23.07.2011
Scientisme et irrationalisme, dogmes symétriques délétères pour la médecine. Question de Res Publica
J’ai répondu à la question de Nicolas Pomiès, rédacteur de
ResPublica, revue internet du réseau de la Gauche républicaine, portant sur « la tentation d’abandon de la science », de plus en plus manifeste du fait des scandales sanitaires et technologiques qui se multiplient. La réponse est parue le 19 mai 2011 sur cette page, sous le titre « Une question à Elena Pasca pour une appropriation citoyenne de la techno-science ».
Pour ne pas rester dans le discours abstrait, j’ai préféré prendre l’exemple concret de la santé et de la médecine, sous l’angle des déformations induites par le ghost management (Sergio Sismondi), les conflits d’intérêts, les financements industriels et le marketing qui désinforme professionnels de santé et usagers. Sans oublier les médecines douces (homéopathie et autres alternatives) et les questions soulevées par certaines modalités de leur exercice et de la communication qui les entoure, avec le problème d'un dogme inversé qui tend à instaurer une censure dans l'expression et l'exercice d'un scepticisme sain, propre à l'exercice public de la raison.
Comme je l’ai dit surtout dans cet article, puis dans celui-ci, à travers l’exemple du courant antivaccin consirationniste qui rejette tous les vaccins en bloc, scientisme et irrationalisme sont en rapport de symétrie inversée, formant une dialectique des contraires qui dépendent l’un de l’autre, se médiatisent (au sens philosophique de la médiation : Vermittlung) et se nourrissent l’un l’autre. Les deux semblent incapables d’autoréflexion critique, les deux sont des usages illégitimes de la raison comme de la science. Scientisme et irrationalisme (antiscience, pseudo-sciences…) appliqués à la santé et aux soins ont pour effet la délégitimation de la médecine et de la science, pour des raisons certes différentes, mais dont les conséquences sont comparables. Cela mériterait une réflexion approfondie.
Pour la réflexion sur les technosciences et la nécessité de l'encadrement éthique des sciences, la Fondation Sciences Citoyennes est une référence. Et je renvoie, outre le site de l'association, à l'excellent livre de Jacques Testart, Catherine Bourgain et Agnès Sinaï, « Labo-Planète ou comment 2030 se prépare sans les citoyens » (Mille et une nuit 2011). Dans cet article qui était au départ un compte-rendu détaillé de « Labo-Planète », j'ai donné d'autres références, notamment philosophiques, évoquant des penseurs qui ont contribué à poser les termes de ce questionnement, par exemple par une analyse de la rationalité instrumentale (dite aussi raison subjective), l'un des rejetons de la raison qui s'hypertrophie au point de risquer d'en annihiler les principes.
02:04 Publié dans Scientisme technosciences technologie écologie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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06.07.2011
Pour une recherche européenne au service des citoyens, pas du profit! Lettre ouverte de 98 organisations et ONG. Innovative Medicines Initiative et autres exemples
Cette lettre ouverte est une initiative de la Fondation Sciences Citoyennes, coordonnée par la déléguée générale de l’association, Claudia
Neubauer, dont je tiens à souligner l’excellent travail, ainsi que l'excellent travail de l'ensemble des salariés.
Mise à jour du 26 juillet: l'appel peut désormais être signé individuellement, sur cette page. Merci de signer et de diffuser l'information.
http://sciencescitoyennes.org/open-letter-eu-research/
La « stratégie de Lisbonne » désigne la politique européenne en matière de recherche, visant à privatiser l’ensemble des systèmes nationaux de recherche pour les mettre sous la coupe de firmes, multinationales et autres entreprises privées qui s’en mettront plein les poches. En France, c’est le collectif Sauvons la recherche qui mène la résistance contre l’édification d’un « marché de la connaissance », avec Sauvons l’université pour ce qui met en danger plus spécifiquement l’enseignement supérieur.
A ce qui est dit (voir les textes reproduits ci-après) dans le communiqué de presse et la lettre ouverte envoyée par 98 organisations et ONG à José Manuel Barroso et à divers représentants des Etats-membres et du Parlement européen, j’ajouterais l’exemple concret de Innovative Medicines Initiative (IMI), projet issu du 7ème programme-cadre européen pour la recherche et qui concrétise les Initiatives technologiques communes (JTI ou Joint Technology Initiative), ayant « pour objectif de renforcer l’innovation et la compétitivité des industriels dans un secteur économique clé pour l’Europe ». Compétitivité, le mot est lâché…
J’ai épinglé ce projet dans un article d’octobre 2008 intitulé « Innovative Medicines Initiative : la Commission européenne et EFPIA s’allient pour dévaliser la recherche et les deniers publics ».
Après des commentaires sur Innovative Medicines Initiative et les partenariats public–privé, je donne plusieurs exemples et liens, rappelant entre autres l’implication directe et intéressée de Nicolas Sarkozy dans ce type de politique et les conflits d’intérêts des frères Sarkozy, avec des intérêts matériels directs dans des projets concrétisant cette politique, puis reproduis le communiqué de presse et la lettre ouverte signée par les 98 associations et organisations européennes.
05:17 Publié dans Université SARL, partenariats public-privé PPP | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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