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22/01/2012

Fractures atypiques du fémur sous bisphosphonates: effet indésirable reconnu par Santé Canada et l’AFSSAPS

Je rappelle le contexte de surmédicalisation et de disease mongering dans ostéoporose traitements,bisphosphonates effets indésirables,fractures atypiques du fémur,prévention ostéoporose ostéopénie,surmédicalisation ostéoporose,disease mongering ostéoporose,fosamax effets indésirables,ostéoporose fractures prévention,facteur de risque ostéoporose,santé des femmes prévention,surmédicalisation femmes,ménopause médicaments médicalisation,bonviva effets indésirables,ostéodensitométrie dépistage ostéoporose,surdépistage préventionlequel le sens du « dépistage » et de la « prévention » a été déformé, y compris pour ce qui est de la densité minérale osseuse et sa diminution physiologique au cours du vieillissement. Après cette introduction et les liens vers les articles dans lesquels ces questions ont déjà été abordées – avec les effets indésirables des bisphosphonates tels que l’ostéonécrose de la mâchoire, les fractures atypiques, des douleurs musculaires et articulaires, etc. -, je cite l’information donnée par les agences canadienne et française du médicament quant aux fractures atypiques du fémur comme effet indésirable de classe de tous les bisphosphonates. Les résumés des caractéristiques du produit (RCP) et les notices seront modifiés pour intégrer cet effet. Pour une fois, l’information donnée au public par les Européens est un peu plus détaillée ; cela dit, ce sont les Nord-Américains qui ont en premier abordé ouvertement l’impact de cet effet indésirable.

Les principaux médicaments prescrits en (« prévention » de) l’ostéoporose sont : l’acide alendronique (Fosamax) l'acide ibandronique ou ibandronate (Bonviva, Bondronat), l'acide pamidronique ou pamidronate (Aredia, Merck-Pamidronate), l'acide clodronique ou clodronate (Bonefos, Clastoban, Lytos, Ostac), l'acide étidronique ou étidronate (Didronel, Osteodidronel), l'acide risédronique ou risédronate (Actonel), l'acide tiludronique ou tiludronate (Skelid), l'acide zolédronique ou zolédronate (Aclasta, Zométa, Reclast).

L'image accompagne un article paru en 2010 dans le JAMA (Journal of the American Medical Association) sous le titre "Studies Probe Possible Link Between Bisphosphonates and Femoral Fractures". JAMA 2010;303(18):1795-1796.

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24/08/2011

La pharmaco-prévention dans les unités de soins de longue durée: un acharnement à dénoncer

Par le Pr Pierre BIRON pierre biron pharmacologie,prévention abus de prévention,médicalisation surmédicalisation surmédicamentation,unité de soins de longue durée personnes âgées,vieillissement soins hôpital,personne âgée médicaments effets indésirables,statines personnes âgées,alzheimer médicament anticholinestérasiques effets indésirables,calcium suppléments densité osseuse,bisphosphonates effets indésirables,preventive hounding prévention,acharnement thérapeutique personnes âgées,usld soins qualité de vie,viellissement qualité de vie soins long séjour,centre soins long séjour,personnes âgées dépendance autonomie,personnes âgées médicaments coûtefficacité

[Professeur honoraire de pharmacologie à l’Université de Montréal, engagé sur toutes les questions de pharmacologie sociale, Pierre Biron est un observateur critique de la scène médico-pharmaceutique, auteur et co-auteur de nombreux articles et chapitres de livres sur l’influence de l’industrie pharmaceutique sur la médecine, l’abus de prévention, la surmédicalisation et surmédicamentation, les formes de disease mongering (façonnage de maladies), les politiques du médicament… 

Pierre Biron vient de publier un dictionnaire engagé, critique et évolutif, anglais/français, de la médecine dans ses rapports à l’industrie pharmaceutique, qui peut être téléchargé gratuitement sur cette page de l’Encyclopédie de l’Agora (site incontournable fondé et animé par le philosophe Jacques Dufresne).

Sur Pharmacritique, Pierre Biron a publié l’article « Entrevue virtuelle avec Jean Peneff: "La France malade de ses médecins" ». (Photo: revue Protégez-vous)]

 

La pharmaco-prévention dans les unités de soins de longue durée: un acharnement à dénoncer

Chaque jour il peut se consommer – disons huit pour la présente discussion - pilules ordonnancées par lit d’Unités de soins de longue durée (dits Centres hospitaliers de soins de longue durée ou CHSLD, au Québec) et parfois plus. Avec plus de 45 700 de ces lits en mars 2010, cela ferait 133 400 000 de prises annuelles auxquelles seraient exposés nos aînés non autonomes au Québec. On peut refaire de tels calculs en France, en Suisse, en Belgique. Autant d’aînés exposés aux effets indésirables, dont le risque augmente exponentiellement avec le nombre de produits consommés quotidiennement. Exposés le sont aussi les porte-monnaie des contribuables et des payeurs de primes de mutuelles et complémentaires santé.

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14/08/2009

Le Fosamax de Merck devant la justice américaine pour près de 900 cas d’ostéonécrose de la mâchoire

Le 6 août est paru sur le site du British Medical Journal un article de Ray Moynihan relatant les enjeux de l’action en justice intentée à Merck ostéonécrose.jpgpar plus de 850 victimes états-uniennes du Fosamax (acide alendronique), médicament de la classe des bisphosphonates largement prescrit dans le traitement et la prévention de l'ostéoporose. Ce type de "prévention" d'un facteur de risque érigé en maladie pour vendre des médicaments à des bien-portants relève du "disease mongering" : une technique particulière de marketing pharmaceutique consistant à vendre des maladies plus ou moins inventées ou redéfinies afin de créer un marché pour certains médicaments - ou élargir un marché déjà existant. La traduction française du disease mongering (phénomène décrit en détail et exemplifié dans les notes accessibles à partir de cette page) est "façonnage de maladies", invention de maladies, technique du Dr Knock

L’article de Ray Moynihan - souvent cité sur Pharmacritique pour ses écrits sur le disease mongering et les laboratoires pharmaceutiques vendeurs de maladies - s’intitule "Drug Safety: Battle over popular bone drug Fosamax bursts into court” (Effets secondaires: la bataille autour du très populaire Fosamax fait irruption au tribunal : BMJ 2009;339:b3155 - doi:10.1136/bmj.40024.494213.4D).

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30/01/2009

Le thé bénéfique pour la densité minérale osseuse. Pourrait-il jouer un rôle dans la prévention de l'ostéoporose?

Un texte à ce sujet s'était perdu dans mes fichiers... Il date d'octobre 2007, mais reste tout aussi actuel. Il s'agit d'un article paru dans leThé Ambatill.jpg American Journal of Clinical Nutrition, sous le titre "Tea drinking is associated with benefits on bone density in older women" (Boire du thé pourrait être bénéfique pour la densité minérale osseuse des femmes plus âgées). Amanda Devine et al. de l'université de Western Australia ont suivi de manière randomisée 1.500 femmes âgées de 70 à 85 ans, qui ont participé à une étude prospective de cinq années pour évaluer si la prise de suppléments de calcium pouvait prévenir les fractures dues à l'ostéoporose.

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19/01/2009

Ostéonécrose de la mâchoire plus fréquente que prévu sous Fosamax (alendronate). Nouvelle étude

Le numéro du 18 janvier de la revue allemande indépendante Arznei-Telegramm rend compte d'une étude parue ce mois-ci dans le Journal

Ostéonécrose JCDP.jpg

of the American Dental Association (2009,140:1, 61-66), sous le titre "Oral bisphosphonate use and the prevalence of osteonecrosis of the jaw" (Prise orale de bisphosphonates et prévalence de l'ostéonécrose de la mâchoire).

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01/11/2008

Recommandations du NICE sur la prévention médicamenteuse des fractures ostéoporotiques contestées

Le BMJ (British Medical Journal) du 25 octobre rend compte du fait que de nouvelles recommandations viennent d’être élaborées pour Ostéoporose NIH.jpg"combler les vides" des directives du NICE (Osteoporosis experts launch guidance to fill gaps left by NICE). Ce dernier est le National Institute for Health and Clinical Excellence. La réalité est bien plus contrastée : des sociétés savantes, des associations de patients et des firmes ont violemment contesté les directives du NICE sous prétexte qu’elles préconiseraient une intervention trop tardive, ne couvriraient pas la prévention primaire et, surtout, ne tiendraient pas compte des derniers médicaments disponibles sur le marché et de certains facteurs cliniques de risque…

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05/09/2008

Fractures atypiques du fémur, spontanées ou à basse énergie – effets secondaires du Fosamax et autres bisphosphonates

Des fractures atypiques du fémur sont décrites par plusieurs équipes chez des patients prenant 1690997368.jpgdes bisphosphonates à long terme. L’utilité d’un traitement de plus de 5 ans est remise en cause, même lorsque ces médicaments sont utilisés dans leur indication. Et les commentateurs s’accordent sur le fait qu'il ne faut les prescrire qu’au cas où l’indication ne fait aucun doute et que les bénéfices l’emportent sur les risques, évalués au cas par cas. Le médicament le plus montré du doigt est le Fosamax (alendronate), mais rien ne distingue ses effets de ceux des autres  bisphosphonates.

L’hypothèse formulée dans la série d’études et de lettres récemment publiées sur ce thème est que, puisque les bisphosphonates suspendent le remodelage osseux et arrêtent la résorption osseuse – ce qui ralentit l’ostéoporose -, ils altèrent les propriétés biomécaniques du tissu osseux et diminuent ses capacités naturelles de réparation des dégâts microscopiques (microfissures, microtraumatismes). Ces dégâts accumulés, que

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04/09/2008

L’ostéopénie rebaptisée "préostéoporose" : façonner une maladie pour élargir le marché de Fosamax et Cie (Minerva)

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A partir d’un article paru en janvier dans le British Medical Journal sous le titre Drugs for pre-osteoporosis: prevention or disease mongering? (Traitements de la pré-ostéoporose : prévention ou façonnage de maladie ?), la revue belge indépendante Minerva commente dans l’éditorial de son numéro de septembre la très forte publicité que font les firmes pharmaceutiques pour les médicaments utilisés dans les ostéoporoses avérées, afin d'élargir les indications actuelles des bisphosphonates et autres médicaments intervenant dans le remodelage osseux. Les laboratoires utilisent toujours les mêmes recettes : un groupe d'experts (dont les conflits d'intérêts sont denses et n'ont pas de trous, eux) décide de baisser arbitrairement le seuil à partir duquel tel état est déclaré pathologique et relevant d'un traitement pharmacologique. La baisse du seuil de LDL cholestérol en est l'exemple parfait...

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21/01/2008

Actonel, Bonviva, Fosamax... Bisphosphonates et nécrose de la mâchoire (suite)

Voici une synthèse de plusieurs travaux présentés lors d’un congrès de chirurgie maxillo-faciale et de stomatologie qui a eu lieu en 2006 à Saint-Gall (Suisse). Elle a été publiée par la Revue Mensuelle Suisse d’Odontostomatologie en mai 2006. Les auteurs considèrent qu’il s’agit d’une « épidémie émergente ». Quelques extraits (commençant par une description, qui nous permet de comprendre le mode d’action de ces médicaments), suivis de deux autres liens.

« Ostéochimionécroses associées aux biphosphonates: ce n’est que la pointe de l’iceberg! »

« Introduction, principales indications des biphosphonates: Les biphosphonates (terminologie francophone) – appelés également bisphosphonates (terminologie anglo-saxonne) ou diphosphonates – sont des médicaments faisant partie des anti-ostéoclastiques, c’est-à-dire des inhibiteurs de la résorption du tissu osseux. Les biphosphonates (BP) sont des analogues structuraux du pyrophosphate qui inhibent la résorption osseuse mais qui n’inhibent pas la minéralisation osseuse. Ce type de molécule pénètre à l’intérieur des ostéoclastes et en induisent l’apoptose, diminuant du même coup la résorption osseuse et la calcémie. Par conséquent, les principales indications des BP sont les affections nécessitant une réduction du turnover et du remodelage osseux pathologiques, dont notamment:

  • hypercalcémie maligne des tumeurs ostéolytiques (mammaires, pulmonaires, myélomes) et de leurs métastases,
  • ostéoporose post-ménopausique (en principe seulement si elle est compliquée d’au moins une fracture vertébrale),
  • maladie de Paget (qui se caractérise par un désordre focal du turnover osseux qui est accéléré et anarchique),
  • nécroses osseuses aseptiques.

Historique d’une épidémie émergente : Les premiers cas d’ostéonécrose des maxillaires survenant en tant qu’effet secondaire chez des patients atteints d’affections malignes avec métastases osseuses, traités par biphosphonates injectables, ont été signalés par Marx et coll. en 2003(« Pamidronate and zoledronate induced avascular necrosis of the jaws: a growing epidemic ». J Oral Maxillofac Surg. 2003, 61:1115–1107). Les implications thérapeutiques de cette pathologie émergente ont par la suite été précisées en 2005 par A. Migliorati et coll. (« Biphosphonate-associated osteonecrosis of mandibular and maxillary bone. An emerging oral complication of supportive cancer therapy”. Cancer 2005; 104: 83–9).

Alors que les premiers travaux recensaient quelque 40 cas en 2003, la littérature faisait état, en février 2005, de 875 cas d’ostéonécrose des maxillaires chez des patients soumis (ou ayant été soumis) à des traitements par biphosphonates. Depuis, 182 cas supplémentaires de cet effet secondaire gravissime de cette classe de médicaments ont été publiés.

Incidence et prévalence : Ce sont les traitements parentéraux par des biphosphonates dont la puissance antirésorptive est très élevée (acide zolédronique [Aclasta, Zométa], pamidronate [Aredia], alendronate [Fosamax]) qui sont principalement associés à la survenue de cette complication. L’ostéonécrose des maxillaires (ONJ = osteonecrosis of the jaw) apparaît pour l’essentiel chez des patients recevant un traitement par BP à forte dose dans le cadre du traitement des myélomes multiples et du contrôle des métastases osseuses des cancers du sein et de la prostate. Des cas sporadiques ont également été décrits chez des femmes traitées pour ostéoporose, y compris avec une voie d’administration orale. L’incidence cumulative après 3 ans serait de 10% sous zolendronate et de 4% sous pamidronate. (…)

Facteurs de risque : Outre l’extraction dentaire, d’autres facteurs de risque sont diversement retrouvés chez les patients: chimiothérapie, corticothérapie, radiothérapie, anémie, coagulopathie, infection préexistante de lacavité buccale. Le mécanisme par lequel les biphosphonates favoriseraient l’ostéonécrose pourrait être lié à leur effet antiangiogénèse mis en évidence chez l’animal. Associé à l’inhibition de l’activité ostéoclastique, il en résulterait un déficit d’élimination et du remodelage physiologique du tissu osseux lésé par des gestes chirurgicaux, notamment.

Aspects thérapeutiques : Du fait de l’affinité des BP pour le tissu osseux et de leur forte liaison aux molécules calciques, les effets secondaires délétères sont susceptibles de persister pendant des années. Ainsi, ni la réduction de la posologie, ni l’arrêt des biphosphonates n’apportent d’amélioration; un traitement chirurgical est souvent nécessaire. Or, il n’existe pas de traitement codifié ayant fait la preuve de son efficacité. Les principaux objectifs thérapeutiques sont la prévention de la progression de l’ostéonécrose et de ses complications. En tout état de cause, une prise en charge pluridisciplinaire est impérative. Les spécialistes sont unanimes à constater que les ostéonécroses des maxillaires associées aux BP sont extrêmement rebelles à toutes les formes de traitement. (…)

Une bombe à retardement : Compte tenu de la date d’introduction des BP, notamment de l’acide zolédronique [Aclasta, Zométa] (2003), molécule 1000 fois plus puissante que l’étidronate [Didronel, Ostéodidronel] et 100 fois plus puissante que l’alendronate [Fosamax], et du fait que selon certaines estimations, plus de 2 millions de patients sont actuellement sous traitement par des BP, on peut redouter une augmentation significative du nombre de patients affectés dans un avenir proche. Des observations récentes de nouveaux cas vont dans ce sens. »

Extrait d'un article du Courrier du Médecin Vaudois, 2006, avec une illustration

« Ce sont les traitements parentéraux par des biphosphonates dont la puissance antirésorptive est très élevée (acide zolédronique [ZOMETA], pamidronate [AREDIA], alendronate [FOSAMAX]) qui sont principalement associés à la survenue de cette complication. Elle se manifeste comme une exposition osseuse dans la cavité buccale, le plus souvent consécutive à un geste dentaire (extraction dentaire, curetage) (figure 1) mais peut aussi apparaître de façon spontanée et sans rapport avec une blessure prothétique (figure 2). Spontanément, l’os exposé évolue vers la nécrose qui peut concerner des surfaces importantes de la mandibule (deux tiers des cas) ou du maxillaire (un tiers des cas). La perte de tout ou partie d’un maxillaire a alors des conséquences fonctionnelles et esthétiques dramatiques compte tenu des faibles possibilités de réhabilitation ».

« Diphosphonates et risque d’ostéonécrose de la mâchoire » (un bulletin belge de pharmacovigilance, 2006)

Elena Pasca

15/01/2008

Fosamax, Bonviva, Actonel... Nouvelle alerte à propos de l'ostéonécrose de la mâchoire

Dans une Lettre aux prescripteurs du 18 décembre 2007, l’AFSSAPS (agence française de sécurité sanitaire) revient sur l’un des effets 2072472911.jpgsecondaires graves de la classe de bisphosphonates, que nous avons signalé dans une note plus ancienne : l’ostéonécrose de la mâchoire. (Pour des raisons inexpliquées, la note n’est accessible qu’en descendant sur la page, pas en cliquant sur le lien à droite…). Nous demandions s’il était raisonnable d’utiliser des médicaments ayant des effets indésirables si importants (douleurs musculaires et articulaires sévères, voire invalidantes qui peuvent ne pas disparaître à l’arrêt du traitement, troubles du rythme cardiaque, ostéonécrose…) dans la « prévention » de l’ostéoporose… surtout à grande échelle, comme c’est le cas actuellement. Dans un communiqué plus ancien mentionné dans cette note-là, l’AFSSAPS pensait que l’ostéonécrose ne survenait que chez des patients souffrant d’un cancer et traités pour des hypercalcémies, par exemple. Chez ces personnes, cette complication pouvait apparaître suite à des interventions dentaires.

Photo: Iowa University

L’AFSSAPS a modifié son discours aujourd’hui, et la situation doit être vraiment mauvaise pour que les autorités sanitaires françaises émettent une mise en garde… Attention donc, si vous prenez l'un des médicaments de la classe de bisphosphonates, qu'il s'agisse de l'acide alendronique (Fosamax) ou d'un autre (voir la liste à la fin de cette note).

Puisque l'AFSSAPS reconnaît désormais qu’une ostéonécrose de la mâchoire, par ailleurs incurable, peut apparaître même chez une femme en parfaite santé. Femme dont le médecin voulait contribuer à la bonne santé financière de la firme en lui prescrivant un tel médicament en prévention de l’ostéoporose…

La revue allemande indépendante « Arznei-Telegramm » a encore fait preuve de l’excellence de son expertise, puisque, comme elle l’affirmait avant tout le monde, l’ostéonécrose est un effet de classe des bisphosphonates (n’importe lequel de ces médicaments peut la provoquer).

Voici le lien vers la Lettre de l’AFSSAPS, suivi de quelques extraits :

« Recommandations sur la prise en charge bucco-dentaire des patients traités par bisphosphonates »

 

« Les bisphosphonates (BP) agissent en ralentissant le remodelage osseux, principalement par inhibition de l'activité des ostéoclastes. Administrés par voie intraveineuse (IV), les BP sont indiqués dans la prise en charge des myélomes multiples, la prévention des complications osseuses de certaines tumeurs malignes avancées, et le traitement des hypercalcémies malignes. Les BP constituent par ailleurs le traitement le plus largement prescrit dans des maladies bénignes avec au premier rang le traitement de l’ostéoporose postménopausique chez les femmes à haut risque de fracture, le traitement de l’ostéoporose masculine, de l’ostéoporose corticoinduite. Ils sont dans ces indications principalement administrés par voie orale à faible dose, à l’exception de l’Aclasta® (zolédronate) et de Bonviva (ibandronate) (Cf. annexe 1).

 

Depuis 2003, des publications signalent un effet indésirable grave imputable aux bisphosphonates (BP) : l'ostéonécrose de la mandibule et/ou du maxillaire (ONM) (Cf. annexe 2). En juillet 2005, l’agence européenne du médicament (EMEA) et l’Afssaps ont informé les prescripteurs de ce risque et émis des recommandations concernant la prescription de bisphosphonates administrés par voie intraveineuse. Depuis, de nombreux cas d’ONM continuent d’être rapportés chez des patients traités par BP. Dans la très grande majorité des cas, ces patients étaient traités par BP IV dans le cadre d’une pathologie maligne.

 

Cependant, quelques publications rapportent également des cas d’ONM chez des patients traités par BP dans le cadre du traitement de l’ostéoporose. L’ONM, dont le diagnostic est souvent retardé, est d’intensité douloureuse variable, difficile à traiter et peut entraîner des séquelles. Il n’y a pas, à l’heure actuelle, de traitement curatif. Il est donc important que les prescripteurs de BP, ainsi que les chirurgiens dentistes, les stomatologues et les chirurgiens maxillo-faciaux,soient informés des risques de complications bucco-dentaires et osseuses graves qui existent pendant et après un traitement par BP et qu'ils en informent leurs patients. » (…)

 

Les principaux bisphosphonates sont : l'acide alendronique ou alendronate (Fosamax), l'acide ibandronique ou ibandronate (Bonviva, Bondronat), l'acide pamidronique ou pamidronate (Aredia, Merck-Pamidronate), l'acide clodronique ou clodronate (Bonefos, Clastoban, Lytos, Ostac), l'acide étidronique ou étidronate (Didronel, Osteodidronel), l'acide risédronique ou risédronate (Actonel), l'acide tiludronique ou tiludronate (Skelid), l'acide zolédronique ou zolédronate (Aclasta, Zométa, Reclast).

 

Tous les articles passés ou à venir seront accessibles à partir de cette page.

11/01/2008

Bonviva, Fosamax, Actonel,Zometa... douleurs musculaires et articulaires. Alerte USA

Je fais cette note en pensant à ces personnes qui se plaignent de douleurs atroces et de longue durée sous BONVIVA et d'autres médicaments de la classe des bisphosphonates, et qui ne sont pas prises au sérieux par leurs médecins. On connaît le désintérêt quasi-général des médecins pour les effets secondaires, qu’ils ne signalent d’ailleurs que très rarement à la pharmacovigilance. Cette attitude ajoute la souffrance morale à la souffrance physique des patients.

Les principaux médicaments concernés sont: l'acide alendronique (Fosamax), l'acide ibandronique (Bonviva, Bondronat), l'acide pamidronique (Aredia, Merck-Pamidronate), l'acide clodronique (Bonefos, Clastoban, Lytos, Ostac), l'acide étidronique (Didronel, Osteodidronel), l'acide risédronique  (Actonel), l'acide tiludronique ou tiludronate (Skelid), l'acide zolédronique (Aclasta, Zométa, Reclast).


Ce qu'on savait déjà

Les bisphosphonates sont utilisés principalement dans le traitement de l’ostéoporose, des hypercalcémies (par exemple dans certains cancers avec des métastases osseuses), de la maladie de Paget. Ils agissent en inhibant la résorption osseuse et l’angiogenèse (formation de nouveaux vaisseaux sanguins). Ils sont même prescrits -  trop à la légère et trop fréquemment - en "prévention" de l’ostéoporose...

La plupart des sites de vulgarisation les décrivent comme des médicaments anodins, ayant pour effets indésirables des troubles digestifs… Pour certains, on admet la possibilité d’un « syndrome pseudo-grippal » de courte durée, comprenant des douleurs musculaires et cédant au paracétamol… Or certains peuvent provoquer des effets secondaires graves tels une ostéonécrose avasculaire de la mâchoire. L'on suppose que cette nécrose est favorisée par des interventions de chirurgie dentaire chez les patients cancéreux. L’AFSSAPS (agence française du médicament) en a parlé, citant Zometa et Aredia.

Pour la revue allemande indépendante Arznei-Telegramm, l'ostéonécrose de la mâchoire est un effet concernant vraisemblablement toute la classe de bisphosphonates.

Les bisphosphonates ont été mis en cause dans des troubles du rythme cardiaque et associés en particulier à des fibrillations atriales, surtout depuis la publication d’une étude portant sur le Fosamax dans un numéro de mai 2007 du New England Journal of Medicine.

Les effets cardio-vasculaires n’ont pas encore été validés par les pharmacovigilances, mais des évaluations sont en cours, notamment en Allemagne et aux Etats-Unis.

Beaucoup de personnes se plaignent d’effets indésirables de longue durée, et surtout de douleurs musculaires et/ou articulaires très fortes et ne disparaissant pas toujours à l’arrêt du traitement. Personne ou presque ne les prend au sérieux. Mais il se peut que ça change...


Nouvelle mise en garde américaine à propos des bisphosphonates

La FDA (Food and Drug Administration, agence américaine du médicament) vient de renforcer début janvier une alerte sanitaire datant du mois d’août. Je traduis en gardant les répétitions et les lourdeurs du style administratif.

La FDA informe « professionnels de santé et patients de la possible survenue de douleurs osseuses, articulaires et/ou musculaires (musculosqueletiques) sévères et parfois invalidantes chez des patients traités par bisphosphonates. Alors que les douleurs musculosquelettiques sévères sont incluses dans les notices de tous les bisphosphonates [aux Etats-Unis, pas en France, où certaines notices soit n'en parlent pas soit les minimisent !!], l’association entre bisphosphonates et douleurs musculosquelettiques sévères peut être ignorée par les professionnels de santé, ce qui mène à des retards de diagnostic, prolonge les douleurs et/ou l’affaiblissement de l’état du patient et nécessite la prise d’analgésiques. Les douleurs musculosquelettiques sévères peuvent apparaître au bout de quelques jours, quelques mois ou quelques années après le début du traitement. Certains patients ont vu leurs symptômes disparaître complètement à l’arrêt des bisphosphonates. Chez d’autres, cet état douloureux ne s’est amélioré que lentement ou n’a pas complètement disparu. Les facteurs de risque et l’incidence des douleurs musculosquelettiques sévères associées aux bisphosphonates sont inconnus.

Ces douleurs musculosquelettiques sévères sont différentes de la réponse aiguë par fièvre, frissons, douleurs osseuses, myalgies et arthralgies qui accompagnent parfois l’administration initiale de bisphosphonates par voie intraveineuse - et qui peuvent arriver aussi au début du traitement par des formes orales de bisphosphonates en prises hebdomadaires ou mensuelles.

Les professionnels de santé devraient évaluer si les bisphosphonates sont responsables des douleurs musculosquelettiques sévères chez les patients qui présentent ces symptômes et envisager l’arrêt temporaire ou définitif du médicament en question ».

Et aussi: http://www.fda.gov/medwatch/safety/2008/safety08.htm

Est-il raisonnable d'utiliser des médicaments ayant de tels effets secondaires dans la "prévention" de la ménopause ou dans le "maintien de la masse osseuse"? Alors que la ménopause n'est pas une maladie et qu'on ne sait pas si telle ou telle femme fera ou non une ostéoporose? On voit à quel point l'industrie pharmaceutique fait tout pour que les médecins jouent aux apprentis sorciers... Il y a toute une industrie du traitement d'une non maladie, qui va de l'abus du dépistage (par ostéodensitométrie) aux bisphosphonates et au traitement hormonal substitutif... C'est comme ça qu'on médicalise à vie en donnant des médicaments à des femmes qui ne sont pas malades, mais qui risquent fort de le devenir, à force d'ingurgiter tout ce qu'on leur propose pour "prévenir" d'éventuels méfaits de la ménopause.

Mise à jour: d'autres liens

Les articles passés et à venir au sujet des traitements de l'ostéoporose (en particulier par bisphosphonates), de son dépistage et de sa surmédicalisation, ainsi qu'au sujet des effets secondaires des bisphosphonates sont accessibles en descendant sur cette page.

Elena Pasca

 
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