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21/01/2011

Co-responsables de l'inflation des coûts de Medicare, les médecins protestent contre la diminution de leurs honoraires

Moins bien payés que par les assurances privées, un médecin sur cinq - toutes spécialités confondues - et jusqu'à un tiers des généralistes Medicare Kaiser.jpgdes Etats-Unis refusent de plus en plus de patients dépendant du programme public Medicare. Celui-ci rembourse certains soins (élémentaires, choisis en fonction du coût, de la durée et d'autres critères tout aussi "humanistes") à des patients sans ressources des catégories suivantes: personnes âgées, handicapés, certains malades chroniques à affections sévères et personnel militaire pauvre.

Or non seulement rien n'est fait pour que la tendance à l'exclusion  des pauvres s'inverse, mais au contraire, une coupe de 21% à 25% est imminente dans les remboursements des honoraires des médecins par Medicare.

Ce programme public a été utilisé par la plupart des médecins comme une vache à lait infinie, et des laboratoires pharmaceutiques tels que Sanofi-Aventis ont fraudé à répétition, ce qui a mené à une forte augmentation du coût global de cette assurance-maladie (voir plus bas).

Mais on n'assiste malheureusement à aucune analyse structurelle et mise en cause des pratiques médicales ; non, on ne voit - comme d'habitude - que les plaintes des médecins contre la diminution de leurs honoraires... Certes, les problèmes que connaît Medicare sont multifactoriels, mais je choisis d'aborder cet angle-là, parce que les pratiques de prescription et surprescription des médecins ne sont jamais mises en cause comme un facteur responsable de la dégradation des systèmes de soins, et qu'il me semble inacceptable que ce soient toujours les patients qui trinquent.

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14/12/2010

Honoraires des médecins en hausse, mécontentement de l'opinion publique aussi... Le lobby médical critiqué en Allemagne

L'hebdomadaire allemand Der Spiegel - titre phare de la presse allemande, aux positions centristes -, a publié le 11 octobre 2010, à la page Markus Grill.gif105, un entretien réalisé par Markus Grill. Il s'agit de l'un des meilleurs journalistes d'investigation, spécialisé en santé, qui a publié en 2008 un livre sur l'influence de l'industrie pharmaceutique sur la médecine, les politiques et le système de santé dans son ensemble: Kranke Geschäfte. Wie die Pharmaindustrie uns manipuliert (Des affaires malsaines. Comment l'industrie pharmaceutique nous manipule).

Dans l'interview parue sous le titre « Un entretien désagréable », que je traduis intégralement, Grill interroge un personnage très influent quant au sort économique et social de la médecine et surtout des médecins...

Quelques mot sur le contexte allemand, très important pour comprendre le changement de ton:

L'année dernière, il y a eu quelques scandales impliquant de tels personnages influents, des lobbyistes et autres représentants des intérêts exclusifs des médecins, qui n'ont pas hésité devant des techniques grossières de manipulation de l’opinion publique et des media, devant des méthodes sensationnalistes et des mises en scène (acteurs présentés comme médecins crevant la dalle, fausses manifs, faux chiffres...), pour que les médecins pleurent misère devant les caméras… Des cas isolés de médecins hospitaliers non titularisés, surchargés et sous-payés ont été présentés maintes fois à l'opinion publique comme étant typiques, par exemple. Avec l'intention de conditionner l'opinion, de faire peur à la population en disant que, dans ces conditions, les médecins deviennent un danger, qu'il n'y a pas à s'étonner des erreurs médicales, etc. Si les Allemands veulent des soins sûrs, il faut qu'il paient mieux leurs médecins. Sauf qu'aucune comparaison ne pouvait être faite, faute de savoir la vérité sur les revenus de départ.

Tout cela afin que la population accepte les exigences de toute sorte et les hausses répétées des honoraires des médecins. Ces augmentations ont toujours été exprimées en pourcentages, de façon voilée, parlant de "modèles" de médecins volontairement irréalistes. Il n'y a jamais eu de chiffres clairs.

Le Spiegel avait dénoncé ces méthodes en particulier dans deux articles de 2009, bien documentés, et qui ont contribué à un début de changement d’attitude vis-à-vis des médecins auparavant considérés avec beaucoup de bienveillance et d'indulgence, comme des victimes surexploitées et mal payées, qui se tourneraient tout naturellement vers l'industrie pharmaceutique, pour compenser. Et qui, menacés, seraient obligés de faire un lobbying très intense, de défendre leur position, leurs acquis.

L'un de ces articles, paru le 30 mars 2009 dans une rubrique appelé "Lobbying", s'intitulait "Ärzte ohne Grenzen" : c'est un jeu de mots ironique à partir de "médecins sans frontières", ici au sens opposé de l'humanisme et du dévouement, signifiant sans aucune limite, jamais contents... Bref, des médecins insatiables. Le "Dr Impécable", chouchou des media, devient le Dr Excès, "Dr Démesure" ["Dr. Masslos"]. Et des images de médecins roulant en Porsche Cayenne vers une manifestation pour exiger une hausse d'honoraires n'aident pas...

Du coup, certains media qui se sentaient instrumentalisés ont commencé à s'intéresser de plus près non pas aux discours des lobbyistes, mais aux faits, manifestement bien différents. Et de poser la question d'une certaine indécence, et même d'une indécence certaine, dont témoignait un médecin généraliste très gêné par les revendications.

Indécence à la fois quant aux revenus / honoraires / tarifs, quant à cette opacité sur les relations avec les laboratoires pharmaceutiques (les conflits d'intérêts...), au paternalisme ou à l'arrogance dans les relations avec des patients peu ou pas éclairés, et en général quant aux défauts de plus en plus visibles du système de santé pénalisant toujours plus des patients qui paient de plus en plus pour de moins en moins de soins. Ce sont toujours les usagers qui trinquent, alors que les médecins obtiennent toujours plus et ne s'occupent que de leur paroisse... Ces revendications purement corporatistes et la manipulation de l'opinion ne passent plus. C'est le début de la fin de l'éternelle idylle entre journalistes et médecins, annonçait le Spiegel - lui aussi -, dans cet article du 30 mars.

Et voilà que non seulement ça ne change pas, mais qu'une nouvelle hausse des honoraires arrive, alors que les patients ont à subir des conditions de soins drastiques et des paiements et déremboursements toujours plus importants. A mon avis, les médecins auraient mieux fait de s'abstenir.

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09/11/2009

Le hold-up des médecins: secteur optionnel, CAPI, refus de soins, dépassements d'honoraires, loi HPST refaite par le lobby médical...

J'adapte le titre du Canard enchaîné: "Le hold-up des toubibs", dans un billet d'humeur, mais bien documenté, quand même.assurance maladie Sud santé.jpg

10.000 contrats d'amélioration des performances individuelles / CAPI, rien que pour le moment et sachant que certains spécialistes en veulent aussi; ils coûtent de 5.000 à 7.000 euros en moyenne par an et par généraliste. Il faudra les payer. Tout comme les dépassements d'honoraires, qui ne seront plus limités à certains médecins, puisque le secteur optionnel va les généraliser progressivement. Il faut payer l'énorme gaspillage dans les mesures contre la grippe A (au moins 1,5 milliards d'euros). Les médecins et les infirmiers ont négocié leurs tarifs pour assurer la campagne de vaccination, mais les négociations n'ont curieusement porté que sur l'argent, et pas du tout sur le bien-fondé de la vaccination, sur la sécurité des vaccins, etc.

La liste des espèces en voie de disparition s'allonge. Menacé de disparition, le médecin mandataire de l'intérêt de la santé de ses patients, qui cherche à faire avancer ses intérêts en même temps que les intérêts des patients. Remarquez, ce n'est qu'un autre clou au cercueil de la solidarité républicaine. Et puis, la France n'a-t-elle pas le talent - la différence culturelle, peut-être? - d'essayer malgré tout des recettes qui ont échoué ailleurs ?

Je reprends des extraits de plusieurs sources, histoire de montrer que l'opinion publique s'émeut de plus en plus de cette divergence-là entre les intérêts de ceux qui devraient en principe se faire confiance, vivre les uns avec les autres, les uns grâce aux autres, si je puis dire. A priori, la République ne veut pas dire permettre aux uns de vivre beaucoup mieux alors que leurs "partenaires" immédiats risquent de crever. Au sens propre du terme, puisqu'il s'agit de l'impossibilité d'une partie de plus en plus large de la population de se soigner, faute d'argent.

Donner ces références permet de montrer qu'il y reste encore quelques médecins qui se rendent compte que la pente est glissante, qu'on s'éloigne de plus en plus de la médecine... Si on pense aussi aux affaires des médecins avec l'industrie pharmaceutique...

Il y a un article de Marianne; un autre du Canard Enchaîné; deux communiqués de presse du Syndicat de médecine générale (SMG) et un article plus ancien de Marie Kayser de SMG/ revue Pratiques; un article de Martin Winckler sur l'hypocrisie dans l'approche des dépassements d'honoraires; deux communiqués du CISS (Collectif interassociatif sur la santé)...

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05/02/2009

Rémunération des médecins selon l'IGAS, tarifs, prime au mérite, dépassements d'honoraires... au centre des débats sur la maîtrise comptable. Quid du patient?

L’avis des patients là-dessus, tout le monde s’en fout, alors que tout le monde prétend agir au nom de leurs intérêts… Alors l’usager lambda qu’est Pharmacritique vient dire que ces débats nous intéressent, que notre intelligence va même ( !) jusqu’à en saisir les enjeux – financiers et sociétaux - et qu’il faut décidément pousser encore plus de coups de gueule face au corporatisme, à l’endogamie et à l’autarcie médico-médicale et politicienne qui nous excluent une fois de plus de ce dont nous devrions pourtant être les principaux acteurs.

Passons en revue quelques approches actuelles de l’éternelle question des coûts de la santé, sous l'angle des revenus des médecins, puisqu'un rapport tout récent de l'IGAS (Inspection générale des affaires sociales, janvier 2009) revient là-dessus, qu'il est question d'une "prime au mérite" pour le médecin traitant et que diverses négociations tarifaires sont toujours en cours, tout comme des négociations sur le secteur optionnel. Il était question de revoir les dépassements d'honoraires, mais le corporatisme a été plus fort... Nous continuerons à payer - et paierons même de plus en plus avec le secteur optionnel et autres franchises et restes à charge...

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