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29/08/2008

"En finir avec l’abus de psychotropes" : appel à un usage raisonnable et à la limitation de l’emprise pharmaceutique

Il s’agit d’un appel lancé par 15 médecins, qui constitue le point de départ d’un dossier paru le 24 août dans le Journal du Dimanche. On y 624816175.jpgapprend que 130.000 hospitalisations par an sont dues à la prise de médicaments, et que les psychotropes y sont pour beaucoup. Cet appel dénonce la fausse route d’une société qui traite ses maladies culturelles et socioéconomiques par des tranquillisants, antidépresseurs, stimulants, hypnotiques... Il met aussi en cause la toute-puissance des laboratoires pharmaceutiques, mise en pratique avec la complicité de la plupart des médecins dont la formation est centrée sur l’usage des médicaments - et qui sont aussi l’objet de toutes les "attentions" des firmes.

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17/05/2008

"Marché des psychotropes: construction historique d'une dérive". Par la psychiatre Monique Debauche

Voici le texte d’une conférence de 17 janvier 2008, organisée par la revue Prescrire, donnée par Monique DEBAUCHE, psychiatre à la Free-surconso médocs photo 3 SAT.jpgClinic Bruxelles, membre du Groupe de Recherche et d’Action pour la Santé (Belgique). Elle aborde certains des facteurs essentiels qui nous ont amenés dans la situation catastrophique de surconsommation d’antidépresseurs et de marasme d’une psychiatrie dominée, à travers le DSM, par l’industrie pharmaceutique. Une psychiatrie devenue une technique de contrôle social et de normalisation de comportements et/ou tempéraments conçus comme déviants par rapport aux standards économiques néolibéraux en vigueur et aux représentations sociétales qu’il détermine. M. Debauche analyse aussi l’invention de maladies ("façonnage" ou disease mongering) pour écouler un médicament ; la production de « preuves » par la recherche médicale, à travers des études randomisées facilement manipulables pour donner les résultats attendus et permettre les ventes ; l’écriture des articles "scientifiques" par des "ghostwriters" (auteurs fantôme) ; un contrôle quasiment inexistant par les agences du médicament ; le déclin de la psychiatrie en faveur d’entretiens directifs se soldant par la prescription de psychotropes, etc.

Marché des médicaments psychotropes : construction historique d’une dérive

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12/05/2008

Conflits d’intérêts en psychiatrie, discipline la plus payée par l’industrie, selon les Etats américains qui appliquent les lois de transparence

Voici un nouveau site qui deviendra très vite une référence : PsychConflits. Il est consacré aux conflits d’intérêts en psychiatrie, c’est-à-dire à 1800579362.jpgtout l’argent que reçoivent les psychiatres pour faire augmenter les ventes de médicaments antipsychotiques, neuroleptiques, antidépresseurs, tranquillisants/anxiolytiques, somnifères, énergisants, anti-démence, etc.

Le site est inauguré par une vidéo centrée sur les liens financiers entre la toute-puissante APA (Association Américaine de Psychiatrie) et l’industrie pharmaceutique, liens qui se concrétisent dans le contenu de la bible des psychiatres : le DSM IV. Il s’agit de la quatrième version révisée du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux : près de 900 pages et une influence énorme, puisque c’est lui qui dit ce qui est ou n’est pas une maladie psychiatrique, classifie les troubles en fonction de critères sujets à controverse, mais qui seront considérés partout dans le monde comme les outils diagnostiques par excellence. Ces critères et cette liste de maladies déterminent ce qui doit être traité, d’où la responsabilité des experts ayant conçu le DSM IV dans l’énorme augmentation des prescriptions des médicaments psychotropes et dans l'inflation des... maladies ou syndromes psychiatriques. De 112 « troubles » en 1952, nous en sommes arrivés à 374 aujourd’hui, souligne le commentaire de la vidéo. Le monde sombre dans la folie, apparemment... 

Et si la folie la plus préoccupante n'était pas celle dont traite le DSM IV? Il fut un temps où une psychanalyse engagée considérait un symptôme comme le signe d'une répression psycho-sociale et le prenait comme une porte ouverte à une possible libération... Aujourd'hui, on ne cherche plus à savoir, à faire oeuvre d'autonomie, mais on abrase chimiquement la perception, la pensée, ce qui étouffe d'emblée tout pas vers la (prise de) conscience.

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16/01/2008

« Québec sur ordonnance ». La médecine fast food.

Citons d’emblée Paul Arcand, le réalisateur de «Québec sur ordonnance», ce documentaire sur les rouages de b0fb1dab710c4501c80013dd44ecbccf.jpgl'industrie du médicament au Québec, sorti en octobre : « Dans le fond, c'est quoi l'attitude des gouvernements face à la pauvreté? Ce qui est clair, actuellement, c'est que la médication est une des façons de répondre à ça. Quant à savoir si c'est une réponse qui a de l'allure, une réponse qui est permanente, moi j'ai un sérieux doute ». Et ailleurs : « De tous les médicaments vendus aux pauvres, ce sont les psychotropes qui arrivent en première place. Une pilule pour oublier, une pilule pour se geler les émotions, une pilule pour être au neutre ».

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