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10/10/2012

Ghostwriting (auteurs fantôme) et autres méthodes de manipulation et influence sur la recherche médicale et l’information

Sergio Sismondo a forgé le terme « ghost management » pour parler de l’influence de marketing pharmaceutique,ghostwriting,ghost management,rédacteurs fantôme médecine,société de recherche sous contrat pharmaceutique,nègre fantôme recherche médicale,ghostwriting auteurs recherche médicale,marc-andré gagnon,sergio sismondo,disease mongering,surmédicalisation formes,recherche médicale biais influences,influence pharmaceutique médecine,essais cliniques financement pharmaceutique,manipulation essais cliniques,biais influences fraude pharmaceutique,coût recherche développement médicament,dépenses lobbying promotion pharmaceutique,recherche universitaire financement pharmaceutique,partenariat public-privé pharmaceutique,sanofi gardasil marketing,désinformation médicalel’industrie pharmaceutique : un management total, une gestion invisible, mais omniprésente, de tous les niveaux de la recherche, de la formation et de l’information médicales. Le but ? Créer une désinformation généralisée, car même là où il n’y a pas de conflits d’intérêts, pas de corruption et de fraude directes, il existe des influences directes et indirectes, des biais dans la littérature médicale, etc.

Les principales techniques utilisées sont décrites dans l’article de Sergio Sismondo paru en septembre 2007 dans la revue PLoS Medicine : “Ghost Management: How Much of the Medical Literature Is Shaped Behind the Scenes by the Pharmaceutical Industry?” (Ghost management : quelle est la proportion de littérature médicale façonnée en coulisses par l’industrie pharmaceutique ? PLoS Med 4(9): e286.doi:10.1371/journal.pmed.0040286).

Sergio Sismondo, professeur de philosophie et de sociologie à la Queen's University, a co-signé un article avec le socio-économiste Marc-André Gagnon, professeur adjoint à la  School of Public Policy and Administration, Université de Carleton (que j’ai eu le plaisir de rencontrer longuement en 2010). L’article est paru le 2 octobre 2012 dans le journal canadien Le Soleil sous le titre « Des auteurs-fantômes discréditent la recherche médicale ».

L'illustration accompagne un article intitulé "Half the top US academic medical centres have no policy on ghostwriting" (La moitié des facultés de médecine les plus prestigieuses des Etats-Unis n'ont pas de politique de gestion du ghostwriting), qui commente les résultats d'une enquête rendue publique dans un article de Jeffrey Lacasse et Jonathan Leo, paru le 2 février 2010 dans la revue PLoS Medicine sous le titre "Ghostwriting at Elite Academic Medical Centers in the United States".

Je fais une longue introduction présentant divers aspects liés au ghostwriting, au ghost management et à la manipulation de la recherche médicale, suivie de quelques extraits du dernier article de Marc-André Gagnon et Sergio Sismondo, qui présente certains enjeux de façon synthétique et accessible. Il faut revenir là-dessus, parce que tout le monde devrait comprendre les conséquences de telles mauvaises pratiques de rédaction médicale en termes de déformation et dénaturation de l'information que nous tous (professionnels de santé et usagers) avons sur l'efficacité de tel médicament et de telle intervention médicale, sur le rapport bénéfices/risques, etc. L'emploi d'auteurs fantôme pose la question plus large de ce qu'est un auteur scientifique, mais ce qui m'intéresse ici, c'est que nous comprenions à quel point les apparences peuvent être trompeuses. Même ce qui paraît être certain - l'efficacité et la bonne tolérance de tel médicament apparemment solidement évalué, dans des études multiples d'apparence méthodologique solide (RCT) et avec des résultats apparemment indiscutables - peut n'être que le résultat d'effets rhétoriques visant à placer les médicaments dans une lumière favorable, le résultat de manipulations des données et des résultats, d'une publication sélective (uniquement les résultats favorables, même lorsqu'ils sont minoritaires) et de l'emploi de divers moyens permettant d'embellir la réalité et la rendre commercialement exploitable.

Ce ghost management permet de créer et d’entretenir la surmédicalisation (voir les articles) qui, omniprésente, déforme l’ensemble du système de santé et de soins ainsi que les représentations des usagers. Il permet de verrouiller le système en bloquant ses articulations stratégiques par des experts ayant des conflits d’intérêts : des leaders d’opinion influents, une sorte de VRP de luxe que certains appellent dealers d’opinion. (Voir les articles sur les key opinion leaders, surtout celui-ci).

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03/06/2008

Les conflits d’intérêt: tare de naissance du Gardasil. Constella Group fait de la pub pour Merck et GSK, établit la liste d'agents oncogènes et recueille les effets secondaires au VAERS...

Il faut remonter un peu dans le temps pour mieux comprendre à quel point ce vaccin est un énorme conflit d’intérêts et sa généralisation une 357304613.jpg« folie » dans un vide démocratique qui permet des collusions d'intérêts entre politiques et firmes pharmaceutiques, comme le disait le Pr Alvarez-Dardet. Lorsque des hommes politiques nous vendent un vaccin avant même que les "experts" se prononcent là-dessus, on sait d'avance quelle sera la décision...

(C’est Alvarez-Dardet et l’excellente revue allemande indépendante Arznei-Telegramm qui ont ouvert le feu de la critique en Europe. Et l’opinion publique allemande est de plus en plus hostile au Gardasil (nous avons parlé de cela comme des analyses de la revue dans plusieurs notes réunies sous les catégories Gardasil (divers) et Gardasil : très critiqué à l’étranger).)

L’article d’un chien de garde (« watchdog ») américain, paru dans le Journal Sentinel en avril 2007, parle des débuts de l’affaire Gardasil, aux Etats-Unis, avec Merck dans le rôle principal (de distributeur de billets) et les institutions de santé publique comme figurants plumés… Entre les deux, l’une de ces sociétés privées spécialisées dans la sous-traitance médicale, travaillant par projets, sous contrat soit avec une institution publique soit avec un laboratoire privé. D’où leur nom : contract research organizations (CRO) ou sociétés de recherche sous contrat (SRC).

Mais il y a comme un léger problème quand la même CRO est payée en même temps par les autorités fédérales américaines et par un laboratoire, et ce pour travailler sur le même sujet… Un énorme conflit d’intérêt qui devrait suffire à lui seul à discréditer les produits de ce travail… Le Gardasil, en l’occurrence, puisque la CRO Constella Group a été partie prenante dès le départ.

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