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15.01.2008

Fosamax, Bonviva, Actonel... Nouvelle alerte à propos de l'ostéonécrose de la mâchoire

Dans une Lettre aux prescripteurs du 18 décembre 2007, l’AFSSAPS (agence française de sécurité sanitaire) revient sur l’un des effets 2072472911.jpgsecondaires graves de la classe de bisphosphonates, que nous avons signalé dans une note plus ancienne : l’ostéonécrose de la mâchoire. (Pour des raisons inexpliquées, la note n’est accessible qu’en descendant sur la page, pas en cliquant sur le lien à droite…). Nous demandions s’il était raisonnable d’utiliser des médicaments ayant des effets indésirables si importants (douleurs musculaires et articulaires sévères, voire invalidantes qui peuvent ne pas disparaître à l’arrêt du traitement, troubles du rythme cardiaque, ostéonécrose…) dans la « prévention » de l’ostéoporose… surtout à grande échelle, comme c’est le cas actuellement. Dans un communiqué plus ancien mentionné dans cette note-là, l’AFSSAPS pensait que l’ostéonécrose ne survenait que chez des patients souffrant d’un cancer et traités pour des hypercalcémies, par exemple. Chez ces personnes, cette complication pouvait apparaître suite à des interventions dentaires.

Photo: Iowa University

L’AFSSAPS a modifié son discours aujourd’hui, et la situation doit être vraiment mauvaise pour que les autorités sanitaires françaises émettent une mise en garde… Attention donc, si vous prenez l'un des médicaments de la classe de bisphosphonates, qu'il s'agisse de l'acide alendronique (Fosamax) ou d'un autre (voir la liste à la fin de cette note).

Puisque l'AFSSAPS reconnaît désormais qu’une ostéonécrose de la mâchoire, par ailleurs incurable, peut apparaître même chez une femme en parfaite santé. Femme dont le médecin voulait contribuer à la bonne santé financière de la firme en lui prescrivant un tel médicament en prévention de l’ostéoporose…

La revue allemande indépendante « Arznei-Telegramm » a encore fait preuve de l’excellence de son expertise, puisque, comme elle l’affirmait avant tout le monde, l’ostéonécrose est un effet de classe des bisphosphonates (n’importe lequel de ces médicaments peut la provoquer).

Voici le lien vers la Lettre de l’AFSSAPS, suivi de quelques extraits :

« Recommandations sur la prise en charge bucco-dentaire des patients traités par bisphosphonates »

 

« Les bisphosphonates (BP) agissent en ralentissant le remodelage osseux, principalement par inhibition de l'activité des ostéoclastes. Administrés par voie intraveineuse (IV), les BP sont indiqués dans la prise en charge des myélomes multiples, la prévention des complications osseuses de certaines tumeurs malignes avancées, et le traitement des hypercalcémies malignes. Les BP constituent par ailleurs le traitement le plus largement prescrit dans des maladies bénignes avec au premier rang le traitement de l’ostéoporose postménopausique chez les femmes à haut risque de fracture, le traitement de l’ostéoporose masculine, de l’ostéoporose corticoinduite. Ils sont dans ces indications principalement administrés par voie orale à faible dose, à l’exception de l’Aclasta® (zolédronate) et de Bonviva (ibandronate) (Cf. annexe 1).

 

Depuis 2003, des publications signalent un effet indésirable grave imputable aux bisphosphonates (BP) : l'ostéonécrose de la mandibule et/ou du maxillaire (ONM) (Cf. annexe 2). En juillet 2005, l’agence européenne du médicament (EMEA) et l’Afssaps ont informé les prescripteurs de ce risque et émis des recommandations concernant la prescription de bisphosphonates administrés par voie intraveineuse. Depuis, de nombreux cas d’ONM continuent d’être rapportés chez des patients traités par BP. Dans la très grande majorité des cas, ces patients étaient traités par BP IV dans le cadre d’une pathologie maligne.

 

Cependant, quelques publications rapportent également des cas d’ONM chez des patients traités par BP dans le cadre du traitement de l’ostéoporose. L’ONM, dont le diagnostic est souvent retardé, est d’intensité douloureuse variable, difficile à traiter et peut entraîner des séquelles. Il n’y a pas, à l’heure actuelle, de traitement curatif. Il est donc important que les prescripteurs de BP, ainsi que les chirurgiens dentistes, les stomatologues et les chirurgiens maxillo-faciaux,soient informés des risques de complications bucco-dentaires et osseuses graves qui existent pendant et après un traitement par BP et qu'ils en informent leurs patients. » (…)

 

Les principaux bisphosphonates sont : l'acide alendronique ou alendronate (Fosamax), l'acide ibandronique ou ibandronate (Bonviva, Bondronat), l'acide pamidronique ou pamidronate (Aredia, Merck-Pamidronate), l'acide clodronique ou clodronate (Bonefos, Clastoban, Lytos, Ostac), l'acide étidronique ou étidronate (Didronel, Osteodidronel), l'acide risédronique ou risédronate (Actonel), l'acide tiludronique ou tiludronate (Skelid), l'acide zolédronique ou zolédronate (Aclasta, Zométa, Reclast).

 

Tous les articles passés ou à venir seront accessibles à partir de cette page.

 
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