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18/10/2016

"Maladies à vendre": documentaire et conférence-débat sur le façonnage de maladies

La 12ème édition du festival Sciences en Bobines - organisé chaque année par Sciences Citoyennes en Bobines 12 logo 2016.pngpartenariat avec diverses associations - bat son plein dans 26 villes. Le programme complet, ville par ville, avec le nom des intervenants et des documentaires - est disponible sur le site du festival.

A l'invitation de Madame Josette Pouget, de l'association Peuple et Culture, j'aurai le plaisir d'intervenir le mercredi 19 octobre à Tulle, pour une conférence-débat avec le public, après la diffusion du documentaire "Maladies à vendre", réalisé par Anne Georget et Mikkel Borch-Jacobsen. Le sujet est évidemment le disease mongering - traduit par "façonnage de maladies", "invention de maladies", etc. -, que j'ai commencé à faire connaître en France dans des textes en libre accès à partir de 2008, en décortiquant les stratégies du marketing pharmaceutique, de désinformation et d'influence sur l'ensemble du système de formation, d'information et de recherche médicales.

La présentation et la bande annonce du documentaire "Maladies à vendre" sont sur cette page. La projection aura lieu le mercredi 19 octobre à à 20h30 à la Salle des Fêtes Latreille de Tulle (située au 10 Impasse Latreille, voir le plan d'accès sur cette page). La session sera précédée de la diffusion de deux courts-métrages: "200 000 fantômes" de Jean-Gabriel Périot (2007-10’) et "Copier cloner" de Louis Rigaud (2009-4’).

Mes remerciements à Madame Pouget.

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Si j'avais à résumer le façonnage de maladies, je dirais avant tout qu'il est l'un des moyens majeurs par lesquels s'opère la médicalisation de l'existence - autre sujet largement abordé sur Pharmacritique - qui traduit l'extension de la juridiction de la médecine à des domaines de plus en plus étendus dans nos sociétés occidentales industrialisées qui dessaisissent les citoyens de toutes leurs compétences au profit de "spécialistes", de techniciens, bref, d'"experts" porteurs d'intérêts particularistes et corporatistes.

C'est typique de l'individualisme néolibéral de prétendre - dans les formulations idéologiques - mettre l'individu au centre de tout, alors même que tout est fait pour qu'il soit un objet subissant passivement, autrement dit un sujet obéissant aux stratégies de profit des industries de la santé comme de toutes les autres. Le façonnage de maladies permet de mettre en place des stratégies d'uniformisation, de normalisation, de mise au pas des individus encore plus efficaces, parce qu'elles semblent s'effectuer dans l'intérêt de leur santé, par exemple pour anticiper les maladies dont ils pourraient souffrir. Sans parler de la promesse de rendement personnel accru, de "booster" les performances, promesse derrière laquelle se cachent des desseins tels que ceux du transhumanisme, voulant utiliser les technosciences pour fabriquer un "homme augmenté". Un dessein qui s'impose pas à pas dans les têtes, acquis par acquis, petit dispositif par petit dispositif (révolutionnaire, bien entendu!)

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NB: Qu'il s'agisse d'expliquer les grandes lignes du phénomène dans son ensemble, situé dans le contexte des autres tares du monde médico-pharmaceutique et du pseudo-système de santé français, ou alors de d'insister plus sur certains exemples (cholestérol, ostéoporose, DSM et troubles mentaux, etc.) permettant de faire comprendre de quoi il s'agit et en quoi le façonnage de maladie concerne chaque citoyen au quotidien, j'ai abordé tout cela principalement dans des articles sur Pharmacritique, qui sont accessibles en cliquant sur la catégorie disease mongering, mais aussi dans des interviews et des participations à des documentaires, ainsi que lors de débats et colloques dont il faudrait archiver les présentations powerpoint et les enregistrements. Mais sachant que je suis un contre-talent en matière de communication et que je n'ai même pas le temps de tenir le blog, ces temps-ci...  Quoi qu'il en soit, les articles parus sur Pharmacritique abordant diverses facettes de l'invention des maladies et de leur redéfinition restent d'actualité. Malheureusement...

06/10/2015

"Les Médicamenteurs": vérités et mensonges 6 ans après. Projection et débat à Grenoble

Le documentaire « Les Médicamenteurs », réalisé par Stéphane Horel et commenté dans cette note sur Pharmacritique, a été diffusé pour la première fois en juin 2009. Beaucoup d’annonces ont été faites depuis, surtout en marge de scandales, dont le plus médiatisé a été celui autour du Médiator. Une loi a été adoptée en décembre 2011, des comités et commissions de déontologie et de transparence ont été mis en place, tout comme des initiatives de déclaration des liens d’intérêt, notamment pour les experts auprès des autorités sanitaires.

Alors qu’en est-il six ans après ? Notre système de formation, d’information et de recherche médicales, dont j’ai toujours dit qu’il était fondamentalement et structurellement pharma-amical, a-t-il vraiment changé ? Le journalisme d’investigation mérite-t-il enfin son nom ou ne fait-il que reprendre des sujets qui circulent depuis des années, enfonçant les portes ouvertes par des lanceurs d’alerte qui ne sont pas mentionnés - même pas en petites lettres sur le générique de fin –, alors qu’ils se sont pris plein la figure quand ils ont fait le travail... Cash Investigation – mais aussi Pièces à conviction du temps où Elise Lucet était rédactrice en chef – et Pharmacritique, c’est toute une histoire, avec des sources qui, une fois exploitées, restent invisibles sur les génériques, dans les remerciements, etc., comme ça, le public pense vraiment que c'est l'équipe de journalistes qui a fait de l'investigation poussée (pas celle qui s'arrête aux premiers résultats dans une recherche sur google, prend tout ce qui est dit sur un blog, demande de longues explications à l'auteur, puis oublie de le mentionner...) J'ai beaucoup d'exemples, aussi avec d'autres journalistes, avec des auteurs de livres (médecins compris), de sites, de blogs, etc., et en parlerai le moment venu.

Les pratiques médicales ont-elles changé depuis « Les Médicamenteurs », de façon à prendre en compte les effets indésirables, de les signaler, d’en informer les patients ? La médicalisation – surmédicalisation, surdiagnostics, surtraitements, … - a-t-elle diminué ? Quid des méthodes des "médicamenteurs" qui ne jurent que par les remèdes naturels, dont on n’aurait même pas le droit de demander des preuves d’efficacité, sous peine de passer pour un suppôt de l’industrie pharmaceutique qui s’attaquerait aux faibles défenseurs désargentés de la nature ? Quid du sensationnalisme des journalistes se livrant à des surenchères, cherchant un scandale à dénoncer ?  Quid de la démonétisation de l’alerte, parce que tout et n’importe quoi peut être mis en cause, sur des réseaux sociaux où celui qui gueule le plus fort l’importe, n’en déplaise à ceux qui rêvent d’une « intelligence collective » qui surgirait du web 2.0.

J'ai toujours dit que la transparence sur les conflits d'intérêts n'est qu'une étape dans la lutte visant à éliminer lesdits conflits d'intérêts, et que s'arrêter là-dessus serait illusoire, voire contre-productif. Qu'il s'agissait d'un système de désinformation organisée, dominé par le marketing qui cache l'absence de progrès thérapeutique et l'absence d'innovation, marketing dont il fallait décortiquer les méthodes - méthodes d'influence, de persuasion, tirées des méthodes classiques de lobbying et de communication utilisées partout. Et j'ai donné moult exemples, y compris dans la construction sociale du dépistage organisé du cancer du sein, que je mentionne au vu de la nouvelle campagne de communication qui commence avec "octobre rose" et la "concertation citoyenne et scientifique" annoncée comme une forme de cette "démocratie sanitaire" qu'on nous annonce comme une berceuse pour mieux nous endormir sur le fait que rien n'est fait pour que le système change, structurellement, de façon à profiter à l'intérêt général, à l'intérêt de la santé individuelle et publique, et non pas aux affaires des industriels et de professionnels de santé. Dans la concertation citoyenne sur le dépistage du cancer du sein, autorités sanitaires et autres intéressés dans le maintien du système emploieront à fond ces mêmes méthodes d'influence pour aboutir au résultat voulu - un meilleur taux de participation au dépistage qui ne dépend en rien de la décision citoyenne.

Ai-je eu tort ou raison?  La liste de questions est longue…

La projection des « Médicamenteurs » permet de faire une comparaison sur les points évoqués dans le documentaire, et aussi d’aborder des points qui ne l’ont pas été, compte tenu des limites inhérentes. Ainsi tout ce qui relève de la santé environnementale, des causes et co-facteurs environnementaux, mais aussi de la surprescription – autre facette de la surmédicalisation -, et de l’expertise citoyenne, de l’indépendance des usagers, qui ne doivent pas juste changer de « maîtres », passant de la dépendance à l’égard des médecins ayant des conflits d’intérêts au suivisme et à un rôle de perroquet des médecins indépendants… Etc.

La projection aura lieu le 7 octobre; elle commencera à 20:00, suivie du débat à 21:10. Débat auquel je participerai aux côtés de Philippe Perrin, éco-infirmier, fondateur de Santé Environnement Rhône-Alpes (SERA).

L’annonce détaillée du programme de Sciences en Bobines à Grenoble est sur cette page. L’adresse : Maison des Associations, 6 rue Berthe de Boissieux, Grenoble. (J’apprends au dernier moment que le débat aura lieu 150 mètres plus loin, au Pavillon de Bonne, situé au 50 Bd Gambetta).

22/11/2012

Disease mongering: fabrique de malades, façonnage de maladies... Débat le 23 novembre (festival Sciences en Bobines)

La 8ème édition du festival « Sciences en bobines », organisé par la Fondation Sciences Citoyennes, a lieu actuellement dans plusieurs villes. Des documentaires sur des thématiques diverses sont projetés et suivis de débats avec des intervenants ayant travaillé sur ces questions. Le programme complet et les informations pratiques (lieu, heure, accès…) sont sur cette page

Le vendredi 23 novembre, j’aurai le plaisir de débattre avec Dominique Dupagne sur le disease mongering (façonnage de maladies, invention de maladies,…), après la projection du documentaire « Maladies à vendre », présenté plus bas. 

Le disease mongering est l’une des thématiques que j’aborde le plus lors de débats et autres interventions ainsi que dans des articles et notes. Le phénomène est abordé soit directement – connotations du terme, historique et événements en cours, écrits de référence, exemples édifiants... (voir ces notes) -, soit indirectement, comme l’une des méthodes de médicalisation et  surmédicalisation. J’ai mis un accent particulier sur le disease mongering en psychiatrie, à travers le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) et les discours et pratiques qui contribuent à la médicalisation de nos émotions, avec leurs conséquences en termes d’ »extirpation de la différence » (normalisation, uniformisation, mise au pas, standardisation empêchant le développement de la subjectivité et de l’esprit critique, etc.) Les articles et notes sur ces sujets sont regroupés par catégories, accessibles à partir de la liste alphabétique dans la colonne de gauche.

Voici la présentation extraite du programme complet.

Date et lieu : Vendredi 23 novembre 2012 à partir de 20h00 au Cinéma La Clef (21 rue de la Clef, 75005 Paris, M° Censier Daubenton).

20h00 – Maladies à vendre Anne Georget et Mikkel Borch-Jacobsen, 2011, 52 min

« Jusque dans les années 70, l’industrie pharmaceutique créait des médicaments pour guérir des maladies. Depuis, pour répondre à l’obligation d’un retour sur investissement immédiat, l’industrie pharmaceutique en vient à créer des maladies pour vendre des médicaments. Du cholestérol trop élevé à la dysfonction érectile en passant par la dépression et le trouble bipolaire, « Maladies à vendre » démonte les stratégies mises en oeuvre par l’industrie pharmaceutique, avec la complicité plus ou moins passive des experts médicaux et des autorités de santé, pour tous nous transformer en malades, c’est-à-dire en consommateurs de médicaments. Cette promotion de maladies, appelée « condition branding » par les spécialistes, est en passe de changer la médecine moderne en une vaste entreprise de marketing où la science est mise au service de l’industrie et non plus des patients »

20h55 – Débat « Comment l’industrie pharmaceutique fabrique des malades… » avec :

  • Elena PASCA (philosophe, CA de Sciences Citoyennes, blog Pharmacritique)
  • Dominique DUPAGNE (médecin généraliste, responsable du site Atoute, membre du Formindep)

Libre participation aux frais

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11/11/2009

La Fondation Sciences Citoyennes met les "Sciences en bobines": films et débats pour se forger un avis éclairé sur des questions d'actualité

La Fondation Sciences Citoyennes nous invite à sa cinquième édition du festival "Sciences en bobines", l'une des multiples façons de l'association d'oeuvrer à la mise en pratique de son principe fondateur: la "réappropriation citoyenne et démocratique de la science, afin de la mettre au service du bien commun". Chaque documentaire ou film choisi sera suivi d'un débat qui apportera des éclairages sur certaines dimensions du problème thématisé. L'entrée est libre.  bobinesflyer2009icon.jpg

Le buffet bio à prix modérés, ouvert tous les soirs à partir de 19h15, permettra de prolonger le débat dans la convivialité.

Cette édition du festival est organisée avec le concours de l’ACRO, Ingénieurs Sans Frontières et Sud-Recherche-EPST, ainsi qu'avec le soutien de la Fête de la Science.

Voici les détails: les villes, les dates et le programme détaillé:

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