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06/08/2009

Elsevier a édité neuf fausses revues médicales. Treize autres allaient sortir pour désinformer les généralistes dans plusieurs spécialités

Pharmacritique a rendu compte en détail du fait que Merck a payé l’éditeur Elsevier pour publier une fausse revue médicale comme s’il elsevier logo.gifs’agissait d’une vraie revue à comité de lecture (peer-reviewed journal). C’est l’un des moyens par lesquels l'industrie pharmaceutique va au-delà d'un marketing forcené, pour accomplir ce qu’il convient d’appeler ghost management : gestion fantôme, contrôle invisible mais omniprésent de toute la filière médicament et de l’information médicale, décrits en détail dans l'article cité ci-dessus.

Cette révélation faite par le journal The Scientist a été complétée le 7 mai, puis dernièrement le 4 juin dans l’article « Elsevier tweaks custom pub rules » (Elsevier tord le cou aux usages en matière de publicité pour ses clients), signé toujours par Bob Grant.

Il y a eu en tout neuf fausses revues fantôme éditées par Elsevier pour le compte de laboratoires que l’éditeur refuse de nommer, tout comme il refuse de dévoiler le montant des transactions. Et treize autres revues déjà enregistrées, mais pas publiées. Décidément, le monde médico-pharmaceutique est hanté...

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30/12/2008

La réputée Cleveland Clinic met en place une politique stricte de gestion des conflits d’intérêts de ses médecins et chercheurs

On attend une politique similaire dans les cliniques et les hôpitaux français, où il n'y a pas l'ombre d'une quelconque limitation...COI Clemente Botelho Foundation News and Commentary.jpg

 

Voici une traduction rapide de l’éditorial du 13 décembre de la revue médicale The Lancet, intitulé "Transparency rules at the Cleveland Clinic" (Nouvelles règles de transparence à la Cleveland Clinic, Volume 372, Issue 9655, Page 2002), suivie du compte-rendu d'un article du New York Times, qui apporte plus de détails.

Illustration de Clemente Botelho, tirée du site Foundation News & Commentary.

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23/07/2008

"Faillite et carences de la recherche médicale universitaire". Rapport accablant de Philippe Even sur les CHU français

Merci au médecin qui m’a envoyé les liens.

L’article du 15 juillet des Echos, Ces CHU qui ont abandonné la recherche, révèle l’existence d’un rapport fait à la demande du gouvernement par Philippe Even, directeur de l’Institut Necker et ancien doyen de l’université de Paris V. Plus que l’article et le classement des CHU qu’il contient, c’est le rapport lui-même que tout le monde devrait lire.

Chapeau bas à Philippe Even, pour avoir dit ses quatre vérités à la recherche médicale française, au difficile rapport entre médecine et science... Vérités que chaque candidat au monde universitaire connaît très bien et dont il fait les frais - dans d'autres disciplines aussi - lorsqu’il se heurte à l’inertie d’un système reproduit à l’identique par quelques grands pontes qui tirent profit du statu quo et renforcent leur narcissisme par une domination qui bloque toute avancée. Je conseille la lecture des livres de Pierre Bourdieu, à commencer par Homo academicus, pour mieux comprendre les structures de pouvoir qui définissent le champ universitaire et excluent les « hérétiques » porteurs d’innovation. On s’adapte, en renonçant à la créativité et en acceptant les structures de vassalité et le formatage sclérosant, ou alors on n’a aucune chance d'accéder à la recherche publique. Je ne sais pas ce qui est pire…

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19/06/2008

Pharmacritique a six mois et toutes ses dents...

Bébé Pharmacritique a désormais l’âge respectable de six mois !!  Précoce pour son âge, surtout qu'il a déjà toutes ses dents (disent les parents fiers de leur progéniture ;-)). Pour illustrer de façon imagée ses activités préférées, voici une vidéo qui montre un bébé mort de rire lorsqu’il déchire des revues et des journaux… (Il n'a bien entendu rien à voir avec le blog). Mais imaginez le bébé Pharmacritique en train de réduire en charpie les publicités des firmes pharmaceutiques, les revues et journaux qu’elles financent pour faire passer leur marketing pour de l’information médicale… Et puis le même bébé déchirer joyeusement les études médicales – celles financées par l’industrie pour qu’elles disent ce que veut cette dernière – ainsi que les articles des leaders d’opinion qui vantent les mérites du dernier médicament de confort ou du tout nouveau « me too » dont l’efficacité se perd dans les chaussettes mais dont le prix se perd dans les nuages…

Bébé Pharmacritique a appris à déchirer grâce aux cercles critiques anglo-saxons (médecins et chiens de garde) et à la revue allemande indépendante Arznei-Telegramm. Tirer sur une maille pour défaire l’ensemble, ça, un bébé le capte tout de suite ;-) Facile de faire des confettis à partir des sophismes et autres scories de médi-pharma… Et de cette médecine un peu trop fixée sur ce qui lui est présenté par les visiteurs médicaux sur du papier glacé, qu’il s’agisse de publicités directes pour des médicaments ou pour la dernière maladie inventée. Ou encore de publicités pour le prochain congrès dans tel palace luxueux au soleil…

Bébé Pharmacritique essaie à sa façon de déchirer, rompre, briser, casser, tacher, jeter, décrier tout ce qui sert de support aux conflits d’intérêts, autrement dit à la corruption… Avec l’innocence de celui qui peut dire qu’il n’a jamais rien reçu de l’industrie et n’a donc pas été corrompu… C’est très rare de nos jours… Et puis la joie, la rigolade, l’ironie et le sarcasme contrecarrent parfaitement le pharmacommerce de la peur que l’industrie nous sert en s’adressant à nos tripes. C’est tellement cousu de fil blanc que même un bébé peut comprendre… A fortiori bébé Pharmacritique, qui a toutes ses dents pour mordre et des griffes pour bien saisir et faire des trous… ;-))) Y compris les griffes du concept, au sens étymologique du terme...

11/05/2008

« Grillés par la blogosphère », des grands pontes américains découvrent l’éthique et tournent le dos aux firmes pharmaceutiques

Où l’on voit à quel point parler publiquement de ces questions peut avoir des conséquences et pousser des leaders d'opinions - les grands 1407881820.jpgpontes de la médecine - à réaliser que leur réputation ne sort pas indemne de leur soumission aux donneurs d'ordre industriels. Est-ce que les 30 argents valent la peine ?

C’est un article du New York Times en date du 15 avril, intitulé Citing Ethics, Some Doctors Are Rejecting Industry Pay qui nous informe du revirement de trois leaders d’opinion dans leur domaine respectif. Ils ont été mis en cause - mis sous pression et sous un feu nourri - par une blogosphère anglophone particulièrement active dans la dénonciation des conflits d’intérêts et d'autres formes de manquements à l’éthique. Ces trois pontes ont fini par entendre parler de l'éthique!! (Mieux vaut tard que jamais...) Et ils ont décidé de ne plus accepter l'argent de l’industrie pharmaceutique.

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10/05/2008

Absence ou incohérence des déclarations de conflits d'intérêts, à l'exemple des études sur les stents coronariens. Article de PLoS

Nous avons publié il y a quelques jours une traduction de l’éditorial du JAMA (Journal of the American Medical Association) en date du 16 avril, contenant des propositions pour limiter conflits d'intérêts, manipulation, désinformation, influence des firmes pharmaceutiques...

Nous avons aussi parlé à plusieurs reprises des efforts faits dans les pays anglo-saxons pour une plus grande transparence et une limitation des conflits d’intérêts. Voici un article intéressant, puisqu’il quantifie ce qui peut paraître comme des manquements sporadiques à l’honnêteté, à la déontologie et à la politique éditoriale... Pas si sporadique que cela, en fin de compte… L’article vient d’être publié dans le numéro de 7 mai 2008 de PloS One (Public Library of Science, revue en libre accès). Le texte intégral écrit par Weinfurt et al est disponible sous le titre "Cohérence des déclarations de conflits d'intérêts dans la littérature médicale: le cas des stents coronariens", en version originale

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01/02/2008

Industrie pharmaceutique: du profit à tout prix. Le marketing des me-too cache l'absence d'innovation thérapeutique

Marc-André Gagnon est l’un des auteurs de la toute récente étude sur le marketing de l’industrie pharmaceutique, dont Bourse Pharmalot.jpgnous rendions compte dans la note précédente.

Et voici un article publié hier où Gagnon se départit de la neutralité des chiffres et dénonce ! Preuve que tous les économistes ne sont pas (encore ?) adeptes des théories ultralibérales du profit à tout prix. Il y en a encore qui pensent en termes de raison. Ouf ! Tout n’est peut-être pas perdu ! Gagnon ne mâche pas ses mots sur les conséquences de la prédominance du marketing sur la production, qu’il mettait en évidence dans son étude.

Pour utiliser les termes de Marx, parfaitement appropriés en l’occurrence, l’industrie pharmaceutique est le parfait exemple de la tendance économique qui fait passer la valeur d’échange avant celle d’usage. Ce n’est pas l’utilité d’un médicament qui compte, mais ce qui vient se surimposer. Les firmes vendent une marque, un logo, une illusion, en jouant sur la tendance sociale au conformisme, y compris dans la consommation médicale. Elles vendent une promesse. Presque jamais tenue, puisque la valeur d’usage se révèle être nulle ou presque (médicament sans bénéfice thérapeutique ou qui n’apporte rien par rapport à ceux déjà existants). L'antidépresseur Zoloft et les anticholestérol (surtout Ezétrol et Inegy) sont pris pour exemple par Gagnon.

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