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conflits d'intérêts - Page 2

  • Merck et Elsevier ont édité une fausse revue médicale: outil marketing pour Fosamax et Vioxx. Ghost management révélé lors du procès Vioxx

    Le numéro du 30 avril du journal The Scientist révèle dans l’article intitulé "Merck Published Fake Journal" que la firme Merck a payé un logo_ELSEVIER.jpgmontant tenu secret à Elsevier, l’une des plus grandes maisons d’édition scientifiques au monde, pour que la société Excerpta Medica qu'il détient édite une fausse revue médicale intitulée The Australasian Journal of Bone and Joint Medicine. La présentation faisait penser à une revue à comité de lecture (peer-reviewed journal), mais n’était en fait qu’un outil publicitaire pour les médicaments de la firme.

    Le British Medical Journal en a rendu compte dans un article paru le 28 avril, mais en insistant sur certaines preuves produites par la défense des victimes du Vioxx et sur la réponse de la firme: "Merck disguised "marketing publication" as medical journal to help promote Vioxx, court hears" (Merck a fait passer une "publication publicitaire" pour une revue médicale, afin de consolider la promotion du Vioxx).

    The Scientist s’est procuré les deux premiers deux numéros, parus en 2003 (voir les PDF ici et ici). Outre les éditoriaux non signés, ils ne contenaient qu'une sélection d'anciens articles reproduits ou des résumés, à des fins de marketing et sans aucune déclaration des conflits d’intérêts et du fait que la revue était financée par Merck. La désinformation est d’autant plus criante qu’il n’y avait d’annonces publicitaires explicites que pour le Fosamax (acide alendronique) et pour le Vioxx (rofécoxib). Tout le reste avait l’air d'une vraie revue à comité de lecture.

    Cette fausse revue a permis au laboratoire d’influencer les médecins en matière de dépistage et de traitement de l’ostéoporose et d’endormir leur vigilance quant aux risques du Vioxx. Même ceux qui prennent la peine de demander aux visiteurs médicaux ou dans les réunions de formation médicale continue autre chose que de la publicité directe ont pu être bernés.

    Nous avons déjà parlé des ghostwriters (auteurs fantôme). Voici maintenant la revue fantôme… Elle parfait la stratégie habituelle de ghost management de l’industrie pharmaceutique (gestion, influence et contrôle invisibles de tous les aspects de la recherche et de l’information médicales, depuis la production jusqu’à la diffusion).

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  • Gardasil: réexamen des recommandations vaccinales allemandes suite au manifeste critique de 13 médecins et scientifiques

    “L’Allemagne revoit sa politique de vaccination anti-HPV des jeunes filles âgées de 12 à 17 ans” – c’est le titre d’un article paru le 27 avril sur Gardasil.jpgle site du British Medical Journal (BMJ 2009;338:b1692, début du texte ici). Il met à jour une information que je n’ai pas encore donnée ici, parce que j’attendais de voir la suite. Vous trouverez plus bas une traduction intégrale.

     

    De quoi s’agit-il ? Cette note de Pharmacritique contient la traduction d’un article du journal Süddeutsche Zeitung rendant compte du manifeste de 13 médecins et scientifiques allemands réputés, publié en novembre 2008 pour critiquer de façon plus articulée la décision du Comité technique des vaccinations (STIKO: Ständige Impfkommission) d’implémenter massivement le Gardasil.

     

    Suite à cette critique, le Comité fédéral commun (GB-A: Gemeinsamer Bundes-Ausschuss), qui réunit des représentants des médecins, des caisses d’assurance-maladie, des patients et autres intervenants en santé pour décider du remboursement ou non d’un produit pharmaceutique, s’est dit insatisfait de la réponse trop rapide et non argumentée des autorités sanitaires, et notamment de l’Institut Robert Koch, en charge de ces questions et dont dépend le Comité technique des vaccinations. En effet, l’Institut avait balayé d’un revers de main les critiques des 13, disant que ces arguments n’étaient pas de nature à remettre en cause les recommandations vaccinales.

     

    Le Comité fédéral commun (GB-A) a donc écrit au Comité technique des vaccinations (STIKO) pour demander un réexamen approfondi des recommandations en fonction de ces critiques auxquelles ce dernier devra répondre point par point.

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  • Franchises médicales: proposition de loi visant à les abroger déposée par un groupe de sénateurs, au nom de l'accès égalitaire aux soins

    Constatant les effets délétères des franchises dites "médicales", instaurées contre la volonté de 70% de la population, sur un accès aux soins Franchises médicales.jpgdéjà inégalitaire, les sénateurs Guy Fischer, François Autain, Annie David, Isabelle Pasquet, Gélita Hoarau, Nicole Borvo Cohen-Seat, Éliane Assassi, Marie-France Beaufils, Michel Billout, Jean-Claude Danglot, Michelle Demessine, Évelyne Didier, Thierry Foucaud, Brigitte Gonthier-Maurin, Robert Hue, Gérard Le Cam, Josiane Mathon-Poinat,  Jean-Luc Mélenchon, Jack Ralite, Ivan Renar, Mireille Schurch, Odette Terrade, Bernard Vera et Jean-François Voguet on déposé le 3 mars une proposition de loi pour pour supprimer les franchises médicales.

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  • Une loi pour supprimer la publicité pour les vaccins? Les relations Sanofi - Sarkozy et les conflits d'intérêts du Gardasil vaincront

    Le 15 janvier 2009, un groupe de sénateurs a déposé une "Proposition de loi visant à la suppression de la publicité pour les vaccins auprès du Pub TV Wegotideas.jpgpublic". Nous y viendrons après avoir esquissé brièvement le contexte réglementaire en la matière.

    Mais commençons par le contexte publicitaire d’une intensité jamais atteinte, couplé d’une censure elle aussi sans précédent. Et la proximité entre Jean-François Dehecq, le patron de Sanofi, et Nicolas Sarkozy n'est a priori pas de nature à les atténuer...

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  • Le cartel pharmaceutique: "un réseau de corruption qui recouvre l’Allemagne tout entière"

    La deuxième chaîne de télévision publique allemande, ZDF, produit une émission d’investigation intitulée Frontal 21. L’une de ces Corruption Radio.Cz.jpginvestigations, diffusée le 8 décembre 2008, s’intitule "Das Pharma-Kartell. Wie Patienten betrogen werden" (Le cartel pharmaceutique ou comment les patients sont trompés). Les journalistes dévoilent, sans fioritures, l’emprise de l’industrie pharmaceutique sur l’ensemble du système de soins en Allemagne, depuis la formation médicale sponsorisée jusqu’à la corruption manifeste, qu’il s’agisse des conflits d’intérêts des médecins ou des associations de patients.

    Ils dénoncent, par le biais de témoignages d’experts ou de cadres de l’industrie, un comportement rapace des firmes, qui, au nom du profit, minimisent ou ignorent souvent délibérément les dangers des médicaments qu’elles mettent sur le marché. Le lobby pharmaceutique est prêt à tout pour promouvoir ses intérêts et rien ni personne ne vient l’inquiéter. Il n’y a jamais eu en Allemagne la moindre condamnation d'une firme pour corruption, et pourtant, les cas ne manquent pas… [Aucune condamnation en France non plus]. Les auteurs soulignent l’absence de dissuasion et de répression, alors que le « réseau de corruption (…) recouvre l’Allemagne tout entière ».

    Les journalistes donnent aussi deux exemples concrets de médicaments dont la balance bénéfices – risques est considérée défavorable par beaucoup d’experts, qui font des dégâts et qui restent malgré tout sur le marche : Zoloft° [sertraline] et Strattera° [atomoxétine].

    Pharmacritique vous propose une traduction intégrale du texte principal, ainsi qu’un compte-rendu ponctué de citations (traduites) du reportage et des liens qui vont avec.

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  • Le nouveau code de marketing des pharmas entre en vigueur aux USA : stylos interdits, gros sous permis… Vous avez dit éthique?

    Le syndicat américain de l’industrie pharmaceutique (PhRMA, homologue du LEEM français et de l’EFPIA européen) a annoncé en juillet 2008 corruption Radicarl.net.jpgla mise en place d’un code révisé du marketing, censé régir l’interaction des firmes avec les professionnels de santé, qui prendrait effet en janvier 2009. Une lecture attentive montre que c’est un écran de fumée et que, comme le dit le New York Times, en donnant des exemples de psychiatres leaders d'opinion inféodés aux firmes, le mélange des genres et les liens financiers ayant le plus de conséquences délétères ne seront nullement remis en cause. Plus ça change, plus c’est la même chose.

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  • Les firmes vont-elles s’emparer de l’enseignement de la thérapeutique et de la pharmacologie en Grande-Bretagne?

    Une nouvelle publiée hier sur le site du British Medical Journal nous apprend comment les firmes pharmaceutiques investissent les facultés Loup mouton FunkyPix.jpgde médecine, non plus seulement à travers les visiteurs médicaux qui apportent des repas ou font des affaires avec les universitaires, mais carrément en dispensant des cours de pharmacologie… Cette spécialité médicale, dont l’enseignement est déjà très réduit, en France aussi, est une espèce menacée d’extinction. Triste constat, alors que l’information indépendante sur les médicaments, leur mode d’action, leurs effets secondaires, etc. devrait au contraire être une composante essentielle de la formation médicale initiale et continue. Surtout si l’on veut des praticiens dont l’exercice se conforme au principe exigeant d’abord de ne pas nuire…

    On savait déjà que la formation médicale continue était dans les mains des firmes et que l’influence de celles-ci s’exerçait - par des chemins multiples et tortueux - aussi sur la formation initiale. Mais voici que l’industrie pharmaceutique est autorisée à enseigner la thérapeutique dans certaines facultés britanniques de médecine… Et demain en France ? Des économies de bouts de chandelle – puisque les firmes ne se font pas payer, du moins pas directement – qui seront payées par des dépenses ultérieures fortement augmentées, vu les mauvaises habitudes de prescription inculquées aux futurs médecins dès leur plus jeune âge… Là, les firmes n’y vont plus par quatre chemins, mais droit au but, profitant des défauts structurels du monde universitaire médical.

    Pas besoin de gloser longuement… Remarquons juste que la lecture du texte donne des frissons aussi parce qu’on se rend compte que cette imposture ne date pas d’hier et qu’on se demande comment elle a pu s’implanter sans que les cercles médicaux indépendants protestent. Le pharmacologue interrogé ne semble pas non plus outré par les conflits d'intérêts évidents…

    Pharmacritique vous propose une traduction rapide de l’article de Rebecca Coombes intitulé "Stepping into the therapeutics void" (Combler le vide thérapeutique, BMJ 2009;338:a3179). 

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  • Les psychiatres qui préparent le DSM V seront tenus par une clause de confidentialité. Un boulevard pour les conflits d’intérêts

    Pharmacritique a rendu compte dans cette note des conflits d’intérêts de l’équipe de psychiatres chargés par l’American Psychiatric DSM Bonkers Institute.gifAssociation (APA) d’entreprendre la cinquième révision de leur bible, à savoir le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux). De plus, nous avons épinglé à plusieurs reprises la psychiatrie – surtout américaine – parce qu’elle se révèle être la discipline médicale la plus corrompue (voir la catégorie "Conflits d’intérêts en psychiatrie ; DSM").

    L’APA avait lancé une campagne de communication encensant les changements dans le sens de la transparence et de l’ouverture qui devaient guider le travail des experts… Quelques mois plus tard, il n’en reste rien.

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  • Paiement à l’acte / T2A, conflits d’intérêts et non respect de la déontologie : on rentabilise et privatise en excluant pauvres et malades chroniques

    La situation est résumée dans l’article "Le plus gros conflit d’intérêts des médecins", paru sur le blog Sous le sarrau : "Les médecins se Argent pharma Ärztezeitung.jpgretrouvent (…) au beau milieu d’un conflit d’intérêts : bien faire leur travail ou faire de l’argent".

    Illustration: Ärztezeitung.

     

    Les auteurs de l’appel Sauver l’hôpital, que l’on peut signer sur cette page, constatent eux aussi que la "nouvelle gouvernance" imposée à l’hôpital constitue "un dangereux début de reniement de ce qu’est l’éthique médicale, en voulant faire de la santé une marchandise comme les autres."

     

    Un éditorial de Pierre Grimaldi dans le numéro de novembre de la revue Médecine, intitulé "L’arnaque de la T2A", va dans le même sens. Quelques extraits : "Le paiement à l'activité, comme le paiement à l'acte, pose le problème potentiel des conflits d'intérêts. Le principe éthique inscrit dans le Code de déontologie est « le juste soin au juste coût » : s'il est inéthique de ne pas soigner un patient en fonction de ses besoins, il est également inéthique de gaspiller les deniers publics confiés par les citoyens aux médecins. Contrairement au reste de l'activité économique, en médecine, l'inutile n'est pas éthique. La raison en est simple : ce qui est gaspillé par les uns sera enlevé aux autres. (…)

     

    Ainsi, ne sont pas T2A rentables, les patients précaires, les patients dont l'hospitalisation n'a pas pu être programmée, les patients ayant des pathologies particulièrement graves, les patients de réanimation, les patients de pédiatrie, les patients ayant une maladie chronique nécessitant une éducation thérapeutique, les patients ne pouvant pas rentrer au domicile... (…)

     

    Contre tout bon sens, les dirigeants veulent imposer une convergence public/privé en 2012. Cette convergence serait la mort de l'hôpital public, sommé pour survivre de se transformer en clinique concurrentielle. (…) Si on continue, le système français ne sera plus basé sur une complémentarité entre trois secteurs (cliniques privées à but lucratif, hôpitaux privés non lucratifs, hôpitaux publics) mais sur une concurrence de tous contre tous.

    À l'étape actuelle, le financement à la T2A a comme prévu entraîné une augmentation non pas de l'activité mais du chiffre d'affaires des cliniques de 9 % (certaines cliniques comme l'Institut Montsouris possède un logiciel permettant d'optimiser le codage !), tandis que les hôpitaux ont enregistré un déficit d'environ 700 millions d'euros dont 350 pour les CHU. (…) Pour retourner à l'équilibre, il leur faudra non seulement augmenter l'activité (que celle-ci soit médicalement utile ou inutile) mais aussi abandonner certaines activités (y compris utiles) et peut-être sélectionner les patients. Il faudra surtout pouvoir licencier car la masse salariale intervient pour 70 % des dépenses hospitalières.

     

    La prochaine étape sera donc très sûrement la transformation du statut de service public en établissement privé à mission de service public. Le chirurgien Guy Vallancien, dans un rapport demandé par la ministre de la Santé, propose même de vendre les murs des hôpitaux pour créer un Réseau Hospitalier de France comparable au Réseau Ferré de France. Cela permettrait selon lui de « recentrer les professionnels de santé sur leur coeur de métier » en louant les bâtiments comme la SNCF loue désormais le rail. Si la qualité doit être comparable à celle des caténaires, on a quelques soucis à se faire. (…)"

     

    *

    Elena Pasca

  • La recherche publique de l’université Bordeaux 2 aux ordres de l’industrie pharmaceutique. Le LEEM remercie Mme Pécresse

    Si quelqu’un pense que Pharmacritique exagère dans les notes de la catégorie "Université SARL", voici une preuve de plus : le L€€M (syndicat Troupe aux ordres Préfecture Savoie.jpgde l’industrie pharmaceutique) a signé il y a une semaine "une convention de partenariat [sic] public/privé dont l'objectif est de mettre l'université Bordeaux II en phase [re sic] avec les besoins de l'industrie pharmaceutique", ce qui veut dire "adapter en permanence les contenus de formation aux besoins des entreprises" (Romandie News). Adieu la recherche fondamentale et la production de connaissances, vive les applications technologiques immédiatement profitables !

    Le L€€M publie un dossier de presse sur son site et précise que "cet accord est une application exemplaire des voies ouvertes par la Loi Pécresse". Ca, c'est certain ! Il est question d’ajuster les formations d’enseignement supérieur afin de répondre aux "besoins de la compétitivité mondiale". Si on y pense, le lean management y répond à sa façon, la précarisation des chercheurs et les délocalisations aussi... Sans parler des usagers qui se fichent des conflits d'intérêts, adorent les grands pontes de la médecine qui servent de VRP aux firmes et gobent la pilule sans jamais rechigner.

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  • L’avenir de l’université: mandarinat, lobbies aux commandes, conflits d’intérêts privé – public… La casse de Pécresse est industrielle...

    L’article "Dislocation accélérée du CNRS et de l'INSERM", paru sur le blog du Collectif pour l’indépendance des chercheurs, décortique la Patron.jpgstratégie actuelle de privatisation des institutions publiques de recherche, qui suit en tous points le modèle américain Reagan-Bush, avec tous les conflits d’intérêts qu’il implique… Sarkozy et Pécresse tiennent décidément à appliquer, comme Bachelot en santé, un modèle désavoué ailleurs…

    A lire aussi le texte du 31 octobre, "Statut des enseignants-chercheurs et privatisation de l'enseignement supérieur", et divers autres articles à partir des liens.

    Complétez par les sites Indépendance des chercheurs et Sauvons la recherche. Sur ce dernier, suivez les aventures d’Olivier Ertzscheid à l’université Lagardère, aux ordres des "partenaires industriels", lesquels décident (aussi) des thèmes de recherche en fonction des applications et des profits qu’ils peuvent en tirer et "sont les plus représentés dans toutes les nouvelles instances décisionnaires de l’université". (Ceci est un extrait du texte de la loi Pécresse, notre vénérable "ministre de la recherche industrielle". Il faut enfin dépoussiérer cette langue publique viellotte et appeler un chat un chat, que diable !! Statut des chercheurs, quelle vieille lune! Virons-les par SMS, s'ils l'ouvrent ! Ca s'appelle la flexibilité et la gestion compétitive des ressources humaines, autrement dit, du lean management pur jus !)

     

    Photo : Merci patron! sur Dudélire.com

     

    Elena Pasca

  • Urgent! Exigeons de nos élus qu’ils adoptent l’amendement 430 du sénateur Autain sur la transparence des liens financiers entre médecins et lobby pharmaceutique

    (Merci au médecin qui m’a envoyé l’info, parce qu’il faut agir d’urgence) François Autain.jpg

     

    Vous ne savez pas qui est votre député ou sénateur ? C’est le moment de l’apprendre, et c’est urgent, parce qu’il faut que nos messages leur parviennent avant le jeudi 26 novembre, date à laquelle se décidera le sort de l’amendement 430, proposé par le sénateur François Autain, qui prévoit que les contrats et conventions entre les médecins et les firmes pharmaceutiques (et autres industries) soient rendus publics.

     

    Ce serait un très grand progrès, et même le premier du genre dans notre pays où jamais personne ne vient troubler le business entre médecins et laboratoires (conflits d’intérêts, corruption, désinformation, appelez-le comme vous voulez) ! Il faut que l’on sache si tel médecin parle de tel médicament dans les media et nous le prescrit parce qu’il est bon pour notre santé ou alors s’il le fait parce qu’il est payé par le laboratoire pour augmenter le chiffre d’affaires de celui-ci…

     

    La loi qui existe actuellement (L-4113-13, article 26) et qui veut que les médecins déclarent leurs conflits d’intérêts/liens financiers avec les firmes n’est pas appliquée. Il vous suffit d’ouvrir n’importe quel journal médical pour vous en convaincre. Aucun médecin ne respecte la loi et le conseil de l’ordre s’en fout royalement, puisque aucune sanction ou rappel à l’ordre – ou même une circulaire de rien du tout – n’ont jamais été émis.

     

    Pour trouver les coordonnées de votre député et votre sénateur et leur demander de soutenir cet amendement, cliquez ici :

     

    Députés : http://www.assemblee-nationale.fr/13/qui/circonscriptions/

    Sénateurs : http://www.senat.fr/elus.html

     

    Bombardons-les de messages, pour qu’ils se rappellent qu’ils sont là pour nous représenter, représenter l’intérêt général, celui de nous autres patients qui payons les pots cassés de ce business contraire à toute morale et à la déontologie médicale ! Ils ne sont pas là pour soigner la santé financière des lobbies pharmaceutiques !

     

    Pour comprendre de quoi il s’agit, voici le message qu’on m’a fait parvenir, repris aussi sur le forum professionnel Atoute :

    « Le 19 novembre 2008 lors de la discussion au Sénat du Plan de Financement de la Sécurité Sociale [PLFSS] pour 2009, un amendement sénatorial est adopté malgré l'opposition de la Commission des affaires sociales pour les équilibres financiers généraux et l'assurance maladie et celle du Ministre de la Santé Roselyne Bachelot.

    Un progrès dans la transparence :
    Les conventions conclues entre les membres des professions médicales et les entreprises ou établissements produisant ou exploitant des produits de santé ou des organismes de conseil intervenant sur ces produits, doivent dorénavant être rendues publiques. (…)


    Amendement n°430, présenté par M. Autain et les membres du groupe CRC :

    « Après l'article 33, insérer un article additionnel ainsi rédigé : Après le premier alinéa de l'article L. 4113-13 du code de la santé publique, il est inséré un alinéa ainsi rédigé : «
    Les conventions conclues entre les membres des professions médicales et les entreprises ou établissements mentionnés au premier alinéa doivent être rendues publiques. Les conditions d'application du présent article sont fixées par décret en Conseil d'État. »

     

    Article actuel :
    « Article L4113-13 créé par Loi n°2002-303 du 4 mars 2002 - art. 26 JORF 5 mars 2002
    Les membres des professions médicales qui ont des liens avec des entreprises et établissements produisant ou exploitant des produits de santé ou des organismes de conseil intervenant sur ces produits sont tenus de les faire connaître au public lorsqu'ils s'expriment lors d'une manifestation publique ou dans la presse écrite ou audiovisuelle sur de tels produits. Les conditions d'application du présent article sont fixées par décret en Conseil d'Etat.
    Les manquements aux règles mentionnées à l'alinéa ci-dessus sont punis de sanctions prononcées par l'ordre professionnel compétent. »

    [Sauf que l’ordre professionnel s’en fout et qu’il ne sanctionne jamais…]

     

    Extraits du débat au Sénat:

    « Mme Isabelle Pasquet : Depuis le décret du 25 mars 2007, l'article 26 de la loi sur le droit des malades est enfin applicable. Il prévoit que tout professionnel de santé doit déclarer ses liens d'intérêts avec les entreprises commercialisant ou fabriquant un produit de santé. Cette obligation s'applique aux interventions professionnelles et dans les médias.
    Il est essentiel d'imposer l'indépendance et la transparence pour garantir des soins de bonne qualité et pour réduire les dépenses de sécurité sociale. Souvenez-vous de l'affaire du Vioxx en 2004 ! Une étude réalisée en 2008 par le Congrès des États-Unis montre qu'une économie de 35 % pourrait être réalisée chaque année sur les dépenses de santé si patients et professionnels de santé disposaient de données non biaisées sur l'efficacité des traitements médicaux. Or cette loi n'est pas appliquée, non plus d'ailleurs que l'article R.161-85 du code de la sécurité sociale, puisque la Haute autorité de santé n'a toujours pas rendu possible à ce jour la déclaration publique d'intérêts des membres de la commission de transparence pour la période 2004-2006.

    Les ordres professionnels n'assurent pas leur mission de contrôle et de sanction. Dépositaires des conventions et contrats liant le professionnel avec une entreprise, ils sont pourtant les seuls à pouvoir dire qu'un médecin n'a pas déclaré de lien d'intérêt avec une entreprise. Bien entendu, cette obligation de rendre publiques les conventions passées avec des entreprises ne doit pas porter sur l'ensemble des éléments inscrits dans ces conventions, qui doivent rester dans le domaine de la propriété industrielle, mais uniquement sur le fait que ce professionnel a un rapport de dépendance financière vis-à-vis de l'entreprise. Pour aider les ordres professionnels dans cette tache difficile, je propose que les conventions soient rendues publiques.

    Alain Vasselle, rapporteur de la commission des affaires sociales pour les équilibres financiers généraux et l'assurance maladie : Défavorable.

    Mme Roselyne Bachelot-Narquin, ministre : Je comprends ce souci de transparence mais il y a déjà transmission de ces informations. Elles sont vérifiées par l'Ordre. S'il les rendait publiques, ce serait une grave atteinte à la vie privée ; c'est pourquoi je tiens que cette transparence ne doit se faire qu'à l'intérieur des instances ordinales.

    Après une épreuve à main levée déclarée douteuse, l'amendement n°430, mis aux voix par assis et levé, est adopté et devient un article additionnel. (Applaudissements à gauche) »

     

    Commentaires de Pharmacritique sur les suites

     

    Or cet amendement provisoirement adopté doit encore passer devant la Commission mixte paritaire, qui le recalera comme elle fait d’habitude avec tout ce qui ne convient pas aux lobbies…Et en fin de compte, c’est l’Assemblée nationale qui décidera, Assemblée lourdement infiltrée par les lobbies (cf. le documentaire repris dans cette note), où cet amendement n’a pratiquement aucune chance d’être adopté… A moins qu’une mobilisation très forte porte ses fruits.

     

    Et il faut se mobiliser, parce que même si l’amendement 430 du sénateur Autain n’est pas adopté cette fois-ci, on aura clairement dit à nos députés et à nos sénateurs que nous voulons que cesse cette emprise tentaculaire du lobby pharmaceutique sur la médecine comme sur la politique, que cessent la corruption et le business, que cessent les conflits d’intérêts aux conséquences dévastatrices pour notre santé !

    Qu’il y ait un peu plus de transparence sur les conflits d’intérêts, première étape dans leur élimination !

     

    Le message adressé à nos élus est une étape nécessaire pour faire comprendre à nos hommes politiques qu’il nous faut des lois qui nous protègent, nous citoyens, et protègent l’intérêt général et la chose publique (res publica). C’est la définition même de la République, qui a été instaurée, souvenons-nous de notre propre histoire, pour mettre fin aux privilèges et aux monopoles de toute sorte. Donc aussi à ce qu’à l’époque on n’appelait pas encore « lobby ». L’influence actuelle des lobbies dans tous les domaines de la vie de notre société - de la santé à la politique - signifie qu’on piétine tous les jours la République et ses principes !

     

    PS : Si vous n’avez pas de meilleures formules pour le message aux députés et sénateurs, vous pouvez copier des extraits de ce texte-ci, où l’essentiel est dit : il faut qu’il fassent tout ce qu’ils peuvent pour que cet amendement 430 soit voté dans toutes les instances !!

     

    Voici le courriel que j'ai envoyé aux députés puis aux sénateurs de mon département:

     

    Mesdames les Sénatrices, Messieurs les Sénateurs,

    En tant qu'électrice représentée par vous - qui devez représenter l'intérêt général et non pas celui des firmes pharmaceutiques -, je vous demande de ne pas vous laisser influencer par le lobby pharmaceutique et de voter l’amendement 430, proposé par le sénateur François Autain, qui prévoit que les contrats et conventions entre les médecins et les firmes pharmaceutiques (et autres industries) soient rendues publiques.

     

    Il faut en finir avec l'opacité contraire à la démocratie qui laisse prospérer les conflits d'intérêts et même la corruption de l'ensemble du système de soins par l'industrie pharmaceutique, avec des conséquences désastreuses pour les usagers, qui, faut-il le rappeler, n'auront même pas le droit de demander réparation ni même des informations, puisque nous n'avons à ce jour aucune véritable loi de protection des usagers, aucune loi de liberté d'information (sur le modèle du Freedom of Information Act), aucune possibilité d'intenter un recours collectif - ou individuel - en justice. Quant à l'Etat, il ne demande jamais de comptes aux laboratoires pharmaceutiques et n'exige pas non plus qu'ils donnent des informations détaillées sur leurs médicaments et autres produits, comme c'est pourtant le cas dans d'autres pays médicalement avancés.

    La situation est honteuse et digne d'une "république" bananière, où le plus fort (financièrement) propose et dispose. Le temps n'est-il pas enfin venu d'en finir avec cela?

    J'espère, Mesdames et Messieurs, que vous veillerez à ce que les principes républicains ne soient pas piétinés encore une fois au nom des intérêts financiers des multinationales pharmaceutiques.
    Avec mes salutations respectueuses,

     

    Elena Pasca

  • Gardasil, Cervarix: en Belgique, Le Vif dénonce le marketing et le lobbying agressifs des labos et rappelle les doutes sur l’utilité et l’efficacité des vaccins

    (Merci à la personne qui m’a envoyé deux de ces liens) Vaccin Shutterstock Le Vif.jpg

    Le premier hebdomadaire francophone belge, Le Vif / L’Express, publie sur son site deux articles critiques décortiquant les grandes lignes de ce « vaste matraquage » autour du Gardasil et du Cervarix et un entretien avec la ministre de la Santé.

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  • La principale union allemande des patients (DGVP) payée pour promouvoir les intérêts des firmes : le Gardasil, l’information des patients par l’industrie…

    Le numéro du 29 septembre de l’émission Markt de la chaîne publique allemande WDR s’intitule "Patientenverband: Geld von Argent corruption WDR.jpgPharmafirmen" (Une association de patients payée par des firmes pharmaceutiques).

     

    Il s’agit de la Société allemande des assurés et des patients (Deutsche Gesellschaft für Versicherte und Patienten (DGVP)), censée, selon ses dires, promouvoir les intérêts des citoyens de façon non partisane, indépendante et soustraite à toute influence. Or il se trouve qu’elle a reçu de l’argent de Sanofi Pasteur MSD pour faire de la publicité pour le Gardasil. Et c'est loin d'être tout....

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  • GSK, Merck et Lilly rendront publics les paiements aux médecins américains. GSK veut les "restreindre" à 150.000 dollars par an…

    Les leaders d'opinion et autres pantins du pharmacommerce ont de quoi crier misère ! Pharmacritique propose d'emblée de faire une gsk_logo.jpgquête pour arrondir la maigre pitance de la corruption médico-pharmaceutique. Faisons appel à Mme Chirac pour une "opération gros billets", par exemple. L'enjeu est civilisationnel : où allons-nous si même les valeurs sûres sont menacées de démonétisation ??

    Le British Medical Journal en date d’aujourd’hui rend compte d’une nouvelle déjà connue dans la blogosphère anglophone : "GlaxoSmithKline to limit payments it makes to US doctors to $150 000 a year" (GSK ne paiera pas plus de 150.000 dollars par an aux médecins états-uniens ; début ici).

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  • La politique de gestion des conflits d'intérêts des autorités françaises de sécurité sanitaire

    Ne faites pas attention à ce que disent les mauvaises langues étrangères ! Tous les médicaments approuvés en France et vantés par les leaders d’opinion et par la presse médicale de qualité sont efficaces et sans danger ! Nos autorités d'(in)sécurité sanitaire ont fait preuve de leur efficacité et de leur transparence en nous informant dès qu'il y avait le moindre danger. Pensez au Distilbène, au Vioxx, au Tchernobyl... La densité des nuages a certes empêché l’information de pénétrer jusqu’au commun des mortels, mais que voulez-vous, il faut assumer les conséquences de l’exception culturelle française. Et l'AFSSAPS (agence de promotion du médicament, pas de la santé, tout de même !) comme la HAS (Haute autorité de santé financière des laboratoires) veillent à ce que des experts fiables et bien payés - qui travaillent pour plus de firmes pour gagner plus - se prononcent en toute multipartialité sur les médicaments. Il existe même une politique de gestion des conflits d'intérêts. Si, si, regardez ici ! Vous voyez, on vous dit la vérité, si seulement vous voulez bien l’entendre : c’est une politique, pas une réalité. Comme le code volontaire d’éthique de l’industrie pharmaceutique. Une politique de gestion, pas d’éradication. Et la déclaration des conflits d'intérêts n'est ni contrôlée ni vérifiée - qui oserait douter de la parole de ces vénér

    ables experts?? Vous, peut-être??

    Afssaps HAS refait Google.jpg

  • Formation médicale continue indépendante? Oui, juste "avec le soutien institutionnel de Pfizer"

    Et Pfizer n’est, comme tout le monde sait, qu’une ONG venant en aide à des médecins nécessiteux en manque de formation (publicitaire), Pfizer.jpgpour des raisons purement humanitaires et philanthropes…

    Nous venons juste de parler du Dr Bernard Ortolan, président du Conseil national de la formation médicale continue des médecins libéraux (CNFMC), qui est allé prêter main forte aux exigences du FMC Pfizer blog FMC.jpgL€€M disant que les firmes seraient les meilleurs sources d’information objective sur les médicaments et devraient, en tant que telles, pouvoir informer les patients. Elles ont un code de déontologie (sic), dont nous avons saisi l’essence dans cette image, et ne feront jamais, au grand jamais ! de la publicité.

    Revoilà le Dr Ortolan et quelques autres, dont Denise Silber, sur le blog FMC en train de nous convaincre que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes de la formation médico-pharmaceutique continue (FMC) :

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  • Conflits d’intérêts et surmédicalisation des femmes: le traitement hormonal substitutif, l'AFEM et l'industrie pharmaceutique

    Il s’agit d’un montage mettant l’accent sur les conflits d’intérêts. La version intégrale de cette vidéo est ici : Le médecin, les hormones et la ménopause.


    L'AFEM, c'est l'Association Française pour l'Etude de la Ménopause, avec le Dr Henri Rozenbaum parmi ses principaux leaders, largement bénéficiaire de l'argent pharmaceutique pour promouvoir le traitement hormonal substitutif et continuer à en vanter les mérites même longtemps après que les résultats tirés de la Women's Health Initiative ont mis en évidence une augmentation du risque de cancer du sein et l'inefficacité de ce traitement hormonal en prévention de désagréments d'une ménopause présentée comme une maladie. Cette étape physiologique normale dans la vie de chaque femme est dramatisée et, une fois passée par les cerveaux des publicitaires de l'industrie pharmaceutique, tout est fait pour qu'elle apparaisse comme une faillite - par rapport aux impératifs commerciaux qui exigent le jeunisme, la performance à tout instant, etc. -, comme une faiblesse et comme une maladie à traiter. 


    Car les femmes sont les principales cibles de la surmédicalisation et du disease mongering, incluant toutes les formes de prévention (dépistages...) inutile, mais fort lucrative, comme je l'ai expliqué et documenté en détail dans l'article "Misogynie culturelle et médicale. Le livre de Guy Bechtel, Les quatre femmes de dieu", et des exemples de surmédicalisation des femmes (endométriose, statines, psychotropes...)"


    A part pour quelques notes, je n'ai pas traité les femmes à part, mais souligné dans les diverses notes thématiques - par exemple sur l'ostéoporose, sur les antidépresseurs, sur le disease mongering, sur la surmédicalisation et la surconsommation de médicaments, sur la normalité et la culture psy, etc. - qu'elles étaient les plus malmenées, les premières victimes du marketing pharmaceutique et du pharmacommerce de la peur.Celui-ci est entretenu par un corps médical qui est partie prenante dans ce commerce, pour une bonne partie, et désinformé mais ne cherchant que trop peu à remédier à cela, pour une moindre partie. La médecine qui surmédicalise le fait parce que cela lui rapporte, même si ce n'était pas sa raison d'être. Elle est devenue préventive (préventions inutiles jouant sur la peur), prédictive (avec le tout génétique...), prescriptive (au sens éthique du terme, faisant passer ses prescriptions intéressées pour des préceptes éthiques).


    Et maintenant que le traitement substitutif de la ménopause est moins prescrit et rapporte donc moins, l'accent s'est déplacé de plus en plus vers d'autres facteurs physiologiques conséquences du vieillissement, tels que l'ostéopénie et l'ostéoporose ou alors vers les états d'âme, médicalisés et présentés comme des troubles à soigner absolument par des médicaments (antidépresseurs, antipsychotiques (oui, eux aussi, car le diagnostic de "trouble bipolaire" a carrément explosé en fréquence) et autres psychotropes, allant des stimulants - il faut bien tenir le coup, pour la double, voire la triple journée de travail et pour être parfaite dans tous les rôles - jusqu'aux somnifères.


    Toutes les activités et les réactions des femmes sont quantifiées, mesurées et devraient se passer selon des standards de "normalité" totalement artificiels, définis uniquement dans un but commercial... C'est un parfait exemple de contrôle social, de discipline des corps comme des esprits, à coups de médicaments. Ce n'est plus le corset visible, mais une camisole chimique moins visible, mais non moins présente. Bien au contraire, elle est partout; la surmédicalisation est partout dans la vie des femmes, avec ses diverses traductions: surmédicamentation et recours accru à d'autres techniques médicales, chirurgie esthétique et médecine esthétique, etc.


    Elena Pasca

  • Big Pharma veut éliminer Therapeutics Initiative, groupe canadien pour l'EBM et un usage raisonnable du médicament

    Le sort de cet organisme indépendant, qui n'excelle même pas dans la critique, mais fait son travail d'application d'une médecine guillotine WSJ.jpgfondée sur les preuves (evidence-based medicine) dans l'intérêt général de la santé et des finances de la population canadienne, sera décidé fin octobre. Un courriel peut être adressé au chef des inquisiteurs pour protester contre l'exécution programmée de Therapeutics Initivative par les sbires médicaux de l'industrie pharmaceutique.

    Nous sommes complices si nous restons sans réagir alors que l’industrie pharmaceutique censure, discrédite et élimine un par un les groupes, les associations et les individus qui osent critiquer ou juste avoir un point de vue différent et penser par eux-mêmes.

    Cette photo de guillotine est tirée du Wall Street Journal (dans un autre contexte).

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  • Crise de crédibilité de la pédopsychiatrie, due à la corruption par les firmes pharmaceutiques et à ses faibles bases scientifiques

    Dans les notes des catégories Conflits d’intérêts en psychiatrie et Maladies inventées / disease mongering, nous avons montré que la Cerveau Süddeutsche.jpgpsychiatrie est la spécialité médicale la plus corrompue par l’industrie pharmaceutique, pour le compte de laquelle elle façonne des maladies et les « légitime » dans le DSM. Appliqué aux enfants, cet affairisme donne une augmentation exponentielle des diagnostics d’hyperactivité et de trouble bipolaire, en premier lieu, et une mise sous camisole chimique dès la moindre « déviation » par rapport à une « normalité » dont la seule chose qu’on puisse affirmer avec certitude, c’est qu’elle n’existe pas… (Mais ce n’est pas ce détail qui va arrêter le dévoiement de la médecine dans son ensemble en un outil de normalisation). La légitimité scientifique de la première prescription chez l’enfant est trop souvent douteuse. Qu’importe ! Un deuxième médicament est prescrit pour soi-disant atténuer les effets secondaires et compléter les effets du premier, puis un troisième…

    Le peu de science et d’éthique qui fonde cette façon de faire (du commerce pour Big Pharma) est dénoncé par des cercles médicaux que personne ne peut soupçonner d’être antipsychiatrie ou antimédecine… L’éditorial du mois de septembre de la revue Nature Neuroscience (Nat Neurosci. 2008, Sep;11(9):983) s’intitule « Credibility crisis in pediatric psychiatry » (Crise de crédibilité de la psychiatrie pédiatrique). En voici une traduction rapide :

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  • "En finir avec l’abus de psychotropes" : appel à un usage raisonnable et à la limitation de l’emprise pharmaceutique

    Il s’agit d’un appel lancé par 15 médecins, qui constitue le point de départ d’un dossier paru le 24 août dans le Journal du Dimanche. On y 624816175.jpgapprend que 130.000 hospitalisations par an sont dues à la prise de médicaments, et que les psychotropes y sont pour beaucoup. Cet appel dénonce la fausse route d’une société qui traite ses maladies culturelles et socioéconomiques par des tranquillisants, antidépresseurs, stimulants, hypnotiques... Il met aussi en cause la toute-puissance des laboratoires pharmaceutiques, mise en pratique avec la complicité de la plupart des médecins dont la formation est centrée sur l’usage des médicaments - et qui sont aussi l’objet de toutes les "attentions" des firmes.

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  • Nominations pour les prix du lobby et du fonctionnaire ou élu les plus nocifs pour l’intérêt général européen (CEO)

    Le chien de garde Corporate Europe Observatory (CEO) est une association internationale à but non lucratif basée à Amsterdam, qui dénonce 1547434996.jpgles atteintes à la démocratie, à la justice sociale, à l’éthique et à l’environnement venant des multinationales et de leurs lobbies. En collaboration avec trois autres chiens de garde critiques des lobbies, le CEO décerne depuis 2005 le prix du lobby le plus nuisible, attribué à l’organisme (entreprise, etc.) qui a le plus nui au bien commun européen et à l’intérêt général pendant l’année en question. L’heureux lauréat est élu par le grand public, qui propose d’abord son "préféré", puis vote pour lui sur internet. Les nominations 2008 sont ouvertes jusqu'au 12 septembre.

     

    Cette année, le CEO propose de décerner un prix supplémentaire, en "reconnaissance" de l’impact néfaste des conflits d’intérêts. Le prix distinguera la personnalité officielle européenne dont les liens avec les intérêts privés et les lobbies créent les conflits d’intérêts les plus dévastateurs pour l’intérêt général des citoyens européens. Voici les propositions de Pharmacritique pour les deux prix.

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  • Peter Mansfield: "Influence de l'industrie pharmaceutique sur l'exercice de la médecine"

    J'ai cité dans cette note des extraits d’un exposé fait en 2006 à Berlin par Peter R. Mansfield, fondateur de Healthy Skepticism, dans le cadre 808753811.jpgd’un colloque co-organisé par les revues allemandes indépendantes et l’ordre berlinois des médecins. En mai 2008, Peter R. Mansfield est allé de nouveau à Berlin, à l’invitation des mêmes organisateurs ainsi que de MEZIS, association anti-corruption du réseau No Free Lunch. Et il a repris certains arguments sous une forme actualisée et fort bien illustrée, dans un texte intitulé “Influence of the Pharmaceutical Industry on the Practice of Medicine”.

    Une recherche par le titre ne donne rien ; je suis tombée là-dessus sur le site de… l’ordre berlinois des médecins ( !) et m’empresse de donner le lien. Il y a moins de texte et plus d'images que dans la conférence de 2006. Le tout donne un excellent aperçu des ressorts de la désinformation médicale, ainsi que de certains mécanismes psychosociaux de l'influence - très souvent inconsciente - qu'exercent les firmes pharmaceutiques sur les médecins et leurs prescriptions.

    La photo figure dans le texte : il faut se boucher les oreilles pour ne plus entendre ce que disent les firmes pharmaceutiques et leurs VRP. ("Bullshit" signifie "foutaises").

    Mise à jour:

    Voir aussi la traduction intégrale d'un autre texte du fondateur de Healthy Skepticism, qui explique en termes très clairs comment s'exercent et se disséminent les influences, les biais cognitifs multiples face auxquels personne n'est immunisé. Il faut faire de la prévention, en évitant de s'exposer aux moyens d'influence des firmes, parce qu'on ne peut qu'être contaminé à leur contact, et qu'il n'y a pas de traitement: "Des "médecins sous influence" pharmaceutique propagent la désinformation et les biais comme jadis la fièvre puerpérale", nous dit Peter R. Mansfield".

     

    Elena Pasca

  • Une déclaration codifiée et généralisable des conflits d’intérêts : un projet de Integrity in Science (CSPI)

    Si la nécessité de déclarer les conflits d’intérêts dans la presse scientifique et médicale est communément admise dans les pays anglo- 206299048.jpgsaxons, il n’y a pas de consensus sur le contenu et l’étendue des déclarations et sur la définition précise des conflits d’intérêts, surtout lorsqu’ils ne sont pas de nature financière. Le Center for Science in the Public Interest (CSPI) a publié le mois dernier un projet qui vise à créer un ensemble de règles dont l’application serait généralisée et standardisée. Ce projet s’adresse d’une part aux scientifiques, chercheurs et auteurs d’articles, d’autre part aux rédactions et comités de lecture de la presse spécialisée, auxquels la codification des conflits d’intérêts et de leur déclaration simplifierait beaucoup le travail.

    Les propositions ont été développées par une équipe mise en place par Merrill Goozner, qui dirige le département Integrity in Science du CSPI.

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  • Une base de données sur les conflits d’intérêts des scientifiques américains : Integrity in Science Database

    La liste d’experts médicaux indépendants établie par Shannon Brownlee et Jeanne Lenzer fait beaucoup de vagues. Occasion de mentionner 1881456756.jpgl’existence d’une base de données plus ancienne, portant sur plus de 4.000 scientifiques américains, mise en place par l’excellent Center for Science in the Public Interest (CSPI), sous la direction de Merrill Goozner. Il s’agit de la Integrity in Science Database, très incomplète certes; mais il faudrait une armée pour détailler tous les conflits d'intérêts... On peut y vérifier les liens financiers de certaines institutions avec les industriels, et nous nous en sommes servis par exemple pour débusquer les conflits d’intérêts de l’American Academy of Pediatrics (AAP). Parce que c'est là qu'il faut chercher l'explication des nouvelles recommandations sur le dépistage du cholestérol dès l’âge de deux ans et le traitement de l’excès de cholestérol dès 8 ans…      

    Il ne faut surtout pas confondre le Center for Science in the Public Interest, présenté dans cette vidéo, avec le Center for Medicine in the Public Interest. Ce dernier est une façade de l’industrie pharmaceutique, avec un nom volontairement proche et se présentant comme une association à but non-lucratif, soucieuse de la santé des patients... Ses activités sont très loin de servir l’intérêt général...

     

     

     

    Elena Pasca.

  • Le British Medical Journal publie une liste d'experts médicaux américains non corrompus par l’industrie pharmaceutique

    C’est toute une histoire… Qui part d’une liste établie il y a quelques mois par deux critiques de l’industrie pharmaceutique, Jeanne Lenzer et 1162912029.jpgShannon Brownlee, et réservée au départ aux journalistes. Pour qu’ils puissent faire appel à des experts indépendants, non corrompus par l’industrie pharmaceutique, lorsqu’ils traitent de questions médicales.
    On parle beaucoup de cette liste sur le web depuis qu’elle a été publiée dans le numéro du 26 juillet du British Medical Journal (BMJ 2008; 337: a930), avec les commentaires des deux auteures, intitulés "Naming names: is there an (unbiased) doctor in the house?"  ("Y a-t-il encore des médecins sans conflits d'intérêts ? Répondre par des noms").

    Une partie de cette liste est en libre accès sur Health News Review.  

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  • Conflits d’intérêts : transparence ou interdiction ? Un article prône la "gestion" par la transparence et élimine la morale au passage

    Il s’agit d’un article paru en 2004 dans la Revue des Maladies respiratoires : Les conflits d’intérêts. Ce qui compte, c’est la transparence. La notion de conflits d’intérêts y est bien exposée, mais l’auteur se contente de prôner la "gestion" des conflits d’intérêts, à travers la "transparence" qu'apporterait la déclaration d’intérêts. La "transparence" est très à la mode ces temps-ci, et nos autorités sanitaires comme certains cercles médicaux se donnent bonne conscience à peu de frais en l’exigeant (au moyen de la déclaration des intérêts). Sans travailler aux fondements menant à la suppression des liens financiers avec l'industrie pharmaceutique. Cet article est toujours actuel…

    Le prétexte invoqué, le voici : "Les conflits d'intérêt sont ubiquitaires, inévitables dans la vie scientifique et commencent d'ailleurs très tôt dans la carrière d'un médecin. Le défi de la Médecine n'est pas de les éradiquer mais de les reconnaître et de les gérer

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  • Etude sur les blogs des médecins : confidentialité, image des patients, publicité… Incursion dans la médecine 2.0

    "Malgré toutes leurs plaintes sur leur manque de temps à consacrer aux patients ou à se tenir informés des dernières innovations, certains docs 1145112384.jpgtrouvent le temps de bloguer énormément". C’est le début de l’article intitulé Doctor Blogs Reveal Patient Info & Endorse Products ("Des blogs tenus par des médecins donnent des informations sur les patients et recommandent des produits"), signé par Ed Silverman. Il poste sur son site l’intégralité d'une étude qui vient de paraître dans le Journal of General Internal Medicine : Content of Weblogs Written by Health Professionals (“Contenus des blogs écrits par des professionnels de santé”).

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  • "Money Talks. Le profit avant la sécurité des patients". Documentaire sur l'emprise des firmes pharmaceutiques

    Des extraits d'un documentaire de 2008, écrit et réalisé par Kathleen Slattery-Moschkau, ancienne visiteuse médicale aux Etats-Unis. Elle a aussi produit un film appelé "Side effects". Détails sur le site Money Talks.

  • Pharmacritique a six mois et toutes ses dents...

    Bébé Pharmacritique a désormais l’âge respectable de six mois !!  Précoce pour son âge, surtout qu'il a déjà toutes ses dents (disent les parents fiers de leur progéniture ;-)). Pour illustrer de façon imagée ses activités préférées, voici une vidéo qui montre un bébé mort de rire lorsqu’il déchire des revues et des journaux… (Il n'a bien entendu rien à voir avec le blog). Mais imaginez le bébé Pharmacritique en train de réduire en charpie les publicités des firmes pharmaceutiques, les revues et journaux qu’elles financent pour faire passer leur marketing pour de l’information médicale… Et puis le même bébé déchirer joyeusement les études médicales – celles financées par l’industrie pour qu’elles disent ce que veut cette dernière – ainsi que les articles des leaders d’opinion qui vantent les mérites du dernier médicament de confort ou du tout nouveau « me too » dont l’efficacité se perd dans les chaussettes mais dont le prix se perd dans les nuages…

    Bébé Pharmacritique a appris à déchirer grâce aux cercles critiques anglo-saxons (médecins et chiens de garde) et à la revue allemande indépendante Arznei-Telegramm. Tirer sur une maille pour défaire l’ensemble, ça, un bébé le capte tout de suite ;-) Facile de faire des confettis à partir des sophismes et autres scories de médi-pharma… Et de cette médecine un peu trop fixée sur ce qui lui est présenté par les visiteurs médicaux sur du papier glacé, qu’il s’agisse de publicités directes pour des médicaments ou pour la dernière maladie inventée. Ou encore de publicités pour le prochain congrès dans tel palace luxueux au soleil…

    Bébé Pharmacritique essaie à sa façon de déchirer, rompre, briser, casser, tacher, jeter, décrier tout ce qui sert de support aux conflits d’intérêts, autrement dit à la corruption… Avec l’innocence de celui qui peut dire qu’il n’a jamais rien reçu de l’industrie et n’a donc pas été corrompu… C’est très rare de nos jours… Et puis la joie, la rigolade, l’ironie et le sarcasme contrecarrent parfaitement le pharmacommerce de la peur que l’industrie nous sert en s’adressant à nos tripes. C’est tellement cousu de fil blanc que même un bébé peut comprendre… A fortiori bébé Pharmacritique, qui a toutes ses dents pour mordre et des griffes pour bien saisir et faire des trous… ;-))) Y compris les griffes du concept, au sens étymologique du terme...

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