03.03.2010
"Les nouveaux jackpots des laboratoires pharmaceutiques". Documentaire sur les techniques marketing des pharmas (Canal+ le vendredi 5 mars à 22h45)
Mise à jour: regardez l'intégralité du documentaire sur cette page.
Ce vendredi 5 mars à 22 h 45 sera diffusé, dans l'émission "Spécial investigation", le documentaire "Les nouveaux jackpots des laboratoires",
réalisé par Sophie Bonnet. (Le même est mentionné aussi sous le titre "Les nouvelles maladies: le jackpot des laboratoires").
Les critiques du Nouvel Observateur et Télérama sont bonnes, quoi que cela veuille dire... J'attends avec impatience de voir le documentaire, puisque j'ai été documentaliste, mais n'ai aucune aucune idée du résultat. En principe, cela devait parler du "disease mongering" (façonnage de maladies, maladies inventées - voir les notes de Pharmacritique à ce sujet), et j'ai donné beaucoup de matériel et recommandé beaucoup d'intervenants spécialisés dans les techniques marketing de l'industrie pharmaceutique et dans les conflits d'intérêts.
C'est d'ailleurs assez frustrant de ne pas savoir quelles informations ont été utilisées et développées, dans quel sens, quelles personnes ont été contactées, etc. Et de ne pas savoir qu'est qui est resté, dans l'ensemble, et quel est le degré de critique... La journaliste Sophie Bonnet me paraît à la fois compétente, professionnelle et lucide sur la question. Mais a-t-elle le dernier mot? Tout passe par tellement de mains... De façon générale, le journalisme d'investigation me semble relever plutôt du passé, vu qu'il dépend du degré d'indépendance des media. Sous Sarkozy, celle-ci n'est plus que lettre morte. Alors qu'en sera-t-il? Bonne surprise ou pseudo-critique édulcorée?
Nous verrons vendredi à 22 h 45.
La bande annonce peut être visionnée sur le site de "Spécial investigation". Il y est question du congrès de la International Society for Sexual Medicine, dont la session 2010 a eu lieu à la mi-juillet à Paris, centrée sur le "dysfonctionnement sexuel féminin", pseudo-maladie très prometteuse en termes commerciaux, de même que sur la publicité pour des molécules telles Priligy, candidat (de la firme Boehringer Ingelheim) à la commercialisation dans l'indication "éjaculation précoce". Le Priligy - ou dapoxétine, selon son nom commercial international - est un antidépresseur détourné, vanté pour l'un de ses effets secondaires qui est de retarder l'éjaculation. La revue allemande indépendante Arznei-Telegramm en a démoli les prétendues vertus dans une analyse sur laquelle je reviendrai.
Rediffusions de ce numéro de "Spécial investigation" :
- Sur Canal+ décalé: samedi 6 mars à 2h20 et dimanche 7 mars à 6h30 et à 17h10.
- Sur Canal Sport: lundi 8 mars à 3h05.
La présentation par la rédaction dit ceci: "La grippe H1N1 a permis à l'opinion de prendre conscience du rôle joué par les laboratoires pharmaceutiques. La présence au sein de l'Organisation mondiale de la Santé d'experts financés par l'industrie du médicament a jeté la suspicion sur le bien fondé de la campagne de vaccination. Plus généralement, les détracteurs des entreprises pharmaceutiques les accusent aujourd'hui d'inventer des maladies imaginaires auxquelles elles proposent des remèdes souvent coûteux. Pour «Spécial investigation», Sophie Bonnet enquête sur les techniques marketing mises en place par les laboratoires pour convaincre tout un chacun."
12:22 Publié dans Documentaires labos pharmaceutiques santé médecine | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : disease mongering, façonnage de maladies, éjaculation précoce, elena pasca, marketing pharmaceutique, cholestérol traitement, statines effets secondaires, gardasil effets secondaires, conflits d'intérêts médecine, obésité alli, bénéfices laboratoires, visiteurs médicaux, sanofi pasteur msd vaccin |
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07.07.2009
Etats-Unis: les étudiants notent les facultés de médecine en fonction des conflits d’intérêts. D'autres se mobilisent, nos carabins dorment
La American Medical Students Association (AMSA: association des étudiants en médecine) a publié le 17 juin le troisième PharmFree
Scorecard : le classement 2009 des facultés de médecine des Etats-Unis en fonction de la qualité de leur politique de limitation des conflits d’intérêts, des liens financiers et autres avec l’industrie pharmaceutique. Cette évaluation est faite par l’AMSA en collaboration avec Prescription Project, une association qui milite pour une médecine intègre et basée sur le niveau de preuve (evidence-based medicine ou EBM) et non sur le marketing de l’industrie pharmaceutique. Cela suppose des réformes majeures de la réglementation concernant la recherche médicale ainsi que de tout le circuit du médicament et de l’information médicale.
La notation s’inscrit dans un projet plus large, appelé PharmFree Campaign, lancé par l’AMSA en 2002 pour promouvoir ces mêmes objectifs à l’aide de matériels éducatifs et d’autres moyens spécifiques décrits à partir de cette page.
Les initiatives allant dans le sens d’une restriction – ou du moins d’une plus grande transparence – des conflits d’intérêts sont tellement nombreuses outre-Atlantique qu’il est impossible de tout suivre dans le détail…
05:04 Publié dans Initiatives pour limiter les conflits d'intérêts | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : conflits d'intérêts, étudiants en médecine, formation médicale, facultés américaines de médecine, influence pharmaceutique, éthique médicale, déontologie médicale, visiteurs médicaux, cadeaux aux médecins, législation sur les conflits d'intérêts, accès aux soins, refus de la cmu, corporatisme médical |
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22.06.2009
Le patron de l'industrie pharmaceutique, Christian Lajoux, défend les laboratoires, les autorités sanitaires, la visite médicale...
Dans le numéro du 16 juin du journal Le Quotidien du Médecin, Christian Lajoux, président de l'organisation patronale de l'industrie
pharmaceutique (LEEM: Les entreprises du médicament) et président de Sanofi-Aventis France, se livre à une charge virulente contre les critiques des dérapages de l'industrie pharmaceutique. Il parle d'un "procès en sorcellerie d'un autre temps" (lire le résumé). Signe que les critiques commencent à déranger?
Selon le journal, le président du LEEM "affronte la critique", et ce en répondant à cinq questions dont l'élaboration a nécessité l'effort conjoint de deux journalistes. Questions qui n'ont, elles, rien de critique. Les deux côtés sont héroïques, en effet... Mais y a-t-il encore des gens assez naïfs pour attendre une information équilibrée de ce type de journal, gratuit, plein de publicités et sans aucune déclaration de conflits d'intérêts (voir cette note)?
Voici les extraits les plus édifiants de l'interview et un résumé du reste. Lajoux défend tellement bien tous les médecins et experts qui ont des conflits d'intérêts, ainsi que les autorités sanitaires et la visite médicale, que cette défense elle-même devrait suffire à éveiller les soupçons des usagers. En effet, si le patron des patrons des industriels est tellement satisfait du système dans son ensemble, si des intérêts privés du genre de ceux de l'industrie pharmaceutique sont à ce point satisfaits, on peut avoir quelques doutes sur l'état de l'intérêt général... Et puis on apprend que le LEEM a quelques intentions belliqueuses.
00:10 Publié dans Brèves, actualités pharmaceutiques diverses | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
| Tags : christian lajoux, leem, visiteurs médicaux, conflits d'intérêts, philippe lamoureux, indépendance des experts médicaux, déclaration publique d'intérets, code de déontologie, charte de la visite médicale, lobby pharmaceutique, sanofi-aventis |
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04.06.2009
L'Express: conflits d'intérêts et corruption des médecins par le lobby pharmaceutique, qui contrôle toute l'information sur les médicaments
L’Express d’hier (3 juin) a publié sur son site un dossier qui fait la une cette semaine : "Tout ce que l’on ne vous dit pas sur les
médicaments". Il contient des extraits du livre du Dr Sauveur Boukris intitulé "Ces médicaments qui nous rendent malades" (Le Cherche Midi), à paraître aujourd’hui.
Sont abordés entre autres : "les effets secondaires gravissimes de médicaments consommés couramment; l'ignorance crasse de médecins formés, le plus souvent, à la seule école de l'industrie pharmaceutique; l'invention de maladies imaginaires pour l'unique profit d'entreprises florissantes; la partialité des experts; le laxisme d'autorités sanitaires bienveillantes; la force d'un lobby mieux organisé que jamais...", les interactions médicamenteuses, le nombre colossal d’hospitalisations et de décès dus aux effets secondaires, l’absence d’innovation thérapeutique, les risques de l’automédication, "les médecins téléguidés" par les laboratoires par le biais des visiteurs médicaux et autres financements créant des conflits d’intérêts...
La préface du livre est signée par le Pr Philippe Even, et le dossier contient un entretien avec lui, intitulé "Certains représentants de l’Etat sont corrompus". C’est sur celui-ci que je voudrais mettre l’accent dans cette note, parce que je pense qu’il a raison en disant qu’en France, le véritable changement ne peut venir que des patients, d’une prise de conscience qui pourrait faire suite aux scandales provoqués par les effets secondaires des médicaments et qui les poussera à taper du poing sur la table.
08:49 Publié dans Méthodes labos: corruption, fraude, pression... | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
| Tags : lobby pharmaceutique, conflits d'intérêts, corruption, effets secondaires, invention de maladies, autorisation de mise sur le marché, pantouflage, innovation thérapeutique, visiteurs médicaux, visite académique, experts sous influence, information médicale indépendante, philippe even |
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24.07.2008
Des visiteurs médicaux aux pubs télé : réallocation du budget marketing pharmaceutique vers les patients et les pharmaciens (L’Expansion)
Dans son numéro de juillet/août 2007, le journal L’Expansion reprend une analyse des tendances actuelles de l’industrie pharmaceutique. L’un des articles s’intitule « Marketing sur ordonnance. Le baromètre 2007 Unilog-HEC confirme le transfert vers le patient des budgets de communication ». Un autre est tout aussi clair : « Des visiteurs médicaux aux pubs télévisées. Le durcissement de la réglementation de la visite médicale induit une réallocation des budgets marketing vers le patient ». En clair, l'industrie pharmaceutique misera de plus en plus sur la publicité directe aux consommateurs, sur l'accès direct aux patients, pour mieux les manipuler.
Il est question de « marketing relationnel » (sic), pour « faciliter la relation médecin – patient », selon un ponte de Sanofi.
Un extrait : « Le budget marketing dédié aux patients devrait même croître de 50 % entre 2006 et 2010. Ce repositionnement prend acte du poids croissant
17:49 Publié dans Publicité directe pour les médicaments | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : budget marketing pharmaceutique, promotion pharmaceutique, visiteurs médicaux, campagne d'information santé, publicité directe pour les médicaments, campagnes d'éducation à la santé, influence pharmaceutique sur les pharmaciens, conflits d'intérêts associations de patients, leaders d'opinion santé, expertise médicale sous influence, sanofi-aventis, société de communication médicale |
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20.06.2008
Les médecins leaders d'opinion : pantins du commerce pharmaceutique... Le British Medical Journal dénonce
La dernière livraison du British Medical Journal contient un éditorial, un article et un commentaire dénonçant la fonction purement
commerciale des pontes de la médecine payés par l’industrie pharmaceutique. L’éditorial de la rédactrice en chef Fiona Goodle est en libre accès et s’intitule Key opinion leaders : your time is up (Leaders d’opinion. Il faut changer d’époque !).
Ce sont des vœux pieux pour le moment… Mais tout article dévoilant encore et encore des détails et la stratégie commerciale d’ensemble est bon pour aider à provoquer une prise de conscience. Pour que tout le monde se rende compte de l’énorme problème de sécurité sanitaire et de salubrité publique que posent les liens financiers des médecins avec l’industrie pharmaceutique, vu les intérêts radicalement divergents entre santé et commerce ! (Divergents en théorie, du moins).
Le tout s’accompagne de deux extraits vidéo des confessions d'une visiteuse médicale, inclus dans l’article décapant de Ray Moynihan, lui aussi en libre accès sur le site du journal. Il s’intitule Key opinion leaders : independent experts or drug representatives in diguise ? ("Leaders d’opinion : des experts indépendants ou des VRP déguisés ?").
23:47 Publié dans Leaders d'opinion, pantins du pharmacommerce | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
| Tags : leader d'opinion médecine, marketing pharmaceutique, key opinion leader, formation médicale continue, corruption des médecins, conflits d'intérêts santé, visiteurs médicaux, expertise médicale indépendante, recherche médicale financement industriel, conflits d'intérêts des experts, déclaration d'intérêts, experts sous influence |
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