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21.04.2008

La médecine est une mixture de science, de sophismes, biais, illusions d'optique, preuves manipulées et autres croyances, disent Skrabanek et McCormick

Malgré ses dimensions modestes, le livre de Petr Skrabanek et James McCormick, "Idées folles, idées fausses en médecine" (O. Jacob, 1992, trad. Yves Morin) tient ses promesses d'être un "cours d’initiation au 12a6d6171f8af21ca7937cd4917cba7b.jpgjugement critique en médecine", rédigé dans un langage accessible à tous. Et la nécessité de la critique n’a pas diminué depuis la première édition du livre, bien au contraire… Les auteurs s’attaquent aux nombreux sophismes, erreurs de raisonnement, arguments fallacieux, fautes de logique, biais cognitifs, dissonances cognitives, illusions, manipulations des preuves et des statistiques qui ont cours en médecine et qui sont couverts - comme toutes les erreurs - par leurs auteurs eux-mêmes et par la corporation en général, afin de préserver le fondement même de l’autorité dont la médecine peut se prévaloir tant que les cadavres restent dans le placard. Le système se reproduit surtout grâce au sommet de la pyramide : ces pontes qui imposent leurs vues et ne travaillent plus que dans le sens de leur confirmation et de leur maintien. Grâce à leur position stratégique dominante dans le champ respectif, ils ont les moyens d'imposer leurs propres "principes de vision et de division", pour reprendre l'excellente formulation de Bourdieu. Autrement dit, ils décident de ce qui est un problème (maladie, symptôme, technique, etc.) ou non, tout comme de la manière de définir ce problème, de le conceptualiser, de tenter de le résoudre et ainsi de suite. Celui qui a la capacité de poser les termes du débat et de dire ce qui doit faire débat est celui qui a les moyens de rendre "vraies" ses propres hypothèses. C'est la "self-fulfilling prophecy", comme disent les auteurs anglo-saxons.

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03.03.2008

Médecine: l’autarcie, la liberté sans limites n’est-elle pas le contraire de l’éthique ?

Je pose cette question après avoir entendu beaucoup de médecins défendre bec et ongles la liberté du médecin, sa liberté de prescription, de refuser ou d’accorder telle chose à un patient, etc. J'ai remarqué que le terme "liberté" n'était jamais réfléchi, mais reflétait plutôt un individualisme en accord avec l'époque, voire même un arbitraire qui se refuse à toute règle. Et il me semble que, sous couvert de liberté - malmenée pour "arranger" et justifier des pratiques individuelles - certains médecins s’aménagent un territoire où ils sont seuls à décider. Un territoire de l'arbitraire. Comme si médecins et médecine pourraient s’autodéterminer en vase clos, se définir et définir les termes de leur fonction sociale et l’avenir de celle-ci en toute autarcie. La "vieille" médecine pouvait encore se définir en termes de "mission", de fonction sociale, de valeurs; celle que la tendance historique est en train d'imposer - non sans la participation active de la plupart de médecins qu'il ne faut pas styliser en victimes - est individualisée à l'extrême. Et c'est aussi ce qui leur permet de la concevoir comme un commerce dans lequel le médecin règne en maître, en businessman soucieux de ses intérêts financiers et autres. Le reste (l'intérêt de la santé du patient) passe après, si ça "cadre" avec les objectifs de rentabilité...

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