le Triomphe de la psychiatrie américaine » (Les Empêcheurs de penser en rond, 1998), est l’un des ouvrages de référence s’agissant d’analyser comment cette véritable bible a réussi à globaliser la psychiatrie, en instaurant une hégémonie mondiale de l’approche théorique américaine et de son pendant pratique : la vente globalisée des mêmes psychotropes. Sous cette lumière crue, aucun fard n’arrive plus à maquiller les tares du DSM, et notamment son caractère d’outil politique et marchand. Le titre original mérite d’être évoqué : « Making Us Crazy. DSM: The Psychiatric Bible and the Creation of Mental Disorders » (Comment on nous rend fous. DSM : la bible psychiatrique et la création de troubles mentaux)…

Suivent trois sources intéressantes, à commencer par une compilation très édifiante de critiques émises par des psychiatres, psychologues, etc. sur divers aspects du DSM : les conflits d’intérêts qui le sous-tendent, les dangers que pose l’approche statistique et descriptive de type liste de symptômes, les conséquences du « façonnage de maladies » (disease mongering) en fonction des nouveaux psychotropes qu’il faut vendre ou dont il faut élargir le marché, etc. Des experts dénoncent le DSM

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13/05/2008

Conflits d'intérêts: Les leçons du cas Daniel Carlat, psychiatre VRP des laboratoires pharmaceutiques pour les psychotropes

Un exemple de conflits d’intérêts dont les effets 1578371214.jpgont été longtemps ignorés par l’intéressé est le psychiatre américain Daniel Carlat, professeur à la réputée Tufts School of Medicine de Boston.

Il a longtemps servi la firme pharmaceutique Wyeth qui l’a payé pour diverses activités promotionnelles déguisées visant à convaincre ses collègues de prescrire l’Effexor plutôt qu’un autre antidépresseur. Carlat a lui aussi été épinglé par la blogosphère et rattrapé par l’éthique et la mauvaise conscience… au point de se repentir et de passer dans le camp des anti-corruption et dénonciateurs des combines par lesquelles les firmes influencent les médecins et en font des pantins du marketing.

Il a raconté son parcours vers le repentir dans un long article paru le 25 novembre dans le New York Times sous le titre Dr Drug Rep (Le Dr VRP des firmes). L’article Psychiatre ou représentant de commerce ? sur le site « Œdipe » en rend compte en français.

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12/05/2008

Antidépresseurs : médicaments les plus prescrits aux Etats-Unis. Une sorte de psychisme artificiel sert d'idéal de normalité

Ces commentaires partant des chiffres exacts extraits du dernier rapport du CDC (Center for Disease Control des Etats-Unis) sur les soins 660939447.jpgambulatoires aux Etats-Unis, pour l’année 2005. Le rapport inclut la raison de la consultation, les prescriptions, etc. Il y est question aussi de l’évolution de la consommation d’antidépresseurs et de leur arrivée en première position.

A lire de préférence en rapport avec cette note sur les conflits d’intérêts en psychiatrie, pour bien comprendre que l’explosion des prescriptions d’antidépresseurs n’a rien d’innocent et ne saurait être interprétée comme la réponse médicale adéquate à une explosion des syndromes dépressifs caractérisés, comme le souligne le Dr Robert Goodman, fondateur de l’association anti-corruption en médecine No free lunch ! (Non aux déjeuners – ou cadeaux – offerts par l’industrie pharmaceutique). 

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Conflits d’intérêts en psychiatrie, discipline la plus payée par l’industrie, selon les Etats américains qui appliquent les lois de transparence

Voici un nouveau site qui deviendra très vite une référence : PsychConflits. Il est consacré aux conflits d’intérêts en psychiatrie, c’est-à-dire à 1800579362.jpgtout l’argent que reçoivent les psychiatres pour faire augmenter les ventes de médicaments antipsychotiques, neuroleptiques, antidépresseurs, tranquillisants/anxiolytiques, somnifères, énergisants, anti-démence, etc.

Le site est inauguré par une vidéo centrée sur les liens financiers entre la toute-puissante APA (Association Américaine de Psychiatrie) et l’industrie pharmaceutique, liens qui se concrétisent dans le contenu de la bible des psychiatres : le DSM IV. Il s’agit de la quatrième version révisée du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux : près de 900 pages et une influence énorme, puisque c’est lui qui dit ce qui est ou n’est pas une maladie psychiatrique, classifie les troubles en fonction de critères sujets à controverse, mais qui seront considérés partout dans le monde comme les outils diagnostiques par excellence. Ces critères et cette liste de maladies déterminent ce qui doit être traité, d’où la responsabilité des experts ayant conçu le DSM IV dans l’énorme augmentation des prescriptions des médicaments psychotropes et dans l'inflation des... maladies ou syndromes psychiatriques. De 112 « troubles » en 1952, nous en sommes arrivés à 374 aujourd’hui, souligne le commentaire de la vidéo. Le monde sombre dans la folie, apparemment... 

Et si la folie la plus préoccupante n'était pas celle dont traite le DSM IV? Il fut un temps où une psychanalyse engagée considérait un symptôme comme le signe d'une répression psycho-sociale et le prenait comme une porte ouverte à une possible libération... Aujourd'hui, on ne cherche plus à savoir, à faire oeuvre d'autonomie, mais on abrase chimiquement la perception, la pensée, ce qui étouffe d'emblée tout pas vers la (prise de) conscience.

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20/04/2008

Antidépresseurs, tranquillisants, psychotropes en général : surmédicalisation et toxicomanie médicamenteuse

Un extrait de l’émission de Canal+ « Lundi investigation », mars 2008 : « Tranquillisants : l’overdose ? » Il y est question de ces patients drogués avec les « drogues du pauvre », comme le dit spontanément une femme traitée depuis une dizaine d’années par des quantités ahurissantes de plusieurs types de psychotropes à la fois. C’est le même constat que faisait Paul Arcand dans son documentaire « Québec sur ordonnance », dont nous avons rendu compte dans cette note. Certains patients passent d’un comprimé au « millefeuille thérapeutique », puis à la « défonce toxicomaniaque »… Mais dire, comme le fait un médecin interviewé, que les médecins sont conscients mais ne peuvent pas résister à la pression des patients est bien trop léger… Les médecins seraient, paraît-il, trop gentils et n’auraient pas appris à dire non… Plus raisonnable semble l’explication du directeur de la revue Prescrire et celle de Philippe Pignarre qui mettent en cause le marketing de l’industrie pharmaceutique, y compris la publicité déguisée en « campagnes d’information », qui atteint à la fois les médecins et les patients.

05/04/2008

La psychiatrie, outil de contrôle social et de mise au pas. Action Autonomie Québec dénonce des violations des droits de l'homme

Un audit réalisé par Action Autonomie (Collectif pour la défense des droits en santé mentale du Québec) sur la Loi canadienne c-75 (ou "Loi sur la protection des personnes dont l'état mental présente un danger pour elles-mêmes ou pour autrui") met en évidence l’existence et la persistance d’abus, de traitements humiliants et dégradants, de non respect des droits de l’homme en général dans les établissements psychiatriques. Le texte – comme la loi – porte sur les situations où la personne concernée refuse l’internement en institution psychiatrique et est internée (quel mot !) contre son gré. En France, cela s’appelle "hospitalisation à la demande d’un tiers" (HDT). Les auteurs questionnent entre autres le flou qui entoure la notion de "dangerosité", qui seule pourrait justifier une telle hospitalisation psychiatrique. Dans les faits, la dangerosité peut être comprise de façon totalement arbitraire, dans le sens d’une « inadaptation » sociale, de marginalité, de non conformité avec ce que les préjugés de la société considèrent comme « normal ». Lors de ses recherches et entretiens avec des anciens patients hospitalisés de force, le collectif Action Autonomie a pu ainsi constater que des personnes "ont été privées de leur liberté pour des raisons autres que la dangerosité telles que : refus de suivre les traitements du psychiatre (médicaments), difficultés ponctuelles dans leur vie, difficultés familiales, besoin d’écoute, affirmation de leurs droits, etc." 

Le texte entier est édifiant et livre aussi des éléments historiques sur la réglementation juridique de la question au Québec : Pour la santé mentale : Une loi de contrôle social.

Et voici un communiqué d’Action Autonomie appelé "Une médecine à deux dignités ?", dénonçant l'existence d'un enclos soi-disant "médical" digne du Moyen âge: "la salle de débordement".

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De l’enfer psy surmedicalisé à la gestion autonome des psychotropes. Un parcours initiatique exemplaire au Québec.

Ce livre de Luc Vigneault a été coécrit avec Suzanne Cailloux-Cohen et publié aux Éditions de L’Homme en 1997. Il 0bcae380238a74483bc57069566f27a3.jpgrelate un parcours initiatique exceptionnel qui débouche sur la création d’une méthode novatrice de « gestion autonome des médicaments de l’âme ». Après l’enfer de l’enfermement et de la surmédicalisation, Luc Vigneault a repris possession de sa dignité et de sa capacité de décision par un acte d’ »empowerment » exemplaire, favorisé par la rencontre avec une institution qui n’a rien à voir avec l’hôpital psychiatrique habituel. Pour juger des résultats, il suffit de dire que Luc Vigneault est aujourd’hui conférencier international, consultant sur des projets en santé mentale, directeur général de l'APUR Québec (Association des personnes utilisatrices des services de santé mentale) et président du conseil d'administration de l'AQRP (Association québécoise pour la réadaptation psychosociale).

L’article de  Liliane Leroy - psychologue clinicienne, attachée auprès du groupe d’études "Femmes Socialistes Prévoyantes" – s’intitule Gestion autonome des médicaments de l’âme. Une expérience québécoise. Il nous apprend ce qui a rendu cet « empowerment » possible, et comment cette méthode de gestion autonome de psychotropes, popularisée d’abord au Québec dans les groupes d’entraide, etc. s’étend actuellement à la Belgique.

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16/01/2008

« Québec sur ordonnance ». La médecine fast food.

Citons d’emblée Paul Arcand, le réalisateur de «Québec sur ordonnance», ce documentaire sur les rouages de b0fb1dab710c4501c80013dd44ecbccf.jpgl'industrie du médicament au Québec, sorti en octobre : « Dans le fond, c'est quoi l'attitude des gouvernements face à la pauvreté? Ce qui est clair, actuellement, c'est que la médication est une des façons de répondre à ça. Quant à savoir si c'est une réponse qui a de l'allure, une réponse qui est permanente, moi j'ai un sérieux doute ». Et ailleurs : « De tous les médicaments vendus aux pauvres, ce sont les psychotropes qui arrivent en première place. Une pilule pour oublier, une pilule pour se geler les émotions, une pilule pour être au neutre ».

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